The Prester Quest Nicholas Jubber

LE VOYAGE EN ORIENT

jubber the prester quest

A la suite de  Durrell, Fermor ou Chatwin, et Dalrymple, écrivains-voyageurs, d’une culture classique irréprochable d’Oxford ou de Cambridge, Jubber raconte son épopée de Venise  en Ethiopie,  en passant par Rome, Bari, Rhodes, Istanbul, Diyarbakir, la Alep et Damas, le Liban,  Amman, Jérusalem, Le Caire, le Soudan…. en 2001.

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Parti enseigner l’Anglais à Jérusalem-est, l’Intifada interrompt ses cours. Dans le calme de la bibliothèque franciscain, il part sur la trace des Croisades et découvre une lettre du pape AlexandreIII  destinée au légendaire Prêtre Jean proposant une alliance pour prendre à revers Saladin. Maître Philippe, un médecin vénitien, partit à la recherche du Prêtre Jean. Jubber et son compère Mike, partent sur les traces de Maître Philippe.

Mais où régnait donc ce Prêtre Jean, aux Indes, en Arménie ou en Georgie, en Ethiopie? Jubber choisit l’hypothèse éthiopienne sans négliger la piste qui les mènera en Arménie et au Kurdistan. Itinéraire compliqué des deux routards à travers le Proche-Orient jusqu’en Afrique. De Maître Philippe, aucune trace. A-t-il vraiment existé? Les épîtres à un ami, médecin de Salerne, sont sans doute une mystification.

krk des chevaliers
krk des chevaliers

Jubber nous convie à un double voyage : le sien, en 2001 aventureux, avec les rencontres avec nos contemporains, celui de Maître Philippe, ou tout au moins celui qu’il imagine. Je ne sais lequel j’ai préféré. Pour suivre Maître Philippe, ils ne négligent aucun vestige, aucune ruine, aucun château croisé. Ils traînent une pesante bibliothèque de textes anciens dans leur sac à dos. Souvent l’actualité prend le pas sur le pèlerinage historique. Parfois de curieux événements télescopent les époques comme cette apparition de la Vierge en haute Egypte. Des comparaisons inattendues  surviennent, Arafat est-il le nouveau Saladin? Encore plus étrange le lien entre le tombeau vide de Saint Jean  à Selçuk et l’existence-même du Prêtre Jean .

la vierge les coptes

Tout cela paraît bien sérieux.

Pas du tout! Je me suis beaucoup amusée dans le récit jubilatoire des aventures des deux compères. Au Soudan, les recherches historiques passent au deuxième plan après les considérations pratiques, visas, transports…Arrivé malade en Ethiopie, Jubber songe sérieusement se soigner avec une thériaque moyenâgeuse confiée par un routard un peu allumé. Un livre d’aventures avant tout!

Athènes – Musée national et dernière soirée

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l'idole pleure, le maquillage coule
l’idole pleure, le maquillage coule

Musée National

Omonia est encore plus déserte qu’hier soir – la moitié des commerces ont et notre ancien hôtel La Miraje sont fermés, même les kiosques périptères où je trouvais tout, de l’eau aux yaourts et aux cigarettes en passant par les chips et les biscuits, paraissent démunis.

Le Musée National se trouve près de l’Ecole Polytechnique dont les grilles sont recouvertes de calicots et de banderoles soutenant le prolétariat ukrainien contre les fascistes. Affirmation ambigüe. Quels fascistes ? Quel prolétariat ?

Le bâtiment du musée 19ème siècle néo-classique est peint aux couleurs antiques. Les statues doivent se sentir « chez-elles ». Nombreux panneaux explicatifs bilingues, très bien faits. Je me sens plus à l’aise que dans le Nouveau Musée de l’Acropole, trop solennel, trop sombre où il est interdit de prendre des photos.

Idole enceinte
Idole enceinte

Nous avons visité le musée du Kerameikos ce matin, admiré les stèles, les très beaux vases. Je me fixe un objectif : les salles des Cyclades classées dans le département de la Préhistoire (comme à Fira). Une très longue salle étroite, très sombre est meublée de vitrines bien éclairée. Les objets sont de petite taille à l’exception d’une idole de taille humaine (1.51m, ma taille). Les objets sont rangés selon le site d’origine. Certaines proviennent de Paros ou de l’île voisine de Despotiko, beaucoup viennent de Naxos ou  de Milos. Rien d’Akrotiri (tout doit être à Fira, je présume). Je suis fascinée par l’élégance, la sobriété des idoles de marbre. Les plus figuratives portent même des traces de peinture, l’une d’elle a les yeux maquillés. Une autre est enceinte.

harpiste
harpiste

Les musiciens sont merveilleux. Les céramiques sont fort belles mais le choc de la surprise, nous l’avons eu à Fira et auparavant à Héraklion. Je ne connaissais pas les poêles à frire aux motifs marins, aux vagues en triangles entrelacés. En regardant mieux, je découvre un bateau.

Trésor de Mycènes : masque de'Agamemnon
Trésor de Mycènes : masque de’Agamemnon

Pour le plaisir, je flâne dans la salle de Mycènes où est exposé le Trésor d’Agamemnon. Je me souviens bien du masque d’Agamemnon (ornant le livre d’histoire de 6ème) mais j’avais oublié cette magnifique tête de taureau noir au mufle d’or (je croyais l’avoir vue à Héraklion). Evidente parenté des fresques mycéniennes avec les fresques Minoennes de Crète ou d’Akrotiri. Grandes amphores au motif du poulpe (encore un motif crétois). Mention spéciale à un bol de stéatite avec un poulpe gravé). Originalité de ces mycéniens partant en guerre, martiaux un peu branquignols !

les mycéniens s'en vont-en-guerre
les mycéniens s’en vont-en-guerre

Je m’aventure distraitement dans les salles de sculpture archaïque et classique. Je n’ai plus d’appétit. Et pourtant je flashe pour un Dyonisos ressemblant au Bacchus de Michel Ange du Bargello et pour els kouroi qui me ramènent à Samos.

Dyonisos
Dyonisos

Retour sur la terrasse de l’Hôtel Economy.

Un orage se prépare. Il éclate vers 19h. Dès que la pluie cesse, je descends chercher à dîner. Déception : tout est bouclé. Autrefois, il me semblait qu’autour d’Omonia la vie ne s’arrêtait jamais, qu’on trouvait des tyropitas même en pleine nuit. Traditionnellement les Grecs mangent tard. Je commande le dernier souvlaki au marché mais il n’y a plus de pita, on me donne un vieux quignon de pain rassis.

 

 

 

 

 

 

Athènes Agora et déjeuner

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Agora et Hephaisteion vus de l'Acropole
Agora et Hephaisteion vus de l’Acropole

L’Agora

Nous avons toujours bâclé la visite de l’Agora coincée entre l’Acropole et le Kérameikos. Cette fois-ci, encore, nous arrivons presque à midi ; sans guide Bleu. Je me précipite au Musée de l’Agora dan la Stoa d’Attalos,(roi de Pergame 2ème siècle A D). Ce musée et tout en longueur, le groupes forment des bouchons. A l’étage, sous la galerie, se trouve une galerie de portraits : dieux et empereurs romains mais aussi anonymes à la personnalité marquée et au nez invariablement cassé. L’Agora ne ressemble pas à la place du marché rectangulaire bien  ordonnée qu’on visite dans els sites de moindre importance. Pendant l’Antiquité, ce quartier d’Athènes à la base de l’Acropole devait être très construit avec plusieurs stoas, deux bouleutérions, une tholos de nombreux bâtiments officiels sans compter les traditionnelles boutiques. Toute cette urbanisation est réduite aux fondations, de rares colonnes aux chapiteaux corinthiens géants dépassent. L’agora est plutôt un parc verdoyant aux multiples essences : oliviers en fleurs, caroubiers, platanes, lauriers qui ont la taille d’un arbre. Le grand égout collecteur traverse le jardin, il est plein d’eau en ce moment. Nous aurions pu y passer un bon moment tranquille si l’heure de déjeuner n’était pas arrivée.

déjeuner en terrasse
déjeuner en terrasse

Pour notre dernier jour à Athènes nous mangerons dans une taverne sur la promenade longeant la tranchée du métro. Tables vertes, chaises de bois brut devant une maison néo-classique à façade jaune, au tour des portes et fenêtres blancs. De petites plantes vertes aromatiques, comme c’est l’usage en Grèce, ont pour cache-pots des boites anciennes en fer. Le serveur est attentionné. Ce sera risotto aux moules (8€) et moussaka (7€) avec du vin blanc. Pendant que nous attendons, une foule de vendeurs à la sauvette vient proposer divers articles dont nous n’avons pas l’usage. Un Indien vend pour 2€ un enfile-aiguille-à-coudre. En vieillissant, je deviens incapable d’enfiler une aiguille, j’achète volontiers sa camelote. Un autre Indien apporte une « machine-à-coudre » qui ressemble à une agrafeuse et qui fait des piqûres. Lui succède un 3ème avec des cannes télescopiques, des bâtons de montagne équipés d’une lampe de poche incorporée (sans doute pour les expéditions himalayennes ?). Les enfilent-aiguilles et les cannes sont destinées à la clientèle 3ème âge, c’est un peu vexant. Une vieille en fichu passe entre les tables avec des roses. Deux petites gitanes jouent les Enfants du Pirée à l’accordéon. Elles ont fixé le prix du spectacle à 0.5€. Des africains étalent des lunettes de soleil et des montres de contrefaçon au cadran gigantesque. Ils n’insistent pas. Une Africaine s’arrête longuement avec des bracelets tressés et en choisissant spécialement pour moi un « sexy » rose. La moussaka et le risotto arrivent enfin, servis brûlant ; la moussaka a plus de pommes de terres que d’aubergines et surtout beaucoup de béchamel. Je préfère la mienne.

Athènes : Kerameikos

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coquelicot au Kérameikos
coquelicot au Kérameikos

Kerameikos

De l’Hôtel Economy, la rue Sophokleous arrive directement dans la grande avenue qui vient du Pirée et qui passe devant l’usine à Gaz transformée en zone culturelle que je ne visiterai pas encore cette fois-ci, malgré mon envie.

Feu d’artifice de coquelicots. Leurs pétales sont rouge intense ; A l’intérieur de la corolle une croix noire brillante est dessinée. Un énorme bourdon les survole vrombissant comme un hélicoptère, soulevant les pétales ; lorsqu’il se pose sur le stigmate toute la fleur bascule sous son poids.

J’avais un souvenir émerveillé de ce cimetière antique verdoyant de part et d’autre de l’Eridanos, nous avions rencontré une tortue ; nous avons photographié à plusieurs reprises Charon ans sa barque et les vieillards, le chien Molosse, le taureau qui  surplombe la voie des tombes. Je me souviens bien des stèles que nous visitons comme de très vieilles amies.

la barque de Charon
la barque de Charon

Le site est beaucoup plus organisé qu’à notre dernier passage. Des cordelettes définissent des parcours et interdisent l’approche des vieilles pierres. Une escouade de surveillantes, armées de sifflets, font lever les imprudentes qui auraient pris pour siège les fondations d’un monument. Le guide vert est resté à l’hôtel ; je me fie uniquement aux panneaux émaillés qui comportent invariablement un plan du Kerameikos et de ses environs procurant ainsi une représentation globale du site. Ce que je prenais pour un cimetière est plutôt un carrefour routier. Ceci n’est pas incompatible : on a souvent enterré les gens sur les bords des routes et à l’entrée des villes ; je l’avais remarqué à Rome ou en Corse.

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Il faut alors imaginer le Dipylon comme la porte monumentale d’Athènes et les routes y arrivant. La route d’Eleusis, Voie sacrée, était  parcourue par les processions allant aux mystères. Sur le bord de la Voie sacrée se trouve un vieil autel et à la fourchette de la voie sacrée et de la voie des tombeaux  le Triptopatrion où les Athéniens invoquaient des divinités familiaires.  La Route du Pirée courait  le long des Longs Murs de Thémistocle (478) construits à la hâte : il en subsiste un petit tronçon en bon état, bâti en appareil polygonal avec de très gros blocs parfois des tombes (selon le panneau). Une autre voie conduisait à l’Académie de Platon (1600m). Sur une place, Périclès aurait fait l(oraison funèbre des morts dans la guerre du Péloponnèse. On y voit aussi le monument des Lacédémoniens.

Dexilos tué à corinthe en 394
Dexilos tué à Corinthe en 394

A l’entrée de la ville, une fontaine  accueillait les visiteurs assoiffés. A côté, les Romains avaient érigé une statue sur un piédestal de marbre. Proche du Dipylon, le Pompeion où se préparaient les processions funéraires sur le Dimosion Sema (cimetière public) et la procession Panathénienne vers l’Agora et l’Acropole. Le long du Demosion Sema se trouvent les tombes de Périclès, Clisthènes, Thucydide et Lycurgue.

Au lieu d’imaginer les tombes séparément, je vois maintenant les processions s’organiser, les soldats de Thémistocle se préparer à la bataille de Salamine, les philosophes se promener, les voyageurs se rafraîchir. L’endroit perd un peu de son mystère funéraire pour gagner en animation !

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Un très joli musée abrite les statues originales, sur place on a mis des copies. Le chien Molosse qui gardait la tombe des Lysimachides  Dexilos tué à Corinthe en 394, le taureau de Dionysos de Kollytos, le lion gardien de la Voie sacrée ainsi qu’un sphinx.  Ce musée présente aussi de nombreuses céramiques: urnes, pyxides, aussi des pleureuses en terre cuite et des vases classiques de toute beauté.

pyxide
pyxide

Quittant le Kerameikos on rejoint la promenade et le métro Thyssio avec son marché aux puces

Un coin calme, triangle de pelouse, porte une stèle. C’est un poème d’Elie Wiesel :

« Passant arrête-toi, ferme les yeux, souviens-toi qu’en ce temps, en ce lieu… »

Partout, en Grèce, ce passé me rattrape, au hasard d’une promenade.

pleureuses
pleureuses

Athènes Musées : Kanellopoulos et Nouveau Musée de l’Acropole

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En face du Musée, la jolie église Metgamorphosis
En face du Musée, la jolie église Metamorphosis

Le Musée Kanellopoulos à Anafiotika est ouvert et gratuit aujourd’hui. De nombeuses salles sont vides.  Restauration ou déménagement ? Je profite de l’aubaine pour  admirer de très belles icones à l’étage.

Je remarque une Nativité du 15ème siècle entourée d’une »mosaïque » de 4 rectangles représentant les 4 évangélistes et dans les coins de carrés figurant des scènes de la vie de la Vierge.  Une de mes préférées est une Dormition de la Vierge, une Dormition de Saint Ephraïm le syrien du 15ème ou 16ème siècle. Il y a également des portraits du Fayoum  ainsi que des tissus coptes de toute beauté.

Après avoir descendu les petites rues bien tagguées cette années (c’est selon, une fois sur deux on les voit repeintes, on revient les graffiteurs sont repassés), nous prenons l’apéro à la taverne qui a installé ses tables en angle contre la grille du forum romain, c’est un de mes cafés préférés ; je dessine. Déjeuner sur la terrasse de l’hôtel Economy, je suis descendue à l’Agora (moderne) et j’ai acheté des souvlakis au coin de la rue, en face du marché.

Nouveau Musée de l’Acropole

caryatides de l'Erechteion
caryatides de l’Erechteion

Nous l’avions raté pour cause de 1er mai et de grèves en 2010. J’attendais l’occasion de le visiter.

J’ai fait une belle promenade pour m’y rendre en passant par Monasteraki, le marché aux Puces, le long de la tranchée du métro l’Agora boisée ressemble à un parc. A Thissios, un pont enjambe le métro et une grande allée dallée occupée par les étals des peintres de chromos, les vendeurs de bracelets tressés et de tricots…Plus loin, une série de très beaux cafés ont installé de grandes terrasses et de beaux immeubles néoclassiques font face à l’Acropole.

Le Musée est installé derrière une esplanade de verre qui permet de découvrir les fondations des maisons et des bâtiments antiques. Les Musée est très vaste, sombre en rez de chaussée où l’on découvre dans de belles vitrines des objets: beaux vases, terracottas, objets usuels et stèles provenant de sanctuaires de divinités vénérés à proximité : Nymphes et Pan à la Pnyx au pied de l’Acropole :  Asclépios et Dionysos accompagné par des danseuses aux vêtements plissés. Des escaliers roulants conduisent à l’étage ou le fronton de l’ancien temple nous fait face : un taureau est dévoré par une lionne, un dragon à la queue enroulée.  A droite les statues archaïques,  à gauche les statues hellénistiques ou romaines.

J’ai aimé  la  série de Korés présentent leurs coiffures bouclées et leurs vêtements drapés. Certaines ont gardé des traces de pigments et les motifs de leurs vêtements. On a reconstitué les couleurs d’époque avec des bleus francs et des rouges vifs.

Au second étage, restaurant en terrasse face à l’Acropole

Troisième étage : un écrin  pour les frises du Parthénon. Beaucoup sont des reproductions en plâtre ou même absente remplacées par des dessins faits avant qu’Elgin ne les embarque au British Museum. Ce musée me paraît être un appel pour leur retour. On pourrait, certes, se contenter de ce qui est présenté. Lire toutes les explications, étudier un à un les personnages. Après avoir consacré beaucoup d’attention aux étages précédents je n’ai plus la patience nécessaire. Il me faudra revenir une autre fois et aller directement en haut !

Lire également sur un blog ami un article très détaillée : ICI

Je garde toutefois un souvenir ému de l’ancien musée de l’Acropole où l’on était beaucoup plus proche des œuvres qui se trouvaient à hauteur d’homme ;

Je rentre en complétant mon tour de l’Acropole par une flânerie à Plaka, ses restaurants et ses boutiques. Rue Byron, une pensée pour le poète. A mesure qu’on se rapproche de Monasteraki les magasins proposent des marchandises meilleur marché et de moindre qualité. Je trouve quand même le foulard en mousseline que je désirais rapporter. Malheureusement ceux de Santorin étaient beaucoup plus beaux. On ne devrait jamais différer ces achats.

Aux Aérides, je trouve la rue Eolou qui me ramène derrière l’Agora. Nous ne nous lassons pas de la terrasse sur le toit de l’Hôtel Economy. Vers 20h je vais à Omonia chercher le dîner. Everest a fermé, les kiosques sont démunis. Plus d’Albanais, plus de drogués et de marginaux comme autrefois. Omonia est déjà endormie.

Athènes – Arrivée et Acropole

CYCLADES

Athènes vue de l'Acropole
Athènes vue de l’Acropole

Le Prevelis accoste à la Porte 4. Où est le métro ? Cédons à la facilité : les taxis attendent juste en face. Le chauffeur ne connait pas un mot d’anglais mais connait l’hôtel Economy.  Je fixe ostensiblement le compteur. La prise en charge n’est que d’1.20€ ,  il n’y a personne dans les rues. 11€ à peine plus que ce que nous aurions dû payer en métro avec la promenade de Monasteraki en traînant les valises en moins.

6h45 : le réceptionniste de l’Hôtel Economy est très aimable mais  n’a pas de chambre disponible. La première qui se libérera sera pour nous. Je fais remplacer le petit déjeuner que nous ne prendrons pas dimanche par celui d’aujourd’hui.

Acropole

Temple archaïque d'Athéna et Erechteion
Temple archaïque d’Athéna et Erechteion

Luxe : le taxi  pour l’Acropole monte jusqu’à  la billetterie grâce la carte Handicapé, laquelle donnera également droit à une montée par l’ascenseur secret grimpant la falaise.

Sans Guide Bleu ni Guide vert, je prête  une attention particulière aux panneaux explicatifs et les recopie studieusement.

Le Pandroseion – ancien temple d’Athéna – nommé d’après Pandroso (fille gentille et obéissante de Cecrops, d’après le panneau) est l’endroit le plus ancien, le lieu du concours entre Poséidon et Athéna. L’olivier sacré (mais quand même moderne) rappelle cette légende avec la source salée offerte par Poséidon. Le Temple Archaïque d’Athéna  construit de 525 à 500,  fut détruit par les Perses en 480 et modifié au moment de l’érection de l’Erechtéion.

L’Erechtéion – nommé d’après Erechtée – roi mythique d’Athènes, construit de 431 à 406.  Sa construction fut interrompue pendant les Guerres du Péloponnèse. Les caryatides sont en marbre de Paros. Elgin a emporté la 3ème caryatide à Londres. L’Erechtéion fut restauré de 1979 à 1987.

Parthénon

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L’Acropole est un chantier permanent. Chaque fois que nous y venons, nous constatons du changement.  Cette année, la restauration du Parthénon accuse des progrès notables. La grue qui était au milieu dans la cella à notre dernière visite en 2010, s’est avancée au coin de la façade Ouest qui se trouve encombrée avec des sacs de ciment.  Juste derrière la colonnade, 3 étages d’Algécos sont empilés.

De nombreux panneaux expliquent cette restauration et listent les interventions précédentes :

1841/1844, 1913, 1927/1928

La restauration actuelle a pour but de retrouver l’aspect des ruines au 19ème siècle.  On a démoli le mur latéral de la cella pour identifier les blocs et la reconstruire. Les colonnes sont aussi remontées. Le principe moderne de l’anastylose est de ne pas cacher les lacunes en utilisant du  marbre pentélique plus blanc identifiable. On remplace les chevilles de ferrailles qui ont endommagé la pierre par des chevilles de titane. J’aime regarder les ouvriers qui travaillent les jointures et les cannelures à la scie électrique.

Parthénon : façade est
Parthénon : façade est

Je n’avais jamais pris la peine de bien observer la façade Est : je découvre les têtes de cheval débordant du fronton et les trous  aux emplacements où étaient accrochés les boucliers votifs offert par Alexandre le Grand après sa victoire sur le Granique en 334 av. JC.

Temple de Rome et d’Auguste

Situé derrière la façade Est du Parthénon. Je n’avais jamais prêté attention à ce petit temple romain à colonnade circulaire de 9 colonnes (pteron), le seul dédié au culte de l’empereur. Les Athéniens avaient soutenu Marc-Antoine. Le temple fut construit en 27 av. JC quand Octave fut proclamé Auguste.

Nous redescendons par les Propylées bien restaurée . Je n’avais jamais remarqué devant les Propylées le Monument d’Agrippa pourtant il me semble qu’on ne voit que lui avec son socle monumental.

 

Qiu Xiaolong : Les courants fourbes du lac Tai

 

POLAR CHINOIS – POLAR ECOLO 

qiu xiaolong

Contient tant d’illusions,

De courants fourbes qu’elle trompe

Par des ambitions et des vanités chuchotantes.

Si tu es perdue dans les rêveries

D’un récif vert solitaire dans le vent,

L’eau s’éloigne et l’abandonne….

 L’inspecteur Chen profite d’une aubaine : on lui a offert des vacances dans un Centre pour dirigeants sur le bord du lac Tai dans la charmante station touristique ce Wuxi. Une semaine de rêve et de luxe…. L’inspecteur rencontre la charmante Shanshan, ingénieur environnementaliste, passionnée de son travail, qui lui montre la pollution qui asphyxie le  lac. Une romance se noue, mais discrète.

M. Liu, le patron de Shanshan, est assassiné. L’inspecteur Chen, pour aider la jeune femme, et parce que c’est la seconde nature, se lance dans l’enquête.

L’inspecteur Chen, est aussi un poète. Quand on lui demande de rédiger un rapport, c’est un poème qui s’inscrit sur l’écran de son ordinateur. Les citations de poèmes chinois anciens comme modernes émaillent le roman. Roman original.

On apprend aussi beaucoup de choses. Dans cette période de croissance économique forcenée, on voit comment l’introduction en bourse d’une société d’Etat se déroule. Comment la croissance du PIB prime sur tout, y compris sur le respect des normes de sécurité.

Bien tourné, poétique, intéressant.. je vais suivre M. Chen !

 

Comme il vous plaira – Shakespeare

CHALLENGE SHAKESPEARE

Lecture commune avec Claudialucia et Maggie

CHALLENGE SHAKESPEARE

Le grand Shakespeare maîtrise tous les registres, de la tragédie historique, à la comédie en passant par la farce comme dans les Joyeuses commères de Windsor, la féerie du Songe d’une Nuit d’été. Comme il vous plaira est un joli divertissement, une pastorale qui se déroule dans une forêt des Ardennes accueillante.

« Notre vie actuelle, séparée de tout commerce avec le monde, trouve des voix dans les arbres, des livres dans les ruisseaux qui coulent, des sermons dans les pierres et du bien en toute chose »

comme-il-vous-plaira

Badinages sur le thème de l’amour et du mariage, travestissements,

Rosalinde,  chassée par le duc, va rejoindre son père dans la forêt des Ardennes en compagnie son amie Célie. Elle a pris un habit de jeune garçon pour cette équipée mais dès les premières fatigues soupire :

« j’aurais envie de déshonorer l’habit d’homme que je porte et de pleurer comme une femme ;mais il faut que je soutienne le vaisseau le plus faible : c’est au pourpoint et au haut-de-chausse de montrer m’exemple du courage à la jupe »

Le  travestissement causera des quiproquos savoureux : la naïve Phébé s’amourache de Rosalinde sous son costume masculin, tandis qu’Orlando soupire pour Rosalinde sans la reconnaître.

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Quiproquos et calembours (mais la traduction française en  perd la saveur). Le ton est léger même quand on philosophe sur le temps qui passe ou le bonheur.

« Revêtissez-moi de mon habit bigarré, donnez moi la liberté de dire ce que je pense, et je vous jure que, si l’on veut prendre médecine patiemment, je purgerai à fond le corps impur de ce monde infecté »

dit Jacques qui aspire à porter l’habit bigarré du fou.

Tout se termine bien, non pas par un mariage mais par quatre unions!

L’HYMEN

Silence. oh! je défends le désordre

C’est moi qui dois conclure

Ces étranges événements qui doivent se prendre la main

pour s’unir par les liens de l’hymen

Si la vérité est la vérité

Charmant désordre en vérité!

Bird People – Pascale Ferran

LIBRE COMME L’OISEAU…..

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 Roissy-Charles-de-Gaulle, foule dans le RER B, voyageurs pressés et employés harassés par les allers-et-retours, 10 heures par semaine, 40 h par mois, compte Audrey, femme de chambre au Hilton. La caméra s’attarde sur ceux qui téléphonent, écoutent de la musique, elle prend son temps.

bird-people-poster

Hilton-Roissy, entre deux vols, entre deux voyages d’affaires. Le temps d’un vol intercontinental, entre San Francisco et Dubaï…On imagine que le temps va filer à la vitesse supersonique.

Brusquement tout s’arrête. Gary, volontairement, regarde s’envoler son avion pour Dubaï. Burn-out ou choix de la liberté? Il décide de tout quitter, les affaires, sa maison, son foyer. Sans projet, sans horaires, il glande dans la chambre 817, dort le jour, sort la nuit….

bird people audrey

Audrey, est aussi à la limite de ses forces, entre ses trajets, et la liste des chambres à faire qui s’allonge. Travail répétitif, épuisant. Panne ou malaise, elle se sauve sur la terrasse et se métamorphose en moineau. Moineau tout jeune qui apprend à voler.

Là le film prend une autre tournure, Roissy vu par les yeux de l’oiseau. Vol rapide quand il prend son essor. Planant. Le temps est aboli. Vision contemplative de l’aéroport. Toute l’agitation des voyageurs perd son sens. Points de vues vertigineux sur les pistes. L’oiseau parle avec la voix d’Audrey. la métamorphose est-elle réversible?

Rencontre avec un peintre japonais…

Simon, le réceptionniste zélé, très classe dans son uniforme, polyglotte charmant n’est pas le personnage qu’on croit…il entraîne à sa suite l’oiseau dans la forêt..

On n’est pas au bout des surprises, après 2h08 qu’on ne voit pas passer, d’un  film contemplatif qui nous envoûte.

Liberté dans le vol des oiseaux!

 

Evliya Celebi :An Ottoman Traveller – Selections from the Book of Travels of Evliya Celebi

VOYAGE EN ORIENT

 

evleyia celebi couverture_De 1640 à 1682, Evliya Celebi a parcouru l’immense Empire Ottoman et les contrées voisines, de la Perse au Soudan, du Caucase, de Vienne à Erevan. Il a raconté ses pérégrinations avec minutie et beaucoup d’humour dans les dix volumes de son Livre de Voyages.
Regard oriental pour un voyage à travers Orient et parfois d’Occident.Livre à ranger sur l’étagère à côté de celui de Tavernier, son contemporain, qui a fait le parcours inverse de la France jusqu’en Malaisie et au Tonkin!

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 Edward Said dans l’Orientalisme  m’a fait connaître Evleya Celebi, dans sa critique des relations de voyages occidentales de Chateaubriand, Lamartine ou Nerval.
Dix volumes, écrits en Ottoman, pas facile à trouver en librairie. La compilation d’extraits, traduits en anglais, et annotés par Robert Dankoff, a satisfait ma curiosité .
J’ai lu avec beaucoup de plaisir ces relations de voyage, de celui qui se nomme lui-même derviche-voyageur. Érudit religieux : sa fonction était  la récitation du Coran à la cour du Sultan Mourad IV, il fait preuve d’une immense curiosité et une grande ouverture d’esprit quand il visite Vienne, en 1665,  il se renseigne sur la fonction des tableaux religieux dans la Cathédrale et leur attribue une vocation pédagogique, à Safed il rend compte de l’implantation des juifs. Le volume intitulé Pèlerinages rend compte, bien sûr, de son pèlerinage à Médine et à la Mecque mais aussi des lieux saints chrétiens à Jérusalem et au Monastère Sainte Catherine.

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Suivant l’armée ottomane, il se bat comme un soldat (et même comme un cosaque tatar).  Il fait office de diplomate et il est invité dans les cours .
Tout l’intéresse, les corporations d’artisans, les magiciens et leurs tours, les animaux en Egypte ou dans le Caucase. Si les descriptions des processions, des itinéraires

Evleya marché d'Athènes
J’ai surtout apprécié sa visite à Athènes du Parthénon quelques années avant que Morosini ne le bombarde et que Lord Elgin n’emporte les bas-reliefs! Sa connaissance de l’Antiquité est très grande, il révère le Divin Platon comme Aristote.

Son témoignage n’est pas toujours fiable, très impressionné par la magie et les magiciens, il relate des tours   invraisemblables. Il véhicule aussi des légendes étranges. Quand il ne s’invente pas une expédition lointaine jusqu’à Amsterdam (où poussent orangers et oliviers) ou dans un Royaume de Dunquerke tout à fait étonnant. Ce mélange d’observation minutieuse et de fantaisie se mêle aussi de penchants scatologiques et érotiques surprenants. S’il visite très sérieusement une pyramide en Egypte, il relate la fabrication d’un thériaque à base de serpents, et bizarrement des accouplements zoophiles avec des crocodiles…