Dorothea Lange – Politiques du visible – au Jeu de Paume

Exposition temporaire jusqu’au 27/01/19

Dorothea Lange (1895 – 1965) ouvre en 1918 un studio de photographe portraitiste à San Francisco.

 

En 1932, lors de la Grande Dépression, elle sort de son studio pour photographier des scènes de rue et l’agitation sociale, conséquence de la grande Crise. A partir de ce moment, elle fera des séries de photographes sur des thèmes sociaux, témoignages et reportages  mais toujours de très grande qualité.

 

 

J’aime quand une exposition me fait rencontrer une artiste. je découvre sa personnalité, le monde qui l’entoure, son style de photographies. Et ce serait déjà une belle rencontre.

J’aime quand une exposition me raconte une histoire.

 

Je suis servie, elle en raconte cinq: la Grande Dépression, la migration des paysans (1935 -1941) ruinés par la sécheresse (Dust Bowl) et par les modifications des pratiques agricoles, illustration pour Steinbeck (à moins que ce soit l’écrivain qui se soit inspiré des clichés de Lange),

 

 

 

l’internement des Américains d’origine japonaise en 1942, reportage plus optimiste sur les chantiers navals de Richmond (1942-1945) intitulé « Une guerre entre deux océans », les travailleurs agricoles migrants autrefois méprisés qui acquièrent une nouvelle fierté et enfin l’avocat commis d’office 1955-1957.

 

 

C’est donc un voyage dans l’histoire aussi bien que dans l‘Ouest Américain. On y retrouve des thèmes tout à fait actuels comme l’exode rural et la migration des paysans qui abandonnent leurs terres pour devenir migrants, chômeurs ou ouvriers dans les fermes industrielles dans des conditions proches de l’esclavage. Dorothea Lange aurait peut être aujourd’hui photographié ces migrants guatémaltèques ou mexicain formant les colonnes vers le rêve américain. Le FSA qui lui a commandé des milliers de photographies (Farm Security Administration) était une des réponses du New Deal de Roosevelt à la crise. L’optimisme des portrait des soudeuses noires en est une autre. Contrepoint à l’histoire tragique de la déportation des citoyens américains d’origine japonaise, qui rappelle un épisode très sombre de la Seconde Guerre mondiale.

La très grande qualité des photographies est celle d’une portraitiste expérimentée. Cadrage, tirage. Chaque cliché est extrêmement soigné. Les photographies sont accompagnées d’un cartel rédigé par Dorothea Lange elle-même qui expliquait le contexte de la prise de vue, présentait les personnages. On sent une profonde empathie avec les personnes rencontrées. Une conscience sociale très aiguë. Pas de sensationnel. Plutôt la recherche de la dignité de la personne même dans la plus grande adversité. Des documents filmés nous font entendre la voix de Dorothea Lange qui explique son travail.

En rentrant à la maison j’ai téléchargé Certaines n’avaient jamais vu la mer et j’ai bien envie de relire Les raisins de la colère.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Dorothea Lange – Politiques du visible – au Jeu de Paume »

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