3. Musée Batha et Tombeaux mérinides

 

2003 – De Fès à Rabat en passant par la vallée du Ziz et Meknès.

L'entrée du usée Dar Batha
L’entrée du Musée Dar Batha

Musée Batha


Le Musée Batha se trouve dans la rue qui longe l’hôtel, de l’autre côté de la piscine. Rue large bordée d’un côté par des bâtiments officiels luxueux avec des jardins plantés d’orangers En face, d’impressionnants murs enclosent le palais. Le Musée est occupé par une exposition de céramiques « les arts du feu » les autres collections sont fermées. En cette morte saison, des ouvriers rénovent les zelliges de la terrasse et repeignent les murs.  Des gardiens  censés nous suivre dans les salles,  préfèrent bavarder au soleil en bordure du jardin. Nous avons donc un palais pour nous seules !

Musée : portes peintes et zelliges
Musée : portes peintes et zelliges

Les portes peintes et les plafonds ouvragés ont plus de charme que les poteries néolithiques ! En revanche, les céramiques de Fès bleues et blanches me captivent : des plats de dimensions impressionnantes sont dignes des réceptions du palais. J’imagine la pyramide de couscous ou les monceaux de gâteaux. …La géométrie des entrelacs et des arabesques me fascine.  Je cherche les symétries, les constructions au compas, du carré on passe à l’octogone, sur chaque face de l’octogone, un triangle, puis les motifs se compliquent. Ou alors, d’une étoile à 6 branches on arrive à 6 cercles qui se recoupent …Quel plaisir ce serait pour un prof de maths que d’imaginer un cours sur ce thème !

Musée Batha portes et jardin
Musée Batha portes et jardin

Le Palais comporte deux ailes symétriques précédées chacune d’une terrasse carrelée ornée d’une fontaine. En contrebas, un jardin luxuriant, un peu à l’abandon à l’ombre d’un chêne immense. Parmi les mauvaises herbes, des papyrus, des géranium, des arums. Des dizaines d’oiseaux volettent d’arbre en arbre. Deux allées perpendiculaires partagent le jardin, à leur intersection, une petite fontaine. Il fait beau, le calme contraste avec l’agitation de la médina toute proche. Peut être derrière d’autres murs anonymes se cachent d’autres riads insoupçonnés ?


Tombeaux mérinides

Fès et les tombeaux mérinides
Fès et les tombeaux mérinides

Un petit taxi rouge nous y conduit en quittant la médina par Bab Boujeloud, la belle porte bleue. Il traverse des cimetières avant de monter sur la colline qui fait face à la ville ancienne, Fès El Bali. Une corniche est plantée de jardins et de là, la vue est dégagée sur la ville.
Le soleil est bas, sous les nuages noirs, la lumière est très belle. Les murs crénelés prennent une teinte chaude. La colline est couverte d’une herbe vert vif avec des plaques de petites fleurs orange comme des soucis miniatures, fermés à cette heure-ci. Un berger pousse devant lui un troupeau de moutons.
Nous repérons les toits des principaux monuments, le mausolée carré de Moulay Idriss et la Karaouine, entr’aperçue à la sauvette est livrée à nos regards avec ses toits vert et ses murs blancs.

Tombeaux mérinides, ruines romantiques
Tombeaux mérinides, ruines romantiques

Les tombeaux des mérinides sont bien en ruine, rien de spécial à y voir de près. De loin, sous la lumière du soir, ils ont fière allure, ruines romantiques d’un siècle révolu…
Nous nous promenons tranquillement, un homme nous commente le panorama, il nous situe le quartier des tanneurs au delà d’un mur rose. Ses explications sont très claires. Puis il essaie de nous vendre des sacs en cuir. Un autre s’approche avec un sac en plastique et nous montre des djellabas beaucoup plus soignées en meilleur tissu que celle que nous avons achetée ce matin pour 250 DH, on se laisse tenter pour 100DH. Je m’apercevrai ensuite qu’il s’agit de djellabas ordinaires que les femmes marocaines portent dans la rue. Nous rentrons à pied par les jardins .puis par un marché aux légumes très fréquenté et très boueux .Pour dîner, le tajine de l’hôtel est bien gras.

 

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2. la Médina de Fès

2003 – De Fès à Rabat en passant par la vallée du Ziz et Meknès.

 

Minaret

Minaret

 

Face à notre balcon: la terrasse d’un  café très animé, un peu bruyant. Les hommes attablés regardent un match de foot à la télévision.

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Après la Poste et un bâtiment officiel au fond d’un jardin, la rue se rétrécit, elle est animée bordée de plusieurs « Crémeries », des petits restaurants servant des glaces et des milk-shakes. La Téléboutique que nous cherchions est à deux pas. Sur de petits étals, on vend toute sorte de nourritures : des brochettes, des pains ronds, des sortes de crêpes. Deux restaurants très pittoresques proposent des plats traditionnels. Un vieil homme, assis sur une chaise basse,  écale des œufs mollets dans un panier à ses pieds. Sur une cantine mobile, on fait frire des poissons. Par terre, diverses herbes : coriandre, persil, et d’autres plantes séchées inconnues. Cela sent bon !
Nous cherchons des repères dans notre nouveau quartier : le cinéma est logé dans une maison ordinaire, reconnaissable uniquement à la caisse et à quelques affiches dans le couloir. Nous atteignons rapidement la porte de la ville décorée de faïence bleue   Bab BouJeloud. Au delà des murailles, un cimetière.

La médina

Les portes de Fès
Les portes de Fès


Une rue très animée, est couverte de roseaux au dessus d’un marché de viandes et de légumes. A Athènes, Jérusalem ou Istanbul les boucheries dégagent une odeur pestilentielle, aujourd’hui, il fait frais, les parfums des épices, des poissons grillés et des beignets se superposent, cela sent très bon.

Fès souk
Fès souk


Des tailleurs travaillent dans de petites échoppes, les djellabas sont élégantes, sophistiquées avec des galons, des surpiqûre, des découpes. Sur des mannequins des manteaux très chics, d’un modèle un peu suranné mais très bien coupés. Plus loin de l’artisanat traditionnel pour touristes.
On nous hèle,  les marchands ne sont pas trop insistants.

le tisserand dans son échoppe
le tisserand dans son échoppe


Je regarde partout par les portes entrouvertes des mosquées, dans les ruelles, les ateliers.  6 heures du soir, chez les bijoutiers, la nuit tombe, la plupart des boutiques ferment. La rue principale est éclairée Peut-être allons- nous nous retrouver dans l’obscurité ?  J’achète des bananes et des oranges.  La rue parallèle semble spécialisée dans les chaussures. Cette année, la mode ici, est aux bouts carrés . je remarque un curieux article :  compromis entre la babouche et le sabot suédois de luxe. Est- ce que ce sera la mode de l’été en France que ces sabots au talon dégagé ou est-ce une spécialité locale ?
Retour vers 7 heures à l’hôtel pour notre dînette de fruits

 

 

La prière de l’aube me réveille dans le noir complet. Je n’arrive pas à distinguer le chant d’un muezzin, toute la ville bruisse d’un chant confus. Je me rendors tranquillement jusqu’au lever du jour.
Un groupe de touristes nous donne le signal du lever : nous les croisons au petit déjeuner : des femmes mal fagotées, blondes, parlant une langue slave.

Visite guidée

Le réceptionniste de l’hôtel  appelle un guide « officiel » au café d’en face.

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Bab Boudjeloud

Cette visite guidée payante ressemble plus au parcours de rabatteur vers les différents magasins.  A peine avons-nous quitté Bab Bou Jeloud, nous nous trouvons dans une boutique d’articles de cuivre. Courte démonstration avec le poinçon et les deux maillets de bois, une recette pour astiquer les cuivres au jus de citron, on nous fait résonner le fond de deux plateaux de cuivre et de laiton et il faut passer aux emplettes. Poliment, je demande la carte du magasin et promets de revenir demain, ou lundi…Ouf ! Le premier piège est déjoué.

Le guide marche  à vive allure dans le dédale des ruelles et des impasses. D lui fait part de son étonnement de voir la médina si propre et si soignée ;  nous assistons au ramassage des ordures (deux fois par jour) : un âne lourdement chargé porte les sacs plastiques et le collecteur ramasse consciencieusement tout ce qui traîne. Les rues sont  lavées chaque matin, un caniveau au milieu d la ruelle draine les eaux usées. De gros efforts portent sur le nettoyage. C’est très surprenant comparé à Marrakech ou au Caire .

Balek !

fes medina ruelle interdite aux ânes

Partout on a installé de la paille et des petits sacs d’orge destinés aux moutons de la fête qu’on voit circuler dans des chariots à roulettes poussés par des hommes « Balek ! »Il faut se pousser, s’ effacer pour laisser le passage à un mulet ou à un âne lourdement chargé. La médina est interdite au trafic automobile. Certaines rues portent le panneau rond bordé de rouge représentant un quadrupède « interdit aux ânes et aux mulets ».

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A chaque pas, la vue  mériterait une photo ou un dessin : un petit auvent de tuiles vernissées vertes colonisées par des plantes folles, une sorte de tambour à claire-voie remplaçant les moucharabiehs égyptiennes que j’avais pris d’abord pour des garde-manger, une porte ancienne cloutée et ciselée. Certaines portes anciennes ont deux heurtoirs, en bas pour les piétons, en haut pour les cavaliers. Une main de Fatima cloutée orne généralement le haut du battant.
Les volumes décalés des hauts murs aveugles dégagent des perspectives inattendues, un minaret carré surgit, parfois un cyprès d’un jardin caché.

Au début, le guide faisait un effort de commentaire en nous décrivant les palais cachés. J’ai espéré qu’il ouvrirait une porte, qu’un couloir nous mènerait à un patio enchanté. Point du tout ! Il ne sait que nous conduire dans des magasins pour touristes pressés : autocollant VISA, coupures de journaux punaisées attestant de la visite de clients célèbres : le Président Reagan, le premier Ministre portugais. Exotisme de Tour Opérators ! Nous croisons d’autres touristes qui, comme nous, suivent le circuit des gogos. D’ailleurs le commentaire devient de plus en plus rare. Ceci a le don d’irriter D qui ne veut pas jouer le jeu et ne rentre même pas dans les boutiques. Je  me prête à l’exercice imposé avec plus de politesse que d’enthousiasme.

Chez l’herboriste

la devanture de l'herboriste

L’herboriste a un boniment honnête « nous ne soignons pas toutes les maladies, seulement le rhume, les maux de tête, les problèmes de peau et les rhumatismes ». Il m vante les propriétés antimites du musc et désodorisantes : en frotter les tapis et les rideaux. Il me fait renifler l’anis noir enfermé dans un balluchon minuscule fait de  PQ, cela débouche le nez et les sinus. A la fin de la démonstration, il faut bien sûr acheter. D a filé dans la ruelle, je suis bien embarrassée et me laisse tenter par 5 grammes de safran (pas celui en poudre qui est du curcuma)  mais les pistils rouge sang à 2 dirhams le gramme. Pour 100DH, le guide rajoute un paquet d’argile qui doit servir de shampooing. Sur le moment, je suis ravie de ce cadeau, justement il nous manque du shampooing dans les bagages ! Après réflexion j’ai dû drôlement me faire avoir sur le safran !

Tout autour de la boutique de l’herboriste, des confiseries présentent des nougats multicolores, des sucettes pastel, de longues torsades enrubannées dans des emballages de cellophane qui donneront de jolies photos.

navettes pour broder
navettes pour broder

Nouvelle boutique, nouveau piège à touristes : des broderies cette foi-ci. Pas de démonstration du point de Fès, les brodeuses préparent la fête chez elles. C’est un peu dommage, ce point de croix particulier exécuté à deux mains avec du fil DMC bleu m’aurait bien intéressée. Mais pas l’achat d’un service hors de prix. En l’absence des brodeuses, j’ai moins de scrupules. J’essaie de ménager la susceptibilité du marchand et me souviens de la copine de Fatiha qui brode chez elle à la commande, je lui en raconte qu’il s’agit d’une de mes amies et trouve donc une porte de sortie honorable pour les deux parties.

Nous retrouvons  Talaat El Kébir les « Champs Elysées » de Fès puis la charmante place Nejjarine où nous nous promettons de revenir seules.

Dans la boutique des djellabas pour touristes, D achète le cadeau pour sa mère : un caftan vert.  Une djellaba comporte une capuche pas le caftan.Les djellabas de toutes sortes, sont à  à tous les prix, en soie aux couleurs délicates, en laine épaisse ou fine, unie ou rayée, en coton aux couleurs criardes pour les touristes avec des broderies voyantes et peu soignées. Malheureusement notre budget exclue la laine et la soie. J’essaie de marchander, c’est un des plaisirs de l’achat. La présence du guide est plutôt un handicap qu’une aide (il doit percevoir une commission au pourcentage). Nous avons dû nous faire bien avoir, car ce dernier magnanime offre un chèche bleu qu’il noue autour du cou de D.

La Karaouine est entrevue par les portes ouvertes.
Après la kissiria, bazar fermé pour les soieries, nous entrons par un couloir dérobé dans un ancien fondouk occupé par des tisserands qui travaillent la soie.Les beaux coupons de 3x2m pour 300 DH sont bien tentants. Si on achetait ici la tête de lit ?


Cela m’agace de faire des achats le premier jour des vacances. J’avais en tête autre chose : un kilim. Le mur de la chambre est en béton difficile de faire des trous pour l’accrocher. D n’éprouve pas du tout la même fascination que moi pour les tapis.

Le guide, ravi d’avoir compris quelle sorte de marchandise nous tente, nous entraîne dans une coopérative de tapis et chez un berbère qui vend des kilims.Les kilims qui me plaisent sont ceux qui sont rebrodés avec des matières différentes, des motifs en reliefs, mais ce sont les plus lourds. C’est un gros investissement, pas question de traiter cette affaire à la va-vite avec ce guide qui nous embarrasse.

Nous passons rapidement par la rue des teinturiers, toute la rue dégouline de noir (les pauvres TBS blanches) toutes sortes de vêtements sont mis à sécher : des pantalons, des chemises. Ce n’est pas du tout comme à Marrakech un show pour touristes.

Uun taxi, place Safarine qnous ramène en quelques minutes à l’hôtel  où nous nous débarrassons enfin du guide moyennant finances – à notre appréciation –  120DH selon la suggestion du réceptionniste de l’hôtel.

Quand nous sortons a pour déjeuner, il pleut dru. J’enroule le nouveau chèche bleu et nous voici sous une belle averse ! Heureusement, notre quartier regorge de cantines et restaurants à bon marché. Pour 15 DH nous rapportons un sandwich aux brochettes de viande hachée épicée avec de la salade, tomates oignon, poivron dans un demi pain rond.

Les rues pavées de la médina sont très glissantes sous la pluie : un cycliste s’étale sous nos yeux. La pluie cesse dès qu’on rentre à l’hôtel. Nous sommes sorties au pire moment.

Un soleil magnifique sèche le patio. Je m’installe pour écrire sur une table du bar devant la piscine, D s’allonge au soleil sur un transat. Le ciel est d’un bleu qu’on n’aurait pas pu imaginer ce matin.

1. Orly-Fès – arrivée à l’hôtel Batha

 

2003 – De Fès à Rabat en passant par la vallée du Ziz et Meknès.

Fès, vu des Tombeaux mérinide
Fès, vu des Tombeaux mérinide

Orly, une file de cars de CRS attend, en prévision de la manifestation des salariés d’Air Liberté, en liquidation. – jugement est attendu aujourd’hui au tribunal de Créteil.

Fès n’est pas une destination touristique, nous sommes les seules touristes. Des familles attendent. L’Aïd tombe dans les vacances scolaires. Des adolescents voyagent seuls. On fait embarquer en priorité les enfants. La manifestation d’Air Lib se déroule sous nos yeux et bloque les cars qui nous conduisent à l’avion. Le vol est retardé d’une heure.

En vol

L’épaisse couche de nuages ne se déchire qu’à Toulouse, les Pyrénées enneigées sont magnifiques, à nouveau les nuages cachent l’Espagne. Éclaircie au dessus de la Méditerranée, de courte durée, par moment les villages blancs du Rif apparaissen

 

Arrivée à Fès
Descente sur Fès:  la campagne est verdoyante, piquetée de vergers géométriques.

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la médina

16h45, 12°C, temps couvert. L’aéroport, décoré de mosaïques, est situé à 15 km de la ville. On nous conseille de négocier le prix de la course en grand taxi autour de 100 Dirhams, pas plus. A la sortie, les chauffeurs se jettent sur nous: 120DH .Nous nous dirigeons vers l’arrêt du bus où attendent deux femmes, la mère en djellaba jaune et sa fille. Nous partageons le grand taxi, une Mercedes grise, pour 50 DH chacune (la mère dit 5000francs). Nous avons fait une bonne affaire !

La ville s’approche. Des immeubles modernes bordent une avenue plantée d’orangers, très vite nous nous trouvons sous les remparts

Hôtel Batha
L’hôtel Batha est construit autour d’un patio très agréable décoré de fontaines en mosaïque, . Le  bassin rectangulaire, long et étroit,  évoque l’Alhambra de Grenade. A l’écart, une piscine bleue.

Notre chambre est toute bleue : la porte-fenêtre donnant sur un petit balcon est drapée d’un lourd tissu aux plis compliqués. Un carrelage bleu foncé aux petits pavés carrés orne les marches, une banquette et la tablette sous le miroir. Ce carrelage fait tout le charme de cette décoration marocaine. Au mur, une belle photo de la ville, un minaret carré se détache sur un ciel nuageux tourmenté.

 

1925 quand l’Art Déco séduit le monde – Cité de l’Architecture- Palais de Chaillot

LE MONDE EN EXPO

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PARIS 1925- EXPOSITION INTERNATIONALE DES ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIELS MODERNES

L’Exposition du palais de Chaillot s’organise autour de cette exposition de 1925 mais aussi autour de la construction de style Art Déco.

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Tout d’abord, ne pas confondre Art Déco avec Art Nouveau:  en résumé, Art Nouveau c’est avant la Guerre de 14, à Paris c’est Guimard et les entrées du Métropolitain. Art Déco c’est après la guerre, moins de courbes et d’exubérance, plus de géométrie avec l’architecte Robert Mallet-Stevens (Théâtre des Champs Elysées) et bien d’autres.

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Il n’est pas indifférent que ce soit la cité de l’Architecture qui organise l’exposition 1925 Art Déco. La part donnée aux architectes, aux maquettes, aux aquarelles et gouaches d’architectures est belle. Il est aussi intéressant de noter que les le intérêts financiers sont prépondérants, les grandes enseignes Bon  marché, Printemps, haute couture, parfums s’expose au monde pour se vendre.

 

L’architecte est le chef de file de nombreux arts décoratifs, mode, paquebots, objets usuels…

bouchon de radiateur
bouchon de radiateur
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bouchon de radiateur

 

 

 

 

 

 

 

Intéressant aussi l’insertion des arts plastiques dans la vie sociale, la place que les femmes ont conquises, l’aéronautique, la Fête avec Joséphine Baker, et aussi l’importance des colonies, thèmes africains,

bouchon de radiateur
bouchon de radiateur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cependant l’exposition est un  peu difficile à suivre à cause de petites étiquettes présentant les objets particulièrement petites, illisibles et mal placées.

 

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The Lunchbox – film de Ritesh Batra

SAISON INDIENNE

Un petit tour à Bombay, pas dans le clinquant Bollywood, sans palais, danses et chansons. Dans le Bombay des trains de banlieue, des autobus bondés, des bureaux vieillots sous des ventilateurs poussifs. Une institution : la gamelle confiée au dabbawallah qui l’achemine à vélo, par train, sans adresse, sans étiquette …

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Ila cuisine avec amour de merveilleux plats colorés, parfumés, variés qui n’arrivent pas à destination. C’est un vrai plaisir de voir comment le pain gonfle sur le gaz, comment elle partage les recettes avec sa voisine, emprunte des épices dans un panier qui monte à l’étage au dessus, qui descend avec des piments. Quotidien des femmes au foyer, entre séries télévisée, enfants et cuisine. Une vie douce-amère.

lunchbox2film épistolaire, par billet glissés dans la gamelle….

En contrepoint: Shaikh, le remplaçant de  M. Fernandes qui prend sa retraite. Shaikh est un  peu casse-pieds, trop expansif, un peu menteur, mais irrésistiblement sympathique. Lui aussi cuisine, il émince ses légumes dans le train du retour.

Méharées – Théodore Monod

LIRE POUR LE MAROC

sénégalmp 030 - Copie« La géologie sans marteau….Très âge de pierre, mais comme cela fait apprécier celui du métal!

Des champs de marbre à Amasine, blanc éclatant,  veiné de rose ou de vert très pâle, ou de mauve, puis bleu foncé, vert, lie-de-vin, carminé. De la neige, du savon, des bords de bassin à Trianon, des sucres glacés des confiseurs, des bougies d’arbre de Noël…. »

Comment suis-je passée tant d’années sans lire un tel texte! Incontournable! (je déteste cet adjectif). Pourtant j’ai abordé à plusieurs reprises le désert, au Maroc, en Égypte, au Sénégal…peut être la figure impressionnante de Théodore Monod m’avait intimidée?

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C’est avec un plaisir sans mélange que je goûte cette lecture.
Si la monotonie du désert effraie certains, ce livre est tout sauf monotone! Chaque chapitre est écrit sur un ton, un style différent. Tour à tour,  le naturaliste, en mission de biologie marine, choisit le désert et fait une comparaison hardie entre l’océan et les étendues désertiques.

« ici comme là, vivre c’est avancer sans cesse à travers un décor à la fois immuable et changeant, identique à l’œil que l’on ne saurait différent sans le témoignage du sextant, de la montre et de la boussole, s’aventurer comme à tâtons sous les plus éclatants soleils »

Le géologue prend la parole et jamais de façon pédante, toujours accessible et souvent drôle.  Il convoque parfois la Bible, dans ce qu’elle livre de plus documentaire sur la vie des nomades qui n’a pas tellement changé.  Ensuite l’ethnologue cherche les pétroglyphes parfois des graffitis modernes, interroge des touaregs sur des langues en voie d’extinction. Tantôt il raconte un service militaire comme méhariste avec l’absurdité militaire sous la plume d’un pacifiste. Roman d’aventures, ce celui qui rencontre des crocodiles, collectionne leurs crottes fossilisées, prend un bout de bois pour une vipère mais se fait piquer par un scorpion.
que d’aventures divertissantes!

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Initiant un jeune méhariste, il raconte l’histoire géologique du Sahara, cherchant sous les comblements d’alluvions et les dunes le substrat cristallin, ou la couche d’argile à graptolithes qui fera la liaison entre l’Algérie et le Mali….Quête scientifique, mais aussi chasse au trésor quand il a la chance de trouver un fossile humain vieux de 6000ans, ou la météorite….
Il va bien falloir que je rende le bouquin à la bibliothèque, mais je crois que je vais l’acheter!

Le quatrième mur – Sorj Chalandon

ANTIGONE EST MORTE A CHATILA

Jouer Antigone d’Anouilh à Beyrouth en guerre en 1982 avec des acteurs maronites, druzes, palestiniens, arméniens….offrir le temps des répétitions, d’une unique représentation, une trêve. C’était le rêve de Sam le Grec résistant aux colonels, juif de Salonique.

Démarche qui m’a fait penser aux chanteurs du film dUne seule voix.

Faire du théâtre un lieu de résistance. Et qui symbolise la résistance mieux qu’Antigone? Antigone qui dit non. Antigone d’Anouilh crée en février 1944 quelques jours avant l’exécution de ceux de l’Affiche Rouge. Antigone montée dans un  cinéma en ruine sur la ligne de démarcation dans les gravats et les décors ruinés montés pour Lysistrata encore une pièce de résistance.

Un roman sur le théâtre, sur la politique aussi.

En prologue, le narrateur, Georges, est un ancien mao de la Sorbonne. J’ai retrouvé avec amusement (et un certain agacement) les militants des années 1970. Les réunions à Jussieu à la tour 34, les interventions des féministes, les grandes causes que nous défendions dans la rue avec banderoles et slogans. L’irruption de Samuel Akounis, le metteur en scène grec plus vieux, plus mûr, plus conscient du poids des mots, va introduire le doute dans le militantisme aveugle.

Après la dissolution de la Cause du peuple, le théâtre va remplacer la politique et la violence.

La promesse faite à Sam, malade, de poursuivre son projet va conduire Georges au Liban. L’aviation israélienne, s’invitera pendant une répétition. La tragédie n’est plus sur scène mais dans la rue.

 

« Anouilh lui murmurait que la tragédie était reposante, commode. Dans le drame, avec ces innocents, ces traitres, ces vengeurs, cela devenait compliqué de mourir. On se débattait parce qu’on espérait s’en sortir, c’était utilitaire, c’était ignoble. Tandis que dans la tragédie c’était gratuit. C’était sans espoir. Ce sale espoir qui gâchait tout. C’était pour les rois, la tragédie. Deux fois, Georges est tombé. Il a heurté une poutre jetée en travers. Et puis il est arrivé à la porte du garage. Il a traversé le quatrième mur, celui qui protège les vivants. »

 

Une autre Antigone venue de Palestine:

 

 

 

GLAZ n° 2 est sorti!

Très belle revue numérique!

glaz

Je suis fière d’avoir participé à cette aventure. Le thème des Voyages semblait fait exprès pour moi. Je vous emmène à Ithaque poursuivant Ulysse  et Cavafy.

Claudialucia et Wens racontent Frida Kalho et Diego Rivera, entre autres….

Avec Gwenaëlle nous découvrirons une petite île des Sporades…

Et encore des photos…..

suivez le lien http://glazmag.wordpress.com/2013/12/13/glaz-n-2-le-voila/

 

Et bien sûr bravo à la rédactrice Gwenaëlle!

 

Les voix de Marrakech – Elias Canetti

canettiLIRE POUR LE MAROC

Les voix de Marrakech est sous-titré JOURNAL D’UN VOYAGE. J’ai lu plusieurs fois La langue sauvée. Ce récit de voyage de Canetti 

Les premières rencontres sont celles des chameaux, cris angoissés d’un méhari enragé qu’on conduit à l’abattoir, arrivée d’une caravane de 700 bêtes, à la tombée de la nuit,  sous les murailles de la ville, conduite par des hommes « bleus » .

« Baraqués en cercle autour d’une montagne de fourrages [….]ils rappelaient une assemblée de très dignes vieilles dames anglaises en train de prendre le thé, s’ennuyant ferme mais avec tout de même, au coin de l’œil, une lueur de méchanceté mal dissimulées.  « 

Les voix humaines sont souvent celles des mendiants, aveugles, seuls ou en groupe, que Canetti écoute sans comprendre l’arabe

« Je ne voulais rien perdre de la puissance exotique des cris. je voulais être touché par les voix telles qu’elles sont par elles même et n’en rien affaiblir par un savoir artificiel et insuffisant. »

Ce texte m’a rappelé celui de Salomon Malka, dans Tinghir

« ….L’inépuisable gamme. L’infini répertoire[….]il y a le « solo » cas de figure prosaïque. C’est la détresse à l’état pur[….]il y a la figure à deux voix, le vieil homme aveugle et le jeune voyant[….]et puis il y a la symphonie, le choeur à plusieurs voix…. »

Sensibilité de voyageurs, loin du clinquant pour touristes…Le Journal de voyage ne s’attarde jamais sur les curiosités dont se délectent les vacanciers. Si ce livre nous ramène en conclusion place Jamaa El Fna c’est pour un « invisible » mendiant « amas d’étoffes brunes » ayant réduit sa mélopée à une seule voyelle ä-ä-ä-ä.

maisons silencieuses et terrasses désertes, sous les sommets enneigés de l’Atlas, Canetti ne pourra pénétrer dans l’intimité de ces murs aveugles, une image furtive, une femme derrière une grille, quelques enfants….la ville garde jalousement ses secrets.

Les conteurs et les écrivains publics ne sont pas oubliés. Pouvoir des mots prononcés, pouvoir des mots écrits…

J’attendais Canetti dans le Mellah. Natif de Roustchouk en Bulgarie, séfarade ayant encore gardé les traditions espagnoles, j’imaginais sa rencontre avec les Juifs du Mellah. 1954, le Mellah est encore habité par ses Juifs. Quand je l’a visité en 2001 pour la première fois, il était déjà vidé de sa substance. Magasins de soieries, marchés de légumes, école encore plus misérables, Canetti remarque la diversité des visages qu’il scrute. Avec humour, il remarque même un Juif lui rappelant Goebbels, parmi les Juifs de Rembrandt, ou les Berbères portant la calotte juive… Il découvre une fontaine, des artisans…. Ce n’est qu’à la seconde visite qu’il s’enhardit à entrer dans une cour. Le prétexte? la présence d’enfants lui suggère une école. On l’invite : « – Êtes vous israélite? Je lui confirmais avec enthousiasme. C’était si agréable de pouvoir répondre affirmativement…. » le voilà invité par toute la famille Dahan. Invitations chaleureuses, mais pas dénuées d’intérêt : les chômeurs de la familles espèrent obtenir une recommandation de ce Juif anglais riche auprès du commandant américain de la base militaire. Un emploi de plongeur, ou de tailleur conviendrait très bien.  Canetti nous fait rencontrer les membres de cette famille dont le père, figure impressionnante….

Dans le Maroc de 1954, les Américains ont encore des bases militaires, le souvenir de la Seconde Guerre mondiale est encore présent, le Glaoui est une figure importante. ….Le tourisme n’a pas encore envahi les souks. Époque révolue.

Ce journal de voyage,  d’une grande sensibilité , est aussi empreint d’une réflexion sur les mots, leur musique, ce qui ne m’étonne pas de la part de l’auteur de la Langue sauvée.