Banteay Srei est mon temple préféré.
Hier en réservant le touktouk, le chauffeur a tiqué pour le prix à mon offre de 15$ ;
– « C’est très loin, à 27 km, 30$ »
– « 30$ c’est trop, nous serons de retour à 11 heures »
– « combien êtes-vous prête à mettre ? »
– « 20$ »
A 7heures,monsieur SoPha nous attend, la glacière est pleine de bouteilles d’eau. Notre forfait suspendu à notre cou, bien visible, Lunettes noires, et krama autour du visage, nous savourons la longue balade qui durera 1h15 à travers forêt et villages. Devant chaque maison, à chaque borne-fontaine, je lis le nom d’un généreux donateur sur un écriteau, anglais, américain, australien qui a sans doute financé l’installation. Attacher son nom à un robinet peut paraître infantile et mesquin. Mais dans un pays où la corruption sévit, ce système est une garantie que les fonds ont été employés à destination et c’est plutôt rassurant. Comme j‘aurais aimé voir sur la Bibliothèque de Pobé « réalisation du jumelage avec le collège Simone de Beauvoir ». Je n’aurai pas eu cette fierté ! Cette pensée soulève des poussières d’amertume et de scepticisme envers les actions humanitaires.
Dès que nous avons quitté la forêt du parc d’Angkor, des vendeurs sont installés tout le long de la route , vannerie suspendues, étalages de lourds et sombres meubles vernis alignés sous des hangars, des petits étals de fruits, les chaudrons du sucre de palme, et sur les tables les tubes à section carrée en feuille de palmier, à un piquet on a suspendu les fleurs mâles et femelles. Ainsi que les récipients de bambou.
petites vendeuse de fruits : bananes et pommes de lait
Le camion qui livre la glace s’est arrêté ; On voit débiter à la scie un gros bloc. Ensuite je remarque que des glacières attendent au bord de la route. Il faut rester assez longtemps dans une contrée étrangères pour remarquer ce genre de détails ; ici, il n’y a pas de frigo en revanche la télévision est partout ? Question de priorité !
Les épouvantails chargés de protéger les maisons en faisant fuir les mauvais esprits sont ici tout à fait effrayants : ce sont des militaires lourdement armés, mitrailleuse ou même mortier, avec un visage où les dents sont dessinées dans une bouche soulignée de rouge.
Entre les villages, des rizières sèches, des buffles et la silhouette du palmier à sucre, qu’on appelle en Afrique, le rônier. Je veux absolument prendre ces palmiers en photo. On arrête le touktouk.
A 8h20, nous arrivons à Banteay Srei. Les touristes en groupe sont déjà nombreux. On peut quand même admirer les délicates sculptures des frontons. Je retrouve Indra et son éléphant tricéphale, la douche de Lakmi sous les éléphants, Râvana et la montagne sacrée, la lutte des singes ….et même d’autres scènes signalées dans le livre de Jacques et Freeman. Cette visite reste un enchantement.
Nous prenons bien notre temps pour faire le tour du temple et découvrir la campagne. Une vieille femme debout, accoudée à la balustrade chante .Les petits vendeurs de cartes postales détalent à l’arrivée de la police à moto.
Le retour est aussi agréable que le voyage aller.
J’aime énormément ta dernière photo, elle évoque ces pays d’asie pour moi, le lenteur du temps qui passe
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As-tu eu l’impression que ton action en faveur de la bibliothèque de Pobé a été dévoyée?
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@ claudialucia :malheureusement ce n’est pas une impression c’est une certitude! l’argent a été volé et les livres abandonnés (ou vendus)
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Ohh!!!C’est super article ! Les photos sont très belles. Je veux bien y aller pour découvrir l’authenticité du Cambodge. Mais il faut faire des économies pour faire ce voyage. Grand merci et très bonne journée !
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