Un rêve d’Italie – Collection Campana – Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 18 février 2019

Une collection comme geste politique!

Giampetro Campana – directeur du Mont de Piété à Rome –  a rassemblé une vaste collection archéologique et de peinture italienne avec la volonté d’offrir un tableau complet des richesses de l’Italie, s’inscrivant dans le courant du Risorgimento et  de l’unité italienne. Arrêté en 1857 pour des malversations financières, il a dû disperser sa collection. En 1861, le Louvre en a acquis une bonne partie.

L’exposition suit le Catalogue établi par Campana dans son projet de musée. Campana ne s’est pas contenté d’acheter, il a aussi entrepris des fouilles en particulier dans la région de Rome et dans les sites étrusques de Cerveteri et de Veies : sa collection est riche en vases et terres cuites étrusques.

Sarcophage des époux

 

Ce sarcophage des époux ressemble à celui de la Villa Giulia à Rome (musée étrusque ). Une tombe étrusque est reconstituée avec des plaques peintes.

A Pérouse une urne funéraire (400-375 av JC )en bronze :

urne funéraire Pérouse Jeune homme banquetant

Une autre urne

duel fratricide d’Etéocle et de Polynice.

L’urne ci-dessus est peut être moins fin mais c’est le combat d’Etéocle et de Polynice qui a retenu mon attention (je suis fan absolue d’Antigone).

La collection de vases trouvés en Etrurie est remarquable. Souvent les artistes étaient grecs et produisaient pour le public étrusque qui les importait. Une série provient d’un atelier répertorié : l’atelier de Nikosthénès. Les sujets représentés étaient souvent mythologiques : travaux d’Hercules ou sportifs .

Vase romain

A côté de ces oeuvres d’art très recherchées sont exposés aussi des objets plus frustes comme des antéfixes, des briques estampillées ou des moules ainsi que des lampes à huile.

En face des vases des bronzes racontent les armes, les monnaies, j’ai remarqué les balles de frondes qui ne sont pas rondes comme je l’imaginais mais fuselées, décorées revêures d’inscriptions désignant le corps d’armes, logique, mais plus amusant des insultes invectivant l’ennemi.

Plaques campana avec des scènes variées.

Campana avait aussi le goût des plaques de terra-cotta décoratives, des peintures antiques de couleurs fraîches et vives ou délicates comme cette procession trouvée Porta Latina représentant une famille grecque (identifiée avec les noms)

L’objet le plus spectaculaire est la main de Constantin (Musée du Capitole) dont un doigt appartenait à la collection Campana acquise par Napoléon III. Les restaurations furent très poussées, parfois trop aux dires des archéologues, conférant une réputation douteuse à certaines œuvres.

Brutus,Antinoüs et César

Venus d’Anzio

Les marbres étaient exposés dans les jardins.

A côté des collections antiques Campana a réuni une collection « moderne » – entre guillemets parce que la modernité commence par une icône byzantine et des primitifs du  14ème siècle –

Nativité de Saint Jean Baptiste  (1340) école d’Arezzo

une très belle Annonciation

Annonciation

A côt »é des sujets religieux, il a aussi réuni de très beaux coffres de mariage et des décors de chambre à coucher, sur des sujets exaltant la fidélité des épouses Histoire de Tarquin et de Lucrèce ainsi que le départ d’Ulysse où l’on voit Pénélope tisser.

panneaux de coffres de marrage Lucrèce et Tarquin en haut départ d’Ulysse en dessous
Ariane et le Minotaure (1510 – 1515)
Ariane et le Minotaure
Ariane à Naxos

Le studiolo d’Urbino  de Fédérico de Montefeltro(1422-1482) contient une série de 14 grands portraits très colorés et vivants de penseurs antiques et modernes : Platon, Aristote et Ptolémée voisinent avec Dante et Sixte IV ainsi que Saint Augustin et Sénèque. L’ensemble témoignait de l’ambition humaniste du condottiere pendant la Renaissance.

Studiolo d’Urbino
Studiolo d’Urbino

la Bataille de San Romano (1438) actuellement aux Office de Florence est grès impressionnant

Bataille de San Romano

j’ai aussi beaucoup aimé le Noli me tangere de Botticelli

Botticelli : Noli me tangere

Le 16ème et le 17ème siècles ne sont pas oubliés :  la mort de Cléopâtre de Girolamo Marchesi da Cotignola est originale. 

Mort de Cléopatre

Les majoliques représentant des sujets variés, surtout Belle donne e istoriati sont merveilleuses

Belle donne e istoriati
Un banquet donné au peuple romain

Toute une salle est consacrée aux nombre Della Robbia très reconnaissables et toujours charmants.

Della Robbia

La fin de l’exposition concerne la dispersion de la collection, ce qui intéresse les spécialistes plutôt que moi.

J’ai pris beaucoup de plaisir à voir tous ces chefs d’oeuvres!

Dorothea Lange – Politiques du visible – au Jeu de Paume

Exposition temporaire jusqu’au 27/01/19

Dorothea Lange (1895 – 1965) ouvre en 1918 un studio de photographe portraitiste à San Francisco.

 

En 1932, lors de la Grande Dépression, elle sort de son studio pour photographier des scènes de rue et l’agitation sociale, conséquence de la grande Crise. A partir de ce moment, elle fera des séries de photographes sur des thèmes sociaux, témoignages et reportages  mais toujours de très grande qualité.

 

 

J’aime quand une exposition me fait rencontrer une artiste. je découvre sa personnalité, le monde qui l’entoure, son style de photographies. Et ce serait déjà une belle rencontre.

J’aime quand une exposition me raconte une histoire.

 

Je suis servie, elle en raconte cinq: la Grande Dépression, la migration des paysans (1935 -1941) ruinés par la sécheresse (Dust Bowl) et par les modifications des pratiques agricoles, illustration pour Steinbeck (à moins que ce soit l’écrivain qui se soit inspiré des clichés de Lange),

 

 

 

l’internement des Américains d’origine japonaise en 1942, reportage plus optimiste sur les chantiers navals de Richmond (1942-1945) intitulé « Une guerre entre deux océans », les travailleurs agricoles migrants autrefois méprisés qui acquièrent une nouvelle fierté et enfin l’avocat commis d’office 1955-1957.

 

 

C’est donc un voyage dans l’histoire aussi bien que dans l‘Ouest Américain. On y retrouve des thèmes tout à fait actuels comme l’exode rural et la migration des paysans qui abandonnent leurs terres pour devenir migrants, chômeurs ou ouvriers dans les fermes industrielles dans des conditions proches de l’esclavage. Dorothea Lange aurait peut être aujourd’hui photographié ces migrants guatémaltèques ou mexicain formant les colonnes vers le rêve américain. Le FSA qui lui a commandé des milliers de photographies (Farm Security Administration) était une des réponses du New Deal de Roosevelt à la crise. L’optimisme des portrait des soudeuses noires en est une autre. Contrepoint à l’histoire tragique de la déportation des citoyens américains d’origine japonaise, qui rappelle un épisode très sombre de la Seconde Guerre mondiale.

La très grande qualité des photographies est celle d’une portraitiste expérimentée. Cadrage, tirage. Chaque cliché est extrêmement soigné. Les photographies sont accompagnées d’un cartel rédigé par Dorothea Lange elle-même qui expliquait le contexte de la prise de vue, présentait les personnages. On sent une profonde empathie avec les personnes rencontrées. Une conscience sociale très aiguë. Pas de sensationnel. Plutôt la recherche de la dignité de la personne même dans la plus grande adversité. Des documents filmés nous font entendre la voix de Dorothea Lange qui explique son travail.

En rentrant à la maison j’ai téléchargé Certaines n’avaient jamais vu la mer et j’ai bien envie de relire Les raisins de la colère.

MEIJI – Splendeurs du Japon impérial (1868-1912) au Musée Guimet

Exposition temporaire jusqu’au 14 janvier 2019

Le pont aux glycines Kameido

C’est d’abord une leçon d’histoire : l’ère Meiji correspond au règne de l’empereur Mutsuhito (1868-1912) correspondant à l’ouverture du Japon sur le monde, à son industrialisation et son impérialisme avec des conquêtes militaires. Le costume occidental est adopté et le régime se dote d’une constitution.

La première salle peinte en rouge est sous le signe de la Modernisation;

industrialisation et urbanisme

Moderniser/industrialiser Le Japon se dote d’une industrie, des photographie montrent des filatures, des bâtiments de briques, des ponts métalliques.

Propagande militariste presque un manga!

Moderniser/Militariser

estampe militariste

Le Japon se dote d’une flotte moderne. L’empire se militarise à grands pas vers la guerre. L’iconographie militariste revêt plusieurs styles. Ci-dessus, on dirait un manga, sans doute de la propagande (je ne sais pas lire le japonais)! Des estampes esthétisantes n’en sont pas moins guerrières : une armée se reflète dans le miroir de l’eau, au loin une ville brûle.

estampe militariste
bataille navale

En plus de ces très belles estampe on présente deux pochoirs pour l’impression de textiles d’une grande finesse sur papier enduit de jus de kaki. La grande délicatesse du dessin ne doit pas faire oublier le motif guerrier :  des canons.

Dans la salle suivante,  une photo agrandie de l’Exposition universelle de Paris avec la Tour Eiffel illustre le thème : Construire une image artistique et industrielle.

Le mont Fujiyama

Le Japon participa aux nombreuses Expositions Londres 1862, Paris, 1867 1900, Vienne 1873, Chicago, Philadelphie. il importait de donner une image flatteuse du Japon grâce à des images typiques comme le pont des glycines ou le Mont Fujiyama. Il fallait aussi présenter des objets variés d’une qualité artistique remarquable: bronzes, laques, porcelaines émaux….

D’énormes brûles parfum en bronze, des objets délicats, des paravents ouvragés. tous les arts décoratifs sont menés à un degré de perfection.

paravent représentant des divinités shintoïstes.

Souvent les motifs sont floraux . Les décors font aussi appel au panthéon shintoïste (la religion d’Etat pendant l’ère meiji. Certains artistes s’inspirent aussi des représentations bouddhistes ou au folklore populaire avec des dragons, des démons. D’autres peignent des animaux, surtout des oiseaux à la perfection.

orchestre de petits démons ou de monstres

Tous les arts décoratifs sont d’un raffinement inouï, les techniques sont parfois superposées, de laque, d’émaux cloisonnés, d’incrustations, de joaillerie ou de nacre

éléphant

On ne peut qu’être admiratif devant une telle maestria, un tel luxe et une telle perfection.

boites laquées

L’artisan sait aussi jouer du dépouillement et de la simplicité de ce liseron parfait sur le rouge de la laque.

vases à décors floraux

La fin de l’exposition Les lendemains du Japonisme montrent les influences, de l’art Japonais sur Van Gogh, Monet, Degas. Sur les cartels je n’ai pas trouvé de mention de l’Art Nouveau même si la parenté est criante.

J’étais venue à Guimet pour l’exotisme. Je n’ai pas été déçue. Pourtant l’impression à la sortie est la parenté entre le développement industriel du Japon, sa militarisation avec ce qui s’est passé presque simultanément dans la Grande Bretagne victorienne, ou dans la montée en puissance de la Prusse. Ère Meiji, Empire victorien, même Russie des Tsars…on voit l’industrialisation, la militarisation qui va déboucher sur la Guerre et l’impérialisme.

La perfection japonaise fait la différence, mais la valorisation des arts décoratifs présentés aux grandes expositions universelles, est-ce le début d’une certaine mondialisation?

Le Cubisme 1907 – 1917 – Centre Pompidou

exposition temporaire 17 octobre 2018 – 25 février 2019

Attention très grosse exposition! Si vous consacrez toute votre attention dans les premières salles, vous n’aurez peut être plus le temps ou la concentration nécessaires pour apprécier les dernières  qui sont étonnantes et colorées!

Ce panorama du Cubisme détaille l’évolution chronologique du Cubisme, année après année, des sources à la Grande Guerre qui fera éclater littéralement le mouvement.

(1906- 1907) Aux sources du cubisme

La femme à la cafetière

 Gauguin et Cézanne accueillent le visiteur avec « Soyez mystérieuses«  de Gauguin, magnifique panneau de bois peint et la Femme à la cafetière de Cézanne dont la géométrie annonce le cubisme avec les plis de la robe et la simplification de la cafetière.

(1907 – 1908) Primitivistme 

Un mur de masques africain, sculptures océaniennes rappelle l’autre source d’inspiration des cubistes : le primitivisme. J’ai d’ailleurs rencontré ultérieurement le Nu debout que j’avais découvert au Quai Branly dans l’exposition récente Picasso primitif. Une série de photographies présente ceux peintres, poètes et marchands qui fréquentaient les ateliers de Picasso : Apollinaire, Max Jacob, Kahnweiler, Marie Laurencin et Braque.

Portrait de Gertrud Stein

Le Portrait de Gertrud Stein (1905 – 1906) qualifié de « portrait-masque » voisine avec La Femme à la Tête rouge (1907) et deux autres études de têtes préparatoires aux Demoiselles d’Avignon (1907) (seulement en petite reproduction).

Femme à la tête rouge

L’autoportrait (1907) est sculptural en écho aux masques africains.

picasso autoportrait

(1908 – 1909)Le rapport à Cézanne 

Sous-titre de cette section, une citation de Cézanne, de la géométrie cézannesque « Traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône »…

Le Château de la Roche Guyon

Dans cette salle on voit de nombreux paysages où les tons ocre, gris vert dominent . l’oeuvre que j’ai préférée est le Viaduc à l’Estaque de Braque. Deux tableaux sont jumeaux : Arbres à l’Estaque de Braque et de Dufy, c’est amusant de les comparer comme le jeu des 7 erreurs! Dans cette série j’ai aussi remarqué le Château de la Roche Guyon toujours dans la même tonalité de couleur mais avec une architecture plus compliquée.

(1909 )l’éclatement de la forme homogène

Femme assise

L’expression « éclatement de la forme homogène » est de Kahnweiler

De Picasso on voit de nombreux portraits de Fernande puis des silhouettes assises pour arriver à une plus grande fragmentation dans le Guitariste. Braque suit la même démarche dans le très beau Broc et violon

Broc et violon

(1911) La lettre et le signe

Braque et Picasso se retrouvent à Céret . Ils travaillent en étroite complicité à des expérimentations : une fragmentation en facettes cristallines avec des ajouts de lettres. Les musiciens sont sans visages amis on perçoit la présence d’instruments de musique, l’ajout de clé de sol et du mot VALSE tout à fait lisible.

nature morte sur un piano

Les tableaux deviennent de plus en plus énigmatiques, je m’amuse à chercher les éléments qui ont donné le titre au tableau, la pipe de l‘Homme à la pipe. 

Dans l’Afficionado, Picasso, a dispersé les indices de son portrait d’homme méridional : une moustache, un nœud papillon, un chapeau melon. Avec l’aide du cartel, et en cherchant bien, je les trouve..

 

(1911 – 1912) Les salons cubistes

Gleizes les baigneuses

réunissent de grands tableaux . D’autres peintres se joignent à Braque et Picasso : Gleizes, Le Fauconnier (que je découvre) Metzinger et Fernand Léger. Les tableaux sont aussi plus colorés. J’ai bien aimé les Baigneuses de Gleizes et La Ville de Paris de Robert Delaunay dans lequel j’identifie tout de suite les 3 grâces mais trouve ensuite les piliers de la Tour Eiffel démontée et son sommet plus loin, la Seine plus loin…

Delaunay : La Ville de Paris

Au centre : le Baiser de Brancusi

Un curieux Chagall cubiste s’intitule A la Russie, aux ânes et aux autres

Chagall : A la Russie, aux ânes et aux autres

(1912 – 1917) le collage et l’assemblage 

Braque : Guitare « figure d’épouvante »

M’ont plus La Nature morte à la chaise cannée  (célébrissime) de Picasso et de Braque La guitare « statue d’épouvante ». Je me suis lassée des répétitions à l’infini de ces collages, combien de violons, de verres et de guitares?

Henri Laurens

Pour varier, apparition  rafraîchissante d’Henri Laurens avec un portrait de Joséphine Baker , le retour de la couleur et plus de figuration.

(1913 – 1914) Matières et couleurs

Fernand Léger : le Réveil-matin

Tout un mur est occupé par Fernand Léger, un autre par le Bal Bullier de Sonia Delaunay . Couleurs aussi avec Juan Gris ! Verre et damier, les 3 arbres d‘Herbin.

le bal Bullier

Juan Gris

Une salle est réservée aux sculptures cubistes, citons Lipschitz, Modigliani, Brancusi et Archipenko.

Lipschitz

 

Herbin : 3 arbres
Herbin 3 arbres

poètes et critiques

Marie Laurencin a représenté Apollinaire et ses amis

Marie laurencin : Apollinaire et ses amis

(1913 -1914) : salons cubistes

Metzinger : l’Oiseau bleu
Metzinger : l’Oiseau bleu

L’oiseau bleu de Metzinger et l’équipe de Cardiff de Robert Delaunay éclairent cette belle exposition.

Delaunay : l’équipe de Cardiff

La Guerre

« Il n’y a pas plus cubiste qu’une guerre comme celle-là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et qui l’envoie au quatre points cardinaux  » Fernand Léger 

André Mare : témoignages de guerre

J’ai beaucoup apprécié ce parcours si détaillé qui montre la démarche pas à pas de Braque et Picasso pendant 10 ans tandis que d’autres peintres les rejoignent et apportent leur personnalité au cubisme.

Victor Hugo : Caricatures à la Une

Exposition temporaire jusqu’au 6 janvier à la Maison de Victor Hugo, place des Vosges, Paris

180 caricatures du Grand Victor Hugo!

3 sections:

  • 1830 – 1848 –  La Forte Tête 

A la suite de la Bataille d’Hernani, Hugo s’impose comme le chef de file du Romantisme . on reconnait Hugo à son très haut front que les caricaturistes exagèrent à plaisir.

Roubaud a dessiné le « Chemin de la Postérité » où Victor Hugo chevauchant Pégase mène le cortège. A sa suite, je reconnais Théophile Gauthier, Eugène Sue et Alexandre Dumas. A cette époque c’est la mode des processions, panthéons (comme celui de Nadar) trombinoscopes. Encore Roubaud (entre 1835 et 1839) à l’occasion de la candidature à l’Académie Française a dessiné Hugo, Balzac et Dumas accueillis par une vieille femme :

 

« vous êtes jeunes et forts et vous demandez les invalides. Vous ne voulez pas voler le pain des vieillards. Allez travailler grands feignants! » 

Daumier exécute aussi des caricatures à cette époque.

les burgraves et leur demi-succès furent aussi beaucoup caricaturés par la Presse.

  • 1848 – 1851 : Détestation générale et caricatures d’opposition

A la suite de la Révolution de 1848, la liberté de la Presse encouragea les dessinateurs de Presse. Hugo fut très critiqué pour ses positions politiques, ses alliances réelles ou supposées. On le juge versatile et opportuniste. Le glissement progressif de Victor Hugo vers la gauche n’est pas pris en compte car le Presse est réduite au silence dès 1850.

vers 1848 Nadar dessine La Rentrée des classes  dans le Journal pour Rire, en 1949 Victor Hugo est en tête d’une « Croisade contre le Socialisme » où la foule fait un Z tout  travers la une en allant contre la révolte des ouvriers. Il fait aussi figurer Hugo dans un Trombinoscope des commerçants

 

Daumier dessine Hugo et Girardin portant Napoléon Bonaparte sur un pavois avec la remarque « Ce n’est pas solide »

En septembre 1849, Victor Hugo est vice Président d’un Congrès pour la Paix présidé par en 1851 l’anglais Cobden. Hugo s’oppose à la majorité de droite au sujet de l’Expédition d’Italie, de la Loi Falloux  au nom de la Liberté de penser(caricature de Nadar) et de la Déportation des opposants politiques.

Quillembois montre Hugo qui s’écarte de la « majorité de Panurge » qui part à droite tandis qu’Hugo 

Victor Hugo s’oppose au coup d’Etat du 2 décembre 1851, mais il est dangereux pour les journalistes d’évoquer le proscrit

  • 1852 – 1870 La Renommée de l’absent – Caricatures d’Hommage

Ne pouvant dessiner Victor Hugo, politique, les caricaturiste attendent la parution des œuvres écrites en exil qu’ils illustrent avec bienveillance. Le visage de Hugo est moins déformé.

En 1853, quand sort La Légende des siècles, Hugo est dessiné sur son rocher, Les deux tours de Notre Dame font le H de Hugo, pour les Travailleurs de la Mer, les dessinateurs sont très inspirés par le poulpe.

Travailleurs de la Mer : cherchez la Pieuvre!

De nombreux journaux mettent son visage à la une : Le Charivari de Cham, La Lune, le Bouffon, le hanneton, l’Eclipse, le Masque. Je suis impressionnée par le nombre des titres satyriques.

L’homme qui rit
L’homme qui rit
  •  1870 – 1885 Apothéose – Les caricatures de Consécrations

Hugo est représenté barbu, bienveillant. Mais pour le spectateur de l’exposition c’est moins amusant!

Victor Hugo, en Orphée défend les victimes d’un pogrom en Russie

Cette exposition est passionnante, c’est une merveilleuse leçon d’histoire; je révise tout le 19ème siècle, politique et histoire des idées. Chaque illustration est accompagnée d’explication et il y a aussi beaucoup à lire dans la page de journal d’alors.

 

Géométries Sud du Mexique à la Terre de Feu – Fondation Cartier

Exposition temporaire 14/10/18 au 24/02/19

Freddy Mamani Bolivie style « néo-andin »

Dans le salon, on peut s’asseoir face à l’écran où sont projetés deux documentaires sur le constructeur bolivien Freddy Mamany : les Andes et l’Altiplano d’où il est originaire ainsi que sa ville El Alto qu’il a souhaité repeindre de toutes les couleurs inspirées par les costumes de fête des indiens Aymaras. Certains ont appelé cette architecture « façadisme »  ou kitch post-moderniste.

Salon, salle de bal, conçu par Mamani exprès pour la fondation Cartier
Salon, salle de bal, conçu par Mamani exprès pour la fondation Cartier

Tout le salon est une installation!

La salle suivante est occupée par la construction ajourée de matériau brut de Solano Benitez et Gloria Cabral  (Paraguay) également crée exprès.

Solano Benitez & gloria Cabral : la géométrie comme un rythme…

en contrepoint de cette construction massive les sculptures graciles en fil d’acier ou d’aluminium formant treillis et résilles de Gego (Vénézuela)

stèles traditionnelles de pierre (3000-2000 av JC) confrontés aux tableaux contemporains

Les deux salles du sous-sol recèlent de nombreuses œuvres de taille plus modeste mais non moins variées et intéressantes : poteries anciennes ou grès et céramiques contemporains, acryliques ou huiles colorées et géométriques, de toutes couleurs et influences, stèles de pierre indiennes ou contemporaines…

Grès et céramiques de Gustavo Perez Mexique

Les œuvres sont si nombreuses, de provenances diverses que je ne sais que choisir. Difficile de se concentrer sur un objet, une photo ou un tableau.

La dernière salle est sombre, éclairée en son centre par une installation textile originale

Brumes 2013 Olga de Amaral Colombie

On semble immergée dans la sombre forêt amazonienne, où l’artisanat indien est très présent (tissage, bâtons-serpents) ainsi que les photographies de peintures corporelles très impressionnantes et d’une géométrie parfaire.

Luiz Zerbini : a primeira missa

Deux grands tableaux m’ont impressionnée.

Luiz Zerbini Brésil Coisas do Mundo

L’exubérance tropicale de la forêt amazonienne, les références historiques, les couleurs les motifs géométriques; tout me plait! Et j’en fais des photos de détail:

géométries délicates

 

J’aurais pu m’arrêter sur d’autres sujets, mais celui-ci est mon coup de coeur.

 

 

Eblouissante Venise au Grand Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 21 janvier 2019

Venise, les arts et l’Europe au XVIII ème siècle

Cette promenade dans la Venise du XVIII ème siècle est toujours un émerveillement, même si les thèmes sont connus et si j’ai en mémoire une récente  exposition à Jacquemart-André(2013) des vedute avec de nombreux tableaux de Canaletto et Guardi. 

Pietro Longhi : l’audience du Doge
l’audience du doge

L’exposition du Grand Palais est plus diverse. Le très grand portrait du procurateur Daniele Dolfin  en habit rouge, de Giambattista Tiepolo nous accueille dès l’entrée. La taille de la Vue du Palais Ducale  de Canaletto me surprend, j’avais été habituée aux plus petits formats. Plusieurs vues de Venise témoignent de son active importance diplomatique avec la visite des ambassadeurs : Luca Carlevaris (1721); ou les fêtes présidées par le doge Pietro Longhi L’audience du Doge, ou Guardi Le Doge à bord du Bucentaure (1775-1777).

Luca Carlevaris ; Entrée du comte de Gergy 1721

Ces vedutistes ont peint la vie mondaine de Venise tandis que certains ont peint  aussi des aspects moins brillants comme les mendiants Canaletto  Rio dei mendicanti ou l’atelier des tailleurs de pierre.

Une salle est consacrée à la musique Vivaldi (1678-1741) et Porpora (1686 -1768), Farinelli en sont les figures les plus connues. Les luthiers étaient aussi très réputés à Venise et de beaux instruments sont présentés.

Pietro Longhi : Il Concertino

La musique est aussi peinte : répétitions d’un opéra, Il  Concertino de Pietro Longhi, bals et commedia dell Arte, bals masqués…..

Guardi : Le Ridotto du Palazzo

Les arts décoratifs sont raffinés, tendance rococo, chinoiseries, stucs, dorures et meubles peints . Un reliquaire a attiré mon attention : j’imaginais plutôt miroir d’une élégante que destiné à quelque ossement sacré!

Reliquaire
Reliquaire

Bien sûr les tableaux d’inspiration religieuse sont aussi présents : Guardi a peint Le Christ et les pèlerins d’Emmaüs  tout à fait surprenant. C’est un très grand tableau où des apparitions, femmes alanguies (en extase?) têtes émergeant des nuées, contrastent avec le réalisme du la partie inférieure beaucoup plus classique.

Je fais connaissance avec un artiste que je ne connaissais pas Giovanni Battista Piazzetta (1682 -1754) avec Judith et Holopherne de caractère et des dessins intéressants.

Piazzetta : Judith et Holopherne

A l’étage l’exposition se poursuit avec La Diaspora des Vénitiens en Europe qui montre que toute l’Europe, la France, l’Angleterre et l’Allemagne ont fait appel aux peintres vénitiens pour décorer châteaux et belles demeures . je découvre qu’il y avait deux Tiepolo : Giambattista et Giandomenico (son fils). J’ai beaucoup aimé les scènes de rues de Giandomenico Scène de Carnaval et L’arracheur de dents.

 

Giandomenico Tiepolo : scène de Carnaval

 

 

L’arracheur de dents

Décidément Venise a bien du charme à la veille de sa chute quand Bonaparte met fin à la Sérénissime République séculaire.

Giambattista Tiepolo

Néandertal – L’Expo au Musée de l’Homme

Exposition temporaire jusqu’au 7 janvier 2019

L’exposition se donne l’objectif de déconstruire les mythes négatifs associés à l’Homme de Néandertal victime d’une sorte de racisme dans les représentations de la fin du 19ème siècle début du 20ème siècle. 

La mise en scène de l’exposition est construite en trois grands chapitres : Le temps d’une journée, le temps d’une vie, le temps d’une espèce. 

maquette d’un abri avec os de mammouths (Ukraine)

Le temps d’une journée présente Néandertal dans son environnement naturel, entouré des animaux, espèces ubiquistes comme l’aigle ou le loup, les animaux de climat tempéré: campagnols; aurochs, ou de climat glaciaire avec les lemmings, les bisons et les rennes. sur le mur du fond incurvé est projeté un paysage qui varie selon que le climat est glaciaire ou tempéré. Néandertal a vécu 300 000 ans et a donc connu de grands changements climatiques.

Chasse au mammouths Paul Jamin 1885

Un site de fouilles , la Folie Poitiers, est reconstitué dans la salle suivante. Un quadrillage au sol figure les ficelles que les archéologues tendent pour repérer les artefacts. Une palissade délimite l’abri que les Néandertaliens avaient construits avec des branchages ou des peaux de bêtes pour se protéger du vent. On présente ici les silex et les outils en os (polissoirs, lissoirs, retouchoirs). Un vidéogramme montre les hommes à la chasse ou à la pêche, vêtus de peaux de bêtes. On les voit cuire dans le feu (le plus ancien « briquet » a été trouvé en Bretagne, (400 000 ans) fait de pyrite enflammant de l’amadou ou des écorces de bouleau.

Une exposition plutôt humoristique dément le mythe de la massue, on a retrouvé des lances, des armes de jet, mais jamais de massue!

crâne de néandertalien

Le temps d’une vie présente les fossiles humains, crânes ou moulages. Les premiers furent retrouvés en 1829 en Belgique à Engis, en 1856 à Feldhofer en Allemagne et en 1908 en Corrèze. On a également retrouvé des empreintes de leurs pas? Les moulages de la boîte crânienne montrent que la taille du cerveau n’était pas inférieure au nôtre, et que les aires du langages, aire de Broca et de Wernicke ainsi que le gène FoxP2 attribué au langage étaient développé. Les néandertaliens pouvaient donc parler!

Représentation de néanderlalienne début 20ème siècle

Cependant les statues  du début du 20 ème siècle dans le Salon des Représentations ont un aspect bestial :  menton rentré, certes, et arcades sourcilières, mais la tête engoncée dans les épaules et des poils les rapprochant de la fourrure animale (alors que cela ne se fossilise pas) .

Représentation de néandertalien du début du 20ème siècle

Pourtant c’était un homme paré : les parures ont été retrouvées, les serres d’aigles étaient particulièrement recherchées. Ils collectionnaient de beaux objets (fossiles de gastéropodes) un racloir en cristal de roche… On suppose aussi qu’ils se peignaient la peau : on a retrouvé des pigments sans trace de peintures pariétales, d’où l’hypothèse de peintures corporelles .

. Ils observaient aussi des rites funéraires. la découverte à Spy (Belgique d’un homme et d’une femme  avec les os en connexion, donc délibérément ensevelis a provoqué un véritable scandale , c’était une idée inconcevable à la fin du 19ème siècle. L’observation de fractures identiques à celle des rodéos laisse à penser qu’ils chevauchaient peut être de grosses bêtes(?)

Etaient-ils cannibales? une animation donne 3 bonnes raisons d’être cannibales (cannibalisme alimentaire, mais aussi rituel, pour s’approprier la force d’un adversaire ou pour garder ses ancêtres en soi(?)

3. Le temps d’une espèce

C’était un artisan hors pair : l’exposition présente une collection de silex selon la technique du Levalloisien à partir de 300 000 ans . Ces outils étaient des marqueurs de culture.

L’analyse génétique montre que les hommes actuels sont (sauf les Africains) métissés de Néandertal, nous avons tous (ou presque) quelque chose de Néandertal.

Cependant , l’espèce Néandertal s’est éteinte entre 35 000 et 30 000 ans. Qu’est ce qui a causé cette extinction? Les différentes causes de cette disparition sont discutées par les chercheurs dans de courtes vidéos très vivantes. On a évoqué les changements climatiques : les Néanderliens en on vécu de nombreux, les micro-organismes apportés par Sapiens, mais ces populations étaient tellement dispersées qu’on ne peut invoquer de véritables épidémies, un déclin démographique avec un nomadisme accru est aussi une cause plausible, la concurrence entre Sapiens et Néandertal pour le gibier, des « guerres » dont on n’a rien retrouvé… le débat est ouvert et les causes sûrement plurielles.

La conclusion se trouve dans une dernière salle où les représentations sont  diverses, affiches de film, jouets….Pour finir par cette Néandertalienne habillée à la mode de chez nous, pas si différente!

A la suite Néandertal, l’Expo,  j’ai trouvé une petite exposition sur les Mousses, sentinelles de l’environnement que j’ai trouvée passionnante comme le parcours dans les collections permanentes du  Musée de L’Homme. Il faudra que je revienne!

Grayson Perry à la Monnaie de Paris

VANITÉ, IDENTITÉ, SEXUALITÉ

Exposition temporaire jusqu’au 03.02.2019

D’Angleterre arrivent parfois de géniaux excentriques doués d’humour et de créativité. Grayson Perry en est l’un d’eux et la Monnaie de Paris, 11 quai Conti lui offre un bel écrin. Il trône en haut du majestueux escalier, travesti dans une somptueuse robe.

Long Pig – Tirelire ou tronc pour de collecte?
Tirelire ou tronc pour les offrandes.

La première oeuvre qui accueille le visiteur est ce cochon-tirelire. On peut choisir sa fente pour faire son offrande Gauche/Droite, ou Pauvre/Riche,  Rural/Urbain, Leave (Brexit)/Hope . Grayson le céramiste, donne le ton dès l’entrée.

Reclining artist : artiste et modèle avec tous ses objets familiers
Reclining artist : artiste et modèle

Un magnifique salon ovale décoré de fresques présente les créations vestimentaires de Perry le styliste : Claire ou Grayson? Deux tableaux le représentent entre les robes magnifiques

Selfie with political cause

Il y a toujours beaucoup à voir et à lire dans les tableaux ou sur les vases. Des animaux, et des paysages britanniques. J’aime bien le renard « tax evasion » qui est à terre? vision optimiste?

vase

Les vases sont très élaborés avec des influences diverses, même japonisantes Les Precious Boys sont travestis, Women of Idéas viennent d’un transfert d’image de Gainsborough

Quand Grayson Perry parle de ses céramiques dans les vidéos, il emploie l’expression « pottery » suggérant une sorte d’artisanat secondaire, féminin, qu’on ne prend guère au sérieux. La tapisserie qui l’inspire également serait rangé aussi comme art mineur, féminin. Et justement lui, aime les savoirs-faire « féminins ».

Autre domaine où il excelle : la photo. L’exposition montre trois autoportraits où il est « Claire ». Selon lui, aucune provocation à la mode, dans ce travestissement; Il revêtait déjà des habits féminins quand il était petit!

 

I am a man

Grayson Perry s’exprime aussi par la sculpture. I am a man s’inspire de Peter Pan. Il ressemble aux bronzes béninois.

Our mother

Our father

Deux autres sculptures ont des influences africaines : Our mother et Our Father qui rappellent aussi la famine : l’enfant au sein est mort, la mère transporte calebasses, paniers et seaux pour aller puiser l’eau, les téléphones portables à son cou sont-ils ceux de ses autres enfants. Quels fardeaux pour une seule femme! l’homme est beaucoup moins embarrassé, mais il transporte des armes, dans un carquois il a un fusil. Porte-t-il lui aussi des enfants ou des grigris?

moto rose customisée avec un petit autel pour son doudou, Alan Measle (son ours en peluche)

Les tapisseries sont impressionnantes : Comfort blanket se trouve en face de Battle of britain

La reine et les symboles britanniques sur la comfort blanket
Battle of Britain

J’ai aussi beauocup apprécié la tapisserie Death of Working Hero

Death of working hero

Grayson Perry vient d’une banlieue ouvrière.  Son père était électricien; Il n’oublie pas toute la culture ouvrière encore vivante en Grande Bretagne comme ce rituel du Gala des Mineurs avec la parade des bannières du syndicat.

d’autres grandes tapisseries s’inspirent de la vie quotidienne anglaise : on voit une femme textoter dans sa cuisine, des poubelles pour le recyclage,

The Upper Class at Bay
The Upper Class at Bay

Chasse à courre dans la campagne anglaise, au fond : un manoir.

En lisant le livret à couverture rose, je découvre que ces dernières tapisseries racontent toute une histoire, comme une BD taille XXL dont le héros Tim gravit l’échelle sociale pour mourir dans un parking .

Surtout! ne faites pas comme moi, n’ensevelissez pas le petit livret dans les profondeurs de votre sac. Il explique tout ce qui n’est pas évident pour nous, éloignés de l’actualité britannique. Et gardez du temps pour voir les vidéos projetées qui sont passionnantes. Si vous n’avez pas le temps on les retrouve sur Youtube.

Une visite passionnante. Un artiste complet qui’l ne faudrait surtout pas réduire à des provocations de travestissements.

 

Les Nadar à la BnF

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 3 février 2019

 

Depuis la rentrée 2018, la photographie a été très présente sur mon blog : A son Image de Ferrari, Miss Sarajevo d‘Ingrid Thobois sont deux romans qui prennent la photo pour thème. Par ailleurs les expositions l’Envol de la Maison Rouge, celle de Ron Amir, Quelque part dans le Désert,  Personna Grata., ainsi que les photographies de Mossoul, Alep et Palmyre à IMA….Et toujours le regret de PhotoQuai que je suivais les années précédentes. Il est donc logique que j’aille aux sources : les Nadar.

 

Plutôt que de se focaliser sur un photographe, la BnF a choisi de confronter les 3 Nadar : Félix, Adrien et Paul. Dans la famille Nadar, ou plutôt Tournachon, à l’origine se trouve le père, Victor, imprimeur et libraire à Lyon, le premier à avoir publié Histoire de Ma Vie de Casanova.

trombinoscope : le Panthéon

Le fils Félix(1820-1910) se destinait plutôt à l’écriture, monte à Paris dans le début des années 1840, rencontre Baudelaire, fréquente la Bohème, Baudelaire, Nerval, Bainville, Gautier, Dumas…..devient caricaturiste et en 1852 réunit dans son Panthéon 120 caricatures et portraits des célébrités.

Baudelaire caricature

En 1854, il se tourne vers la photographie et dès 1858, entrevoit l’intérêt de la photographie aérienne(sur la caricature on le voit avec un ballon). En 1861, il met au point la photographie à la lumière artificielle ce qui lui permet de réaliser des reportages dans les catacombes et les égouts de Paris. En 1863 il réalise son premier vol en ballon.

nadar et son ballon

Le frère Adrien, entreprend des études de peinture en 1840. part dans la Pologne révolutionnaire en 1848, puis se consacre également à la photographie sans abandonner la peinture. Il réalise même des copies de Giorgione et de Bassano, restaure des tableaux.

 

Paul, le fils de Victor, devra s’imposer pour faire connaître son prénom. Il s’intéresse à une innovation : la réalisation d’Instantanés à partir de 1860. Il devient le promoteur de la photographie Instantanée et le représentant de Kodak Eastman pour la France avec son appareil Express Détective. Avec ce matériel portatif il part en reportage au Turkménistan.

 

Emir de Boukhara

Il réalise également des agrandissements photographiques qui sont les produits les plus lucratifs des Ateliers Nadar. Il fonde également la revue Paris-Photographie – magazine luxueux.

maquette d’hélicoptère

En plus de découvrir ces artistes, esprits curieux et techniciens inventifs, la visite de l’exposition est une promenade mondaine dans le Paris des écrivains et des artistes. Le portrait est la spécialité des ateliers Nadar. On a plaisir à déambuler devant les portraits de Baudelaire, de Guizot, Bakounine, George Sand qui était une amie de Félix Nadar, Daumier, Rossini, Delacroix, Dumas, Millet, Gustave Doré, Sarah Bernhard….Félix Nadar veut saisir le « côté psychologique de la photo » visage bien au centre sur un fond neutre tandis qu’Adrien met en scène les personnages en costume (Pierrot) ou réalise des photographies pittoresques d’un cavalier arabe ou de musiciens ambulants des Abruzzes. Paul continue les portraits, très beau portrait de Mallarmé, ou de Joséphine Baker. Il compose également des « tableaux vivants« , soigne la mise en scène, exécute des retouches.

C’est donc une visite très plaisante.