Meidoum

Nous suivons la vallée du Nil vers le sud dans une campagne très verte. Les animaux reposent à l’ombre dans des abris aux toits de roseaux ou de canne ou sous une tonnelle de volubilis fleuris tandis que les humains sont au soleil, accroupis dans la luzerne, mettent le fourrage en bottes ou sont occupés à d’autres tâches agricoles. Les ânes, eux, sont attachés au soleil. Le Nil est beaucoup plus étroit que je ne l’imaginais.

Nous quittons cette campagne cultivée pour le désert avant d’arriver à Meïdoum. Premier barrage de policiers et de militaires, les uns sont en noir, les autres en khaki. Nabil nous montre : -« deux françaises » IL doit détailler son itinéraire et parlementer un bon moment. Nous sommes escortées par un véhicule militaire : une grosse 504 bleue. A Meïdoum, un homme armé d’une mitraillette ne nous lâche pas d’une semelle. Au début, il joue les guides, montre les sarcophages abandonnés là. Un seul est en granite gravé. Les autres en calcaires sont dans un piteux état. En revanche, je monte seule à la pyramide qui ressemble à une tour de Babel à 8 étages. Un militaire garde l’entrée. Un jeune en galabieh bleue m’accompagne dans le couloir beaucoup mieux éclairé qu’à Dachour. J’ai de l’entraînement. A la fin, surprise : des échelles ! Je prends en photo mon accompagnateur tout étonné. Il a du mérite en savates avec son longue robe sui se prend dans les cornières. Nous avons lu dans Gallimard l’histoire des Oies de Meïdoum que nous espérons voir dans les tombeaux. Pleines d’espoir, nous rejoignons un monticule de briques foncées où sont percées des ouvertures. Des tombes ? Notre accompagnateur armé appelle cela un mastaba. Pour y entrer il faut se faufiler dans une porte étroite sur des pierres glissantes polies par le passage des visiteurs. Le couloir pentu est tapissé d’un sol poudreux. Aucun équipement, ni planche, ni rampe. – « Slowly, slowly ! » En s’accrochant à la paroi, je cherche des prises de main. Brusquement, la pente douce fait place à un puits équipé d’une échelle. J’ai un instant d’hésitation. Je me force. D’autant plus que j’arrive sur une planche qui fait un pont, puis encore une échelle, finalement une chatière. Quelle idiotie d’avoir pris avec moi mon sac à dos qui reste coincé dans la petite ouverture carrée. La récompense c’est un sarcophage ouvert – énorme – plus haut que moi. La remontée est plus facile. C’est toujours moins vertigineux de grimper à des échelles que de les descendre ! Je remonte avec la fierté de l’exploit accompli. J’avoue que je n’ai pas beaucoup pensé aux Egyptiens de l’Antiquité – aux archéologues, si ! C’est plus sexy de faire de la spéléo dans une pyramide ! Notre gardien armé nous demande un bakchich – Cela allait de soi ! J’ouvre mon petit porte-monnaie. Une rafale emporte le bakchich et un autre billet. Et nous voilà à courir à la poursuite des billets sur le plateau !

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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