LIVRE VOYAGEUR
Claudialucia l’a envoyé, puis Gwennaëlle, puis Eimelle, puis…..Il est arrivé chez moi enrichi de beaux marque-pages, je l’ai dévoré, il va bientôt repartir et je vais le regretter – enfin pas trop puisque je vais l’offrir pour Noël à mes proches et que je saurai ainsi où le retrouver….Je me suis interdit de lire les billets de leurs blogs pour me réserver encore la surprise. Maintenant, c’est bien difficile d’ajouter quelque chose aux analyses si complètes venant de lectrices nourries de Montaigne. ICI l’article de A sauts et à Gambades
Je recopie quelques passages que j’ai notés (j’aurais pu en choisir d’autres tant le livre est riche)
L’Obèle
« – Voyez ce signe Marie. Trois traits y suffisant. Une barre verticale ferrée de deux traits brefs à chaque extrémité. Tant me plait cette petite broche que les copistes alexandrins dénommaient obélos. J’ai fait mien de leurs hésitations sur l’authenticité de tel ou tel vers d’Homère. Il saura vous parler quand je me serai tu. Suivez le à la trace. Il indique le point de bifurcation où enchâsser mon ajout dans mon texte. Prenez garde toutefois qu’il m’arrive de mettre des additions aux allongeails, non par goût de vous compliquer la lecture mais par devoir de précision et volonté de ne rien celer de l’acheminement de la pensée vers son terme…. »
Montaigne explique à Marie de Gournay comment elle éditera les Essais quand il aura quitté ce monde. Marie de Gournay y consacrera sa vie à cette tâche.
Malgré son grand âge, elle conserve un regard acéré, et beaucoup d’humour, sur le siècle et sur la vie littéraire.
Ainsi commence le roman :
« La peste soit de l’Académie et des Académiciens! Aussi soumis à la voix de Richelieu que fille transie à son galant. »
Richelieu dont elle dresse un plaisant portrait :
« Ma foi, il était à peindre. le cabinet tendu de damas purpurin, la robe cramoisie le grenat de sa bague, le carmin de ses lèvres et contre ça, l’éclat immaculé d’un roncier de dentelles fines blanchies à mourir, de son visage glabre sous un trait de moustache un pinceau de barbe charbonneux à souhait autant que prunelle d’encre qui m’examinait jusqu’à l’os, non moins impertinent que la mienne…. »
Quand son récit se noue avec les mots des Essais, il m’est difficile de dénouer ce qui appartient à Marie et ce qui vient de Michel. Amitié amoureuse en miroir avec le lien de Michel de Montaigne et de La Boétie. Citations des Anciens, parfois savoureuses quand Saint Augustin est convoqué à propos de pets, ridiculisant au passage les Précieuses…





j’aime ce style XVI siècle que les extraits choisis rappellent si bien! Je suis heureuse que le livre t’ait plu!
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@claudialucia : après vos billets je ne savais plus qu’écrire!
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un livre que j’avais trouvé très intéressant également!
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@eimelle : tu a laissé un bien joli signet!
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Ce livre est un vrai bonheur de lecture et après impossible de ne pas ouvrir Montaigne avec un autre oeil
Merci à vous toutes pour les liens
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@Dominique : les blogueuses de ma constellations sont unanimes!
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Comment vous dire le bonheur de lire vos commentaires ? Un grand merci tout ému de vos lectures qui vient bien tard, mais n’en est pas moins vif. On m’a demandé un curriculum vitae pour la première fois depuis bien longtemps. J’ai décidé d’en faire un curriculum scriptae et j’ai fait cet exercice bizarre de taper mon propre nom dans la barre de Google. D’ordinaire, je suis assez peu narcissique… voilà qui m’apprendra à consulter plus régulièrement les pages des blogueuses avec qui je partage l’amour fou des livres et de la lecture. Il est vrai que les livres que l’on a écrit ne vous appartiennent plus et que celui-ci vit sa vie depuis de longues années sans que j’y aie rien à redire.
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C’est moi qui suis toute émue de votre commentaire. Un petit mot de l’auteur me fait un grand plaisir
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