Simal : pêche et cuisine

CARNET SÉNÉGALAIS

Mardi 12 mars : Simal pêche à la palangrotte

La fête annoncée hier soir pour laquelle j’avais sorti ma plus belle tenue de wax, n’a commencé que fort tard dans la nuit. Nous nous sommes endormies bercées par les djembés sérères qui ont continué à résonner tard dans la nuit. A 6h, le muezzin a chanté. Les oiseaux se sont déchaînés. Le ciel a pris cette teinte orange vers l’est  qui va si bien à l’Afrique. Les cases de pailles se sont éclairées en harmonie avec le ciel du matin. Je n’ai quitté les voiles de la moustiquaire qu’au lever du soleil.

A 8h30, embarquement pour la pêche à la palangrotte dans la mangrove en compagnie d’une famille de professeurs de Versailles dont le lycée est jumelé avec une institution privée catholique de Dakar.  Quand des profs rencontrent des profs, ils se racontent des histoires de  profs ! Proposer des TPE sur la mangrove ? Sur le reboisement ? …On traverse un large chenal ouvert, limité par des plages de sable et des rives plantées d’une rangée de rôniers et de hautes graminées, de celles dont on fait les chaumes. La mangrove s’annonce d’abord par des petites pousses verticales alignées régulièrement : un « champ » de rhizophores, plus loin, les palétuviers rouges sont déjà plus développés et leurs arceaux s’ancrent dans la vase. Des écriteaux à demi-effacés annoncent une restauration ancienne de la mangrove. C’est une opération de longue haleine. La mangrove, comme une éponge amortit les variations du niveau de l’eau, journaliers comme saisonnier. Si le niveau de l’océan venait à monter elle protègerait  les sols à l’arrière sur la terre ferme et empêche l’érosion des berges sableuses . De plus c’est une milieu très riche en biodiversité qui apporte abri et nourriture  aux poissons, oiseaux, crustacés hostile à la pénétration humaine. Est-elle efficace  contre la salinisation des sols ?Des pélicans sont posés sur les buissons tandis que les courlis picorent les bancs de sable avec leurs loongs becs et que les cormorans se font sécher sur des piquets.

La pirogue s’engage dans les bolongs (chenaux), puis ralentit. La promenade en silence est magique. Afran lance l’ancre. Arfan et Bouba distribuent les lignes enroulées sur une planchette et équipées de hameçons impressionnants. Les appâts sont des crevettes fraîches – encore vivantes à la sortie du campement – on pique la queue qu’onnreplie pour bien l’accrocher et on lance la ligne le plus loin possible. Beaucoup de poissons mordent. Beaucoup moins sont ferrés. J’ai l’impression plus de nourrir les poissons que de les pêcher. Je sens que le poisson a mordu, je remonte un hameçon vide. Pendant que Arfan et Bouba remontent d’énormes carpes, j’ai tout juste  2 poissons minuscules, petites fritures. Au retour un balbuzard nous attendait sur un piquet. Sous le soleil de midi, malgré la crème écran-total, je cache  mains et pieds sous le chèche et ressens quand même la brûlure du soleil.  Je n’ai qu’une hâte : me rafraîchir avant le déjeuner et nager dans le Saloum.

Mas apporte un plat de crevettes, petites et marinées à l’ail ; on les liquide sans même nous en rendre compte. Le Thiéboudienne qui arrivera longtemps après a été fait avec la carpe et le mérou de la pêche du matin. Les légumes sont encore meilleurs qu’à Palmarin, chou merveilleux, tomates amères, aubergines savoureuses. Pour finir, oranges locales présentées coupées en quatre. Nous restons les pieds dans l’eau sous le palétuvier pour la sieste.

Derrière notre cour-salle-de-bain un arbre est hérissé de piquants. Selon Mas, c’et un fromager. Le fromager, d’après lui, n’aime pas qu’on lui grimpe dessus. Quand il est petit il est plein de piquants, quand il est grand, il est devenu tellement grand que c’est impossible ! Notre fromager n’a pas une feuille en mars. Il sert de perchoir à des oiseaux minuscules. Les fromagers sont souvent associés à d’autres espèces végétales, rôniers, arbres à quinine, je fais l’hypothèse que ce sont les oiseaux qui ont semé les graines.

Cuisine sénégalaise

A 16h, nous avons rendez vous à la cuisine avec Djennaba qui doit nous donner une leçon. Mais les provisions ne sont pas encore arrivées et les cuisinières se reposent allongées à l’ombre. Nous revenons un peu plus tard. Djennaba sort quelques cacahouètes, pour passer le temps. Elle nous montre comment faire de la pâte à beignets pour 40 personnes : dans une grande bassine, elle verse de la farine de blé, de la levure et du bicarbonate. Elle dissout le sel dans l’eau puis mélange. La bassine est couverte et on attendra 30 minutes que la pâte lève. Dans une marmite, sur le gaz mijote la sauce aux oignons. Pendant ce temps je me joins aux deux autres Seynabou et Marie pour couper les aubergines en petits cubes (elles n’utilisent pas de planche à découper et leurs couteaux sont redoutables). Quand elle arrivera du marché, je renoncerai à couper la viande de zébu sans planche de peur de me blesser. Djenaba et Marie coupent dans le sens des fibres la viande qui est très tendre (un veau ?). Les beignets d’aubergines sont gonflés, légers, délicieux ! Les cuisinières feront deux sauces pour les accompagner : une douce et une pimentée. Elles comptent 1kg d’oignons pour 10 personnes et utilisent du concentré de tomate et de l’huile d’arachide.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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