Jérusalem – La biographie de Montefiore et l’opéra de Jordi Savall

JÉRUSALEM

Vu sur Mezzo, par hasard, Jérusalem de Jordi Savall,  sous-titré Opéra!

Premières vues, je ne reconnais pas Jérusalem mais Fès, que les images de la médina sont belles!

Opéra bâti sur le canevas chronologique : le chofar annonce la ville juive antique. Puis je reconnais du Grec, hellénistique ou byzantine? Les très anciennes mélodies arméniennes succèdent. Arrivent les Croisades. Espagnol, Catalan ou occitan? Les airs andalous sont aussi bien arabes que juifs ou espagnols. Une mélodie bosniaque, paroles en Ladino. parenté de ces musiques du pourtour méditerranéen, culture voisine. Le joueur d’oud est-il juif ou arabe? peut être est-il catalan. Jordi Savall a des airs de poète, de juif errant, de pâtre grec… on ne sent pas l’autorité du chef, seulement le plaisir partagé de la belle ouvrage.Pas seulement pour le plaisir : le chant des morts d’Auschwitz, Treblinka, Maïdanek, me donne des frissons. Quelle musique pourra lui succéder? Les plaintes arméniennes sur la ville d’Ani détruite…

jerusalem montefiore

3000ans d’histoire, vu de Jérusalem qui fut juive, grecque, romaine, chrétienne, byzantine, arabe, croisée, mamelouke, ottomane, britannique, jordanienne et israélienne….
Ville du roi David, de Salomon, mais aussi d’Hérode,  Godefroi de Bouillon, de Saladin, même de Frédéric II et de Baibars, de Soliman le « second Salomon », puis des Familles palestiniennes Husseini ou Nusseibeh…des mystiques, Messies et faux Messies
Ville du temple détruit par Nabuchodonosor, par Titus, ville de Jésus, d’où Mahomet s’est élevé.

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De Jérusalem on peut raconter l’histoire des Perses, d’Alexandre, de Rome ou de Constantinople, celle de l’Egypte des Abassides, aux Fatimides, des Croisades, l’épopée de Bonaparte, celle de Lawrence d’Arabie, les intrigues britanniques de la Première ou de la Seconde Guerre Mondiale; la naissance d’Israël…
Montefiore est très bien placé pour raconter Jérusalem : un quartier de la ville porte le nom de son ancêtre.
J’ai eu du mal à accrocher au début, mythe et histoire tellement mêlés que je ne m’y retrouvais pas. mieux vaut relire la Bible, ai-je pensé, ou Flavius Josèphe.
Dès la deuxième partie, je me suis laissé emporter. j’ai beaucoup aimé la galerie de personnages. j’ai découvert des Reines alors que je n’attendais que des héros : Hélène, la première archéologue, mais aussi Eudoxie que j’ignorais, Théodora

Theodora à Ravenne
Theodora à Ravenne

que j’avais vue à Ravenne, et des Reines Croisées que je ne soupçonnais même pas. J’ai adoré les chevaleresques Richard Coeur de Lion et Saladin, le Roi lépreux…

Richar visite saladinJ’ai aimé rencontrer des érudits comme Maimonides ou le Rambam, Ibn Khaldoun, moins connu Evliya le derviche conteur, des aventuriers. Des missionnaires.
Une époque particulièrement vivante et bien racontée est celle de la Jérusalem cosmopolite, arabe, chrétienne, russe, britannique et juive, mondaine drôle opposée à celle mystique des pèlerins des trois religions.
Bien analysée, la politique britannique, parfois religieuse, parfois très cynique.

Un livre passionnant que j’ai dévoré.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

7 réflexions sur « Jérusalem – La biographie de Montefiore et l’opéra de Jordi Savall »

  1. Tout ce que Maimonides a ecrit, a ete publie chez nous en 1921, 1935 et en 2011, mais aussi avant 1989, dans la… “Colectia Judaica”…

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  2. Voilà donc le premier volet de cette suite de billets sur Jerusalem qui t’amènera donc à notre LC de Walter Scott; un opéra et un livre que je connais pas.
    Je suppose qu’Eimelle a dû être attirée par l’opéra; elle qui est une spécialiste de l’art lyrique. J’avoue que la musique de l’opéra est un peu déstabilisante, tellement il y d’influences diverses. Mais j’aime beaucoup certains passages.
    J’ai vu qu’il y a avait des reines croisées en cherchant les noms des croisés figurant dans le roman de Scott Le talisman; j’aimerais bien en savoir plus sur elles!

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    1. @claudialucia : le sous-titre « opéra » est un peu bizarre, collage serait plus la réalité. Les influences sont diverses de Cattalogne à l’Arménie, mais la parenté est évidente et les instruments orientaux d’époque tellement merveilleux. J’adore l’oud!

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  3. j’ai parcouru le livre à la médiathèque j’attends la sortie en poche pour l’ajouter à ma bibli sur Jérusalem
    Quant à Jordi Savall je l’ai mis sur Deezer et grâce à toi je l’écoute en boucle
    il y a quelques mois il y avait sur culturebox un spectacle de lui à l’occasion du millénaire de Grenade, c’était superbe mais il n’y a pas eu de disque fait apparemment

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