Le Talisman – Walter Scott

CHALLENGE ROMANTISME

scott talisman

Lecture commune avec  Nathalie, claudialucia, eegab

J’aime beaucoup Scott, Ivanhoé mais surtout Rob Roy .

J’ai donc téléchargé avec enthousiasme le Talisman(en anglais) sur ma liseuse avec le confort du dictionnaire intégré.

Le début du livre m’a transportée : une curieuse histoire d’anthropophagie, en apéritif, avant que ne s’ouvre le livre, puis une promenade dans les montagnes désertiques de Judée jusqu’à la Mer Morte en compagnie du chevalier du Léopard et d’un Sarrasin très chevaleresque. Chevalerie et conte oriental.
Rencontre avec un ermite à l’allure de saint Jean Baptiste dans les cavernes….reliques et procession de femmes.Un bouton de rose tombe, pas franchement par hasard. et voilà le chevalier (à la rose) qui se dévoue à sa dame.  Amour courtois.
et grand plaisir de lecture.
Malheureusement l’action s’enlise dan le camp des Croisés. Richard Cœur de Lion. le roi anglais est malade,. Pendant la trêve conclue avec Saladin, les Croisés s’ennuient et les intrigues vont bon train. Discours interminables. Rivalités, beuveries…En bon écossais Scott ne peut s’empêcher d’analyser les relations entre Anglais et Écossais. Et moi, je m’ennuie.

Saint Trophime Arles, croisades
Saint Trophime Arles, croisades

Bien sûr il y a quand même de l’action.
La bannière anglaise est volée…l’écossais est condamné. La dame à la rose, Edith Plantagenet, a joué un rôle équivoque…
Heureusement, l’Écossais reprend la route avec une caravane. A nouveau de l’action et les charmes de l’Orient. Chaque fois qu’on en revient à Richard Cœur de Lion, les discours verbeux ralentissent l’intrigue. Certes, il est répété  que Richard est le plus brave, le plus valeureux…mais on ne voit pas en quoi. Il est plutôt colérique et grossier.  Le rôle le plus chevaleresque revient à Saladin qui envoie généreusement son médecin le Hakim, puis un esclave nubien et enfin qui va présider au tournoi qui départagera les intrigues des chrétiens.

Montefiore, dans Jérusalem biographie, donne une toute autre version de la 3ème Croisade (1189-1193) « Richard, toujours vêtu d’écarlate, la couleur de la guerre, brandissait une épée qu’il affirmait être Excalibur. En Sicile, il sauva sa sœur, la reine Jeanne[….]le 8 juin 1191 il toucha terre et rejoignit le roi de France qui participait au siège d’Acre. Au cors des opérations, les combats alternaient avec des périodes de fraternisation. Saladin et ses courtisans assistèrent à l’arrivée du roi d’Angleterre et furent impressionnés par la « grande pompe » de  « ce puissant guerrier » et sa « passion pour la guerre ». {….]le 20 Aout , il (Richard) fit aligner sur la plaine 3000 musulmans entravés, sous les yeux de l’armée de Saladin, et massacra les hommes, les femmes et les enfants. Saladin, horrifié lança sa cavalerie …par la suite il fit décapiter tous les prisonniers francs qui lui tombaient en tre les mains ».

L’épisode du mariage envisagé entre Edith Plantagenet et Saladin n’est pas une fantaisie   imaginée par le  romancier. D’après Montefiore, Jeanne, la sœur de Richard, aurait été promise, non pas à Saladin lui-même mais à son frère Safadin dans « un compromis  où les chrétiens garderaient le contrôle du littoral et auraient accès à Jérusalem ; les musulmans garderaient l’arrière-pays, Jérusalem devenant la capitale du roi Safadin et de la reine Jeanne, sous la suzeraineté de Saladin »

Je m’attendais à des chevauchées et des batailles épiques, à des massacres aux sièges d’Acre et d’Ascalon. J’en serai pour mes frais. La Croisade s’enlise. J’ai été très étonnée du parti pris de Scott de donner le beau rôle à Saladin. Chateaubriand, avait donné une version beaucoup plus brillante et plus partiale des Croisades. Le côté « conte oriental » fait plus penser aux écrits de Nerval.

Edward Said dans l’Orientalisme fait allusion au combat singulier entre le chevalier du Léopard Rampant et Saladin mais il ne tire pas la même conclusion : il accuse Scott de condescendance désinvolte , l’Écossais reconnaissant la valeur individuelle de son adversaire « en particulier » tandis que le peuple « en général » serait méprisable. Cette scène, selon Said, malgré l’exception évidente, témoignerait de l’attitude des orientalistes vis à vis des orientaux.

Le hasard a bien fait les choses en intercalant  la lecture commune, Le Talisman, dans la série de lectures sur Jérusalem de Vincent Lemire et de Montefiore, et celle de lOrientalisme de Edward Said. j’y trouve mon compte. Cependant Le Talisman n’est pas le meilleur Walter Scott

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Le Talisman – Walter Scott »

  1. Curieux, cette histoire me rappelait quelque chose : mais on dirait que je l’ai lue, sous le titre de Richard coeur de lion? (je vérifie, ah oui, c’est le talisman! ^_^)
    Je n’ai pas de mauvais souvenir. J’ai lu aussi Ivanhoe et Quentin Durward.

    J'aime

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