Parc Archéominier de San Silvestro sur le rebord des collines métallifères

CARNET TOSCAN – CASALE MARITTIMO

san silvestro

Négligeant la 4voies S1- Aurelia, nous prenons la SP20,l’ancienne Aurelia (c’est écrit  sur les maisons rouges des cantonniers), bordée de platanes et surtout d’énormes buissons de lauriers roses qui embaument. Des  allées de pins parasols mènent à de belles demeures.
Traversons San Vicenzo et trouvons la route de Campiglia Marittima qui tourne le dos à la mer et grimpe dans les collines.
Le parc Archéominier San Silvestro est bien indiqué . Comme l’autre parc archéologique, il ouvre à 10h . La première visite guidée est à 10h30. C’est un horaire idiot : le parc a balisé six itinéraires de randonnée dans le maquis. Après 11h, il fait beaucoup trop chaud pour partir pour une expédition de plusieurs heures sans ombre en montagne.

La mine

mine de san silvestro
mine de san silvestro

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Pour visiter la mine, on nous équipe avec des casques jaunes et les cirés habituels. Nous marchons dans une galerie confortable qui s’enfonce d’abord dans le calcaire à ammonites puis dans un autre calcaire plus ancien clair pour arriver dans les zones minéralisées d’une roche foncée parfois noirâtre parfois oxydée en orange jaunâtre, la limonite servant d’indice pour les minerais de fer.

Les différents affleurements : limonite, goethite, pour le fer, hedenbergite en faisceaux rayonnés forment des couches qui ondulent,je découvre des minéraux : Ilvaïte (le nom vient de l’île d’Elbe)- blende, galène pour le plomb argentifère (exploité plus pour l’argent que pour le plomb). Egalement cuivre natif, chalcopyrite, malachite et chrysocolle. Il y a également de l’étain mais je n’ai pas reconnu la mâcle caractéristique de la cassitérite.
Rien que pour l’aspect minéralogique, cette visite est passionnante. Couleurs presque fluo de la limonite jaune et du chrysocolle bleu. Ne pas toucher au chrysocolle! on empêcherait que la concrétion ne continue de se former.

Une exploitation très ancienne

La  conférencière nous parle de l’exploitation minière commencée aux temps des étrusques poursuivie au Moyen Âge et fermée seulement à la fin du 20ème siècle. Les techniques n’ont pas varié de l’âge de Bronze, jusqu’au17ème siècle, à la main, au foret, au marteau et au burin. Un mineur avançait dans le filon de 20 cm par jour. Les galeries étaient très étroites. Très récemment, on a boisé les galeries avec du châtaignier. Le châtaignier n’est pas le bois le plus résistant à l’eau mais il a la caractéristique d’émettre des craquements qui préviennent les mineurs du danger.

Carrières

A côté de l’activité minière proprement dite, la montagne est aussi creusée de différentes carrières : calcaire pour la construction et le ciment. Des wagonnets passent au dessus de la route à San Vicenzo comme à Grenoble. Exploitation du granite porphyroïde.
musée, centre d’Interprétation

La géologie de cette région est particulièrement compliquée. Le petit musée présente des coupes extrêmement variées et compliquées dans des terrains sédimentaires (calcaires et argiles) avec de nombreuses failles et intrusions magmatiques. Je les ai regardées avec curiosité mais sans trop y comprendre tant les terrains m’ont parus chahutés. A cela, se rajoute une érosion karstique dans le calcaire.

Le Musée présente de belles collections de minéraux. Pour les cartes il faudrait les interprétations d’un géologue.

la colline et la forteresse

La deuxième partie de la visite est historique. Un autobus nous emmène dans la colline (environ 300m d’altitude. Il faut encore gravir une belle montée sur un sentier très raide à travers le maquis pour atteindre la forteresse Rocca San Silvestro .Il ne s’agit pas d’un château comme on pouvait le supposer de loin, mais d’ un village fortifié. Les minerais de cuivre, de plomb argentifère excitaient la convoitise des seigneurs et des villes de la région. En effet l’argent et le cuivre servaient à battre monnaie aussi bien à Florence, Pise qu’à Naples ou Venise. Les seigneurs ont donc fortifié le village et construit une tour de guet sur ce piton rocheux dominant la campagne.

le grand pressoir à huile pour l'éclairage domestique et dans la mine

Le village a été habité du 10ème au 13ème siècle. Ensuite, il a périclité à la suite de la peste mais aussi en raison du manque d’eau. L’utilisation de la force hydraulique s’est généralisée à cette époque et le travail entièrement à la main n’était plus compétitif.
Le village est entouré de deux enceintes, la première, la plus haute du 10ème siècle, la seconde, plus basse, mais équipée de merlons. Le chemin de ronde compris entre les deux murs servait de lieu de rencontre. Pas de place du village sur un tel rocher. On a retrouvé une sorte de « marelle » gravée en deux endroits sur le dallage. En contrebas, les maisons des mineurs et des ouvriers travaillant dans les forges avaient une très petite surface, en moyenne 27m2 au sol. Dans les murs on voit les traces des poutres : la maison avait un étage ; au rez de chaussée vivaient sans doute les animaux. On a retrouvé les emplacements des fours et des forges. A l’extérieur des murs, les forges pour le fer. Le fer était moins prisé que le cuivre ou l’argent. Les habitants pouvaient se fabriquer les outils dont ils avaient besoin. A l’extérieur aussi, le four à pain, four communal. Dans les murs, en revanche, les fours à ciment et à céramique ainsi que les fonderies du plomb argentifère.
L’église, très simple, fut construite avec beaucoup de soin. Les pierres sont taillées, le sol revêtu d’un mélange de marbre et de ciment rouge. Le même mélange servait à l’étanchéité de la grande citerne. En dessous de l’église : un gros pressoir à huile : 5000l d’huile étaient fabriqués chaque année. L’huile était utilisée pour l’éclairage- éclairage des galeries de mine. Dans ce village tout se rapportait à la mine.

Vers le sommet : la maison des seigneurs, plus grande et plus soignée. Les seigneurs devaient habiter ailleurs, dans un endroit moins inconfortable. Enfin, posée sur le sommet : la tour de guet qui servait aussi de magasin.

Nous avions prévu de rentrer à pied par un itinéraire balisé d’un peu mois de deux heures de marche. A la fin de la visite, il est déjà 13h et il fait une chaleur accablante. Nous voyons de loin le sentier qui monte dans la montagne pelée. Sans espoir d’ombre nous renonçons à la promenade. Le retour en car est la solution de facilité. Je regrette cette occasion de marche perdue. Si le Parc avait été ouvert à 8 ou 9 heures, nous aurions pu marcher dans la fraîcheur du matin. Cet horaire tardif est le seul reproche qu’on puisse faire à ces parcs archéologiques. En Italie, les vacanciers se lèvent fort tard. Les visites avant 10h30 qui  ne font pas recette et ont été supprimées. Tant pis pour les randonneurs ! A ce détail près, l’organisation de ces parcs modernes est tout à fait remarquable : accueil parfait, en plusieurs langues (j’aurais pu prendre un audio-guide en anglais à la mine). Les explications très fouillées aussi bien pour les enfants, les profanes que les spécialistes : jolies maquettes, panneaux illustrés, collections très bien présentées. Tableaux sur le cycle de la métallurgie du fer, du cuivre ou du plomb argentifère avec formules chimiques à l’appui  .Au Centre de Documentation des livres de tous niveaux peuvent être consultés. Les deux restaurants sont agréables. Tout est prévu.

Campliglia marittima

Campiglia Marittima (comme Casale Marittimo) est située assez loin de la mer. C’est aussi un village perché avec des murailles, un bel Hôtel de Ville aux murs couvert des blasons, une jolie placette et des restaurants, des ruelles étroites et une vue merveilleuse sur la plaine et les îles au loin.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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