Teverino George Sand

CHALLENGE ROMANTISME

 

Lecture Commune initiée par Claudialucia pour découvrir une œuvre méconnue! George Sand s’apparentait plutôt à mes lectures adolescentes. Sans cette Lecture Commune je n’aurais pas eu l’idée de chercher Teverino  dans le gros Omnibus : GEORGE SAND : Vies d’Artistes

Court roman ou longue nouvelle? Une centaine de pages qui s’apparenteraient à l’univers du conte avec la petite oiseleuse, petite fée, et l’apparition presque magique de Teverino, dans le rôle d’un enchanteur un peu transformiste.

Tousles invités que Lady G.  a invité à une partie de campagne se sont récusés à l’exception de Léonce, un ami de longue date. Pour éviter un tête-à-tête inconvenant (Lady G est mariée à un anglais, ennuyeux et buveur), ils emmènent en promenade dans le cabriolet, la servante noire Lélé, et un curé  rencontré en route.

Lady G s’ennuie, Léonce promet de la distraire mais sans l’embarrasser d’une cour inopportune:

 » – Nous sommes de vieux amis, et nous le serons toujours, si nous avons la sagesse de persister à nous aimer modérément comme vous me l’avez promis »…

Leur conversation prend le ton d’un marivaudage un peu agaçant, ils parlent d’amour sans y toucher, de  religion avec indifférence :

« – n’allez vous pas à la messe le dimanche?

– C’est une affaire de convenance, et pour ne pas jouer le rôle de l’esprit fort. Le dimanche est d’obligation religieuse, par conséquent d’usage mondain. »

Léonce se présente comme un artiste. Jusqu’à leur rencontre avec Madeleine leur ton badin et superficiel semble contraint.

Le déjeuner champêtre à la Roche-Verte dans un  pittoresque paysage de montagne avec le curé gourmand et la compagnie des jeunes pâtres des montagnes déride l’ambiance. L’arrivée de la « fille aux oiseaux » et l’allusion à la « noce fantastique du conte de Gracieuse et Percinet » chasse la conversation badine pour une jolie partie de campagne. Léonce avait tout prévu même le hamac orné de plumes multicolores pour la sieste. Le paysage est  romantique avec ses gorges arides cachant un vallon délicieux, le petit lac poissonneux.

C’est dans ce décor merveilleux que surgit Teverino, le vagabond,  le faune, le nageur qui se pare d’herbes aquatiques et de nymphéa ressemblant à un Neptune antique ou une de ces statues représentant un fleuve – le Tibre, comme le suggère son nom -.

« Léonce frappé de la perfection d’un semblable modèle, ouvrit son album et essaya de faire un croquis de cet être bizarre, qui, reflété dans l’eau limpide, à demi nu à demi vêtu d’herbes et de fleurs offrait le plus beau type qu’un artiste ait le bonheur de contempler… »

Teverino est un personnage singulier. Italien, enfant trouvé il a servi de modèle aux peintres et sculpteurs, chante merveilleusement bien, et a acquis un vernis de culture pour briller en société. Revêtant les habits de Léonce, il peut passer pour un marquis et  accompagnera la compagnie dans leur escapade.

Ce nouveau compagnon donne un tour nouveau à l’excursion qui devient une véritable aventure. La voiture quitte les chemins paisibles et les riants plateaux pour arriver dans des abimes, des rochers abrupts et neigeux, des torrents en crue. Les sentiments débordent également. Sabina (Lady G) se laisse emporter par la séduction de Teverino qui passe la frontière pour les emmener en Italie. Italie rêvée, Italie des artistes, des passions, de la musique. L’innocent pique-nique vire à la fugue. Les sentiments s’épanchent. La jalousie intrigue. Dépité par les rebuffades de Sabina et le succès de Teverino, Léonce fait mine de tomber amoureux la fille aux oiseaux.

La nuit sera une véritable farce: Lélé, la noire entre par mégarde chez le curé qui la prend pour le diable. Sabina est saisie de remords, coupable de s’être laissée entraîner avec Teverino.

Au lendemain, sur le chemin du retour, chacun reviendra à la raison.

 

C’est une lecture pittoresque, agréable, distrayante, pleine de surprises. Si le marivaudage entre les deux aristocrates, bien élevés, maîtrisant leurs sentiments est un peu convenu, Sand bouscule les conventions dès que Teverino paraît. La critique sociale devient plus virulente. Faux marquis, faux chanteur célèbre, vrai séducteur,  vrai virtuose des sentiments, Teverino pousse Léonce et Sabina hors de leurs retranchements et leur fait découvrir leurs sentiments. Étrange personnage que ce modèle masculin, on est habitué à la muse de l’artiste et Madeleine joue innocemment ce rôle. On devine que les rôles ne sont pas répartis comme le veut la tradition.

Étrange fin qui n’en est pas une.

les « outils de la blogueuse »

Étrange coïncidence, alors qu’un rangement s’imposait du côté de la pile des livres à lire (bien connue des blogueuses sous l’acronyme PAL) voici qu’un carnet surgit de la poussière (enfin, j’exagère)

carnet et stylo à l’effigie de George!

Lire les billets des autres lectrices : claudialucia, de cléanthe et enfin nathalie

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

6 réflexions sur « Teverino George Sand »

  1. Je partage la plupart de tes impressions sur ce court roman. L’arrivée de Teverino donne brusquement une vivacité au récit, qui s’endormait un peu dans le face à face des deux amoureux et la recherche éperdue d’aventures. Je crois que nous devons à Claudialucia de nous avoir fait découvrir par cette LC un très beau texte, que moi non plus je ne serais jamais allé dénicher par moi-même.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s