11. Tarrafal, une journée à la plage

CARNET DU CAP VERT

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Merceria

Le village de Tarafal

Petit tour au village de Tarrafal. Coup d’œil à l’école maternelle. Les enfants ont des petits tabliers en pied de poule vert et blanc. Ils sourient en nous voyant sans bouger de leur table.
Dans l’épicerie ancienne, les étagères en bois ciré contiennent des boites de conserves et des bouteilles. Sur le comptoir, une balance roberval. L’épicière est très contente qu’on la photographie. Elle nous montre la photo encadrée de l’ancien propriétaire. Cette épicerie a plus de cent ans explique-t elle.
A l’entrée du marché une petite échoppe vend des tissus au mètre. Je choisis un tissu africain pour faire un turban, la dame m’en coupe un mètre «e melhor !». Au marché, les vendeuses nous reconnaissent et nous proposent des citrons verts, l’une d’elle pose fièrement pour la photo derrière son étalage.

Encore une baignade somptueuse!

 

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La baignade est somptueuse, dans de l’eau lisse, très limpide. Sur un fond sableux, je découvre un poisson étonnant que je prends d’abord pour une pieuvre. Son corps n’a pas la forme fuselée des poissons. Il est massif, presque rectangulaire, décoré d’ocelles. On dirait une tête de vache ou de chèvre avec ses orbites le museau. Je suis toute émerveillée de cette découverte.
Le maniement de l’appareil-photo étanche est beaucoup plus compliqué que prévu : d’abord, ce n’est pas simple de nager avec. Sans tuba, il faut remonter respirer, retrouver le sujet, puis appuyer sur le déclencheur. Nous traversons à la nage notre petite anse pour aller vers les rochers juste là où plongent les plongeurs qui pêchent au fusil. Cette expédition a été sportive. Je dois toujours ramer à contre-courant pour faire du surplace, même si je m’accroche à un rocher.
Dominique a trouvé un pantalon en batik chez les marchands sénégalais qui la demandent qu’on leur prête un «bic»

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Pesée sur la plage : 17kg!

Nous retournons voir le retour des pêcheurs mais leurs prises sont moins spectaculaires qu’hier, sauf un thon de 17 kg pesé sous nos yeux.
Après le déjeuner nous retournons  sous le cocotier . L’hôtel Baia Verde s’est rempli hier soir et la plage aussi. J’emporte un bloc pour dessiner les frondes de palmiers et le livre sur le Cap Vert.
La baignade de l’après midi est rafraîchissante mais beaucoup moins intéressante. Le vent s’est levé, l’eau est agitée et plus trouble .
En soirée, j’essaie de peindre les barques sur le sable. Elles sont vraiment très jolies, très colorées avec un gros effort pour les motifs peints dessus. Le résultat n’est pas à la hauteur mais cela me donne l’occasion de bavarder en portugais avec les enfants qui m’entourent. Ils s’indignent parce que je ne dessine pas les moteurs et me dictent les numéros.

10. Tarrafal – Macaques – plage

CARNET DU CAP VERT 2002

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Hier soir la télé était en panne, explication de la direction : « ce sont les macaques », nous étions incrédules.

L’allumeur de réverbère nous avait prévenu de ne rien laisser traîner sur le balcon. Nous avions conclu qu’il y avait des voleurs et avions construit une théorie sur la perversion du tourisme et son influence néfaste sur les capverdiens. Nous n’avions pas pensé aux singes !

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Les cris stridents des passerinhas m’ont tirée du lit. Il fait très frais, j’enfile une  chemise à manches longues pour sortir.
Sur les câbles,  en file indienne, se balançant, avancent les macaques. L’un d’eux s’assied tranquillement au milieu du fil pour faire sa crotte. Les autres sautent sur le toit du bungalow et font un raffut d’enfer … Ce sont de très jolies petites bêtes avec un dos fauve, la face claire, de grands yeux bruns. Leur fourrure sur le dessus du crâne leur fait une sorte de casquette avec une visière. Ils sont peu farouches et cherchent même à entrer par la porte ouverte. Toute la famille campe sur la terrasse.

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Je vais chercher une banane que je partage. Je m’attendais à ce qu’ils attrapent les morceaux avec leurs dents à la manière des chiens ou des chats. Ils saisissent délicatement la banane avec leurs mains qui ressemblent aux nôtres. Je suis fascinée et ne veux pas perdre une seconde du spectacle. Après la distribution, la troupe file dans le  petit bois d’acacias. Certains reviennent quand même ramasser les pelures qu’ils avaient dédaignées. L’un d’eux joue à sauter de la rambarde, rebondit sur le mur puis saute l’allée pour s’accrocher au grillage et contourner les barbelés, qui ne les gênent nullement.
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Le petit déjeuner est servi dans une curieuse construction ronde en pierre surmontée d’une sorte de cône. L’aménagement intérieur est un peu décevant : longues table de cantine et toile cirée. Le buffet est délicieux, quartiers de papaye, jus de mangue, confitures-maison, œufs et petits pains.

Promenade sur le sentier côtier

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Suivant les conseils du Guide Olizane, nous partons à pied de l’hôtel, traversons le petit bois d’acacias bien verts, avant d’emprunter un sentier en corniche qui passe sur les roches blanches . Ce n’est pas du sable ou du grès mais une sorte de brèche argileuse intercalée entre deux coulées. Provient-elle de la décomposition du substrat volcanique ? Quelles pluies, quelle rivière explique la formation de cette brèche ? D’où vient alors le sable blanc ? L’observation rapprochée me pose plus de questions qu’elle n’y répond.
C’est une jolie promenade en balcon au dessus de l’eau transparente avec une vue très étendue sur la baie de Tarrafal, ville dominée par son éolienne et au loin par les crêtes découpées des montagnes de l’intérieur de l’île.
Le sentier conduit à une petite plage de sable noir très noir, étincelant sous le soleil. L’eau est limpide, verte, les rochers noirs, pas une ride, pas une vague ce matin. J’ai hâte de me baigner.

Baignade : la photo sous marine, c’est difficile !!

La baignade du matin dans cette eau calme est délicieuse. Je vois des poissons colorés. Le spectacle des poissons est encore plus intéressant qu’en Méditerranée mais la nage est moins tranquille : l’eau bouge plus, on n’arrive pas à faire du surplace, il faut nager tout le temps pour ne pas se laisser embarquer.
Nous faisons connaissance avec un marchand sénégalais, Oumar, qui propose de nous organiser une ballade en bateau jusqu’au phare. En zodiac, cela coûte 1000$ mais avec les «pirogues» ce sera moins cher…
Mauvais jour, au marché, il n’y a plus rien, ni brochettes ni même des bananes mûres. On se contentera des beignets au poisson (genre anchois) et des restes d’hier soir.

Retour des pêcheurs

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Vers 1 heure de l’après midi, ils remontent leurs barques sur le sable de la plage du côté du village. Un bouquet de très grands arbres abrite le marché au poisson. Un petit bâtiment peint en bleu sert de criée. Hier j’ai raté la pesée des thons par manque de rapidité.  Nous guettons l’arrivée des gros poissons et attendons qu’une femme les charge sur sa tête dans une bassine en plastique. Elles mettent trois gros poissons côte à côte, la porteuse ne peut pas soulever seule la charge et se fait donc aider pour remonter la bassine jusqu’à la hauteur de sa tête. Parfois tout s’écroule. Elles vont rincer le poisson dans la mer. Des femmes assistent au marché au poisson, les grattent, nettoient, dépècent, les vendent, les hommes aident à la pesée.

capvertsantiagotarrafal8-copie Aujourd’hui, on a pêché deux espadons avec leurs longs rostres pointus, l’un deux est déjà coupé en deux quand nous arrivons. L’autre est couché sur la plage. On étend sa nageoire dorsale pour y placer de plus petits poissons. Nous attendons avec impatience la femme qui va les transporter. L’espadon est beaucoup trop grand pour tenir dans une bassine.

capvertsantiagotarrafal7-copieDeux garçons vont le hisser sur la plage en l’attrapant par la tête. Les thons sont des poissons magnifiques, leur peau bleutée brille, vers la queue une rangée d’étranges triangles jaunes arrive jusqu’à la queue. Les petits poissons sont centralisés au fond d’une grande barque entourée de plusieurs dizaines de femmes qui discutent, crient, trient les poissons et remplissent les cuvettes multicolores. Rien ne permet de deviner comment se négocient les ventes. Parfois on voit des liasses de billets. Il faudrait comprendre le créole !

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Après midi à la plage

Beaucoup mieux que des parasols, les cocotiers donnent une très jolie ombre qui bouge quand le vent passe dans leurs palmes. On peut rester toute l’après midi à condition de se déplacer avec la course du soleil. Omar vient me tenir compagnie. Avec d’autres sénégalais, il tient un étal de souvenirs. Ils ont tendu un fil entre deux cocotiers où sont suspendus des pantalons de batiks et quelques bricoles. Les autres vendeurs jouent à l’awelé avec des touristes.

Les colporteurs sénégalais remplacent les offices de tourisme inexistants, ils connaissent tous les renseignements pratiques pour les touristes, sont parfaitement francophones, très débrouillards et aimables. Omar nous explique que nos cartes postales ne partiront pour la France que le lundi de Sal, jour du vol TACV, quel que soit le jour où on les poste. Il raconte aussi ses expériences de vendeur en Afrique et en Europe. Comme je manifeste l’envie de lire, Omar part jouer seul avec son ballon de foot.
Ce matin la plage était presque vide. Vers six heures du matin, quelques coureurs font leur jogging matinal en survêtement, des gamins jouent au foot. Pendant la journée les Capverdiens sont à l’école ou travaillent. Ce n’est que dans l’après midi que la plage se peuple. Les Européens sous les cocotiers, les capverdiens n’ont pas l’air de rechercher l’ombre. Au bord de l’eau, il ne fait pas chaud, il faut être vigilante pour ne prendre des coups de soleil.
Soirée tranquille, lessive et cartes postales.

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De notre terrasse, nous observons l’animation sur la plage.  Pendant que nous nous prélassions les Cap-Verdiens sont arrivés par vagues d’enfants et d’adolescents. Ils jouent dans l’eau et se roulent sur le sable. Vers cinq heures, la plage est pleine de monde, mais pas comme chez nous… où les gens s’installent sur des serviettes avec des parasols et des sacs de plage… les seuls accessoires sont des ballons et de rares bouées. Les groupes sont mobiles. Les jeunes se poursuivent, s’éclaboussent. Le soir, des jeux s’organisent : concours de pirouettes, de plongeons, football, évidemment. Un filet de volley est monté près des cocotiers. Des fillettes arrivent avec leur professeur pour un cours de gymnastique.

Le restaurant Baia Verde,   sert du sar pêché aujourd’hui-même avec une jardinière de légumes. C’est un poisson à chair ferme blanche découpée en fines darnes et cuisinée avec une sauce tomate. Cela ressemble un peu au congre ou à l’espadon.

 

Rome brûle – C. Bonini -G.de Cataldo

LIRE POUR L’ITALIE

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Roman noir!

Prologue : Rome brûle comme au temps de Néron?

C’est  un livre d’actualité. Il se déroule du 12 mars 2015 au 23 mai.

Politique fiction? En effet, c’est presque une enquête journalistique  même si le nom du maire de Rome et de certains acteurs ont été modifiés. Ignazio Marino maire de 2013 à 2015, est sorti indemne du scandale de la Mafia Capitale (lire ICI l’article du courrier International) mais tombe quelques mois plus tard dans le scandale du dinergate à deux mois de l’inauguration de l’Année Sainte proclamée par le Pape François (les auteurs l’ont présenté en vedette américaine). La victoire du Mouvement cinq étoiles (20/06/2016) est prévisible, quoique absente du livre puisque il se déroule l’année précédente.

Et même si le roman n’avait rien à voir avec la réalité ce serait un excellent roman dénonçant la corruption et la mafia, montrant comment les chantiers (principalement celui du métro) sont gangrenés par cette corruption. Comment les fascistes infiltrent les syndicats de la ville.

Et même si les auteurs avaient fait une pure fiction, ce serait un excellent roman(bis) avec un humour décapant(twitter pendant la messe à Saint Pierre) ou but religieux du tracé de la Ligne C du métro : du Vatican à saint Jean de Latran pour l’Année sainte (mais nous l’avons expérimenté le métro n’a pas été terminé. Si les religieux ne sont pas épargnés, les communistes non plus! On rappelle la dérive du PCI vers le PD avec toutes les étapes, sur le mode ironique.

Moins drôles mais toujours très noirs, les groupuscules fascistes, dont la bêtise et l’ignorance peut être exploitée  à tout et n’importe quoi…..

Un bémol vient du nombre des personnages que j’ai confondus pendant le quart du livre, difficile pour moi de les différencier, mais c’est un peu ma faute. Rome Brûle fait suite à Suburra que j’aurais dû lire avant. Et les Italiens ont dû retrouver dans ce roman à clé des personnages sans se perdre comme moi.

 

 

 

 

 

 

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2014/12/09/mafia-capitale-l-enorme-scandale-qui-secoue-l-italie

9. La traversée de l’île de Santiago jusqu’à Tarrafal

CARNET DU CAP VERT 2002

Paysage de l’intérieur de Santiago vers Asssomada
Paysage de l’intérieur de Santiago vers Asssomada

Traversée Sud-Nord de l’île

Nous avions prévu d’emprunter les transports collectifs. Selon Abel, il nous faudra payer deux places supplémentaires pour nos bagages ,(4×300$). Le tarif des taxis privés est de 5000$. Au moment des adieux, Mama organise avec le voisin de la maison verte de la rua Banana, un passage jusqu’à Praia.

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trajet : Cidade Velha, Praia, Assomada Tarrafal

Le chauffeur propose de nous emmener jusqu’à Tarrafal pour 4000$ et de faire des arrêts pour les photos. Le Toyota crève avant d’arriver à Praia. Le pneu était complètement lisse et bien déchiré sur plusieurs endroits. Il emprunte un cric à un aluguer qui passait par là et nous voilà reparties !

courses à Praia

Arrêt à Cabo Verde Telecom   la carte Telefacil achetée mercredi dernier fonctionnerait bien,  20 minutes de queue pour obtenir le numéro des réclamations au cas où nous aurions un autre problème !
Le distributeur de billets de la plus grande banque de Praia  n’accepte pas les cartes bleues étrangères. Longue queue au comptoir. Au bout d’une demi-heure, le chauffeur s’impatiente. Heureusement que les Cap-verdiens sont cools ! Nous quittons Praia à 10h45. Je n’ose plus penser aux arrêts photos.

Paysage

La route à la sortie de Praia avec ses acacias défeuillés
La route à la sortie de Praia avec ses acacias défeuillés

Les acacias plantés en rangs serrés à la sortie de Praia sont tout défeuillés. Sont-ils morts ou attendent-ils patiemment la saison des pluies pour reverdir ? Le paysage est ocre rouge avec ces arbres squelettiques gris. Au fond les premiers sommets se détachent en mauve. La campagne devient plus riante. Nous traversons une vallée cultivée, les champs sont irrigués.

Au point d'eau
Au point d’eau

Dans les villages, flamboyants et bougainvillées rehaussent de leurs couleurs les façades peintes. Sao Domingos est le plus joli village. L’éclairage était meilleur jeudi dernier. Aujourd’hui, le ciel est couvert. Après Sao Jorge, la route s’élève de plus en plus et nous passons des cols impressionnants.

A l’entrée d’Assomada, un curieux piton rocheux se détache. Assomada est une grosse agglomération plutôt une bourgade de campagne, avec quelques immeubles bas.
A une fontaine publique, de nombreuses femmes remplissent des bidons, un âne attend. Dans la montagne les ânes sont de plus en plus nombreux (Hier, j’avais échafaudé une théorie autour de l’absence de bourricots).
Une levada conduit l’eau. Ce paysage évoque Madère.

Sommets dans les nuages

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Assomada

Les nuages sont accrochés sur les sommets. Nous traversons des nappes de brouillards. Après un dernier co,l le ciel se dégage. Il fait même très beau près de la mer. Les montagnes sont à nouveau désertiques comme autour de Praia.
Notre chauffeur a mis RFI à midi pour les informations. Rien de nouveau sous le soleil ! La moitié du journal est consacré à l’amnistie des contraventions, aux vacances de Chirac, à un pique-nique des socialistes et à des T-shirts vendus par les pompiers de Paris… Le monde doit tourner rond. Je regrette moins l’absence de journaux !

L’hôtel Baia Verde

Hôtel Baia Verde : plage
Hôtel Baia Verde : plage

Arrivée à Tarrafal à midi et demie.
L’hôtel Baia Verde est un village de bungalows situé dans un endroit de rêve le long d’une belle plage de sable blanc. Une rareté dans cette région volcanique ! Une curieuse lentille de roche blanche – sable ou grès ? – est intercalée entre deux coulées.Elle  a nourri la plage. A une extrémité,  le petit port de pêche. Dans le creux de l’anse, une cocoteraie où sont installées des maisonnettes en pierre noire. A flanc de colline, nos bungalows peints en vert ont des terrasses cimentées dominant la baie.

Notre bungalow possède deux pièces, un grand frigo et la télévision, en panne. On nous explique que c’est la faute aux macaques. Nous sommes sceptiques. Verrons nous les macaques ?

Nous partons au marché à la recherche du déjeuner. C’est Byzance ! On y trouve des fruits des beignets et des ailes de poulet grillées.

Une plage de rêve

Une plage de rêve
Une plage de rêve

Une petite avancée rocheuse, coiffée d’un kiosque couvert de palmes, divise la plage en deux. Sur la grande plage, les Capverdiens se baignent. Sur la petite, devant Bahia Verde, les touristes à l’ombre des cocotiers.
Comme il n’y a que des blancs (6) sur la petite plage,on  avait conclu qu’elle était privée et réservée à l’hôtel. On trouvait que cela faisait un peu apartheid. La raison de cette ségrégation est plus pratique. Les Capverdiens pieds nus préfèrent la plage de sable fin. Sur la petite plage, il y a des rochers pointus et des oursins. Avec nos sandalettes, nous nous baignons du côté des rochers pour observer la vie sous-marine.
Enfin ! La baignade… Dont nous rêvions ! Nous nageons avec lunettes; je vois des poissons et des coraux.
Je ne me lasse pas de regarder les frondes des cocotiers : leurs franges se balancent sous le vent.
Spectacle inattendu : une bande de gamins fait une démonstration brillante de galipettes, roues saltos et sauts périlleux. En prenant tout simplement appui sur la plante de leurs pieds, ils peuvent faire toute une série de sauts et terminer par une roulade.

Le marché hebdomadaire

Marché hebdomadaire
Marché hebdomadaire

Marché local, misérable, où l’on vend un bric à brac de montres, lotion capillaire, quincaillerie et sous vêtements féminins, quelques vêtements africains en batik. Rien de bien alléchant ! Pourtant les femmes portent des jupes colorées et imprimées à grand motifs avec des coloris très vifs. . Elles retiennent leur pagne avec une ceinture très large en tissu à rayure fine qu’elles replient en enfermant leur porte-monnaie (un sachet en plastique contenant les billets ou leurs papiers). Cette ceinture sert aussi à porter les bébés sur le dos.

 Tarrafal possède de belles villas – très grandes mais souvent inachevées – en bord de mer. A l’arrière, un chantier de petits immeubles pas terminés, un désordre complet, pas de voirie.

Attroupement près de la falaise. Les badauds regardent des garçons plonger d’au moins 6 ou 7 m de haut. Habillés de short et maillot de foot, ils s’élancent, certains les pieds en avant, d’autres plongent la tête la première. Ces derniers sont vivement encouragés «cabeiça». Quelques-uns réussissent des figues et des sauts périlleux. Applaudissements !

Soirée sur la terrasse du bungalow. L’allumeur de réverbère, un garçon de 14 ou 15 ans, monte sur une chaise et visse l’ampoule extérieure des bungalows22 à la tombée de la nuit. Elles tiennent lieu d’éclairage public.
Il faut s’organiser pour que les moustiques n’envahissent pas la chambre. Heureusement, les moustiquaires nous permettront de dormir fenêtres ouvertes. A Cidade Velha, il fallait tout fermer et il faisait bien chaud.
Vers 8 heures, je vais chercher un plat à emporter au restaurant. Je n’ai commandé qu’une seule portion (900$). L’assiette est très bien garnie et suffit pour deux, largement.

Tous à la plage – à la Cité de l’Architecture& du Patrimoine au Trocadero

30Exposition temporaire jusqu’au   février 2017

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Prologue – Archiplage :

De grandes photos projetées sur un mur :deux architectes pendant 6 mois sur la plage de Deauville bâtissent des châteaux de sable  et photographient leurs oeuvres éphémères et leur disparition : pyramides et gâteaux de sable. Les photographies sont étonnantes, l’écume submerge les structures qui s’effritent.

En introduction : une chronologie 

de 1730 – 1930 : Invention de la villégiature

1930 – 1970 : l’essor des grandes vacances à la mer

à partir de 1970 : quelles villes balnéaires pour demain?

Attention! L’exposition est copieuse, il faut prévoir au moins 2 heures pour tout voir, et ne pas trop s’attarder au début pour garder un peu de fraîcheur pour la fin qui est passionnante. 

cabine hippomobile
cabine hippomobile : bathing machine

 Invention de la villégiature : les stations britanniques furent pionnières dès 1730 avec des préoccupations hygiénistes.

L’essor des chemins de fer en 1850 contribue au développement des villes balnéaires. Vers 1900 Saint Petersbourg était reliée à Nice en 30 h. L’exposition fait une belle place aux affiches de trains, « trains de plaisir » ou trains de luxe, baedeker et horaires de trains parfois reliés luxueusement. 

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Dieppe

Pour « composer une cité balnéaire »  un certain nombres d’acteurs sont requis, des « explorateurs » qui trouveront le site, des investisseurs financiers et des monarques ou des célébrités qui lanceront le projet. George Sand occupe le centre d’une galerie de portraits de personnalités qui en ont fait la promotion.

maquette de la jetée de Brighton : chain pier
maquette de la jetée de Brighton : chain pier

L’aménagement des stations balnéaires se faisait derrière un front de mer stabilisé par une digue avec souvent des jetées sur pilotis. A l’arrière, des lotissements obéissent à un plan  en éventail, s’inspirant du concept de  cités-jardins. Au fond, on réserve des zones vertes récréatives pour la promenade, les courses de chevaux ou le golf . Les affiches des lotissements. Les affiches de Deauville, Cabourg, Stella-plage ornent l’exposition. Sur un mur est projeté un diaporama  de cartes postales anciennes de stations fameuses  comme Brighton, Nice, Ostende, Nordeney ou le Lido de Venise  et Arcachon. De très jolies maquettes de la jetée de Brighton, des jardins exotiques de Monaco, d’Arcachon complètent la présentation.

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Cette vie balnéaire était centrée autour de la baignade, réglementée et minutée précisément. De nombreuses activités sociales de loisirs occupaient cette oisiveté organisée.: casino, tennis et promenade avec des divertissements comme des kiosques à musiques…

Brighton
Brighton

Une autre tendance était hygiéniste : on voit les plans de l’hôpital marin de Zuydcoote sur le modèle pavillonnaire et de celui de Berck. Institutionnalisation des courants d’air pour évacuer les miasmes….

La crise de 1929 met fin à la prospérité des élites, le Front Populaire en France et les vacances très organisés fascistes (Cattolica Marittima) ou nazies changent  le tourisme balnéaire. C’est l’essor des grandes vacances à la mer, des colonies de vacances, du camping ou des lotissements Ribourel. Migrations de masse vers le soleil. les vacances de mon enfance….

la Grande Motte
la Grande Motte

La crise pétrolière de 1973 change la donne :  Aménager le territoire  est le mot d’ordre d’un urbanisme plus raisonné avec un schéma directeur régional et le souci de protection de l’environnement.

Deux exemples : la côte Languedoc-Roussillon et les Landes.

Anglet
Anglet

Des maquettes de la Grande Motte et le VVF (devenu Belambra) à Anglet (1969)sont des exemples  d’une architecture monumentale . Le « paquebot » d’Anglet sur 8 niveaux rappelle un bateau de croisière. En revanche du schéma directeur de la côte landaise (1975) témoigne d’un souci de la protection de l’environnement « ne plus construire d’immeubles, raisonner en terme de nuitées… » « rechercher l’équilibre touristique et l’habitat permanent »; réflexion sur le concept de ville éclatée qui se traduisent par l’installation dans la forêt landaise de plusieurs pôles d’urbanisation reliés par des pistes cyclables, forestières respectant le caractère sylvestre de la région.

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Quelles villes balnéaires demain? est la dernière section de l’exposition, des villes nouvelles égyptiennes ou à Dubai, des projets d’îles flottantes en face de Monaco, de Venise (sacrilège!) ou même une bulle au large de Nice. De nombreux projets futuristes rêvés nous font réfléchir.

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7. Santiago – Excursion au jardin botanique

CARNET DU CAP VERT 2002

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L’aluguer jusqu’à Praia

Bab  a fait des sandwichs au jambon et à l’omelette. L’aluguer nous emmène à Praia pour 100$. Nous traversons le plateau désertique, – désertique quant à la végétation mais pas du tout pour la population, 4 gros villages sont desservis en route -. Le plus important est dominé par une grosse église rose. Des femmes font le signe de croix en l’apercevant. D’autres se signent en montant dans le Hiace. Il monte sans cesse d’autres passagers. Au coin de Terra Branca à l’entrée de Praia, arrêt devant un marché. Trois femmes très grosses d’âge mûr s’installent, deux devant nous et une à côté de moi. Celle ci est furieuse. Elle pince sa copine et pouffe puis chatouille l’autre.

A Sucupira, nous trouvons un autre aluguer  pour Sao Domingos

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A  Sucupira, un homme maigre métis nous appelle. Il cherche à remplir l’aluguer pour Assomada. Sao Domingos est sur sa route. Il décrit le taxi « Hiace 12 places ». D’autres chauffeurs nous entourent : «Montez avec nous, cet homme ment, son taxi va à Calheta !». On est proche de l’échauffourée. Le premier proteste que ce sont tous des fous et que nous avons fait affaire avec lui en premier.
Le minibus garé plus loin n’attend plus que nous pour démarrer. L’homme qui nous a recrutées n’est pas du tout le chauffeur. Il descendra juste à la sortie de Praia. Une femme prétend monter avec une table de nuit, deux grosses lampes dorées et encore d’autres paquets. Les sacs atterrissent sur les genoux des passagers qui n’ont rien demandé. Le meuble est coincé.
Les aluguers se doublent les uns les autres pour charger les clients avant le collègue. Il semble que leur devise est de ne jamais laisser personne sur le bord de la route. Nous sommes 18, entassés, les enfants sur les genoux des adultes. Dominique se plaint des odeurs corporelles. Juste avant Sao Domingos, changement de voisin qui est de Saint Maur (94)  ravi de rencontrer des voisines.
Avec toute cette animation, on oublierait presque de regarder le paysage  de plus en plus accidenté. Les pics déchiquetés se rapprochent. Au creux des vallées poussent toutes sortes de légumes. Sur les pentes s’accrochent des cannes à sucre. La topographie évoque tout à fait Madère. Les sommets hérissés sont les mêmes mais il manque l’eau pour verdir les pentes. Sans eau on ne s’est pas donné la peine de construire des terrasses soignées ; de nombreux espaces restent en friche. L’agriculture se trouve dans les plaines – inexistantes à Madère.

Jardin botanique

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A l’intersection de la route de Sao Jorge, un autre aluguer nous ramasse aussitôt. Le trajet est si court que c’est gratuit. Nous découvrons une jolie église bleue entourée de flamboyants magnifiques. Le Jacaranda porte encore quelques clochettes bleues, les bougainvillées roses, orange, violets rajoutent de la couleur. Nous montons à pied jusqu’à la grille du jardin botanique. Rien de comparable avec celui de Funchal ! Un endroit fleuri, ombragé pour nous toutes seules ! Je reconnais des crotons, des coléus et des plantes qui poussent chez nous dans des pots. Cela manque d’étiquetage !

Les maisons accrochées dans la montagne

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Promenade dans la montagne sous l ombre légère des eucalyptus, les manguiers sont beaucoup plus fournis. Des maisons sont accrochées à la pente. Certaines sont desservies par une route carrossable dont les virages sont empierrés, d’autres, complètement isolées. Les petits champs de canne à sucre sont dispersés sur des terrasses. Des femmes portent l’eau sur la tête dans des bidons et des seaux qu’elles remplissent à la source dans la montagne. Nous croisons aussi des hommes, machette et scie à la main, à la recherche de bois. Au loin fume un alambic.
Installées sous un manguier, nous lisons les guides et regrettons de ne pas avoir apporté de la lecture et mon matériel à dessin.

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Nous déjeunons en compagnie d’une petite fille collante qui nous donne mauvaise conscience. Peut être a-t-elle faim ?

Chorale

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Une chorale religieuse s’est installée sous les flamboyants. C’est un patronage de Tarrafal qui a passé ce jour férié à la campagne.
Nous attendons l’aluguer du retour en compagnie de vendeuses de bonbons à l’unité, de T-shirts et même de chaussures, installées sur le bord de la route.
Une femme descend portant sur sa tête une bassine remplie de plantes vertes. Elle prend le minibus avec nous. Je commence à mieux comprendre le fonctionnement de l’aluguer. Le passager près de la porte se charge de l’ouvrir, de placer les passagers, de répartir les paquets, de recruter de nouveaux passagers et d’encaisser le prix du passage. Le chauffeur n’a plus qu’à s’occuper de la conduite. Comment ces receveurs se recrutent-ils ? Est ce que ce sont des habitués de la ligne ? Des amis du chauffeur ? Des passagers plus débrouillards ? La question reste en suspens.

Retour rua Banana

Après  la lessive j’installe ma chaise au milieu de la rue pour une  aquarelle. Les petites filles m’entourent. Pendant le dessin, elles me laissent à peu près la paix. Dès que j’utilise la couleur, elles reconnaissent les différentes maisons : « casa Nono » commentent les couleurs, l’une d’elles veut  tenir le gobelet.
Pendant ce temps Dominique court le village à la recherche de notre dîner, cherche des yaourts (sans succès), va trouver les femmes qui font des grillades sur un barbecue sur la place (trop tard) et finalement commande à Bab un poulet grillé que nous mangerons sur la plage.
Joseph, le fils d’Abel, me trouve entourée des petites filles. Il est ravi que nous nous liions d’amitié avec les enfants.

Coucher de soleil sur la plage

Nous dînons assises sur le parapet à la limite de la plage… Les pêcheurs poussent leurs barques à l’eau pour aller pêcher de nuit. Cinq petits jouent sur les rochers. Leurs silhouettes noires se détachent sur le ciel. Ce serait un beau sujet de photo. Dominique raffole de contre-jours.
Nous observons le manège des fillettes qui descendent en chantant et en dansant en file indienne portant des seaux sur la tête, les plus petites des boîtes de conserve. Tout le monde pose le chargement, elles s’accroupissent les fesses en l’air. Que font elles ? La vaisselle ? La lessive ? Remontent elles de l’eau de mer ? Du sable ? La caravane revient à maintes reprises, toujours en chansons. Elles peuvent danser avec leur chargement qui ne s’écroule pas. Un petit garçon en T-shirt rayé se mêle à elles mais lui ne porte rien.
En rentrant nous croisons Joseph qui téléphone en français. Il nous annonce qu’il s’est fâché avec «son cuisinier» et que nous mangerons à la maison de ses parents. Nous plaidons pour Bap  charmant, serviable et gentil.

 

Les vies de papier – Rabih Alameddine

LIRE POUR LE LIBAN

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« La littérature est mon bac à sable. J’y joue, j’y construit mes forts et mes châteaux, j’y passe un temps merveilleux. C’est le monde à l’extérieur qui me pose problème. Je me suis adaptée avec docilité, quoique de manière non conventionnelle, au monde visible, afin de pouvoir me retirer sans grands désagréments dans mon monde intérieur de livres. Pour filer cette métaphore sableuse, si la littérature es mon bac à sable, alors le monde réel est mon sablier – un sablier qui s’écoule grain par grain. La littérature m’apporte la vie, et la vie me tue. »

Aaliya est un personnage singulier. Orpheline de père à deux ans, mariée à 16 à un « insecte impotent », répudiée à 20, elle a passé très vite les étapes assignées à une fille libanaise.

« Le féminisme au Liban n’a pas encore atteint les espadrilles ou les chaussures de course à pied ; les talons plats, voilà où on en est. Le choix de ne pas se marier ne figure pas encore  au tableau. Il est possible qu’il soit en train d’apparaître maintenant, mais je ne le saurais pas… »

Sans chercher un mari plus convenable elle a préféré une vie solitaire et un travail : libraire. Les livres sont devenus les compagnons d’une vie. Non seulement elle lit, éventuellement  vend des livres mais elle entretient avec certains une relation plus intime : elle traduit – pour le plaisir, pour la beauté du geste – des auteurs traduits en français et en anglais,  en arabe. Chaque traduction – chaque projet – est réalisé selon un rituel immuable : elle commence la traduction le premier janvier après avoir allumé deux bougies en l’honneur de Walter Benjamin, puis elle enfermera les feuillets manuscrits dans une boite en carton en compagnie de la traduction anglaise et française, sans chercher à publier son travail.

Au début du récit, Aaliya, a 72 ans.  Par erreur a teint ses cheveux en bleu et elle doit décider quel sera le projet de l’année qui commence….

Sa  vie est  vouée à la littérature,  une vie à Beyrouth à travers guerres civiles et étrangères. J’ai beaucoup aimé cette évocation de la vie à Beyrouth. Amine  Maalouf,  Madjalani et le 4ème Mur de Chalandon, m’ont donné une certaine familiarité avec le Liban  mais leur vision des conflits est plutôt masculine, et politique. Aalyia ne prend pas parti. On devine qu’elle est musulmane et sunnite, cependant elle ne s’engage nullement. Sa seule participation guerrière est l’acquisition d’une kalachnikov qui lui tient compagnie au lit et qui lui servira une fois à chasser des intrus dans son appartement. En revanche, les détails de la vie quotidienne me charment.

Aalyia choisit de traduire des auteurs très variés, elle est familière de Spinoza , de Pessoa qu’elle cite souvent, de Kafka auteurs singuliers et solitaires…Ses horizons sont très variés d‘Anna Karenine (son manuscrit préféré qu’il faudra sauver à tout pris) à Saramego qu’elle trouve facile à traduire alors que je l’ai trouvé difficile à lire. Impossible de lister tous les auteurs et les ouvrages croisé dans la lecture des vies de Papier. J’ai eu des envies de découvrir des auteurs que je n’ai jamais lus :W G Sebald mais vais-je choisir Austerlitz ou Les emigrants? J’ai même commandé Séfarade de Antonio Munoz MolinaJ’aimerais aussi essayer Javier Marias …. et 2666 – drôle de titre! J’aimerais encore visiter cette bibliothèque et noter d’autres lectures. En tout cas, je vais chercher les autres livres de Rabih Alameddine et les télécharger en VO (anglais) sur ma liseuse. J’adore ces livres qui donnent envie d’en lire d’autres!

« Ah splendide Microcosmes, le délice de découvrir un chef d’oeuvre. La beauté des premières phrases, le « qu’est-ce que c’est que ça? », le « comment cela se peut-il? », le coup de foudre, le sourire de l’âme[…]Lire un bon livre pour la première fois est aussi somptueux que la première gorgée de jus d’orange qui met fin au jeûne du ramadan. »

Je me suis attachée à cette vieille dame pas toujours aimable et je suis bien triste de la quitter.

 

8. Santiago – Cidade Velha : forteresse, foot et fête le dimanche.

CARNET DU CAP VERT 2002

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Le matin au village

Pour atteindre la forteresse, nous traversons tout le village. Au passage, on se salue «bom dia». C’est tranquille, nous sommes connues ici. Les petits cochons bruns lâchés cherchent leur nourriture comme les poules et les poussins qui picorent n’importe quoi, y compris les crottes de chien.

au village le matin
au village le matin

En haut du village, c’est le domaine des chèvres, des chevreaux minuscules et des boucs perchés qui ne se dérangent pas à notre passage.
Les femmes sont toujours actives, des seaux de lessive, d’eau ou même du sable sur la tête. Nous avons élucidé le mystère de la caravane des fillettes qui descendaient à la plage la nuit. Elles volent le  sable pour faire du ciment. Comme c’est interdit, elles le ramassent la nuit. Le matin les hommes font le ciment pendant que les femmes portent les charges. Ici il y a peu d’ânes, ce sont les femmes  les bêtes de somme.
Dans une cour, on pile le manioc et le maïs avec des pilons de bois dans des mortiers en bois ; les hommes assis regardent faire.

les femmes au travail!
les femmes au travail!

Visite de la forteresse

une rampe monte sur le plateau
une rampe monte sur le plateau

Une rampe en pavés en mauvais état, parfois complètement écroulée monte vers le plateau. Il est encore tôt et le ciel est couvert, la montée est facile. La forteresse intacte, possède encore ses canons rouillés qui pointent dans toutes les directions. Nous regardons une vidéo en portugais dans un petit centre d’interprétation présentant des gravures anciennes et des cartes marines…

église ou château?
église ou château?

A l’intérieur : des hauts murs en bloc bien taillés, une belle cour avec une curieuse citerne recouverte d’un dôme sur le modèle des citernes andalouses Arabes. Des explications détaillées permettent de retrouver la maison du gouverneur, artistiquement dallée de petits galets, comme les Portugais savent le faire, et la petite chapelle carrelée. Les salles des casernes et les magasins sont aussi reconnaissables.

les canons portugais
les canons portugais

 

Le panorama vu des remparts

Le panorama est très étendu. En bas, le village. A l’opposé les crêtes et les pics se détachent en silhouettes déchiquetées dans la brume.
Le plateau est fendu d’un canyon très vert : une oasis de cocotiers, de canne à sucre et de jardins, qui s’étire profondément ; ce paysage nous rappelle le Sud -Marocain. La culture en terrasses est limitée. L’agriculture se concentre au fond de la vallée. Des citernes carrées retiennent l’eau d’irrigation. L’alambic fume encore. La côte découpée est frangée d’écume blanche sur les rochers noirs ?
Je dessine deux esquisses au crayon noir. Je peux tricher un peu et resserrer le cadrage. Je ne suis pas très habile, mais en m’exerçant tous les jours, j’espère progresser.
Dominique explore pendant ce temps les fortifications et trouve une porte et le chemin du retour.

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Dimanche, foot et fête

Comme c’est Dimanche, Abel et Joseph tiennent le bar. Abel me sert un jus de bissap confectionné par Mama. C’est rouge, acidulé cela ressemble un peu au kerkadé mais c’est fait à partir d’une fleur qui vient de Dakar.
Dans le lit de la rivière à sec, se déroule un match de foot avec spectateurs, arbitres et applaudissements.

Dimanche à la plage

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Après un déjeuner de sandwichs sur le pas de notre porte et une sieste, nous retournons à la plage de Canisse, le dimanche est envahie par les familles, véritables tribus, et les bandes de jeunes. Certains ont apporté des glacières et même une guitare. Les Capverdiens se tassent à l’ombre des rochers. Les femmes se baignent en short et en Tshirt. Seules les petites filles sont en bikini. Dans l’eau ils jouent au ballon. Dominique  essaie les lunettes de plongée neuves. Elle est la seule à s’éloigner un peu du bord de la plage. L’essai est concluant, les lunettes sont bien à sa vue et ne se mouillent pas, mais il n’y a rien à voir, que du sable.
Avec l’affluence nous nous relayons pour garder les sacs. La mer monte, il faut déménager sur les galets. C’est moins confortable. L’aluguer vient spécialement chercher les clients à la plage…
Il semble que les gens sont venus de Praia pour le dimanche, la place est pleine de voitures. Un petit orchestre anime le restaurant, devant la mer. Les instruments sont électrifiés et le synthétiseur pas très typique fait surtout beaucoup de bruit.. Des hommes dansent seuls, même les vieux. Nous y cherchons Papa et Mama. Nous voulons leur offrir un verre avant notre départ. Nous les trouvons à leur bar avec Joseph. Je reprends un verre de calabaceira, Joseph et Abel de la bière et Mama une glace.

Le fils d’Abel et de Mama : Joseph

La place du village : pilori
La place du village : pilori

Joseph a 37 ans. Il a fait des études d’économie. C’est un type intelligent et bavard, un peu agaçant parce qu’il prend des airs importants. C’est intéressant de bavarder avec lui. Il y a trois jours, il était venu avec un agronome fin saoul, ce qui rendait la conversation pénible. Samedi, c’était un avocat très gentil et timide. J’essaie d’apprendre le plus possible de ces conversations de bar.Le Cap Vert est il africain ? Pour eux qui ont vécu à Dakar, c’est une évidence. Ils se sentent africains (d’autant plus qu’ils parlent français entre eux). Joseph me fait un résumé de l’histoire des îles de l’archipel, plus compliquée que je ne soupçonnais. Le Portugal n’a pas toujours été le seul colonisateur. Mindelo était anglaise, une île a même été allemande un moment.
Une caravane d’aluguers chargés de tous les jeunes de la région rentre bruyamment de Tarrafal où a eu lieu un  festival de musique. Ce matin Mama nous en avait parlé mais 19nous n’avions pas bien compris et cru qu’il s’agissait d’un pèlerinage.
Nous devions manger du poisson grillé au restaurant du bord de mer mais l’affluence nous rebute. Dominique demande si Mama peut nous cuisiner des nouilles. Elle nous les sert dans notre chambre avec du poulet.
Après dîner, nous tenons compagnie à Mama qui déballe les photos de ses enfants restés en France. Elle nous parle aussi des autres touristes. L’entreprise de Joseph a pour but de gagner de l’argent mais elle a aussi l’avantage de distraire ses parents qui ont laissé leur famille en France.

Desorientale – Négar Djavadi

TÉHÉRAN/PARIS

 

desorientale

Désorientale : quel beau titre! Orient comme exotisme, désorientée comme exilée, désorientée dans ses identités de fillette persane qui quitte sa tribu pour Paris à 11 ans, qui cherche son identité sexuelle, alors qu’en Iran elle est assignée, promise à une vie d’épouse et de mère, désorientée dans ce service de Procréation Médicalement assistée où elle attend enfin une insémination artificielle….

Le titre m’a tout de suite accrochée.

C’est un roman passionnant abordant de nombreux  thèmes . L’histoire contemporaine de l’Iran au cours de tout le 20ème siècle est racontée avec la saga des Sadr, famille aisée, cultivée et francophone. On voit vivre à l’iranienne cette grande famille où les oncles sont si nombreux que les enfants les nomment par leur numéro dans la fratrie.

On voit aussi le couple que forment les parents de la narratrice, couple de militants, d’opposants qu’elle compare même à Bonnie & Clyde, tant l’action politique est plus forte même que la prudence.

Roman de l’exil, du douloureux voyage, de la réception bien décevante des autorités françaises, alors que la France et sa culture étaient idéalisées…. les réactions des parents et des trois sœurs sont variées. L’exilée peut choisir de vivre dans un Iran rêvé ou de s’intégrer complètement, une option est aussi le cosmopolitisme…

Roman de la maternité, renoncer à faire des enfants paraît impensable à l’héroïne, même lesbienne. Récit détaillé des procédures et du protocole que doivent subir les candidats à la Five…

Ce roman est donc très riche et complexe. L’auteure a compliqué à plaisir le récit avec des flash-backs, retours en arrière dans le temps et l’espace, tournant autour de l’EVENEMENT qu’elle n’ose pas aborder de face.

Les romans compliqués ne me posent pas de problème. Le style, oui. Il manque un je ne sais quoi pour me convaincre et me séduire pleinement. Témoignage ou roman? Fiction sans doute largement autobiographique.

 

6- Santiago – Cidade Velha : levada

CARNET DU CAP VERT 2002 

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Abel et Mama  ont apporté le petit déjeuner sur des plateaux dans notre chambre. C’était mieux sur la terrasse !  Pap, qui avait travaillé le jour de la fête, avait réclamé son week-end. Joseph voulait, le forcer à travailler.

Premier baobab

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Derrière l’église, au détour de la route, il y a un très vieux baobab. Comme en Asie, ce vieil arbre fait l’objet de la vénération du village : un autel y est installé avec des fleurs artificielles, des images de la Vierge et une croix blanche cloué sur le tronc. Je suis très excitée : c’est notre premier baobab ! Pour moi, c’est un symbole de l’Afrique. Malheureusement, les caisses formant un autel défigurent la photo.

Promenade le long de la levada

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Au dessus du baobab, nous découvrons une levada. La libellule rouge venue nous visiter pendant le petit déjeuner, était annonciatrice de la promenade le long de l’eau. Nous suivons le ruisselet en marchant sur le rebord cimenté du canal d’irrigation en
surplombant  le village.  Nous reconnaissons nos toits de chaume et notre cour. Nous marchons à l’ombre des manguiers. En contrebas, de petites terrasses sont aménagées avec soin. Pour l’instant rien n’y pousse. Les semis attendent la saison des pluies qui ne vont pas tarder (?). Plus loin, des ouvriers travaillent à rehausser d’un étage une maison au milieu des terrasses. La maison, les murettes en basalte, même les troncs des arbres sont chaulés… Drôle d’idée de chauler le basalte… C’est courant ici. Notre maisonnette de la Rua Banana, en belles pierres taillées, est aussi blanche ainsi que d’autres dans la rue. Cela donne un air de richesse, les maisons misérables n’ont pas eu de badigeon depuis longtemps. La levada irrigue en cascade, les terrasses en aval. Elle sort d’une piscine rectangulaire, citerne qui retient l’eau… Avant d’arriver à la source captée, nous trouvons plusieurs citernes pleines. La source est invisible, enfermée dans un bloc cubique en ciment. Une série de tuyaux conduisent l’eau vers d’autres champs.
Au dessus de nous, tout proche, le bloc épais de la coulée basaltique forme une falaise où seules les chèvres grimpent. Leurs bêlements sont presque humains. Au retour nous suivons la levada dans une autre vallée qui fait une encoche dans la falaise  mais la promenade tourne court : la levada enjambe un précipice sur un pont étroit d’un trentaine de cm. Pas téméraires, nous n’osons pas nous y aventurer.
En chemin, nous croisons un couple assis près de l’eau. Dans leur seau : un téléphone portable, une brosse à dents et du savon. L’homme se lave nu, ignorant notre présence. Un peu plus loin trois enfants  se baignent dans un petit bac en ciment. Les oiseaux ont des  ailes bleues métalliques. Dans le petit canyon se trouvent des fermes, les porcs sont installés en terrasse sur le toit. On élève aussi des vaches, un âne est attaché à un arbre à l’ombre ainsi qu’un chien qui aboie à notre passage.
Assises sur le rebord de la lévada, nous contemplons la mer : une plage de galets est bien tentante. Les ouvriers qui gâchent du ciment à l’entrée du chemin qui y descend nous interdisent l’entrée : c’est privé.

Ruines de la vieille cité portugaise

Cidade Velha s’étend aussi sur la colline près des ruines de l’ancienne cathédrale ruinée. Les hauts murs de basalte noirs sont décorés de grès jaune finement travaillé autour des portes et des fenêtres, la plupart des blocs gisent puzzle pour archéologues en attendant d’être remontés.
Nous trouvons des yaourts dans une épicerie. Une femme portant sur la tête un plateau de fruits et de légumes, nous choisit ses plus belles bananes. Il nous reste la moitié du poulet du dîner. A la manière des Capverdiens  nous déjeunons assises sur le pas de la porte rua Banana.

La plage des Canisses

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Après une sieste, nous partons à la plage de Canisse. Aux heures chaudes, les aluguers sont rares. Enfin un accepte de faire un détour pour nous conduire à la Praia Canisse, belle plage de sable noir dans une anse à 2km de Cidade Velha. Une femme et sa fille se baignent, une autre famille arrivera plus tard ainsi qu’un 4×4 avec deux blancs  et trois noirs. C’est donc un endroit très tranquille.
Enfin une belle baignade ! Je reste longtemps dans l’eau, rejointe par Dominique. Puis lecture sur la plage. Il fait maintenant frais et nous avons presque froid après le bain. Trop tard pour commencer une aquarelle, d’ailleurs nous avons de la lessive à faire.