Santorin – Akrotiri, l’Atlantide?

CYCLADES

Le site d'Akrotiri
Le site d’Akrotiri

 

A la fois Pompéi et Cnossos, Atlantide perdue, présentée par une muséographie très moderne.

Comme Pompéi? Akrotiri fut anéantie par une pluie de cendres qui a conservé les maisons et leur contenue dans l’état où elles étaient lors de l’éruption.

Comme Cnossos, la civilisation minoenne y a atteint un degré de sophistication avec des merveilleuses fresques et des céramiques rappelant celles que nous avons vues en Crète. Mais Cnossos fut le rêve d’un archéologue Evans qui n’hésita pas à reconstruire le palais du Minotaure avec ciment et béton, peindre en rouge et restaurer les fresques à son idée. Il en ressort un émerveillement mais aussi de gros doutes sur la véracité du témoignage. A cet égard, Akrotiri est l’anti-Cnossos. Les archéologues se mettent en scène, montrent les puits, les tranchées et les échafaudages, les étais qui consolident les fouilles mais n’enjolivent pas et détruisent le moins possible laissant ainsi la place à des fouilles ultérieures pour étudier des strates plus anciennes. Le souci majeur n’est pas de mettre en scène le site mais de le  préserver, admettant les lacunes.

couche de cendres et échafaudages
couche de cendres et échafaudages

Fouillé depuis 1967 par l’archéologue grec Spiridon Marinatos après des recherches en Crète une trentaine d’années auparavant, sur le site d’Amissos, port de Cnossos. Supposant qu’un séisme était à l’origine de sa destruction, il avait découvert des ponces et émis l’hypothèse que l’éruption du Santorin et le tsunami en résultant, étaient à l’origine de la fin de la civilisation minoenne. Les fouilles d’Akrotiri, ayant pour but de valider cette hypothèse furent très fructueuses. Il découvrit ce qu’il cherchait : des poteries de la même époque que celles de Crète.

A la différence de l’éruption qui détruisit Pompéi et qui surprit les habitants, celle de Santorin avait été précédée de séismes si importants que les habitants avaient été contraints d’abandonner la ville et même d’emporter les objets de valeur et même leurs outils. On ne retrouva donc pas de squelettes humains ou d’animaux. Le grain stocké dans les jarres eut même le temps de germer .

Si ce site ne présente pas de palais comme à Cnossos ou à Phaistos, il est le lieu de la légende prestigieuse de l‘Atlantide. Je regrette de n’avoir pas préparé cet aspect du voyage. Il faudra que j’y remédie au retour et que je lise au moins le Critias de Platon

pithoi dans les magasins
pithoi dans les magasins

Dès qu’on entre dans le site couvert on est impressionné par les travaux de protection. Les premières installations se sont dégradées du fait de l’acidité des cendres qui a corrodé les structures métalliques ; De plus, le revêtement d’amiante en faisait un endroit cancérigène. L’architecte Fintikiatis qui a conçu le nouvel abri s’est inscrit dans les projet ASPIRE – R et E pour Energie Renouvelable -s’inspirant d’une philosophie des 4 éléments :

La Terre : pour l’isolation

L’eau : pour le collecteur de pluie

L’air : pour une aération spéciale

Le feu : pour les radiations solaires

Une structure métallique porte le plafond de lattes de bois, une membrane étanche recouverte d’une couche de ponce assurent l’isolation thermique et la protection contre les infiltrations. On pénètre dans un abri de très grande dimension où règnent une température très agréable et une bonne aération. Des parcours ont été aménagés avec des panneaux explicatifs. Certais racntent la fouille, sur place, au laboratoire et au musée.

La plupart des touristes sont en groupe, accompagnés par un guide.

A première vue, les fouilles sont difficiles à appréhender. On ne se rend pas compte immédiatement de la profondeur des tranchées. Il me faut un bon moment pour comprendre qu’au dessous du  niveau du sol actuel deux étages sont enfouis dans l’épaisse couche de téphras gris clair presque blancs. En prenant du recul on identifie les bâtiments cartographiés sur les panneaux ; Le premier XesteIV est un édifice de 20m de long, haut de trois étages. Le dallage du 3ème est encore en place. Un escalier monumental mène au vestibule. Les murs extérieurs sont en pierre de taille très soigneusement appareillés. Un guide francophone montre à son groupe un monceau de cornes de chèvres suggérant des sacrifices religieux ; Le carrefour « double horn square » présente des cornes sculptées. A l’opposé le magasin des jarres contient de nombreux pithoi remplis de marchandises. La plupart des explications des panneaux concernent les fresques qui ont été déposées dans les musées de Fira et d’Athènes.

Les maisons de moindre importance ne sont pas construites avec les belles pierres taillées mais avec des moellons de plus petite taille. Au fur et à mesure que nous nous promenons dans le site, nous remarquons ici un mortier, là un lit reconstitué, là-bas un moulin.

les fresques de la maison des dames
les fresques de la maison des dames

Le livre Santorin l’Ile-volcan acheté le premier jour intitulé « guide touristique » est très inégal. Pour les autres endroits, nous avons été déçue par les généralités inintéressantes parfois en charabia incompréhensible, traduction faite par un ordinateur ou par quelqu’un qui parle à peine français. En revanche les chapitres concernant Akrotiri et le Musée de Fira ont été rédigés par Nanno Marinatos et sont passionnants. Non seulement il est bien illustré mais l’analyse est très intéressante : c’était une société théocratique. Selon elle,  les prêtres avaient une fonction supérieure. Chaque bâtiment avait un sanctuaire. Hiérarchie verticale dans les bâtiments. Les prêtres utilisaient l’étage supérieur tandis que les travailleurs vivaient au rez de chaussée. Les cuisines étaient collectives, dans les moulins la rémunération se faisait en farine.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Santorin – Akrotiri, l’Atlantide? »

  1. Je me souviens de ce site (et aussi du palais en Crète) Je préfère de beaucoup Santorin, la reconstitution en crète ne me plait pas. Je préfère rêver sur ce qui reste…

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s