Le beau temps est revenu. Le petit déjeuner est servi sur les tables du balcon au soleil qui recharge mon humeur en énergie.
Eglise Saint Sauveur
8h45, à l’assaut de la Citadelle. L’église Saint Sauveur est fermée, j’ai eu de la chance hier ! Les murs de la Citadelle se détachent sur le ciel bleu et les arbres. La grille st ouverte sur un chantier de restaurations, la citadelle sera ouverte au public dans 2moi selon un des maçons, il y aura un musée dans les jolies maisons de pierre. Je peux monter sur l’esplanade et de là bénéficier d’un panorama intéressant sur la ville et ses environs. Je découvre le Musée de la Ligue de Prizren et la Mosquée Gazi Mehmet Pacha (16ème siècle), ainsi que les jardins de la Mosquée Sinan Pacha et lafontaine. Du côté opposé à la ville, les restaurateurs n’ont pas relevé les ruines qui sont beaucoup plus romantiques dans les fleurs jaunes, bleues et les coquelicots. C’est un vrai plaisir de flâner à Prizren même si beaucoup de monuments sont fermés, l’observer sous différents angles, dessiner.
le pont de pierre et la rivière gonflée par l’orage d’hier
Je passe devant l’amphithéâtre à ciel ouvert du KinoEuropa où il y a une exposition-photos intéressante et une petite galerie de peinture moderne (aucun intérêt). Le bâtiment jaune arrondi qu’on voit de notre fenêtre est un restaurant, construction datée 1929. Autour de la place Shafervari il y a d’autres façades stuquées datée 1928-1950, rose pastel.
Promenade dans la ville : Cathédrale
la cathédrale
Sous le soleil, la promenade est bien différente. Passant la place et sa fontaine, nous arrivons à la cathédrale gardée par deux policiers armés. Un panneau indique qu’on ne doit introduire ni arme (pictogramme) ni appareil-photo, ni boisson dans l’église. Pour les armes et la boisson je comprends ! Pour l’appareil photo, je suis contrariée. La cathédrale a été brûlée et réparée. Elle est massive ; Des gros piliers ronds soutiennent u auvent. A l’intérieur, la peinture blanche et le sol si brillant donnent l’impression de vide. En revanche l’odeur délicieuse de cire et d’encens compensent. Eglise habitée de parfums à défaut de boiseries et d’icônes.
petite église
En face il y a une toute petite église orthodoxe sur un joli jardin plus touchante que la grande cathédrale.
Hammam Gazi Mehmet Pacha (1561-1564)
les coupoles de plomb du Hammam
Le Hammam était assez vaste pour permettre aux femmes et aux hommes d’avoir des bains séparés. En rénovation, il est fermé à la visite mais on peut admirer les petites coupoles ondulantes en plomb avec de tout petits cylindres percés de trous pour laisser échapper la vapeur.
Pause-café
Installées sous l’auvent le plus sombre dans le dernier café bordant la rivière, je commande un café. Pas de café turc sur ces modernes terrasses, un espresso italien serré et mousseux. J’ai plaisir à dessiner le pont (moderne pas le vieux pont de pierres qui est derrière nous), les toits qui s’étagent en désordre et dépassent, une coupole grises trois minarets, le plus proche a la pointe métallique grises, le plus lointain, tout blanc, le plus grand à « deux étages » qui dépasse avec sa pointe noire. La rivière a repris sa couleur verte, les îles herbues réapparaissent même si le courant est encore tumultueux. La rive d’en face est plantée de tilleuls à la silhouette en grosse boules. Ces tilleuls en fleur parfument toute la ville. C’est un plaisir de respirer chaque bouffée quand le vent se lève.
mausolée
J’entraîne Dominique dans les restaurants des moulins, pour y parvenir on passe devant des maisons ottomanes avec les encorbellements, les balcons soulignés par du bois. La rivière fait un coude Dans le creux se trouve la mosquée Maksul Pasha (17ème siècle ) une grande banderole y annonce le Ramadan. Comme il est bientôt une heure de nombreux vieux messieurs s’y rassemblent, certains sur les bancs dehors, d’autres à la fontaine des ablutions. Un peu plus loin, un platane plus que séculaire vraiment énorme dispense une ombre sur la vaste place. On peut se peser pour 5 centimes d’€ sur un pèse personne public. Un jardin avec des lys rangers et des roses entoure la tombe d’Agliza Baba, un mausolée blanc couvert d’un toit avec un avant toit tout autour de l’édifice rectangulaire arrondi au bout. Deux tombes rondes turques sortent de la floraison des lys. Le restaurant des moulins se trouve un peu plus loin. Malheureusement, les tables près du ruisseau sont plein soleil et il fait bien chaud.
Nous préférons revenir en arrière le long de la rivière sous les auvents bien épais du restaurant étagé sur une rue en pente avec des petites terrasses (j’ai oublié de noter le nom, dommage). Menu varié, certains plats paraissent cher (6 uo 7 €, en France ce serait ridicule) optons pour kebab et köfte servis avec des légumes grillés : fêves, courgettes, brocolis un peu de riz et une pomme de terre. C’est tellement abondant qu’on s’organise discrètement un « doggy-bag » pour le soir, avec un quart de vin blanc (piquette) et une bouteille d’eau pétillante, l’addition s’élève à 10€20 pour nous deux. 5€ par personne dans un restaruatn chic, il ne faudra pas se priver !
Vers 14h, comme hier, avant-hier, samedi… les nuages bourgeonnent. Nous aurons de la pluie avant ce soir !
Nous découvrons la vallée de Valbona sous le beau soleil du matin alors que nous l’avions remontée sous le déluge avant-hier. Deux tour de Bayram Curri pour trouver la route du Kosovo est directe dans une campagne verte où on fait encore les foins à la main et on construit des meules cylindriques.
Avant d’arriver au Kosovo, le relief change : les falaises calcaires et les pentes abruptes s’adoucissent et laissent place à des forêts touffues sur des croupes arrondies. Les hêtres, les charmes et les pins sont remplacés par des chênes. Pluus de bancs calcaires, des roches métamorphiques brillantes de micas. A la frontière, le douanier s’intéresse plus aux papiers de la voiture qu’au passeport qu’il tamponne mécaniquement.
Nous entrons dans un nouveau pays. Les constructions sont différentes. Les maisons de briques de parfois deux ou trois étages et des dimensions imposantes. Elles sont souvent en construction et en tout cas jamais crépies. Si « quand le bâtiment va, tout va ! » le Kosovo est en plein développement !
Souvenirs de guerre : les cimetières très fleuris de bouquets de fleurs artificiels bordent la route.
Gjakove
Le pont des tanneurs de Gjakové
On passe devant un curieux pont aux arêtes anguleuses construisant une sorte de zigzag et on entre dans la ville de Gjakovépar le marché très animé, d’abord les pépiniéristes vendent les plants de poivrons et tomates à repiquer, ensuite les marchands de légumes derrière des tomates, aubergines poivrons et oignons de bonne taille. La route traverse ensuite des quartiers modernes sans intérêt. La même route fléchée Prizren, Pristina, est très passante. Le trafic est ralenti par des tracteurs et des curieux engins pétaradants. Nous passons à proximité d’un autre pont ottoman. Je monte sur ce pont avec une curieuse impression d’inconfort, les galets mais surtout ces montées et ces descentes avec des arêtes. Qui pouvait y circuler ? trop étroit pur supporter les automobiles ; mais peut-on imaginer les carrioles sur cette surface brisée d’angles ? En tout cas pas les motos ni les vélos sur les galets !
A l’entrée de Prizren, des zones commerciales ou industrielles rebutantes, puis des quartiers sans charme. Prizren est une grande ville de 475.000 habitants. Le centre-ville est traversé par la rivière. Les autos circulent sur un quai l’autre, piétonnier, est occupé par les terrasses des cafés. Sur les pentes, les maisons s’étagent avec leurs toits rouges à 4 pans. Coupoles et minarets élancés comme des crayons. Une ville orientale.
MosquéeSinan Pacha
En face du pont de pierre – pont ottoman du 16ème siècle – le consulat de Turquie, façade blanche et drapeau rouge, est la première maison que je remarque, presque aussi importante que le grand hôtel Théranda. De l’autre côté du pont se tient la mosquée Sinan Pacha (17ème siècle)
Hôtel Prizreni
L’Hôtel Prizreni, en face du pont suivant, au début d’une ruelle qui grimpe à la citadelle occupe une maison d’angle biscornue. Au rez de chaussée, un petit bar s’ouvre sur une placette. La réception est au niveau supérieur sur une rue qui monte. Une petite terrasse nous servira d’annexe avec vue sur la ville et la mosquée. Il faut encore monter 6 marches pour accéder à notre chambre dont les fenêtres donnent sur une autre rue en pente et la Mosquée Sinan Pacha. Un géranium rose, une jardinière de zinnias rose et jaune sur le rebord de la fenêtre, plus loin que la mosquée, on distingue une maison jaune à la façade arrondie soulignée par un fronton à degrés aux bords métalliques brillants et au toit à volumes compliqués. Derrière, un clocher avec une petite coupole verte surmontée d’une croix. Juste derrière le mur, des parasols et des lampadaires éclairent le jardin de la mosquée.
Notre hôtel sur les jardins de la mosquée
Notre chambre est blanche soulignée de bois clair rustique avec les fenêtres encadrées de bois et de curieuses fausses poutres disposées en diagonales. La salle de bain est bizarre avec un « pissuar » pour les messieurs et un wc fermé pour les dames et une belle douche à l’italienne. En décoration, deux cadres, l’un d’une phto ancienne de la ville fin 19ème siècle, l’autre avec le règlement de l’hôtel.
A peine installées, je pars à la découverte des environs et à la recherche d’un restaurant pour midi. Sur les bords de la rivière les terrasses du centre sont celles de cafés ou de fast- food. Les restaurants plus chics sont à l’écart. Le long de la rivière, après une autre mosquée, deux restaurants ont des petits ruisseaux canalisés, avec des moulins et des fleurs ; Menus à 6€. Cela me plait bien !
Malheureusement le ciel est chargé en nuages menaçants et de grosses gouttes s’écrasent. Nous avons juste le temps d’arriver sur la place avant que l’orage ne se déverse sur nous. Les garçons en terrasse sont plus occupés à abriter tables et bancs qu’à venir prendre la commande. La terrasse est jolie près du pont de pierre mais le menu n’est pas très attractif : pizzas et pâtes. Dominique choisit des spaghettis bolognaises et moi une salade campagnarde. Mauvais choix ! les spaghettis se feront attendre jusqu’à 15 heures. (il faut les cuire). L’averse a cessé. Nous essayons d’embarquer à bord du petit train touristique qui part quand 5 personnes sont présentes à bord. Il n’arrive personne.
fontaine du tekke des derviches
De l’autre côté du vieux pont de pierre, l’Office de Tourisme vend des plans mais dispense peu de conseil. En face se trouve un tekke de derviches du 17èmesiècle. La cour et le jardin sont très tranquilles avec deux belles fontaines de marbre et une galerie couverte. Je n’ose pas entrer dans le bâtiment. Les chaussures dans les casiers montrent qu’il y a du monde.
Le Hammam est en restauration. Sous le ciel couvert, avec les échafaudages, je suis un peu déçue. En face, un haut minaret appartenait à la plus ancienne mosquée de la ville – maintenant disparue.
Eglise orthodoxe Saint Sauveur
Je traîne dans les rues avant de monter à la citadelleet m’arrête à l’église Saint Sauveur à mi-pente dans un écrin de verdure. Elle a belle allure mais il lui manque le toit. Les colonnes ne soutiennent plus rien. Les belles icônes sont remplacées par des reproductions. Une musique sonorise la visite. Quatre ou cinq hommes me font signe que la visite n’est pas gratuite. Comme je réclame un ticket, ils me montrent la corbeille près de l’autel « pas de tarif, vous donnez ce que vous voulez ! »
Le ciel est noir, très menaçant. Il pleut dans les montagnes environnantes. Des éclairs zèbrent les nuages. Je descends avant d’être trempée.
A l’hôtel, j’ai retrouvé la Wifi, découvert l’attentat de Samedi 3 à Londres. Personne n’a l’air au courant ni spécialement affligé. Est-ce que leur guerre dont le souvenir est encore frais les fait relativiser ? Il s’est déroulé ici des atrocités. Peut être le fait que ces attentats sont faits au nom de l’Islam les rend muets. CNN, la BBC, France 24 ne parlent que des attentats. Ici, aucun echo. Je passe une bonne heure à pianoter et à Googliser Prizren , on n’a pas apporté de guide-papier du Kosovo. Je trouve l’itinéraire pour aller à l’église Ste Veneranda (Ljeviska)(1606-1307) transformée par la suite en mosquée puis en 1933 ; en église. Suivant l’itinéraire de Googlemaps, bravant les gouttes, je pars en expédition. La mosquée Sinan Pacha est ouverte, j’y découvre la jolie décoration peinte. La rivière charrie de l’eau marron et a englouti les îles herbeuses. L’église Ljeviska est fermée, sous la protection de l’UNESCO et de rouleaux de barbelés. Selon les panneaux, elle est en restauration amis je ne vois pas trace de chantier.
20h, le soleil revient et sèche l’humidité. Le muezzin appelle à 20h15. C’est l’Iftar, de nombreux albanais ont envahi le jardin derrière la mosquée. On sert sur des tables sous les parasols jaunes. Dans la nuit noire un feu d’artifice est tiré. Belle fin de journée.
C’est l’Odyssée de Lazare, routard, à travers les Balkans, qui tente de rentrer chez lui à Paris et dérive jusqu’à Odessa. Lazare, 25 ans, est un roadie : il conduit la camionnette et porte les amplis d’un groupe de rock, les Brutes de Luxe, dans une tournée qui démarre au Festival de Sarajevo et qui devrait les conduire à Zagreb, Budapest, peut être Prague. Une aubaine pour ce chômeur, sans qualification particulière dont la seule ambition est de payer le loyer de sa chambre.
A Sarajevo la camionnette disparaît, volée sans doute. L’autocar vers Paris est complet, l’avion trop cher, Lazare tente le train jusquà la côte dalmate et de là, le ferry pour l’Italie. Dans le train, Gerd , lui raconte les îles aux eaux turquoises de l’Adriatique. Arrivé à la côte « il pouvait prendre le ferry pour l’Italie, un bateau appareillait ce soir, ou un bus pour le nord. Il pouvait aussi rejoindre les îles de Gerd, une petite vedette bleue partait dans vingt minutes ».
Plusieurs jours, Lazare vit en Robinson, pêchant des oursins, observant les oiseau du maquis, sentant la présence rugueuse des écorces de pin.
« C’étaient de petites choses infimes mais elles prenaient une importance solennelle. Il aurait fallu les consigner quelque part car les idées se dispersent quand on voyage, on passe de l’une à l’autre, sans cérémonie beaucoup se perdent en route…. »
Il lui vient l’idée décrire au dos de la carte de l’Europe, des poèmes adressés à Elena – Penelope restée à Paris – de petits souvenirs qu’il ne veut pas oublier. D’où le titre de Cartographe.
Au hasard des rencontres, Lazare exerce sa profession de roadie : un orchestre campagnard l’embarque à la Fête du Printemps des paysans de l’île où il fait bombance. Il a goûté la vie de nomade et hésite à embarquer sur le ferry qui le ramènera chez lui. Il fait du stop jusqu’au Montenegro se laisse envoûter par la musique des Tsiganes.
« Elles sont là, les choses qu’on doit raconter. a fleur de peau, comme les empreintes digitales… »
Une bande de Serbes l’invite à boire. Trop tard pour le ferry! Il rencontre Nina. Le prochain ferry ne part que dans une semaine. Le plus court serait de passer par l’Albanie. Au port de Dürres il y a une liaison quotidienne.
Les idées reçues sur l’Albanie : accidents de la routes et vendetta, se vérifient dans les aventure de notre Ulysse ainsi que l’émigration par hors bord vers l’Italie. Le pécule que Lazare gardait pour payer son retour s’amenuise. Heureusement, il redevient roadie avec un petit orchestre de Tiranaqui anime des mariages. les affaires marchent bien. Et les voilà arrivés en Macédoine... A Skopje, il prendra le car d’Eurolines…dans deux jours il sera à Paris! Sauf qu’il perd son porte-feuille! le voilà avec juste quelques lekë en poche.
En auto-stop il arrive à Sofia, hébergé par Mira…s’enfuie, le périple continue en Roumanie, puis en Ukraine. Ulysse se clochardise, la suite devient franchement glauque….je vous laisse découvrir.
Un livre pour m’accompagner dans les Balkans, lecture facile, peut être un peu trop. Les clichés abondent. Cet Ulysse roadie vit dans l’univers rock, musique et bière. Ne pas en attendre trop …
A l’arrivée à Fierze, de grosses gouttes s’écrasent. Le ciel est noir. L’orage éclate. A Bayram Curri, de véritables rivières de boue s’écoulent dans les rues. Heureusement, nous sommes précédées par un petit car blanc qui nous trace la route puisqu’on ne voit plus rien, ni les trottoirs, ni les obstacles éventuels. Quand nous prenons la route de montagne qui grimpe dans la vallée de Valbona,la pluie cesse. On devine des névés sur les sommets.
L’agence a réservé dans l’auberge qui se trouve au bout de la vallée. Le chemin passe le torrent à gué. Nous nous garons devant un chalet pimpant précédé par deux autres maisons de bois. Des Hollandais occupent les fauteuils sous un auvent, de grosses couvertures sur les genoux. Dans le bâtiment qui sert de restaurant, d’autres touristes boivent des bières. Je suis trempée. Le responsable est un moustachu poivre et sel, vêtu d’une polaire, à l’allure de montagnard, bourru.
« Nous avons une réservation » – je hasarde timidement. Aucune réponse ! Il ne me calcule même pas. Je retourne sous la pluie chercher le Road book pour lui montrer notre réservation. Pas plus de réaction. Il téléphone. Je suis transparente. Je retourne à la voiture ; aucun effet. Quel accueil !
Au bout d’un long moment, enfin, le moustachu daigne expliquer qu’un couple est arrivé avant nous; il a confondu et leur a donné notre place. Un ami va le dépanner. Demain, il y aura de la place.
L’ami arrive immédiatement. C’est un grand type jovial qui rigole. Nous suivons son véhicule jusqu’à une clairière non loin de la route. Où est la maison ? Elle est un peu plus loin, on peut l’apercevoir. Il faudra monter dans sa voiture avec une famille albanaise avec deux enfants.
L’orage a fait sauter l’électricité. Nous sommes trempées et gelées. Arrive un jeune couple. On nous demande de céder la chambre avec un lit double. Nous nous retrouvons dans un dortoir avec une norvégienne et une danoise tête-bêche dans un seul lit. Devrons nous aussi dormir ainsi ? Dominique proteste. Nous n’avons plus l’âge des colonies de vacances. Nous avons payé pour avoir une chambre ! Le jeune couple ira au dortoir et leur petit chiot restera dans le couloir.
Le moral est au plus bas.
Börek maison tout juste sorti du four
Notre hôtesse est voilée. Son hidjab est très couvrant ; bien sûr, ils font Ramadan. L’Albanie est à l’est. Il fait nuit tôt. Ils dîneront à 8h15. Nous pouvons attendre. L’atmosphère se réchauffe pendant la préparation du dîner. Mère et fille parlent très bien anglais. Elles nous montrent la cuisson du börek dans le four. Doré, gonflé, il est très appétissant, fourré aux épinards (enfin, pas tout à fait des épinards, dit la fille) ?
A table on a servi un petit bol avec de la soupe avec de petits morceaux de veau, des carottes, pommes de terre, oignon, poivron, vermicelle (délicieuse), un plat de salade, tomates concombre avec un grand morceau de fromage frais, et bien sûr le börek ! Ce n’est pas tout, il y a aussi des côtelettes d’agneau. Un festin !
Après le dîner on se couche sous la couette bien chaude tandis que les Albanais regardent la télévision.
Dimanche 10 Juin : Valbona
Au matin, le ciel est parfaitement dégagé. Il fait très frais. Les filles nordiques rejoindront à pied la Vallée de Teth (3 heures pour monter, 3 heures pour descendre) une très grosse randonnée avec le paquetage. Elles savent voyager léger !
Feric a fait des crêpes qu’on tartine de confitures de prunes. Toujours la salade tomates concombres avec une grosse part de fromage. « Thé de la montagne » : dans la casserole infusent des herbes que je n’arrive pas à identifier. Albania Tradition recommande dans le Road book une randonnée au sommet de la montagne (900m de dénivelée) et un pique-nique. Arben me conseille plutôt deux promenades, une le matin et une l’après midi qui me permettront de déjeuner le midi avec Dominique.
J’ai laissé mes chaussures de marche dans la voiture. Faric m’accompagne : au bout du pré derrière la barrière en bois , la rivière est enjambée par une passerelle. La voiture est là, tout près. Le torrent roule une eau claire, couleur menthe glaciale. Les pluies diluviennes d’hier ne l’ont pas troublée.
la rivière Valbona
Sous le soleil, la maison d’Arben et de Faric est un véritable paradis. Dans le creux du pré se déploient en éventail les rangs serrés de pommes de terre, puis les haricots et tomates qui ont de gros tuteurs , enfin les poivrons, devant le maïs et en bordure les oignons. A cause de l’altitude, les légumes n’ont pas encore fleuri. Arben doit acheter tomates et concombres au village.
Le dépliant plastifié du Parc National de Valbone (excellente carte au 1 :17.000ème, avec les courbes de niveau) comporte 10 circuits commentés pour les randonneurs non accompagnés de guides. Je choisis le Circuit de la Galerie 1.7 km, 2heures, 910m-1120m – marques rouges. La Galerie correspond à un forage exploratoire à l’exploitation de la bauxite. Départ à la passerelle d’Arben et Faric.
Comme la balade n’est pas longue, je prends le temps de boire un café turc en compagnie de Feric. J’ai du mal à trouver les marques rouges derrière la maison d’Arben. Les herbes embaument, elles ressemblent à la sarriette en version géante. Le sentier déjà escarpé me conduit à une pente très raide et à un sentier couleur rouille (débris de l’exploitation minière ?) Avant d’essayer de grimper, je me choisis un solide bâton. Sans lui, je n’aurais jamais réussi et je commence à appréhender la re-descente plutôt dangereuse. Après les cailloux, le sentier se faufile en forêt entre les hêtres et les charmes dont le feuillage a prématurément roussi à cause d’un gel tardif, il y a trois semaines au mois de mai. Un nouveau feuillage vert tendre repousse. Les crosses des fougères-aigles ne sont pas encore déployées en larges ailes. Il y a beaucoup de fleurs : des églantines presque rouges aux larges pétales rose vif, des géraniums bleus, des fleurs jaunes non-identifiées. La montée bien raide s’achève là où des poutres noircies sont entassées (j’avais cru voir de loin des tables à pique-nique) Le sentier change de direction et arrive à une tranchée verticale, un ruisseau à sec peut être, Les marques rouges sont remplacées par les rouges et blanches des GR. J’ai bien trouvé le chemin de la descente, tant mieux, je ne descendrai pas la pente qui me faisait peur ! En effet, le sentier est beaucoup plus facile. J’arrive au pont sur la rivière. Pur boucler le circuit il faut marcher sur la route, passer devant l’ancien moulin au beau toit de lauzes.
déjenuenr sur la terrasse
Pour déjeuner Faric a mis les petits plats dans les grands. Arben a pêché deux truites minuscules dans la rivière, cuites à point, servies avec des frites. Dans le saladier, tomates et concombres comme d’habitude. Dans une coupelle, une spécialité : du maïs pilé avec du fromage qui a l’aspect et la couleur de la polenta mais qui est différente pour le goût et la texture. C’est une pâte assez sèche. On retrouve le grain de maïs et non pas la semoule. Le fromage est intimement mélangé. Dans un bol, une épaisse crème aigre battue avec du yaourt destinée à accompagner le maïs. J’y découvre deux écorces arrondies d’un poivron jaune pâle qui a parfumé la crème, légèrement acide, sans doute mariné.
les eaux turquoise du petit lac Xhemas
Nous avons déjeuné sur la terrasse sous le soleil. Comme souvent, en montagne, les nuages ont bourgeonné vers midi ; à 15h le ciel est couvert. C’est donc tête nue et sans eau que j’entreprends ma seconde promenade : n°2 du dépliant : Lac Xhemas (850 m 45 mn altitude 740m-790m) Le point de départ est un bon kilomètre plus bas sur la route goudronnée. J perds patience et la quitte un peu trop tôt vers les maisons d’hôtes et hôtels de Valbona qui donnent l’impression d’un « quartier » urbanisé quand on arrive de la montagne sauvage. Le balisage est défaillant. En cherchant bien je trouve les marques. C’est un paysage très différent de chaos rocheux, de vieilles maisons envahies par les fougères et les vieux hêtres moussus. Le petit lac dans les roches calcaires, enchâssé dans une dépression glaciaire( sans doute karstique) e a une eau turquoise, limpide. Aux abords du lac, des accents familiers : on parle hébreu, deux retraités bien sympathiques. Leur voiture est à la sortie du sentier. Comme le soleil tape dur, je saute sur leur proposition de me remonter chez Arben. Lecoin leur plait beaucoup.
pour cuire le fli sous les braises
Feric nous fait visiter le nouveau bâtiment abritant la nouvelle cuisine, la salle à manger pour les touristes avec une belle cheminée et son four à pain. A l’arrière, un feu de bois permet de confectionner le plat traditionnel : le Fli. Pour nous faire plaisir elle va le confectionner pur nous. Tout d’abord, Arben a apporté une brouette entière de bois, fagot et grosses branches. Il faut allumer le feu à l’avance pour avoir des braises que Feric pose sur un couvercle métallique (genre couvercle de lessiveuse). Elle graisse un grand plat rond métallique (le même que celui du börek) et apporte deux casseroles. Dans l’une une pâte à crêpe sans les œufs, dans l’autre un mélange d’huile, de beurre et de crème. Le plat à börek est sur un support métallique. Faric dépose une couche de pâte fine qu’elle étale bien puis pose le couvercle chaud. Elle renouvelle l’opération avec l’autre pâte qu’elle étale à la louche bien régulièrement puis va chercher le couvercle avec un gros bâton. Elle répète l’opération une vingtaine de fois, une épaisse couche de pâte à crêpe, une de crème. A la fin elle remet des braises sur le couvercle et laisse cuire 20 minutes supplémentaires. Quand le plat sera refroidi et transportable, Faric découpe des losanges dans le gâteau, la croûte est sèche, les couches du dessous sont moelleuses comme des crêpes et l’ensemble constitue un gâteau feuilleté, très bon.
Cuire le fli : première couche
Faric est restée plus de deux heures à manipuler des braises. Elle a tant transpiré qu’elle a besoin d’une douche. Elle revient avec ses cheveux bouclés humides lâchés. Comme nous sommes entre filles elle restera dévoilée sauf pour aller prier. Nous attendons 8h15 pour dîner ensemble. C’est un repas de ramadan bien copieux. Comme nous avons déjeuné à midi, nous y faisons honneur plus par politesse et gourmandise que par faim.
Repas de fête pour ramadan
Nous avons vraiment apprécié l’accueil de cette famille qui ne s’est consacrée au tourisme que depuis quelques mois et aimerions que le blog leur apporte des touristes. Je peux donner leurs contacts si vous êtes intéressés par un séjour!
Initialement, nous devions partir à 5h30 pour le ferry de 9 heures. L’agence a finalement réservé sur le bateau de midi. Cela nous arrange bien : nous pouvons profiter du petit déjeuner somptueux de l’Hôtel Panorama – mention spéciale pour le strudel aux pommes, noix et raisins – et les pommes dauphines. Les fruits rafraîchis, quetsches et pêches, sont maison et non industriels.
Nous faisons confiance à Madame GPS pour passer par un chemin caillouteux. Pour gagner quelques kilomètres Mme GPS nous envoie par des raccourcis hasardeux. Cette fois-ci, la route est longue sans voir le goudron. Étrangement, des belles maisons sont construites, on passe devant une épicerie, les enfants avec leurs cartables vont à l’école. Il existe donc des villages à l’écart des routes carrossables ! Un homme au volant d’une Range Rover s’arrête pour nous dire qu’il faut faire demi-tour : avec notre Clio, nous ne passerons pas.
Nous nous retrouvons une heure plus tard à notre point de départ à Kruja et décidons de ne plus se fier au GPS mais de suivre à la lettre les indications du Road Book qu’Albania Tradition a fait pour nous avec cartes et commentaires. Tout serait simple sans les déviations en centre-ville pour cause de marché, de chantiers, de contournement des agglomérations, sur des chemins de terre. A nouveau, nous perdons du temps et avons peur de nous égarer.
L’itinéraire emprunte une « autoroute » qui traverse la plaine côtière, par Lezhe et Shkoder. Il faut la quitter juste avant Shkoder en direction de Vau Dejes d’où part la route de Koman. Sur l’autoroute, nous regagnons un peu de temps perdu. Elle se transforme en deux voies ordinaires avant Lezhe. Je suis bien trop occupée à suivre la carte pour faire mes inventaires habituels de cultures, végétations, habitations. En dehors des stations service vraiment très nombreuses, pas d’enseigne de marques connues, certaines abandonnées, des grands restaurants routiers, il ne me reste aucun souvenir particulier de ce paysage de plaine.
Après Vau Dejes la route longe un lac de barrage aux eaux lisses et peu profondes enchâssées dans des montagnes arides et pierreuses – paysage très paisible après la grand route animée. Pour Koman, une seule route indiquée d’abord 30km. Comme il est 11h, nous prenons notre temps. Au début, la chaussée était en bon état en corniche au dessus du lac. Quand elle s’élève dans la montagne , le revêtement se dégrade, les nids de poules sont énormes. Nous n’arriverons pas à 11h30 pour l’embarquement. Nous n’arriverons peut être même pas à midi – heure du départ. Impossible d’aller plus vite. Il semble que les kilomètres sont beaucoup plus que 30, 35 km annoncés !Dans ces conditions, nous ne pouvons pas profiter du paysage et encore moins faire des photos.
11h50, il reste encore 4km avant Koman.
Koman est un lieu bizarre au milieu de nulle part. Un camp de camping – qui peut y venir camper ? ceux qui ont loupé le bateau ? Un chantier. Pas de bateau ni de port. Un mur de béton barre la vallée. Où est donc le port ? Au chantier, un vigile en uniforme marron nous indique la route qui monte vers la montagne ;
Il ne reste plus que 5 minutes !
On fait demi-tour, cette piste caillouteuse monte en tournant le dos au lac. Sûrement le vigile n’a rien compris. Si ! si ! C’est bien la route vers le ferry (trageto). On remonte sans conviction. La route bifurque, on se trouve à l’entrée d’un tunnel. Il est déjà midi quand on s’y engage. Le tunnel est long. Encore loin de la sortie, on s’immobilise à la queue d’une longue file de voitures à l’arrêt. Devant : deux gros autocars. Je descends aux nouvelles et pour acheter les billets.
koman : embarquement des derniers véhicules sur le hayon
Le bateau est encore à quai. Il reste de la place pour les voitures. On embarque d’abord les cars. Je tente ma chance:
-« j’ai une réservation !j’ai une réservation ! »
Le marin me tend sa liste écrite au stylo à bille:
-« cherchez votre nom ! »Je ne le trouve pas, rien à faire
-« Pas de problème ! » rétorque le marin.
Quand, finalement, la file se met en mouvement, il reste tout juste une place pour la Clio rouge. Entre temps on nous taxe 2€ « pour le tunnel ». Pas de ticket ni de talon. C’est sans doute une arnaque. Après toute cette course, nous sommes devant le bateau, nous n’allons pas faire des histoires pour 2€ ! Dominique trouve son prénom à l’envers de la liste. Je n’avais cherché que les noms de famille. On paie 31€. Les marins casent la voiture tout au bout. Ouf ! Le ferry peut appareiller, nous sommes à bord ! Un très gros SUV rempli de Chinois se pointe, on nous fait manœuvrer. L’arrière dépasse. Est-ce bien raisonnable ? Il suffit de ne pas relever le hayon. Et comme il y a encore un peu de place horizontalement, on y case une Mercedes noire étincelante et même une autre Mercedes au pare-brise étoilé remplie de bidons. Les policiers arrivent. Tout leur paraît normal. En revanche au bar au dessus du bureau des tickets, des chants résonnent « avanti poppolo… ». Un énergumène au fez blanc décoré de l’aigle bicéphale se démène avec ses compagnons de beuverie.
13h30, plus d’une heure après le départ prévu, le ferry s’ébranle, fait un majestueux demi-tour et retourne au port. Une camionnette débarque. Un frisson d’émotion parcourt l’assistance : un dangereux psychopathe serait à bord. Qu’attend la police pour l’arrêter ? murmure-t-on chez les vieilles dames à cheveux blancs qui parlent anglais. Le « psychopathe » s’est enfermé dans les toilettes pour femmes après avoir asséné un coup de poing au policier. Tous les marins viennent prêter main forte à la police. Sans résultat. La porte métallique est solide. Une vieille dame très digne arrive à le raisonner et lui faire ouvrir la porte. Sort le jeune qui chantait au bar, fin saoul.
Enfin le ferry peut quitter le port. Il est 14h. Deux heures de retard ; Entre temps le ciel s’est couvert, la criosière se fera sous les nuages. Le foulard turc n’est plus indispensable. Un marin apporte à Dominique une chaise. Nous sommes très tranquilles pour profiter du paysage.
Le Lac Komani est un lac de barrage sur le Drin qui en compte 3 celui de Vau i Dejes qui retient le lac que nous avons suivi jusqu’à Koman, celui de Koman dont nous parcourons avec le ferry la retenue, et en amont celui de Fierze dont le lac s’étend jusqu’au Kosovo. Comme les barrages se succèdent nous n’avons rien vu du fleuve qui se divise en deux branches , l’une se déversant dans le lac Shkoder l’autre dans l’Adriatique à Lezhe. La vallée noyée par le Lac Komani est très étroite. Les guides touristiques comparent le lac aux fjords norvégiens. Le lac s’étend sur 34 km est aussi très profond.
Parfois on navigue sur son miroir reflétant des forêts touffues, l’eau fendue par le navire fait un miroir déformant . Parfois les falaises nues forment un étroit défilé. Sur le pont supérieur règne une joyeuse ambiance de croisière ; Il y a même un DJ qui adapte la musique au paysage : passages romantiques dans le défilé, airs dansants folkloriques quand les rives s’éloignent. Tous les passagers dansent des rondes qui ressemblent à la Hora que je dansais en Israël, il y a bien longtemps. Peut être est-ce la même ? Je n’ose pas me joindre à eux, je n’ai jamais eu le sens du rythme. Jeunes et vieux, hommes et femmes font la farandole. Une grosse dame en leggings rose chair (vraiment peu seyants) mais avec une belle chevelure déployée saisit des serviettes en papiers et les agite gracieusement comme des mouchoirs.
Kruja : vue du balcon de notre chambre à l’hôtel Panorama
Notre voiture est une belle Clio rouge, le GPS connait l’Albanie.
Nous sortons facilement de Tirana par l’a route de l’aéroport et retrouvons le Sofitel délirant avec sa coupole ronde verte et ses statues monumentales en bronze qui m’évoque, je ne sais pourquoi l’Asie centrale ou la Chine. Un autre hôtel aux moellons marron singe un château fort avec tourelles et créneaux. Bizarreries architecturales !
Sofitel près de l’aéroport
Nous ratons la bretelle en direction de Kruje et arrivons dans un centre commercial. Laideur universelle des entrées des villes avec les concessionnaires automobiles, showrooms prétentieux, hangars des centres commerciaux ou artisanaux. Enfin, nous traversons une petite ville dépaysante. avec ses étals de légumes, pastèques et melons, aubergines et cerises et les friperies du marché. Nous quittons la plaine pour la montagne, la route s’élève en lacets dans une forêt et des oliveraies.
A une épingle à cheveux, une petite coupole verte surmonte un cube blanc Sari Saltik – justement au programme du Roadbook. Trois hommes sont assis devant le petit temple ; Un homme m’accompagne. Il me montre une pierre très lisse creusé d’une fente, trace du bâton sur lequel l’ermite s’appuyait. Aux murs, des portraits d’Ali, d’Hassan. Ils sont bektashis, musulmans libéraux « qui n’ont de soucis ni avec les catholiques ni avec les orthodoxes » selon le vieil homme qui me tend une coupelle que je prends pour une sébille. Je fonce à la voiture chercher de la monnaie. Erreur ! La monnaie doit aller dans une fente dans le sanctuaire ; Dans la coupelle, il y a des bonbons au café. « mais c’est Ramadan ! » je m’exclame. Apparemment, ces vieux ne jeûnent pas et ne s’attendent paas à ce que je le fasse non plus. Les bonbons c’est une récompense pour respecter leur culture. Le vieux me serre affectueusement (un peu trop à mon goût).
Selon le Road book il y aurait un très beau point de vue près de la grotte de l’ermite. On engage bien imprudemment la voiture sur une piste creusée d’ornières. La Clio est très basse, nous faisons rapidement demi-tour, mais la manœuvre est laborieuse.
Beaucoup de virages plus loin, et beaucoup de camions chargés de pierres des carrières voisines, la ville de Kruje est bâtie à flanc de colline, quelques immeubles dépassant l’étagement des maisons font tache.
ville de Kruja
L’hôtel Panorama est le plus grand établissement de la ville. Signalé par de grandes banderoles, il est facile à trouver. Ses balcons regardent la citadelle.
Deux parkings sont prévus pour les voitures de tourisme au bas de la colline. La carte « handicapés » permet d’ouvrir les bornes rétractiles barrant la vie piétonnière. Dans de belles maisons ottomanes on a installé des hôtels ou des guest -Houses. Les propriétaires se manifestent « vous avez une réservation ? » dit un monsieur « Venez donc déjeuner chez moi » dit une dame. C’est charmant, de petites terrasses sont aménagées sous des tonnelles de vigne chez la dame, sous des cannisses chez le monsieur. On regrette d’être à l’hôtel.
La tour de l’hOrloge
Je monte à la Tour de l’Horloge, tour carrée coiffée d’un toit à 4 pans, un carillon avec les cloches des églises environnantes y était installé. Il semble maintenant abandonné.
Un petit troupeau de moutons à la laine épaisse et propre, déambule dans les herbes odorantes ;
Plus bas se trouve le « château de Skanderbeg » entre guillemets parce que terminé en 1988 à l‘initiative de la fille d’Enver Hoxha. Bâtiment de pierre claire. Le donjon carré porte l’aigle bicéphale, ses fenêtres sont en arcades romanes. Il est flanqué d’un côté d’une terrasse de l’autre de trois pavés en escalier. C’est un monument assez harmonieux qui ne ressemble pas du tout à une citadelle médiévale. L’intérieur est un mausolée ou plutôt un cénotaphe. Dès l’entrée on découvre un groupe sculpté dans du calcaire blanc : Skanderbeg et ses compagnons. Deux gardiens illyriens sont postés à la porte de la salle suivante. Au fond, une fresque illustre une bataille opposant Pyrrhus aux Romains. (Bénéventum 275 av JC ou Héraclée 280 av JC ?). Les objets sont bien présentés : monnaie illyrienne, bouclier rond, un casque, des jambières….D’autres salles racontent Kruja au Moyen Âge, puis les conquêtes ottomanes. Une salle est couverte de fresques réalisées en 1882 par trois artistes différents.
Skanderbeg et ses compagnons
Les répliques des armes de Skanderbeg portent la devise INPERATOREBT
Jesus Nazareth Principe Epire Roi Albania Terreur des Ottomans.
Le casque porte la dépouille d’une bête à cornes. La suite du musée présente des souvenirs de Skanderbeg, le plus souvent des fac-similés de textes diplomatiques, des gravures du héros, des tableaux modernes, des bustes géants. Je me lasse vite.
Musée ethnographique de Kruja : maisonToptani
Le Musée ethnographique, en revanche est une véritable merveille. Il est aménagé dans la très belle maison de la Famille Toptani – construite en 1764, solide maison blanche à étage avec des escaliers extérieurs.
Au rez de chaussée, le berger logeait au dessus du troupeau dans une sorte de mezzanine ou cabane en bois sous la maison. On voit le billot du boucher, l’alambic et une cuve pour refroidir la rakia, un moulin à farine, un pressoir à huile, la fabrication des chapeaux et des fez…
costumes des albanaises
A l’étage vivait la famille des propriétaires. Comme dans les Maisons-musées que nous avons visitées en Bulgarie les pièces sont réparties autour de l’entrée avec le salon des femmes et le salamlik, le salon des hommes. Dans le salon des femmes sont exposés des costumes d’une finesse inouïe. Le salon des hommes est plus vaste, plus décoré avec de belles fresques, des armes, des pipes et de plus belles armoires aux découpes caractéristiques à la silhouette d’un flacon élégant. Des ouvertures en hauteur permettaient aux femmes et aux enfants de surveiller les réceptions sans être vues. Comme en Bulgarie, on mangeait sur des tables basses rondes presque des plateaux posés au ras du sol. Les cheminées ont leur manteau métallique arrondi, peint en blanc et stuqué. La famille riche possédait un petit hammam avec une coupole ajourée et des bancs de marbre. Une salle contenait le métier à tisser.
salamlik
Nous avons déjeuné au restaurant Merlika sous les canisses en bordure de la falaise avec une merveilleuse vue sur la montagne blanche qui a valu son nom à l’Albanie. Pizza pour Dominique et salade grecque pour moi(pas d’olives) un verre de blanc et du café 1700 lekë(12€) . Nous prolongeons l’après midi sur la terrasse jusqu’à ce que le soleil tourne et qu’il n’y ait plus d’ombre.
Notre chambre à l’Hôtel Panorama est agréable, le balcon est à l’ombre et donne sur la tour de l’Horloge et la citadelle.
Un fin minaret effilé comme un crayon se trouve à une vingtaine de mètres. J’aime cet appel à la prière qui me transporte en Orient alors que nous sommes à un jet de pierre de l’Italie.
Kruja restaurant Merlika
Le vieux Bazar est u marché touristique dans une rue ondulante qui épouse une courbe de niveau. Des maisonnettes de bois aux toits de tuile sont accolées ; les toitures se chevauchent presque. La rue est dallée de galets ronds très lisses et très glissants. Une rigole court au milieu de la rue ; Proposés à la vente, des tapis avec beaucoup de rouge, des motifs imitant l’aigle albanais. Les kilims me font bien envie comme les chaussettes multicolores en jacquard jolies mais bien rêches et peu confortables. Tissées sur places, nappes et écharpes. Ce qui me plairait c’est un moulin à café ancien en cuivre.
au bazar de Kruja
Comme nous avons bien mangé au restaurant, nous nous contentons d’un börek aux épinards et un au fromage en regardant la lumière changer, le soleil se coucher et les monuments s’illuminer.
J’avais dévoré ce livre sensible, témoignage poignant, de Marceline Loridan que Claudialucia avait fait voyager. Je n’avais pas su écrire un billet. Certains sujets m’intimident, la déportation plus encore. Qu’écrire de plus qui soit pertinent?
J’ai beaucoup aimé entendre l’auteur parler de son amie Simone Veil à la télévision.
J’ai senti qu’il fallait que j’aille aux Invalides. rien ne me retenait, ni le travail, ni les obligations. J’avais la matinée libre,. Il faisait beau. Nous y sommes allées à 4 copines. Je goûte très peu les cérémonies officielles, Marseillaise, Drapeau, hommages militaires. Et pourtant je voulais dire adieu à celle qui résume l’histoire du 20ème siècle, aussi bien la résistance au fascisme, la construction européennes, le droit des femmes, la loi qui porte son nom… toutes grandes causes qui m’ont fait vibrer.
Bonne introduction au voyage : le Musée Historique va nous donner des pistes!
Malgré le chantier le Musée est ouvert. (200 leke). La façade est très réussie. Commandée par Enver Hoxha, elle fut inaugurée en 1981, représente « l’élan du peuple albanais vers son indépendance et son identité ». Au centre, Mère Albanie est encadrée par un ouvrier communiste et un partisan. Les autres personnages sont un guerrier illyrien, deux combattants de Skanderbeg, l’écrivain Naim Frasheri et des partisans armés. L’œuvre communiste originale fut remaniée en 1992 et 2011.
L’Histoire de l’Albanie commence à la Préhistoire
25.000 -12000 : grotte de Trenit Korça
7000 – 3700 : Néolithique poteries et statuettes anthropomorphes, certaines statues féminines me font penser aux idoles cycladiques.
1050 – 500 : Âge de Bronze : parures avec fibules, céramiques sophistiquées rappelant les vases grecs, pétroglyphes avec des silhouettes anthropomorphiques très géométriques.
Antiquité Grecque et Romaine
3ème siècle av JC l’Etat illyrien alliés aux Macédoniens guerroyaient contre les Romains.
Invasions barbares et époque byzantine
Après les Avars, le Huns, les Slaves déferlent sur les Balkans. Les 3 états illyriens dans l’empire byzantin gardèrent leur originalité ethnique. Durant l’époque byzantine de très nombreuses fortifications et châteaux forts protégeainet le territoire contre les envahisseurs
11ème/12ème siècle : des révoltes éclatèrent dans Byzance. Le royaume bulgare étendait sn pouvoir. 1016, défaite des Bulgare par les Byzantins.
12ème/13ème arrivée des Normands puis des Hohenstaufen jusqu’à la mort de Manfred en 1266 Les Anjou soumettent l’Illyrie jusqu’en 1272
13ème/14ème : les familles albanaises administrent la région . Une reconstitution de la citadelle de Berat illustre cette époque.
1354-1402 conquête ottomane.
14.5-1468 Skanderbeg et sa famille Kastrioti ont régné sur l’Albanie. Toute une salle du Musée est dédiée à Skanderbeg avec une grande statue, une fresque et des armes d’époque, parfois des fourches de bois.
Les salles suivantes illustrent une époque nettement postérieure :
Renaissance Nationale : de la fin du 19ème siècle à l’Indépendance en 1912. Une série de photographies sépia ou Noir et blanc montrent des moustachus portant le fez et parfois la fustanelle. Un luxe de détail en albanais sans traduction rend la visite monotone pour les non-albanais qui ne connaissent rien de ces combattants.
Une salle est consacrée au Roi Zog, puis un « couloir anti-fasciste » mériteerait sans doute plus de traduction. En revanche la belle salle rouge des icônes retient plus mon attention, mes préférées sont une Dormition de la Vierge et un Saint Dimitri entouré de saynettes vivantes.
La mosquée et l’Horloge
place Skanderbeg
La petite mosquéeEt’hem bey est à côté de la Tour de l’Horloge, tour carrée surmontée d’un toit à quatre pentes. Vide, un escalier métallique permet d’accéder à la terrasse d’où il y a une belle vue.
La mosquée est peinte de motifs floraux ou de paysages de campagne ou de villes. Il faut se déchausser pour entrer dans al salle de prière. Je déplie mon voile turc de Beysehir. Grand sourire de l’assistance, un peu clairsemée malgré le Ramadan. La coupole est peinte de guirlandes de fleurs. La salle est exigüe. Elle est charmante avec son balcon pour les femmes.
LA
Promenade Boulevard Deshmoret e Kombit
Ce matin Armand avait désigné le long boulevard Deshmoret e Kombit (avenue des Martyrs) comme Les Champs Elysées de Tirana. C’est une promenade agréable et facile pour terminer l’après midi, partant de la place Skanderbeg entre les ministères. Bordé d’espaces verts, les pins parasols magnifiques lui donnent un air d’Italie (à la suite des ministères italiens), il est agrémenté de monuments divers : Une bizarre sculpture métallique en ferraille d’un japonais, en face un monument des lettres formant le nom de Tirana peintes de blanc, rouge noir un peu à la manière d’un Dubuffet. La Pyramide « mausolée d’Enver Hoha » fut inaugurée en 1988 pour son anniversaire posthume de 80 ans. Avec ses triangles rayonnant elle est en piètre état portant des antennes pour téléphones mobiles et des peintures comme des tags.
La pyramide
J’ai bien aimé les vendeurs de livres qui exposent les ouvrages les plus variés, manuels scolaires de mathématiques, albums pour enfants, le Théâtre de Sophocle et Le Petit Prince, pour ce que j’ai reconnu.
La rivière Lana coule dans un canal cimenté, elle est vraiment très petite.
Le boulevard se termine dans un cul de sac formant la Place de Mère Théresa. Au fond un grand bâtiment à étages a une silhouette sévère. Le Musée Archéologique est précédé d’une colonnade à piliers carrés, mussolinienne ou stalinienne ? Le troisième côté de la place est un institut artistique d’où s’échappe de la musique classique.
Après une bonne douche , nous terminons l’après midi sur la terrasse encadrée de verdure de l’hôtel puis allons dîner un peu plus loin dans la rue, dans un restaurant qui a affiché sur sa façade, ses plats sous forme d’images. Le patrontrès aimable, parle anglais. Nous commandons quatre köfte (25 leke chacune) une salade de concombre tomates, olives et oignon. Les légumes sont d’une fraîcheur et d’un goût incomparable. Ils semblent frais cueillis du jardin. Le pain est en petites miches rondes sans croûte dans laquelle on a incisé une croix. Nous avons aussi commandé ce que nous croyions être de la sauce au yaourt mais qui se révèle être du ragoût avec de petits morceaux de viande dans une sauce blanche.
Les nuages cachent la Champagne. Des montagnes enneigées émergent, nuages comme des grumeaux dans un paysage fantastique. Suisse ou Italie ? Je reconnais le Delta du Pô, la lagune de Venise. A peine quelques minutes pour traverser l’Adriatique, les îles croates s’égrènent, les montagnes calcaires ont des formes bizarres. Mur vertical entaillé. L’avion perd de l’altitude au dessus des bouches de Kotor, fjord bleu profond, toits rouges. On arrive à Tirana par la mer après avoir survolé une lagune ou un marais. A l’aéroport, les formalités de police sont interminables. Devant les tapis des bagages, une dame nous fait cadeau d’une pièce pour prendre un caddie. Mauvaise surprise : une roulette de ma valise est cassée.
Armand d’Albania Tradition venu nous accueillir parle vraiment très bien français. Je lui soumets une batterie de questions, pratiques comme les horaires des repas mais aussi une littéraire : je suis en train de lire La Provocation de Kadaré. Quel est donc cet ennemi à la frontière, en 1960 qui menace l’Albanie ? Réponse d’Armand, c’est la paranoïa du Dictateur qui voyait des ennemis partout. Un autre témoignage de cette paranoïa est la construction de bunkers comme des champignons.
Skanderbeg dans les palissades et échafaudagesplace Skanderbeg
La place centrale de Tirana, la Place Skanderbeg est en chantier. On a banni les voitures pour la daller. Elle est comprise entre le Musée d’Histoire surmonté d’une mosaïque colorée, l’Opéra, la petite Mosquée d’Et’hem Bey. A son extrémité en demi-lune, des ministères furent construit par des architectes italiens à l’initiative du roi Zog, jaune et rouge sang (couleur maison des cantonniers en Italie) persiennes vertes à l’italienne, colonnes plaquées et têtes casquées.
Petite mosquée peinte
Près de la mosquée, il y a une église, un peu plus loin, la cathédrale orthodoxe. Le Ramadan vient de commencer. J’avais peur que cela nous gène pour manger. Aucun risque, nous rassure Armand. Si la population est officiellement musulmane, les Albanais ne pratiquent pas. Dans la première journée je verrai tout juste une demi-douzaine de femmes voilées. Les autres sont en tenue légère puisqu’il fait 31°C.
Hôtel Comfort – Rruga Fortuzi a une terrasse couverte encadrée par deux murs végétalisé : du lierre, de a vigne vierge du chèvrefeuille et bignone y grimpent tandis laurier-palme, olivier et même un épicéa ont été taillés pour avoir un port vertical. Des pots de céramique vernissée (mais vides) sont accrochés pour apporter leur touche de couleur. Le mobilier est moderne avec des fauteuils en faux rotin gris. Les nombreux consommateurs de tout âge, hommes, femmes, enfants mélangés, sirotent des cafés ou boivent des bières.
Notre chambre est confortable. Elle a une grande salle de bains mais aucune vue.
Première course : la banque ou plutôt le guichet automatique. Celui de la Société Générale d’Albanie traduit les instructions en Français, mais il faut faire une curieuse manipulation pour demander des billets de 500leke, comme je ne comprends pas et qu’il m’en faudrait beaucoup pour obtenir les 30.000 leke que j’ai commandé, je renonce.
La pyramide
A Tirana, on ne risque pas de mourir de faim. Je trouve des Beureks aux épinards feuilletés triangulaires excellents et des roulés au fromage, un peu mous moins bons que les épinards. Les terrasses des cafés et des restaurants sont très animées. Conjugué avec le prix modique des consommations, Il ne faut pas s’en priver(un café 0.70 leke, O.5€). L’embarras est de choisir : des parasols bleus foncés, pour être bien à l’ombre, la WIFI, un endroit stratégique face au Musée Historique.
LE MONDE EN EXPOS Exposition temporaire jusqu’au 23 juillet 2017
Attention! c’est une très grosse exposition, il faut compter au moins 2 heures et même plus. C’est une exposition double : la première partie est une chronologie, passionnante mais surtout des textes et des photos, quelques masques mais peu d’oeuvres de Picasso, même si c’est très intéressant il faut passer assez rapidement pour avoir encore de la fraîcheur et de l’attention pour la seconde partie qui est la confrontation des oeuvres des « primitifs » et de Picasso. Il y a de nombreuses toiles quelques sculptures, et c’est vraiment éblouissant.
Gou dieu Fon (Abomey) et la femme à la poussette
« je me hâte d’ajouter que je déteste l’exotisme »
écrit Picasso à Apollinaire
parcours chronologique
Année après année, commençant par l’Exposition Universelle de 1900, nous suivons les découvertes de Picasso, ses premières acquisitions, ses rencontres (1905 Gertrud Stein), Vlaminck acquiert le masque fang qu’il transmet à Derain où Picassole voit en compagnie de Matisse
masque fang
1907 est une année capitale , c’est l’année des Demoiselles d’Avignon et celle de la visite de Picasso au Musée Ethnographique du Trocadéro, malgré « l’odeur de moisi et d’abandon… » Picasso est saisi : « j’ai compris que c’était le sens de la peinture. […] ce n’est pas un processus esthétique c’est une sorte de magie »
Une vidéo de 2’10 en N&B est projetée très réussie.
C’est aussi l’année où Picasso achète un Tiki polynésien.
1912 apparition de l’expression « art nègre »
masque Nimba guinée
c’est l’occasion de découvrir Picasso dans le décor familier de ses ateliers successifs avec ses amis et le tout-Paris. On voit apparaître successivement Gertrud Stein (1918) AndréBreton, puis en 1922 Aragon… en 1945 le poème de Senghor « masque nègre »est dédié à Picasso
Masque nègre
Léopold Sédar SENGHOR
Recueil : « Chants d’ombre »
A Pablo Picasso
Elle dort et repose sur la candeur du sable.
Koumba Tam dort. Une palme verte voile la fièvre des cheveux, cuivre le front courbe.
Les paupières closes, coupe double et sources scellées.
Ce fin croissant, cette lèvre plus noire et lourde à peine – ou’ le sourire de la femme complice?
Les patènes des joues, le dessin du menton chantent l’accord muet.
Visage de masque fermé à l’éphémère, sans yeux sans matière.
Tête de bronze parfaite et sa patine de temps.
Que ne souillent fards ni rougeur ni rides, ni traces de larmes ni de baisers
O visage tel que Dieu t’a créé avant la mémoire même des âges.
Visage de l’aube du monde, ne t’ouvre pas comme un col tendre pour émouvoir ma chair.
Je t’adore, ô Beauté, de mon œil monocorde!
1947 Picasso fait le portrait d’Aimé Césaire
Nevimbumbao
Matisse veut lui offrir le masque Nevimbumbao . En 1951, Picasso le refuse mais le réclame à la mort de Matisse en 1954.
Picasso se met en scène en chef indien coiffant les plumes d’un chef indien, coiffure offerte par Gary Cooper, ou en matador, en costume africain..
Cette exposition chronologique vaut à elle seule le déplacement
Mais la deuxième partie Corps à corps où les oeuvres du Maître sont confrontées aux masques, tissus, statues des Arts Premiers, est absolument magique. Les oeuvres sot rassemblées par thème Verticalité, parexemple, rassemble 5 études pour « Nu debout » 1908 vis à vis d’une statuette du Gardien Reliquaire
Verticalité : Nu debout
Un autre thème exploité est celui de la métamorphose ou la mise en abyme
nature morte avec guéridon
Dans cette nature morte se cache une femme, pour la trouver un indice : les deux pommes vertes sont les seins! Elle est exposée près d’une cape inuit de toute beauté où se cachent des corbeaux et des baleines.
Autre technique : l‘assemblage, collage, sculpture, céramique, les techniques employées par Picasso sont diverses. Les assemblages sont bien sûr nombreux dans les masques et fétiches africains riches de leur charge magique.
singe
les animaux ne sont pas oubliés.
La défiguration est aussi un thème
pour arriver aux représentations sexuelles chez le peintre comme dans les arts premiers
Baiser
l’exposition se termine par une salle obscure, presque magique.