Atlantique, Anti-Atlas, Atlas et riads des 1001 nuits

Le taxi traverse le souk. Heureusement c’est vendredi midi. Les boutiques sont fermées. La circulation en voiture est imaginable. Il se gare sur une petite place : Zaouiat El Ahdar. Nous empruntons des ruelles, des passages secrets sous les maisons. Dédale de passages, portes cloutées. Jamais nous n’aurions osé nous aventurer dans cette partie invisible de la médina !
patio

La porte s’ouvre sur un patio exquis : une fontaine abritée par un auvent de tuiles vernissées, un rigole carrelée mène à un bassin central encadré par quatre orangers figurant le plan traditionnel des riads. Deux palmiers au feuillage léger, deux citronniers dans des jarres. Ce patio est exigu mais il est ravissant, décoré de stuc et d’entrelacs peints ; des salons le bordent sur trois côtés. Les fenêtres des chambres sont protégées par des ferronneries compliquées.
Marrakech, notre chambre

A l’étage, un salon à arcades sous la galerie sépare les chambres Mogador et Marrakech. Notre chambre, Marrakech, est aux couleurs de la ville rouge. Toute une symphonie de rouge : un immense lit au couvre lit de satin floqué posé sur un jeté brillant, sur un autre plus grand rouge et or. La tête de lit de fer forgé en volutes est tendue d’un crépon léger carmin. On a suspendu des pompons de soie grenat et noirs. La glace reflète ce camaïeu rouge et les murs roses comme les murailles de la ville. De part et d’autre de la glace les fenêtres peuvent être occultées par des volets intérieurs de bois. L’amusant est qu’on peut les fermer ou les ouvrir par moitié. Au dessus de l’embrasure de la fenêtre : une coquille de stuc, fleur à sept pétale. Chaque pétale est décoré d’un motif géométrique extrêmement sophistiqué.

Couchée sur le lit, je peux admirer le plafond souligné par une frise en stuc rehaussée de brun rouge. Les quatre coins sont occupés par un triangle, le reste forme un octogone. Pièce allongée, comme dans les riads. Elle a été coupée en deux pour aménager une salle de bains mais le plafond a été gardé tel quel, la cloison en arcade qui isole la salle de bain est basse, légère et laisse intact l’espace où l’air circule librement laissant une impression d’espace.

Les portes anciennes peintes sont les plus belles pièces d’antiquité : côté pile l porte d’entrée est sculptée dans le bois de cèdre, côté face elle est peinte très finement.
La chaleur nous a surprises quand nous sommes descendues de la montagne sur Marrakech. Nous n’avons qu’une hâte : nous doucher. Le bac de la douche en carrelage rouge souligné de jaune mérite la photo. Le lavabo, jaune est creusé dans la masse, très simple, presque fruste. Il me rappelle celui que j‘avais méprisé à Essaouira.
Impossible de faire l’inventaire des bibelots, un ensemble chinois, le rouge sans doute !
Nous restons, un bon moment intimidées par un si bel endroit.
Mon premier mouvement est de faire disparaître sous le lavabo, dans le placard,sous les draps de bain, toutes les affaires que nous avons apportées et qui déparent ici. J’ai bien du mal à ne pas penser que, moi aussi, je détone dans tout ce luxe rouge. Après la douche, je m’enroule dans une serviette rouge, je fais un turban d’une autre et je me sens un peu plus à l’unisson.

promenade dans la médina
Comme c’est vendredi, c’est très calme dans la médina. Seules quelques boutiques pour touristes sont ouvertes. Deux catégories : celles qui vendent des bricoles sans intérêt et les antiquaires. Il faudra attendre demain pour sentir vibrer l’âme des souks : les artisans qui fabriquent les lampes les teinturier, les menuisiers…Nous marchons au hasard et nous perdons. A Essaouira et à Taroudant nous avions pris rapidement des repères la médina nous était devenue familière. Je pensais qu’il en serait de même ici. Après être repassées trois fois devant le même groupe de jeunes narquois, nous acceptions que l’un d’entre eux nous raccompagne. Sans son aide nous n’aurions pas retrouvé le riad.

Nous avons quand même trouvé des petites brochettes de dinde grillées au charbon de bois puis nous rentrons à la nuit par les passages secrets.
Yannick, est un hôte fort sympathique. La décoration intérieure est son oeuvre. Il a trouvé ce riad du 18èpe siècle en mauvais état mais il recelait des trésors : les portes de bois sculptées, les stucs du patio ainsi que les coquilles au dessus des fenêtres…Nous visitons les autres pièces, autres styles autres couleurs, tout de très bon goût. Je termine la soirée sur la terrasse toujours aussi éblouie et intimidée.
c’est formidable de pouvoir découvrir ces lieux et ces ruelles!
bonne soirée!
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@eimelle : encore mieux d’en profiter. nous y sommes revenues cette année!
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Superbe voyage en lecture … nous pourrions presque ressentir les parfums et la magie des lieux envoûtants de la médina. Nous y sommes ! Merci Miriam.
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@yannick : merci de votre accueil chaleureux! je me languis….
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luxe calme et volupté !
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Rien de mieux effectivement qu’un riad pour se plonger au coeur des délices de l’Orient ! Pour trouver le frisson de mille et une nuits, vous pouvez aussi trouver des idées sur http://thepremiumkeys.fr/
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Je veux juste dire un grand merci pour avoir mis cela ensemble – vos photos sont si bonnes! Et vos conseils et suggestions honnêtes sont exactement ce que je cherchais! Je pars en lune de miel en décembre et cherche à faire l’expérience du côté moins chaotique de Marrakech … alors c’est parfait!
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