Coeur noir – Silvia Avallone

LE MOIS ITALIEN : LECTURE COMMUNE

Martha et Marie Magdeleine – Le Caravage

« Elle était une contradiction dans les termes, aussi bien pour la société que pour elle-même. Parce qu’elle était morte en dedans, mais quand même vivante. »

Comment écrire ce billet sans spoiler?

Le mystère qu’Emilia cache ne se dissipe qu’après plusieurs centaines de pages, il est nécessaire que le lecteur soit aussi pris dans ce mystère.

Emilia, la trentaine, revient dans un village de montagne perdu, accessible seulement par un chemin escarpé, déserté par ses habitants. Bruno, instituteur et le Basilio, peintre, deux solitaires, sont les deux seuls habitants de Sassaia, vivant en ermites sans télévision ni machine à laver. L’arrivée d’Emilia donne de la vie au village endormi dans le passé.

Au fil des pages, on en apprend un peu plus. L’autrice distille des indices et je suis scotchée, parfois je n’ose y croire, parfois je m’égare…

Nous irons à Ravenne et sa marina, à Bologne, à Milan. Emilia a un don pour le dessin, elle a fait des études d’histoire de l’art et de restauration d’œuvres d’art. Le mystère se tapit dans  le clair-obscur caravagesque

Elle alla voir une exposition sur Bosch aux Gallerie d’Italia et une autre sur Le Caravage – son peintre
préféré – au Palazzo Reale. Elle lui avait consacré des recherches, des devoirs, son mémoire. Aucun autre
artiste n’avait suscité chez elle une étincelle aussi forte, viscérale. Lui aussi, il savait ce qu’était le mal. Il
en avait fait l’expérience dans sa vie, dans sa chair, à la première personne et sans échappatoire :
comment aurait-il pu, sinon, le transfigurer dans cette obscurité si dense et effroyable. Traversée par
cette lumière aveuglante, divine. Comment aurait-il pu représenter un fruit aussi pourri, qui meurt
condamné de l’intérieur, et ne cesse de mourir…

J’avais beaucoup aimé d‘Acier, La vie parfaite et Marina Bellezza, Silvia Avallone ne m’a pas déçue.

 

 

Audenge, Lanton

MARS ATLANTIQUE – ARCACHON

Audenge promenade au domaine Graveyron

Audenge est une petite ville sur le bord du Bassin   28 km d’Arcachon. Nous connaissons bien la route par Gujan-Mestras et Le Teich suivant la ligne ferroviaire. Les communes se touchent, nous traversons des zones pavillonnaires. De nombreux commerces et moyennes surfaces sont répartis le long de la D650 où l’on circule à très petite vitesse. Cette urbanisation contraste avec la ville-jardin très chic qu’est Arcachon.

Me promenant dans les belles rues de la Ville d’Hiver ou du Pyla-sur-Mer et ses belles villas, je m’étais demandée où pouvaient donc vivre les gens ordinaires, pas les très-riches. Le trajet vers Audenge me donne un élément de réponse ; Pas de HLM non plus. Certaines maisons ont elurs volets fermés, des maisons de vacanciers sans doute. Mais il y a également des collèges, un lycée, des administrations avec des services sociaux d’une ville vivante.

Audenge sentier côtier

Entre Le Teich et Audenge, le delta de la petite rivière, l’Eyre et un bois donnent une respiration à ce trajet avec des promenades à pied, en canoë ou en kayak.

La Mairie d’Audenge en pierre beige est jolie. La vieille église romane du XIIème siècle est très simple avec son porche à décor géométrique.

Deux promenades à pied trouvées sur Visorando pour occuper la journée :

La petite boucle du Domaine de Graveyron 6.4 km, facile 1h50

Le domaine de Certes et les Plages de Lanton ; 14.5 km 4h05

La petite boucle commence au port aménagé comme une piscine naturelle, elle passe dans le marais par la Ferme de Graveyron et le Domaine de Certes.

Le Domaine de Certes, propriété du Conservatoire du Littoral est un espace naturel de 530 ha. Aménagé au XVIIIème siècle par le Marquis de Civrac pour la production du sel en creusant des bassins et des écluses protégés par une digue. L’exploitation du sel était rentable sans les taxes. Quand on les a introduites le marquis meurt ruiné en 1773. Au XIX ème siècle, le domaine est transformé en établissement piscicole , le château reconstruit en 1840 a été ravagé par un incendie en 2010. Actuellement les bâtiments d’exploitation et les dépendances sont occupés par le Conservatoire Botanique Sud Atlantique et la LPO avec un centre de soin pour les oiseaux blessés. On peut voir une brande exposition de photos et vidéos – prévoir 1h30. Malheureusement nous arrivons trop tard.

Pique-nique à Lanton à la Plage Suzette

Un petit pique-nique avec vue sur le Bassin – basse mer, la mer semble s’être retirée du Bassin. Pour se baigner, on peut aller à Audenge dans la piscine creusée dans le chenal.

Après le pique-nique j’entreprends la deuxième promenade, sur le sentier du littoral en direction du château de Certes. Certains passages seraient, selon l’hôtesse du château de Certes, impraticables avec des grosses flaques et de la boue. J’emporte donc mon bâton télescopique. J’aurais été mieux avisée de le déplier avant de me retrouver aspirée dans une boue gris-vert extrêmement collante. Cette promenade dans le marais est agréable mais plutôt monotone. Je préfère revenir au bout d’une demi-heure à la voiture.

Lanton villa sur la mer

Comme nous ne sommes pas pressées de rentrer dans notre logis sans fenêtres nous continuons vers le nord jusqu’à Taussat-les-bains pour voir les belles villas sur le front de mer. Toulouse-Lautrec et François Mauriac  en furent les visiteurs les plus fameux. Le Castel Landon édifié à la fin du XIXème siècle est maintenant un centre de vacances accueillant des scolaires. Sa façade est défigurée par une véranda moderne disgracieuse. Les pignons et tourelles en font un manoir un peu fantastique ;

 

Les Doutes d’Avraham – Dror Mishani – Points Policier

LITTERATURE ISRAELIENNE

« J’aime les gens qui doutent, les gens qui trop écoutent leur cœur se balancer » Anne Sylvestre

Avraham est le policier de la série israélienne de Dror Mishani. Le cancer a contraint sa supérieure à s’arrêter et Avraham se voit confier pour la première fois la responsabilité d’une enquête délicate : un féminicide. Il doute de ses capacités à mobiliser son équipe, il veut agir avec délicatesse. Faire du chiffre, résoudre l’énigme à la va-vite, ne l’intéresse pas. Et cela me convient bien. 

Pas, peu de rebondissement, dans l’intrigue. Mystère cousu de fil blanc : le lecteur connaît dès le début la victime et peut deviner rapidement l’assassin. Reste, le mobile. Surtout les preuves. Avraham prend son temps, il ne veut surtout pas arrêter un innocent. Il laisse l’initiative à ses équipiers. Et c’est bien sympathique.

Cela fait du bien, un policier consciencieux et humain. Je vais le retrouver dans les autres tomes de la série

Arcachon de la Plage Pereire au Pyla-sur-Mer et après midi à la plage de la Lagune

MARS ATLANTIQUE – ARCACHON

 

Promenade plage pereire

De la Plage Pereire à la Plage des Arbousiers, une très jolie promenade est aménagée sur la corniche , piétons et cyclistes séparés. A flanc de colline, une pinède. La route est tout en haut, invisible. Tout est propre, gazon parfait, pins magnifiques, bancs. Toute st propre, trop propre à mon goût avec la balayeuse municipale qui enlève le moindre grain de sable. Agrès de musculation pour les grands, squelette de dinosaure pour les petits, bois brut, bon goût, pas les couleurs criardes qui caractérisent les installations enfantines.

Après les Arbousiers, plus de corniche, il faut marcher sur le sable. Les propriétés privées garnties par un mur en ciment arrivent au ras de la plage. Les employés municipaux s’affairent, pinceaux et taloche en main à faire disparaître graffs et tags. Pas de cela à Arcachon ! Des engins labourent, tamisent le sable qui passe à la cribleuse. Tout sera nickel au retour des estivants à la fin du mois de mars. La saison commence bientôt !

C’est donc une très belle promenade sous le soleil, pieds dans l’eau.

Comme nous voulons profiter de cette journée ensoleillée, nous retournons à la plage de la Lagune. Les pêcheurs sont venus nombreux, une douzaine de cannes sur leurs supports sont alignées en attendant la marée haute.

Après nos découvertes touristiques j’aime bien retourner dans un site à plusieurs reprises, prendre mon temps, dessiner et écrire.

Le Château des Carpathes – Jules Verne

CHALLENGE  120 ANS JULES VERNE

 

A l’occasion de cet anniversaire ta d loi du ciné a lancé ce challenge auquel je m’associe volontiers. Jules Verne m’accompagne dans nombreux voyages. Comme je n’ai pas de voyage lointain en perspectives je retourne, en livre, en Roumanie où j’ai de très bons souvenirs. 

Le Château des Carpathes , au premier abord est un roman gothique qui m’a fait penser à Walpole et son Château d’Otrante CLIC

Un château hanté, des villageois superstitieux, des légendes locales… et des assertions antisémites, il faut vraiment contextualiser et resituer l’œuvre dans l’époque où il a été publié (1892) où le lecteur friand de dépaysement était peut être moins susceptible. Ces paysans arriérés qui gobent les diableries ne sont plus de saison.

En revanche, au milieu du récit, un détour par Naples va dérouter le lecteur. Et nous allons retrouver le Jules Verne de science-fiction, entre diablerie et technique sophistiquée. Mais je divulgâche…, je n’en dirai pas plus. Et le roman qui était plutôt mal parti m’a bien accrochée. 

Nos cœurs déracinés – Marie Drucker

APRES LE 7 OCTOBRE

Paul Klee – légende des marais. pourquoi Klee? Exposition Art Dégénéré

J’ai écouté Marie Drucker sur FranceInter : « il y a des millions de manières de se sentir juif ou de ne pas se sentir particulièrement juif » et j’ai eu envie de lire Nos cœurs déracinés.

«Être juif, c’est se confronter à la vastitude des possibilités d’être. Cela peut être affaire de religion, de croyance, de foi, d’appartenance, de non-appartenance, de mysticisme, de culture. On n’est ni croyant ni pratiquant, mais à la question : vous êtes juif ? on se doit de répondre « oui » sans conditions. Car, plus que toute autre, notre identité est aussi faite de nos morts.»

Percutée par le 7 octobre, Marie Drucker explore ses racines, comme le suggère le titre des « coeurs déracinés »

« Exclusivement guidée par ma liberté que je crains à tout moment de perdre, je refuse d’être estampillée et réduite à cette seule part de mon identité.

Alors pourquoi m’attaquer à ce sujet hautement inflammable ?

Parce que aujourd’hui, c’est différent. Depuis le 7 octobre 2023, c’est différent. Je ressens le besoin impérieux d’explorer l’inexploré – je viens de ces familles où l’inconnu n’est pas l’avenir mais le passé, le saut dans le vide n’est pas demain mais hier. »

J’ai beaucoup aimé l’évocation de ses grands-parents qui

« avaient un amour immodéré pour la France, pour ses valeurs, et un attachement viscéral à la laïcité »

Venus d’Europe de l’Est, Pologne ou Roumanie. Attachement à la langue allemande, celle de Zweig. L’étoile jaune encadrée. Evocation de l’antisémitisme en Pologne qui a poussé à l’exil sa famille paternelle. Vie cachée pendant la guerre.

Drancy, le Dr Drucker, le grand père,  est médecin du camp « Abraham Drucker s’est bien comporté » selon Serge Klarsfeld. Installation du cabinet médical en Normandie.

« n’est-ce pas cette condition extraterritoriale, sans contrainte de frontières, qui a donné le meilleur du
judaïsme et tant apporté à l’Europe et au monde ? Puisque les Juifs ont, de tous temps ou presque, été
détachés de la question territoriale, la préoccupation majeure était alors la circulation des idées. Le vrai
territoire est celui de l’échange oral, qui fonderait notre identité malgré nous »

La suite est une réflexion sur l’identité juive, les rapports avec le sionisme : indifférence du côté paternel, ou adhésion au sionisme pour le côté maternel. Confiance dans l’Europe, rempart contre l’oubli. Maternité.

Et pour terminer ce crédo :

« je crois aux sciences humaines, à la littérature, au cinéma comme valeurs refuges et échappatoires. malheureusement c’est vers la télévision et les réseaux sociaux que nous nous tournons par paresse… »

Crédo désabusé de l’ancienne journaliste après le 11 septembre et le 7 octobre quand l’actualité est traitée par les chaines d’information continue 24 h/24  et les téléspectateurs voraces d’images, de son, de violence. Sans parler des réseaux sociaux.

J’ai aimé cette voix lucide qui parle de notre monde.

Gabriele Münter – peindre sans détours – MAM

CHALLENGE LE PRINTEMPS DES ARTISTES 2025

Initié par La boucheaoreille

Exposition temporaire jusqu’au 24 Aout 2025

Marianne von Werefkin

Gabriele Münter  (1877 – 1962) artiste voyageuse.

Très jeune, (1898 -1900)au cours d’un voyage aux USA, elle s’est essayé à la photographie. L’exposition présente une très belle série en Noir et Blanc. 

Elle étudia la peinture à Münich (1902) où elle eut pour professeur Kandinsky qui fut son compagnon jusqu’en 1916. ils voyagèrent en Tunisie (1905), à Paris (1906 – 1907)

1905 Rue de la Verdure Bab El Khadra Tunis

De son séjour parisien, on peut voir au MAM des linogravures

1907 Kandinsky à l’harmonium

Elle a représenté un paysage à Sèvres, à Saint Cloud, d’autres linogravures.

Au cours de son séjour parisien elle a visité des galeries et des collections privées où elle a pu voir des œuvres de Gauguin, Bonnard, Cézanne, Picasso et Matisse.

Portraits Munichois 1908

1908 portrait de garçonnet

son style s’affirme dans ces portraits très proche de l’expressionnisme allemand. En 1909 elle rejoint à  « Nouvelle Association  des Artistes de Münich » puis le Blau Reiter (1911) avec Kandinsky, Franz Marc et August Macke. J’ai un excellent souvenir de l’exposition à l’Orangerie du Cavalier Bleu ICI

1913 Combat du dragon

J’ai reconnu le Combat du dragon qui y était et qui est également présenté ici. Elle peint à Murnau des paysages que j’ai beaucoup appréciés

1911 rue de village bleu

Mon préféré est cette rue de village bleu.

1910 Nuages du soir

On retrouve le motif des meules de foin dans plusieurs tableaux.

1909 A l’écoute

Certains cadrages comme ci-dessus, « A l’écoute » sont étonnants, ou comme cette nature morte croquée dans un tram ou un train avec les paquets sur les genoux d’une dame dont on ne voit pas la tête .

1929 la sténographe Suisse en pyjama

Elle passe la première guerre mondiale en Scandinavie et retourne dans les années 20 en Allemagne. Elle peint les femmes au travail ou actives

 

1930 La lettre

De retour à Murnau en 1931

1932 Le Lac gris

Après 1933, le reste discrète, réduit ses apparitions en public mais continue de travailler.

J’ai découvert cette artiste et j’ai beaucoup aimé cette exposition.

Réserve ornithologique du Teich, déjeuner à Larros, sentier côtier

MARS ATLANTIQUE -ARCACHON

Le Teich, réserve ornithologique

Le Teich est une commune au sud du Bassin d’Arcachon là où la petite rivière L’Eyre forme un delta.

 Le Parc ornithologique est payant (9.80 €). Un circuit de 6 km est organisé sur des chemins de planches, des sentiers bien entretenus de gravillons blancs et allées sableuses avec de nombreux affûts d’observation. 6 km, mais avec les détours, le podomètre en marque 8. Compter 2h30 à 3h de visite, et même plus pour l’observation des oiseaux.

Nous traversons différents milieux : rivière sous couvert forestier, grandes pièces d’eau rectangulaires, chenaux et bassins vaseux peu profonds. Les affuts d’observation sont très bien aménagés : belles cabanes avec des ouvertures horizontales à différentes hauteurs avec des tablettes bien pratiques pour les photographes, planches illustrées de détermination des espèces d’oiseaux. Pour l’optique, il vaut mieux apporter son matériel, longue-vue et jumelles, on peut aussi emprunter des jumelles. De nombreux panneaux renseignent les visiteurs sur tout ce que vous voudrez savoir sur les oiseaux d’eau. Certains sont passionnants. Il y a beaucoup à lire (à tenir en compte dans le temps de promenade).

marais vase

Sur le circuit, une vingtaine de points d’observation. Ne pas s’entêter si les oiseaux ne sont pas là, il y en aura sûrement une concentration ailleurs ! Ne pas oublier d’éteindre le portable et chutchoter. Les ornithos ne sont pas bavards, sauf pour échanger sur les déterminations des oiseaux.

La Réserve du Teich se trouve sur le parcours des grandes migrations.

Il faut tenir compte des saisons (les calendriers des présences sont affichés). Tenir compte également de l’heure : certains oiseaux quittent les lieux pour se nourrir ailleurs. Les canards s’alimentent volontiers le soir et dorment en plein midi. Les marées jouent aussi leur rôle à marée basse les limicoles préfèrent l’estran dégagé du bassin et ne reviendront qu’à marée haute sur la réserve. Autre paramètre : la hauteur de l’eau. Un système de bondes et d’écluse régule la profondeur optimale. Enfin : la salinité. La rivière apporte de l’eau douce qui se mélange à l’eau du Bassin.

Toutes ces variables expliquent la diversité des observations.

l’abreuvoir

Le premier affût est spécial : on y accède par un sas fait par des rideaux noirs, une glace sans tain permettant de surveiller sans être vu un abreuvoir, bassin carré peu profond, miroir d’eau. Beau dispositif mais il n’y a personne. Pas étonnant, l’eau est partout, pourquoi viendraient ils plutôt ici que sur la rivière toute proche ou dans les flaques.

Les affuts suivants sont décevants. Pendant ma promenade, j’écoute les passereaux dans les arbres très bruyants ; il n’y a pas encore de feuilles. Une surprise : en grimpant un escalier d’un affut dominant un plan d’eau, je tombe nez à bec d’une mésange qui s’envole quand je sors mon téléphone.

La promenade se déroule entre deux haies d’aubépine fleurie, un enchantement qui me fait penser à Marcel Proust à Combray.

le sentier entre les haies d’aubépines fleuries

 

Enfin un rassemblement de canards : colverts, chipeau et sarcelles d’hiver. Au fil de la promenade je rencontre d’autres sarcelles. Tous els canards dorment la t^te sous l’aile, pumage gonflé près des nids en construction. C’est amusant d’assister à la sieste des canards mais cela ne facilite pas la détermination des espèces.

la sieste des canards

Quand le sentier se rapproche de la côte, les limicoles font leur apparition. Les  bécasseaux sont bien  bruns, peut-être des barges qui sont signalées sur les panneaux, mais les becs sont beaucoup plus longs. Des limicoles gris sont tassés les uns contre les autres à la limite de la portée de mes jumelles, bécasseaux, pluviers ou gravelots à collier interrompu ? Impossible de les distinguer sans longue-vue. Je regarde avec envie les ornithos « pros » vêtus de treillis qui portent des téléobjectifs impressionnants, des bazookas !

Gujan Mestras Port de Larros

Nous retournons au Port de Larros. La terrasse de L’Annexe de la Marine est accessible PMR avec un plan incliné. Le plat du jour : tortilla au chorizo et moules frites 16€50. Je commande de la friture d’éperlan qui sont servies dans un cornet comme les frites. Les moules sont excellentes du persil et de l’ail sont haches très fin dans une émulsion de jus de moule et d’huile d’olive. Délicieux.

Les flèches jaunes de bois de randonnées pédestres signalent le sentier côtier vers Le Teich. La balade commence mal : les marques rouge et blanches de GR ont été recouvertes de peinture blanche. Pas de sentier, une chaussée goudronnée entre des hangars et des entrepôts en ruine. Assez déprimant.

 

Le Port du Canal est un port ostréicole plus petit et moins touristique que le Port de Larros, les cabanes de bois n’ont pas été repeintes. Un écriteau raconte l’histoire de chaque port qui est l’œuvre du travail de l’homme. Les colons de la Compagnie Ouvrière de la Colonisation des Landes de Gascogne, en 1850, ont creusé un canal menant à l’établissement de bains des Mestras. La première vocation de ce port fut donc balnéaire. Large de 10 m, il ressemblait à un canal. Il fut ensuite transformé en port de pêche avec le creusement d’une darse. Un autre canal a été consacré à l’ostréiculture. Information intéressante, mais toujours pas de GR.

Un chemin le long des cabanes me conduit à un autre port : le Port de la Barbotière, le port le plus ancien de Gujan qui date du XVIIIème siècle, relié aussi à un établissement de bains d’où son nom. Sur place, un beau terrain de boules très animé avec son chalet. Des chantiers navals aussi et le grand Lycée de la Mer.

J’avais définitivement perdu l’espoir de trouver le sentier littoral quand deux dames chaussées en randonneuses m’expliquent comment le rejoindre : derrière l’internat du lycée, un chemin longe la baie. Bordé de haies, très agréable et bien fréquenté. Il faut retourner à la route pour trouver le dernier et plus petit port de Gujan-Mestas : le Port de la Môle. Ensuite le sentier continue jusqu’au Teich entre ses aubépines fleuries.

Pour mourir, le monde – Yan Lespoux

BOOKTRIP EN MER

Hors délai pour le BOOKTRIP EN MER je remercie tous les marins du Challenge de m’avoir donné envie de lire ce livre : Claudialucia, keisha, fanja

Les aventures et les naufrages ont accompagné ma semaine à Arcachon et dans les Landes du Médoc . Le décor, dunes, marais et forêts, était planté sous mes yeux. J’ai adoré la petite maison d’Hélène la sorcière:

Les pins, ici, sont plus clairsemés, et après eux apparaît une maison étrange. Elle est faite de planches grossières et de poutres, de pièces de bateaux, et son pignon tourné face à l’ouest a presque disparu sous le sable qui s’amoncelle. On pourrait monter cette dune pour marcher sur le toit où une cheminée dégage une fumée grise rabattue par le vent. Derrière, le haut d’un pin fourchu émerge d’une autre colline de sable, et plus loin on peut voir des troncs morts. Des têtes d’arbres auxquelles s’accrochent encore quelques aiguilles marron sortent du sol. Tout un monde semble avoir été englouti,

Le naufrage de la caraque portugaise en janvier 1627 sur les côtes du Médoc a vraiment eu lieu et a été documenté, c’est un fait historique même si l’ouvrage est une fiction. 

Même si le Royaume du Portugal est tombé sous la tutelle de l’Espagne, même si la domination de la flotte portugaise est contestée sur les mers par les Anglais et les Hollandais il reste assez de fierté à Dom Manuel de Meneses, le Capitaine-mor, pour engager la flotte portugaise dans des aventures sur tous les continents connus alors : Europe, Afrique, Indes, Brésil.

« Il allait donc falloir se préparer à un combat déséquilibré et, éventuellement, pensa Fernando, prier pour trouver un morceau de bois auquel s’accrocher si le bateau venait à couler. Le genre de prière qu’il était plus facile de voir exaucée que celle qui aurait consisté en un apprentissage accéléré de la natation. Car si les prêtres enseignaient la prière et organisaient même des concours en la matière pour tuer l’ennui et détourner les hommes du jeu, si les officiers enseignaient le maniement du mousquet pour les mêmes raisons, si les soldats comme Gonçalo Peres vous enseignaient un peu malgré eux qu’il fallait toujours se tenir sur ses gardes, il ne venait à l’idée de personne, en embarquant pour un voyage de six mois sur des océans déchaînés, de vous apprendre à nager. »

Nous suivons les aventures de deux amis Fernando et Simao, soldats engagés en partance pour Goa, puis celles de Diogo, le fils de Nouveaux Chrétiens de Salvador de Bahia et de son ami Ignacio, indien Tupinamba, réunis après la prise et l’incendie de  Sao Salvador de Bahia par la flotte hollandaise et enfin la cavale de Marie, la landaise, qui a assassiné à Bordeaux un jeune noble qui voulait abuser d’elle.

Fernando et Simao, après leur engagement comme soldats tenteront leur chance dans le trafic des diamants. Histoire de tigre dans la jungle, prisons de l’Inquisition..

Ignacio et son arc, Diogo seront engagés par le Capitaine-mor à la suite d’une expédition des flottes portugaises et espagnoles pour déloger les Hollandais de Salvador de Bahia.

Voyages au long cours, naufrages, batailles navales et aventures sanglantes sur terre. C’est un roman d’action, picaresque, historique, très bien écrit et très distrayant!

 

 

la Dune du Pilat et la Plage de la Lagune

MARS ATLANTIQUE – ARCACHON

Dune du Pilat

Une journée magnifique se prépare. Nous passons derrière l’Office de Tourisme, montons dans la Ville d’Hiver et ses villas fabuleuses dans des quartiers huppés. Descendons côté mer par d’autres quartiers très verts aux villas plus récentes mais toujours luxueuses. Nombreuses ont adopté le style basque avec boiseries marron ou vertes et lettres au graphisme basque. Nous longeons la mer dans les quartiers des Abatilles eu Moulleau et du Pyla-sur-mer (je note que l’orthographe diffère de celle de la Dune du Pilat). Les panneaux routiers ne mentionnent plus la Dune, nous voici égarées. Le GPS nous remet sur la bonne route. On accède à la Dune du Pilat par l’arrière dans la forêt sur un immense parking payant (7€) très bien organisé et ombragé.

Un cheminement stabilisé conduit aux « chalets » de bois abritant l’Accueil, les toilettes, des salles de projection. C’est vraiment très (trop) bien organisé. Le souffleur d’aiguilles fait un boucan épouvantable. Les souffleurs de feuilles déclenchent ma fureur : aussi bien en février quand les arbres ont perdu leurs feuilles depuis longtemps qu’en Aout où elles sont solidement attachées aux branches. Les rangers du parc dans le bâtiment d’accueil ne comprennent pas ma colère ; « il faut que ce soit propre » me répondent-ils. En effet la forêt landaise ne tolère pas une aiguille par terre.

Banc d’Arguin

Le chemin de la dune est bien indiqué. A partir d’Avril, un escalier de bois facilite la montée. Je suis ravie qu’il ne soit pas encore installé. J’ai mes chaussures de randonnée, mon bâton de marche et monte à l’assaut des 100 m de sable sec. Bien sûr, je m’arrête pour reprendre mon souffle et prends des photos, genre arrêt photo et pas randonneuse qui flanche. En à haut du raidillon je suis éblouie par le sable fin, doré. Les courbes sont somptueuses, les arêtes durcies. Le sable vole, emporté par le vent. Il fait très froid. Les randonneurs sont habillés comme aux sports d’hiver avec parkas, capuches, bonnets et écharpes. La dune me fait penser aux pistes de ski. Je suis la ligne de crêtes. Sur l’arête, je ne m’enfonce pas. Sur ma droite, l’océan, la vue est somptueuse avec le Cap Ferret et le Banc d’Arguin. Comme la mer descend plusieurs bancs sont visibles formant des chevrons. En observant plus attentivement, je surveille les allers et retours des bateaux à fonds plats des ostréiculteurs. A gauche, c’est le désastre. Les mégafeux de  ont ravagé la forêt le long de la Dune du Pilat. Les campings se reconstruisent. Sans la verdure, les mobil homes de bois ressemblent à des barraques de chantier tassées les unes contre les autres. Cela ne fait vraiment pas envie. A mon retour, peu avant midi, le raidillon de la montée ressemble à une queue à l’enregistrement d’un aéroport. Des cars ont déversé des lycéens américains, espagnols, allemands qui se se pousse même pas pour me laisser passer en sens inverse.

Plage de la Lagune : ganivelles

La route de Biscarosse est bordée d’arbres calcinés. Les pins verts réapparaissent par bouquets. Les parkings des plages sont proches de l’eau. Pas de dune pour cacher la& mer au parking de la Plage de la Lagune. La plage est immense. Au nord une dune et avant quelques pins.

Sur le sable mouillé, je remarque quelques galettes noires. Un dégazage sauvage ? Les galettes ont de plus en qui craque sous mes pas ; plus grosses et noires. Je m’approche et reconnais la structure du bois. Ce n’est pas du mazout mais le bois brûlé transporté depuis les grands incendies de 2022 ou peut être arrivé récemment ? La dune est fixée par des oyats et d’autres plantes maritimes. Pour éviter le piétinement des ganivelles barrent le passage. Je m’amuse à dessiner les pins, le bois flotté qui sert d’appui aux vélos, les ganivelles et les graminées. Dessiner est mon grand plaisir même si le résultat n’est pas à la hauteur.

L’après-midi, je retourne marcher pieds nus dans l’eau. La marée monte. Je laisse l’eau me baigner les jambes avant le reflux. Parfois je marche sur la croûte sèche qui craque sous mes pas. Je n’arrive pas à imaginer la limite de cette longue plage du Pilat à Biscarosse, 17 km au sud. Les promeneurs sont plus nombreux, souvent avec leurs chiens. Quelques pêcheurs ont installé leurs cannes sur de hauts supports ; ils ont apporté fauteuils pliants, appâts et tout un matériel lourd.

Coucher du soleil Plage Pereire

Pour terminer cette journée ensoleillée pas question de s’enfermer à l’appartement même si Filip a réparé la télévision – nous avions vécu le bug comme une catastrophe. Nous allons attendre le coucher du soleil. Il nous faut une plage orientée à l’ouest. La plage Pereire est bien à l’ouest mais le Cap Ferret borde l’horizon. Elle est longée par une très jolie promenade que je me promets de revenir la parcourir.