Yerevan : parc – Mère Arménie – Cascade

CARNET ARMÉNIEN

 

Cascade

Samedi 27 Avril – Yerevan

6h30 le jour filtre à travers les rideaux drapés  marron et or.

8h, sur le balcon de l’immense salon, nous regardons vers l’Ouest. Couvert de neige, magique, le Mont Ararat surgit, tel le Fujiama  des peintures japonaises. Je fais le tour du salon pour regarder au petit balcon. Là, surprise, un autre cône, plus petit mais plus raide, tout aussi neigeux. Illusion ?

Petit déjeuner : tisane d’herbes, œufs brouillés à la menthe, confiture de figues maison et de cerises du jardin, fromage ressemblant à de la  féta.

Par le beau soleil, nous décidons d’aller au parc tout proche, j’irai à pied au pied de la Cascade tandis que D rentrera à la maison d’Hasmik où Hakob( qu’Hasmik appelle Jacques) viendra la chercher. Nous traversons notre quartier très chic sur les hauteurs de la ville où les belles villas sont protégées par des grilles imposantes.

Mère Arménie

L’immense statue de Mère Arménie se voit de loin. Elle domine la ville de son socle monumental. Elle est entourée de blindés et même d’un avion de chasse sur une esplanade de pierre, plutôt funèbre. Un musée de la seconde guerre mondiale occupe le socle.  Si Mère Arménie, mère nourricière, est armée d’un sabre c’est que l’Arménie a subi tant d’invasions depuis l’antiquité. Elle regarde vers l’Ouest le Mont Ararat et la Turquie, signifiant qu’elle est prête à se défendre en prenant les armes. Autrefois, c’est Staline qui occupait son emplacement.

parc de la Victoire

Passé l’esplanade militaire,  je traverse un parc d’attraction vide à cette heure matinale, coloré, un peu désuet avec ses manèges multicolores, ses baraques de foire, ses petits kiosques, les auto-tamponneuses et une grande roue, un peu démodé…Je demande mon chemin « Cascades ? » tout le monde comprend. Un  souterrain permet de traverser une artère très large et très passante. J’arrive sur une autre esplanade de pierre portant un monument encore plus haut. En dessous c’est le chantier. Je passe devant la grande Maison d’Aznavour – un centre culturel.

Alexandre Tamanian devant la Cascade

Je trouve enfin la Cascade monumentale et découvre les escalators. J’hésite entre l’escalier mécanique ou les marches dans les jardins et les fontaines. L’escalier roulant n’est pas une simple facilité, c’est aussi un passage dans une galerie d’Art Contemporain, plutôt design que sculpture, souvent sur le thème du siège, canapé où poussent des fleurs géantes en tissu, chaises métalliques et fauteuils étranges mais aussi chaussures géantes… A chaque palier on découvre une fontaine. En bas la billetterie du Musée de la Fondation Cafesjian qui occupe les entrailles du monument de la Cascade. Des concerts de jazz s’y déroulent parfois.

le chat de Botero

Entre la Cascade et l’Opéra s’étend un jardin de statues fleuri. Je reconnais les staues de Botero mais aussi d’autres artistes, un catalan Jaume, une britannique Linn Chadwick . Jacques m’a donné rendez-vous à 10h15 près du chat de Botero.

Face à l’opéra, tournant le dos à la cascade, la grande statue de basalte d’Alexandre Tamanian, architecte de l’opéra et architecte-urbaniste, constructeur de sites et de jardins – le Haussmann arménien selon Jacques (mais au XXème siècle). II a voulu modeler le cœur de la ville et relier les quartiers hauts par ces fontaines. Chacun des 5 étages porte 15 fontaines en souvenir des 15 régions de l’Arménie. La diplomatie et le talent de Tamanian imposèrent aux soviétiques une architecture arménienne en pleine période stalinienne, créant un ensemble harmonieux avec l’utilisation du tuf local de différentes couleurs, l’inspiration des motifs arméniens et des ceintures de jardins. L’opéra en basalte gris foncé, inspiré des ruines de Zvarnots (et du Colisée) ne fut terminé que dans les années 60 après la mort de Tamanian.

Séisme, pérestroïka, indépendance et guerre du Karabagh ont ravagé l’économie arménienne et ce n’est que beaucoup plus tard, grâce à la volonté d’un mécène américain que le plan original de la Cascade fut réalisé et pas encore achevé de nos jours.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Yerevan : parc – Mère Arménie – Cascade »

    1. @Dominique : je goûte peu cette statuaire monumentale. En revanche dans les pays de l’Est il y a une recherche de Parcs de statues qui est parfois très plaisante pour la promeneuse avec des oeuvres intéressantes et originales.

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    1. @claudialucia : et encore je vous épargnerai une autre Mère Arménie de Gümri encore pire que celle de Yerevan quui, vue de dos de notre balcoon, semblait jouer de la guitare électrique!

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