Plovdiv turque, romaine ou moderne?

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Mosque Djumaya(14èmes)

Mosquée Djumaya

Le minaret blanc enserré dans une résille de briques roses se voit de loin avec ses neufs dômes de plomb. Construite une première fois sous Murad II en 1435 ? Elle fut reconstruite sous Abdul Hamid en 1784, d’où la décoration baroque. L’imam me montre trois tranches à l’intérieur d’une coupole témoignant des restaurations successives. A l’extérieur, les briques et les pierres dessinent des carrés : un moellon gris est entouré et pris dans le ciment rose, l’effet décoratif est très gai. Une façade de bois ajouré fait une devanture.

en face de la mosquée du 14ème : Art Nouveau

La place Djumaya est  cernée d’immeubles Art Nouveau oranges, jaunes, avec des stucs blanc fantaisistes qui me font penser à celles de Pecs ou de Budapest. Au centre de la place, des fouilles ont mis à jour le Stade romain, très bien mis en scène : on y descend par des escaliers modernes et on découvre les gradins de marbre aux pieds de lion. Passant sous une arche, je remarque des protubérances : les têtes de lion. Deux asiatiques se déplacent avec un matériel impressionnant.  C’est la Télévision Coréenne : ils me filment avec mon cahier et veulent savoir ce que j’écris. Coupée au montage ou célèbre en Corée ?

le stade romain au pied de la mosquée

Sur cette place trois époques se mêlent : l’Antiquité Romaine, la domination ottomane et le début du 20ème siècle.

maison où séjourna Lamartine

La Maison de Lamartine est une belle maison bourgeoise crépie de rose avec plusieurs étages en encorbellement. Fermée à la visite, je peux seulement lire la plaque de marbre rappelant le passage de F Mitterrand en 1989. J’ai acheté Le Voyage en Orient (1100p)   afin de le lire au retour. Seules quelques pages sont consacrées à son passage à Pilippopoli, comme s’appelait Plovdiv en 1833. Il resta très peu chez M. Mavridès qui l’accueillit avec une grande gentillesse. Lamartine s’étend plus sur l’hospitalité de son hôte que sur les curiosités de la ville. Tombé malade à quelque distance de là, à Yeniköi (Novo Selo) , il compare les paysans bulgares aux montagnards suisses de Lucerne ou de Berne ce qui m’a surprise.

amphithéâtre antique de Plovdiv

L’Amphithéâtre Romain est adossé aux trois collines qui formaient la ville romaine de Trimontium, qui ont pour nom Taksim Tepé et Dzhamlez Tepé qui sonnent turc à mes oreilles. Les portiques portant des statues sont encore debout sur 3 niveaux (comme les portiques d’Ephèse). Ce théâtre  accueillait autrefois les séances du Koinon Therakon (union des cités thraces qui a fonctionné jusqu’au 5ème siècle av.JC). L’amphithéâtre est encore assez bien conservé pour que des spectacles s’y déroulent. Les affiches des Pêcheurs de Perle sont collées dans le voisinage.

Les arbres de Plovdiv

les arbres de Plovdiv

Nous examinons avec plus d’attention ces arbres qui nous avaient intriguées. Les fleurs ressemblent un peu à celle des acacias (en plus petit). Les fruits ressemblent à de petits poivrons quand ils sont frais, légers, vert très pâle, puis ils se dessèchent et deviennent légers et contiennent des graines noires rondes et dures d’un demi-centimètre de diamètre. Fruits et fleurs voyageront jusqu’à Créteil dans le livre d’Alexander Mc Call pris comme herbier et on plantera les graines.

D’un bâtiment moderne universitaire s’échappent des cris et des applaudissements, on imagine un match de basket jusqu’à ce qu’on découvre que des danseurs en costumes prennent le frais à la porte. On nous laisse passer et nous découvrons un spectacle très élaboré de danses folkloriques avec des troupes venant de toute la Bulgarie pour un festival. Un orchestre comprend une cornemuse, une grosse caisse, un flûtiste et des vielles peut-être oud aux allures orientales.

danseur avec les cuillers

Quand nous arrivons, les danseurs portent de hauts bonnets tubulaires en laine ou en feutre très épais et des jambières de même matière attachées avec des lacets de cuir noir. Ils ponctuent  leurs danses par des cris, sautent, tapent du pied. Puis arrivent 13 femmes couronnées de fleurs, aux longs tabliers bariolés, chantant, tournant, jouant les commères. Les chants haut perché est très oriental. On annonce ensuite au micro des danses de Dobruggia : les femmes portent des jupes rouges, des foulards jaunes  de larges ceintures et, à la ceinture 4 cuillers en bois. Les garçons ont des blouses brodées, des ceinturons à boucle et leur tête est enveloppée d’un mouchoir blanc (façon pirate). Quand ils entrent en scène nous comprenons l’usage des cuillers : ce sont des percussions, utilisées comme des castagnettes.

 

Rhodopes : Kosovo

 

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kosovo perdu dans les Rhodopes

De Plovdiv à Kosovo

la route passe par Asenograd, ville  agréable. Perché en nid d’aigle, la forteresse des Asen, est au tournant de la route qui s’engage dans une très étroite vallée, presque un défilé. A droite, la falaise. A gauche, la rivière. J’avais préparé une salade de pommes de terre avec du persil frais. Trouver un coin piquenique est mission impossible aujourd’hui dimanche ! Les places de parking, même les plus improbables sont occupées. Des familles marchent sur le bord de la route avec glacière, chaises pliantes (même en bois) et cannes à pêche. Sur les rochers plats sont étalées des serviettes. Par ce dimanche très chaud, tout Plovdiv et tout Asenograd sont à la rivière !

Si on mangeait au monastère Bachkovo? Le parking  est bondé ! la brioche du mariage n’a fait que retarder la faim. On ne profite même pas du paysage. Les Rhodopes paraissent impénétrables avec les pentes raides. La station thermale de Narechenski Bani S’est installée un peu comme elle a pu dans cette topographie difficile : hauts immeubles coincés à flanc de montagne. Est-elle encore fréquentéeLes hôtels de cure ressemblent aux HLM délabrés et lépreux. Le village de Kosovo devrait se trouver bientôt sur la droite. Le GPS s’affole. Nous montons dans les immeubles et faisons demi-tour à grand peine. Kosovo est 6km après la station thermale.

Kosovo

On ne découvre le village qu’au dernier moment. Il y a deux groupes de maisons accrochées à la pente. Elles paraissent inaccessibles. Accessibles, elles doivent bien l’être puisqu’elles sont habitées. Munie du voucher bilingue (la partie du haut est écrite en cyrillique) j’entreprends des conversations improbables avec des gens qui ne parlent que le bulgare.  Dans une famille, on va chercher le fils de 14 ou 15 ans qui apprend l’anglais à l’école. Rouge de confusion, on n’en tirera pas un mot. Un pépère appelle son fils qui nous guide du balcon »passez le pont sur le ruisseau ! »

Passé le pont…. Je pense au carton dans le film de Murnau, le chemin de terre monte brusquement. Est-il carrossable ? Je monte à pied et découvre une demi-douzaine de voitures garées devant l’auberge.

Svetnana nous attendait. Notre chambre est prête

–           « Difficile de se tromper, dit-elle, il faut regarder votre carte et ne pas écouter le GPS »

L’auberge se compose d’un groupe de maisons rhodopiennes en belle pierre apparente dans les soubassements et aux façades blanches en décrochement sur de belles poutres. Architecture de montagne, solide massive. Leurs lauzes me rappellent les maisons grecques du Pilion.

Le restaurant  a une belle terrasse et une grande salle avec une grande cheminée. Il fait frais le soir en montagne ! Le dîner est excellent. Sarmi (feuilles de chou farcies) très légers cuits à la vapeur, köfte et purée d’aubergine. Avec un verre de vin et une grande bouteille d’eau : 20levas. La carte propose de nombreux plats cuisinés (un peu plus chers). Je vois passer une assiette de polenta avec du fromage râpé qui me fait envie et que je commanderai demain soir.

Notre chambre est blanche sauf le plafond et les meubles de bois foncé, le plus bel ornement : une hotte de cheminée arrondie en bois aux découpes orientales. Une corniche court tout autour de la pièce très haut près du plafond, portant des cruches de cette céramique bulgare utilisée par tous els restaurants. Ambiance montagne. Des kilims colorés réchauffent le sol. Ouvrant le lit, nous découvrons que la couette est remplie d’une chaude couverture qui sera bien utile.

La nuit a été fraîche et silencieuse. Au petit matin, j’entends le bruit du torrent mais surtout, je fais aboyer la chienne, petit berger mince et jeune aux yeux vairons. Petite mais efficace. J’écris sur le pas de la porte assise sur la marche et n’irai pas plus loi. Elle se recouche à deux mètres me surveillant d’un œil (je ne sais si c’est le bleu ou le marron).

Plovdiv

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Les collines de Plovdiv

Par la route principale, Jeravna- Sliven : 60km.  Par la montagne, 39. Nous choisissons la montagne, très tranquille, fréquentée par les cyclistes. La route monte en lacets jusqu’à un col en traversant des bois de chênes et de hêtres. Nous découvrons sur le versant sud les « rochers bleus » de Sliven – des marnes gréseuses recouvertes d’un maquis moins dense que la forêt. De Sliven à Stara Zagora la route est droite à travers la plaine thrace entre des champs labourés et des tournesols grillés qui baissent la tête. De temps en temps, pour changer, du tabac et des vergers avec des pêchers. On vend des fruits sur le bord de la route, mais aussi des confitures, des haricots secs. Nous évitons Stara Zagora et, après plusieurs demi-tours, pour n’avoir pas écouté le GPS, nous empruntons l’autoroute.

Plovdiv

Rue Saborna Plovdiv

Les 200km pour atteindre Plovdiv, en 3heures. Nous arrivons rue Saborna, à l’entrée c’est quartier piétonnier.

Plovdiv nous accueille bien : un homme fait le tour de notre voiture pour nous offrir une belle part de brioche qu’il nappe de miel. Puis tout le cortège du mariage quitte le parking.

La rue Saborna est bordée de belles maisons peintes en beige, rose, marron, jaune citron avec des moulures en stuc blanc très Mitteleuropa. Certaines se visitent, ayant été habitées par des célébrités de Plovdiv ou transformées en galeries d’art. Des arbres aux feuilles composées, lancéolées (un peu comme des acacias qui auraient des feuilles pointues) sont en pleine floraison avec des bouquets fournis de petites fleurs jaunes. Les pétales tapissent les interstices entre les gros pavés l’effet est très gai.

La Vierge source de Vie

La Galerie des Icônes, 22 rue Saborna, à côté de l’église Constantin et Eleni, présente une collection d’icônes très bien présentées avec de nombreuses explications. Je retrouve avec plaisir La Vierge Source de Vie peinte par Zaharie Zograf (1836) . De gros poissons nagent, des éclopés se promènent dans le bas du tableau. J’ai vu ce thème à Aghia Triada près de Hania de Emmanuel Skordylis.

Saint Georges de Joanina est une connaissance récente, vu la première fois à Sofia. Curieux personnage habillé d’une jupe plissée comme un evzone. Je résume ici les exxplications :

Le culte de ce saint est apparu 13 ans après son martyr. George de Joannina est né à Tzuorli , Albanie. Il appartenait à l’armée turque et on le considérait comme musulman l’appelait Hassan. En 1836, il se maria avec une chrétienne, Eleni. Les musulmans le déclarèrent  apostat et décidèrent de le punir. Son officier, Abdullah témoigna qu’il était chrétien. En 1837, à la naissance de son fils Ioannis, il fut torturé et pendu.

Extraordinaire Panorama de Jérusalem , tableau de grande taille (2mx1.5m) où les très nombreuses scènes s’articulent comme un jeu de l’oie.

Campanile de l'église Constantin et Eleni

L’église Constantin et Eleni est décorée à l’extérieur par le Songe de Constantin (inoubliable souvenir d’Arezzo). A l’intérieur, se déroule le baptême de deux petites filles en robe froncée. Le pope chante, les vidéastes filment. Les touristes s’éclipsent. L’iconostase est très dorée. Des chapiteaux à feuilles d’acanthe tout de bois gris et bleu en camaïeu, un plafond bleu. Non loin, le campanile blanc peint d’un fin liseré noir se détache dans le feuillage, son toit brille.

Musée ethnographique de Plovdiv

Nous avons déjà vu tant de musées ethnographiques que nous n’avions pas prévu de visiter celui de Plovdiv. La façade de cette riche maison bourgeoise est tout à fait remarquable. Après l’avoir photographiée sous touts les angles je me décide à entrer. Cette demeure de 1847s’articule autour d’une entrée ovale au plafond magnifique et entouré d’une belle frise comme nous avons vu à Koprivshtitsa mais en beaucoup plus opulent. De belles photos sépia montrent les paysans au travail. De nombreux costumes sont également exposés. Un berger porte turban et pantalons bouffants. J’aurais bien fait cette visite à la fin du voyage au titre des fameuses « révisions » que j’affectionne avant de prendre congé d’un endroit.

Nous grimpons en haut de la colline au complexe archéologique de Nebet Tepe, premières fortifications de la ville thrace mais déjà détruites par les Macédoniens en 342 av JC. Nous découvrons de beaux affleurements de granite, mais rien de lisible pour els béotiennes que nous sommes. Il faut faire attention à ne pas tomber dans le trou béant dans une construction de briques thrace ? romaine ? byzantine ?  Nous nous intéressons au panorama, comptons les minarets (2), les clochers (6), les collines (3). Au retour je flâne dans les galeries des artisans (poterie, vannerie) J’aurais bien été tentée par la vannerie à base de feuilles de maïs. J’ai déjà fait le trajet Bangkok-paris avec un grand panier sur les genoux et ne veux pas renouveler l’expérience !

Après trois demi-tours sur la grande artère qui passe sous la colline dans un tunnel, nous avons l’occasion de découvrir l’amphithéâtre romain juste au dessus du tunnel.

Jeravna et Kotel

 

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dans la campagne


Eglise Saint Nikolai

Elle n’est ouverte que le matin, à 9h30 sa visite est gratuite mais pas la collection d’icônes (2levas).

Elle est vaste pour une église de village. Un  tilleul séculaire dans la cour.  Son iconostase est surtout remarquable avec quelques dorures mais pas trop bleue avec un décor baroque floral avec des fleurs en camaïeu rose au dessus des icones des saints, sur fond bleu. La chaire est bleue ainsi qu’un baldaquin décoré de pampres qui a l’air de reposer sur des renards (lions ?), le plafond est bleu à caissons.

Le musée des icônes mérite la visite, les plus belles datent du 18ème siècle.

La route goudronnée se perd dans les pavés de Jeravna. Au lieu de prendre la direction de Kotel nous descendons à travers une belle forêt de chênes et découvrons une rivière paresseuse entre des rochers de grès et un village Katuniste. Nous sommes perdues. Un berger, bâton à la main, suit la rivière, son troupeau de vache se trouvant sur l’autre rive. Je le poursuis avec la carte. Il fait mine de ne pas me voir. Je cours. Avec des gestes, il me donne le chemin de Kotel. Nous avons fait un beau détour.

Kotel

L’entrée de Kotel est déprimante. Le long de la route, des usines, bâtiments en longueur, en ruine. Devant la porte de l’une d’elle flotte le drapeau bulgare. La ville moderne est d’une grande pauvreté, maisons crépies en gris, très peu de véhicules, pauvres pettis commerces. La seule entreprise paraissant florissante semble Western Union. Les gens doivent recevoir des mandats de l’émigration. Autres vitrines pimpantes : Globule et VIVACOM, la téléphonie mobile marche bien !Le petit marché sous un hangar couvert n’a que deux vendeurs : une grosse dame et un homme encore jeune mais édenté<; tomates, pommes de terre, cornichons, melons, poivrons, aubergines et courgettes, produits locaux. Seule exception : les bananes. Nous achetons un gros melon jaune, il n’y en a pas de petits. Ces melons sont exsangues, sans jus ni gout mais très odorants. L’odeur ne peut pas nous guider pour le choix. Celui-là sera aussi insipide que le précédent.

Des gitans d’une maigreur effrayante trainent autour de nous. Des mendiants ? Ils n’insistent pas.

 

Un peu excentré : un  quartier de maisons de bois, plus touristique avec le Musée des Kilims et les Musée ethnographique…

Musée des Tapis

Les murs d’une grande salle sont couverts de kilims de grande taille aux motifs végétaux traditionnels : roses rouge et roses et « écorce de pastèque ».A l’étage, des tapisseries contemporaines : copies d’icônes avec une dextérité remarquable dans les nuances ; D’autres tapisseries sont des copies de tableaux historiques, je photographie Asparouh ; il y a même une imitation des glaneuses de Millet.

Panthéon Rakovski

Panthéon Rakovski

La vaste place de l’Hôtel de Ville semble dater d’un temps ou Kotel était plus florissante. Un monument de granite, vitraux et bronze est pompeusement appelé Panthéon Rakovski . Il fut édifié en 1981 en l’honneur du 1300ème anniversaire de l’Etat bulgare. On descend par un escalier de granite pour découvrir trois salles très bien aménagées : sculptures sur bois, rampes de bronze soignées.

Dans la première salle on a  reconstitué une classe d’école primaire avec bancs et pupitres, estrade et bureau de l’instituteur, matériel pédagogique, dé avec des lettres cyrilliques, mandolines, cartes anciennes. A côte, des livres de prière, évangiles et photo de l’église Saint Stéphane d’Istanbul.

2ème salle, dédié elle aussi aux pédagogues:

un panneau traduit en anglais raconte :

Au 19ème siècle  le besoin d’éducation s’est fait sentir ; le Gouvernement Ottoman n’a pas mis en place de système éducatif en Bulgarie. En même temps une opposition se déclarait avec l’Eglise grecque  qui forçait les chrétiens à utiliser la langue Grecque. Les Bulgares se sont donc organisés eux –mêmes. Deus natifs de Kotel Néophyte Hilendarsky et Peter Baron se sont engagés dans cette entreprise d’éducation dès 1835. Néophyte Hilendarsky était passé par le Mont Athos tandis que Baron ayant fit des études de médecine à Munich a écrit le premier livre de sciences en bulgare. Comme il parlait 9 langues, il a entretenu une correspondance avec les scientifiques européens notamment Humboldt.

Le cœur de Baron est exposé (dans de la résine). Nous sommes bien dans un  Panthéon !

La 3ème salle est dédiée aux Rebelles :

Au temps de la grande Catherine, la Russie avait fait le plan d’aider l’Orthodoxie dans l’Empire  Ottoman. Pendant les Guerres russo-turques en 1806, 1812, 1828 et 1829, la Guerre de Crimée, l’armée russe comptait un corps de volontaires bulgares contre la T5urquie. En 1821, en outre il y eut un soulèvement. 

La salle 4 est celle des Révolutionnaires, dédiée à Rakovski,

Rakovski, héros local, écrivain, journaliste, poète, historien et ethnographe. Il a fait ses études à Istanbul . Condamné à mort, il s’évade et gagne la France avec un passeport grec. Revient à Kotel en 1843. A nouveau emprisonné à Istanbul jusqu’en 1847, il meurt de la tuberculose à Bucarest en 1867

Ainsi renseigné, on pénètre dans la crypte om se trouve la tombe de Rakovski. Une statue, des vitraux, une chapelle laïque construite par le pouvoir communiste, très solennelle, très minérale.

Ce monument s’intègre bien devant la grande mairie sur la grande place, témoignant d’une certaine opulence. Au temps où les industries de la vallée tournaient ?

Place avec hôtel de ville

Nous terminons la visite de Kotel par une pause à la terrasse d’un café sous de magnifiques tilleuls. Il fait merveilleusement bon. Le café frappé est mousseux à souhait. La Mastika a remplacé l’Ouzo, bulgare, elle est moins chère que l’Ouzo importé de Grèce.

Après midi farniente, dessin, cahier. Les vacances sont aussi faites pour cela !

Jeravna : maisons musées, soirée

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le village vu de notre terrasse

Trois maisons-musées se visitent ainsi qu’une  galerie de peinture et l’église Saint Nicolas.

La galerie se trouve dans les hauteurs du village dans une très belle maison à façade blanche. Sa véranda est soutenue par des piliers cylindriques en bous (comme à Koprivishtitsa) ; le jardin est merveilleux : hortensias, phlox, réséda et des rudbeckias qui ont envahi le dallage et poussent entre les pierres conférant un aspect fantaisiste.

Comme souvent,  la gardienne de la maison Sarva Valchev Filatov se raidit à notre approche pour se radoucir ensuite. De nombreux Bulgares ont cette attitude presque agressive quand on leur parle en anglais. Ils ont peur de ne pas être à la hauteur de la situation. Quand ils voient que tout se passe bien, ils deviennent très gentils.

La maison Sarva Valchev Filatov ressemble aux autres maisons que nous avons visitées dans les autres villages : à l’étage une grande pièce tapissée de kilims, sur l’estrade les sempiternelles banquettes rouges sont remplacées par des kilims de couleurs vives et variées. Cuisine avec cheminée à la turque. Le bureau de l’écrivain est moderne : un lit à l’occidentale, un bureau, des étagères.

Plus que le mobilier, c’est la personnalité de l’ancien propriétaire qui donne l’âme de la maison ainsi que le contexte qui est présenté :

Nous apprenons ici que

Jeravna, sur la montagne Stara Planina (nom bulgare du Balkan) doit son nom au grand nombre de sources et des moulins installés sur les ruisseaux, jernov est une pierre à moulin. Pendant la période ottomane, le village avait le statut de village de soldats : il fournissait des soldats à l’armée turque, en échange recevait la possession de la terre et l’avantage de ne pas payer d’impôts.  Au 18ème siècle, le progrès économique donna une prospérité au village. L’occupation principale était l’élevage, le tissage de la laine des moutons et le commerce des textiles. Au 19ème se fit ressentir el besoin d’éducation.

Sarva Valchev Filaterov :

Son père possédait des chevaux (troupeaux) et plus de 10.000moutons dans la région d’Andrinople. Il fait des études àShoumen et à Moscou écrivit le premier guide de conversation et fonda une école de filles et garçons.

relais de Poste dessin sur mon carnet Moleskine

Je dessine, assise sur une carriole,  l’auberge relai de poste : un cheval mange son foin, suspendue à une chaine, une roue. De la vigne grimpe à la tonnelle et s’étale.

A l’auberge du village, les tables sont installées sur la pelouse ; Je commande une soupe du berger (2.9levas) : haricots et cubes de jambon, épaisse et parfumée avec des épinards frais et du persil. Je n’ai déjà plus faim quand arrivent les foies de volaille cuisinés avec oignons, tom

les chèvres rentrent seules

ate et champignons, délicieux mais très copieux.(4.5levas)

A la tombée de la nuit, le voisin d’en face tire son âne joliment harnaché avec un gros pompon rouge sur le front et deux petits sur le côté. Il tire une carriole peinte en jaune et remplie de foin. Le baudet s’entête ; le monsieur tire. Peu après, les chèvres rentrent seules et se présentent devant la porte de leur étable ; le foin de la carriole était sans doute pour elles.

Jeravna : arrivée à l’Ekohôtel

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De la place de Jeravna, les rues revêtues de gros pavés ronds montent entre des murs surmontés d’un petit toit de tuile. Les dames ont accroché des kilims et des sacs tissés, chaussettes et chaussons. Dans cette région, on tisse et tricote ! Ces souvenirs ne sont pas tous beaux mais ils sont authentiques ! Les marchandes lisent notre voucher et nous pilotent jusqu’à l’Ekohotel Jeravna « derrière le camion ! » Sauf que le camion bouche la rue. Encore une fois, des manœuvres, du hayon du camion ressortent deux pointes, le camionneur guide, la voiture passe de justesse.

Ekohôtel Jeravna

Notre gite est situé dans une très belle maison de bois. Toutes les maisons ici, sont recouvertes de larges planches noircies, horizontales, protégées par de larges auvents de bois recouverts de tuiles romaines. Les jardins sont cachés par les murs. Notre maison est particulièrement soignée. On se croirait dans un musée ethnographique si bien que je n’ose pas déballer les affaires des valises et tout notre désordre restera dans la voiture ; La chambre est lambrissée de bois ciré. Les rideaux blancs ont dentelles et pompons, bois foncé ciré aussi pour les tables de nuit et l’armoire. Lits blancs ; Une corniche de bois ciselé court tout autour de la pièce. Deux fenêtres se font face. Côté est : ouverte sur la rue, côté ouest, sur un balcon, petit salon sur une estrade où se trouvent un rouet, des navettes, une table basse sur des kilims.

On n’osera pas s’asseoir du côté des rouets et des quenouilles, on prendra le frais sur les banquettes recouverte d’épaisses peaux de mouton. Le vent fait un courant d’air sur le balcon, il fait très bon.

 

Sur la terrasse : le "musée"

J’ai plus envie de dessiner que de faire des visites. Nous partageons le balcon avec deux femmes bulgares, mère et filles. La fille parle bien anglais. Elle est très curieuse de notre voyage, très fière que j’apprécie les villages bulgares. Elle pense que la Bulgarie a une mauvaise image dans les milieux occidentaux (elle est au contact avec des hommes d’afffaires) elle est ravie que les étrangers apprécient son pays.

De Nessebar à Geravna, en route

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goéland bruyant


La climatisation nous a laissé une toux d’irritation qui dégénère en mal de gorge. Nous avons décidé de nous en passer. Au milieu de la nuit, j’ai ouvert la fenêtre; le brouhaha du dehors a envahi la chambre, rumeur d’une boîte de nuit, fêtards éméchés, une fille saoule qui rit aux éclats, mais surtout rires et glapissements des goélands insomniaques. Ce matin, leurs ricanements m’ont éveillée avec le bruit d’un dribble sur le pavé. Qui peut jouer au ballon à 6h15 ? Un goéland faisait rouler une petite bouteille d’ayran avec application, la reprenait dans son bec pour la lâcher plus loin. Un autre tape dans une planche qui résonne au sommet d’un auvent. Maîtres des airs et des toits, ils semblent avoir une vie sociale intense.

Nessebar est une ville piétonnière. Ne peuvent circuler en voiture que les riverains, lees livreurs et les clients des hôtels qui ont des parkings. Notre place était réservée face aux excavations des thermes. Une Mercédès noire surdimensionnée bloque le passage. La réceptionniste est désolée. Le propriétaire de la voiture n’est pas à l’hôtel pour le moment. En sortant la voiture voisine, après moult manœuvres le Berlingo s’extirpe de là. Ce n’est pas une petite voiture non plus !. Le GPS a décidé de nous faire prendre les routes principales : route de Bourgas puis route de Sofia. On lui désobéit et on coupe par Kableskovo, Aïtos puis Karnobat.

La végétation est sèche, l’herbe ressemble à un paillasson. Le paysage a un air méditerranéen bien différent des fraîches forêts de feuillus du nord du pays. Cerisier, amandiers ont soif ; Les tournesols sont grillés. Nous sommes sur le versant sud du Balkan, peut être pleut-il moins. Le sous-sol argileux apparaît par plaques. Après Karnobat, dans un très beau vignoble avec des rosiers à la fin de chaque rangée de vigne, des pancartes publicitaires vantent le « château Karnobat », à côté du panneau le drapeau de l’Europe. Le château Karnobat a bénéficié des subventions de la communauté européenne, mais sous quelle forme ? Qui en  est les propriétaire ? Notre voyage pose plus de questions qu’il n’y répond.

On quitte la route de Sofia, direction Shoumen. Jeravna est indiqué par un panneau marron. Nous restons sur le circuit balisé touristique

Nessebar : après midi tranquille

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Eglise des Archanges

Saint Spas est à deux pas de l’Hôtel, de l’autre côté des thermes. C’est une petite église enterrée plus récente que les autres (1609)

Derrière Saint Spas, les rues sont beaucoup plus tranquilles, moins envahies par les marchands, les pavés irréguliers, la vigne et la végétation plus abondantes. Nous goûtons ce calme et découvrons la très jolie église des Archanges Michel et Gabriel (13ème)fermée, dont les décors extérieurs sont intéressants, intégrant ronds et croix vernissées. De l’autre côté de la place ombragée, deux terrasses de café sont vides, l’église Sveta Paraskeva est également fermée et délicatement décorée avec les briques en arêtes.

La dernière visite est celle « Musée ethnographique », en fait, l’église moderne très encombrée d’objets du culte sans aucun intérêt pour nous et des fresques modernes sans grâce.

Sur le chemin Sainte Sophie, la grande cathédrale « vieille Métropole » fondée dès le 5ème siècle. Toits et coupoles ont été détruits mais les ruines ont belle allure.

carnet moleskine, au café en face des Archanges

Fin des visites ! On profite de la douceur de l’après midi à une table en terrasse entre les Archanges et S Paraskeva. J’entreprends le dessin des l’église des Archanges. Dessiner au café est un moment privilégié, je me laisse imprégner de l’atmosphère du lieu. Le dessin me force à observer les détails.

Baignade. J’essaie la plage sud qui a de jolis parasols près de l’amphithéâtre. Déceptions : des cailloux sont tapis sous le sable grossier, les algues vertes battues par els algues rendent la baignade désagréable et cachent le fond. De plus, l’eau n’est pas assez profonde pour nager tout de suite. Après cette tentative, je rejoins l’autre plage protégée par la digue du restaurant de poissons. J’avais pris our du sable les coquilles de moules et d’autres coquillages pilés qui coupent un peu les pieds. Deux mètres plus loin, c’est assez profond pour nager. Des bouées délimitent le périmètre de baignade, je fais mes allers-retours comme en piscine dans l’eau tiiède et calme tout juste soulevée par le ferry qui passe au loin puis par le gros bateau de croisière.

Coucher de soleil sur le port à 8h40 ? Dîner dans la rue d’une pointe de pizza délicieuse et glace. Je déambule dans la nuit qui sied bien à Nessebar : les éclairages mettent en valeur les ruines de Saint Sophie.

Nessebar : Musée Archéologique

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Le Musée archéologique se trouve  à l’entrée de la ville, près de la digue. Avec la réduction du billet combiné, nous faisons la dépense de l’audio-guide ce qui est une excellente idée.

Quand Nessebar était Messembria

Musicienne

La première salle est occupée par une maquette de la ville et une exposition temporaire «Musique et Danse dans l’ Antiquité » : terracottas de musiciens et d’acrobates, des vases grecs à fond noir.

Hécate à figure triple, protectrice des voyageurs était autrefois placée à un carrefour (statuette 30cm). Deux bas-reliefs présentent les stratèges de la ville procédant au sacrifice d’un bélier. Les boucliers sont accrochés au plafond ainsi que cuirasses, jambières et casques. Au dessus de l’autel cylindrique, une stèle montre les fondateurs de la ville (Marsias et ?)

4 Hydries de bronze servaient d’urnes funéraires. Deux portent des appliques d’une grande finesse. La plus belle figure Borée enlevant Oreithya (4ème siècle  av.JC) .

 

La ville de Messembria était riche : on a retrouvé des trésors composés de bijoux d’or magnifiques ; Les orfèvres thraces et grecs connaissaient  les techniques d’émaillage, de filigrane et de granulation. Les pierres dures taillées (Aphrodite et Athéna) étaient enchâssées dans un sertissage d’or.

Je remarque un récipient (genre cruche) avec la tête de Dionysos.

La collection numismatique témoigne également de la richesse de Messembria. Qui a battu monnaie depuis le 5ème siècle : oboles, drachmes, tetradrachmes, certains imitaient la monnaie d’Athènes (quelques fois avec des erreurs dans la graphie grecque)D’autres identifiaient la provenance de Messembria : tête casquée de Marsias (fondateur de la villeà sur l’avers, une roue avec l’indication META . les pièces romaines sont celle d’Hadrien (117-118), Caracalla(198-217) Septime Sévère(193-211) Gordianus et Tranquillina ???

Des poteries et des pierres tombales avec racontent l’histoire de Nessebar, sa conquête par les Bulgares, puis par les Croisés au 13ème siècle le retour à Byzance, entretemps les destructions par un séisme.

Au sous-sol, une collection d’icônes : comme en Crète, une école de peinture subsista sous la domination ottomane au 17ème-18ème

La Vierge, les Coptes et moi de Namir Abdel Messeh

TOILES NOMADES

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Le début cafouille un peu. Namir est un cinéaste débutant. Quand un soir de Noël sa mère croit voir la Vierge dans une « apparition », il « tient une idée de film » mais personne ne sait où il va en venir, ni son producteur qui est réticent, ni sa famille qui redoute qu’un film donne une mauvaise image d’eux, ni le spectateur…

Au Caire, il hésite, le film sera-t-il un documentaire sur la communauté copte? ou une enquête sur une « apparition » qui a eu lieu en 1968 pour laquelle il cherche des témoins. Il fait le rapprochement entre la défaite de 1967 et la « démission » de Nasser: une apparition de la Vierge vénérée par les Coptes mais aussi les Musulmans serait une diversion parfaite pour distraire l’opinion de la défaite militaire…. Mais la piste est courte et personne ne le conforte.

J’aime bien Le Caire filmé par Namir, le Caire des embouteillages géants, de la foule, des immeubles surélevés.

Toutes ses tentatives d’enquêtes ne mènent nulle part.

Dernière piste : un pélerinage marial dans le Said, à Assiout. Il y retrouve la famille de sa mère, ses cousins, sa grand-mère. là, le producteur se fâche : les retrouvailles familliales n’entrent pas dans le budget du film.

Dès que l’action se situe à la campagne, le film devient passionnnant! Les personnages sont drôles, authentiques, le cinéaste filme merveilleusement bien son village, les travaux des champs, les maisons des paysans.. et toute sa famille se prend au jeu. La mère de Samir est devenue producteur, elle mène son monde d’une main de maître. J’adore la séquence où elle parcourt le village sur une carriole à âne avec un mégaphone « soyez à l’heure! ».

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