La poupée de Kafka – Fabrice Colin

poupée-kafkaDepuis mon adolescence, Kafka, (en compagnie d’Einstein et de Freud) fait partie des divinités de mon Panthéon personnel. Un billet élogieux de Claudialucia et la très belle couverture m’ont attirée. Merci à Claudialucia de l’avoir fait voyager jusqu’à moi.

Une très belle histoire pour commencer : ces lettres que Kafka a rédigées à une petite fille qui avait perdu sa poupée, pur la consoler. Ces  lettres perdues que toute la communauté littéraire rêve de retrouver, Julie en a trouvé la piste. Elle compte offrir sa découverte à son père le Spécialiste-de-Kafka-de-la-Sorbonne. Chic une énigme littéraire!

On nage dans le règne du mensonge. Menteur, le père qui trahit sa femme et sa fille, coureur de jupons, lâche qui n’hésite pas à feindre la maladie pour retrouver l’affection de sa fille. Menteuse, Else, la presque-centenaire, la « petite fille à la poupée », qui doit gérer un lourd passé, mais aussi qui joue à égarer Julie, dernier amusement de sa vieillesse. Julie non plus ne parait pas toujours très claire….Les lettres ont-elles existé? Sont-elles vraiment perdues? Else est-elle la petite fille à la poupée? Ce jeu de la recherche de la vérité, toujours embrouillée, est une idée intéressante. Sans cesse, le lecteur (trice) s’amuse.

Trois personnages intéressants, trois générations, une énigme littéraire…voici une bonne idée pour bâtir un excellent roman!

Et pourtant, je ne suis pas convaincue. D’abord, j’attendais plus du spécialiste de Kafka, j’attendais qu’il m’explique Kafka, qu’il en parle avec plus de profondeur. A peine quelques allusions, et Franz disparaît au profit du terne Abel Spieler (pas si joueur que cela) ou de Julie la branchée.

Le week end à Prague m’a déçue, il était logique que cette expédition soit un fiasco. Mais de grâce, faites plaisir au lecteur! Offrez-lui un peu plus de détails, un peu de couleur locale…De même, Berlin se résume à un parc avec des jeux pour les petits enfants et un loft pour les jeunes branchés. C’est frustrant! Berlin 1923, c’était quand même quelque chose! et Berlin 2003 aussi. Chamonix et Saint Gervais sont mieux rendus, merci.

Pas convaincue non plus des chapitres en italique relatant la vie de la famille juive d’Else sous les nazis, puis Auschwitz. C’est un sujet délicat. Mieux vaut éviter que  bâcler.

Quand à l’écriture, certains détails m’ont agacée : les inscriptions mode sur les T-shirt, ar exemple, les verres de vin, Chablis ou Lambrusco?

En conclusion, un bon pitch, mais pouvait mieux faire en approfondissant la réflexion! (Ca c’est la prof qui annote ses copies)

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « La poupée de Kafka – Fabrice Colin »

  1. Oui, tu es plus sévère que moi. Il faut dire que je ne suis pas une spécialiste de Kafka donc je n’en attendais pas plus! Et puis j’ai aimé cette idée de départ et cette réflexion sur le mensonge qui est à la base de la fiction littéraire.

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