La Vie errante – Maupassant

LIRE POUR LA SICILE

maupassant Sicile

 « J’ai quitté Paris et même la France, parce que la tour Eiffel finissait par m’ennuyer »

Ainsi commence ce récit de voyages qui conduiront Maupassant en Italie, en Sicile et en Afrique du nord (1890). Dans mes lectures siciliennes, je n’ai lu que le début du livre concernant plus la Sicile. Il existe aussi un livre dans les Editions GEO, En Sicile, qui reprend ce texte.

L’Exposition universelle « qui a montré au monde, juste au moment où il fallait le faire, la forde, la vitalité, l’activité et la richesse inépuisable de ce pays surprenant : la France »  l’ennuie, la foule le fatigue.

« Cela prouve d’une façon définitive, le triomphe complet de la démocratie. Il n’y a plus de caste, de races, d’épidermes aristocrates. » . 

Réactionnaire et snob, Maupassant? Il préfère l’Italie et les arts au triomphe de la science et du commerce.

A bord d’un yacht il longe les côtes italiennes.  Son périple le conduit à Gênes, à Florence où il tombe amoureux d’une femme peinte par Titien.

Passons, pour arriver à Palerme.

« La Sicile a eu le bonheur d’être possédée, tour à tour, par des peuples féconds, venus tantôt du Nord, tantôt du Sud qui ont couvert son territoire d’oeuvres infiniment diverses où se mêlent d’une façon inattendue et charmante, les influences les plus contraires. De là est né un art spécial, inconnu où domine l’influence arabe, au milieu de souvenirs grecs et même égyptiens, où les sévérité du style gothique, apporté par les Normands, sont tempérés par la science admirable de l’ornementation et de la décoration byzantines. » 

montreal - Copie
Monreale

Ébloui par la Chapelle Palatine, il en livre une description précise ainsi que plus loin de Monreale. Ses observations ne se limitent pas aux monuments anciens. Un souvenir curieux est celui du passage de Wagner qui a laissé un parfum de roses indélébile dans l’armoire de sa chambre d’hôtel. Récit halluciné du cimetière des Capucins qui n’était pas encore une attraction pour touriste mais où on venait encore visiter un parent ou un ami récemment décédé.

Il est question de brigands, ou plutôt de l’absence de ces derniers, tant redoutés des voyageurs. Une anecdote réjouissante concerne la disparition de cinquante Polyphylla inquiétant fort les autorités. Jusqu’à ce qu’on constate qu’il ne s’agissait que de coléoptères endémiques.

Evidemment, Maupassant visite les sites antiques, Ségeste, Selinonte, les temples d’Agrigente (Girgenti)et Taormine.  Il en donne une description enthousiaste

« Quand on visite un pays que les grecs ont habité ou colonisé il suffit de chercher leurs théâtres pour trouver les plus beaux points de vue. »

soufre guttuso

Mais il remarque qu’ « au bout de la colline des temples de Girgenti commence une surprenante contrée qui semble le royaume de Satan, car si on le croyait jadis le diable habite dans un vaste pays souterrain, plein de soufre en fusion, où il fait bouillir les damnés, c’est en Sicile qu’il a établi son mystérieux domicile. »

Le soufre sera le sujet de nombreuses pages où il décrit l’exploitation des mines de soufre, le travail pénible des mineurs et surtout des enfants. L’esthète un peu snob que j’avais cru rencontrer dans les premières lignes, a un regard aigu, compatissant pour cet enfer.

Soufre et enfer aussi dans ses excursions volcaniques : il gravit l’Etna et visite les îles Lipari. A Volcanello, il retrouve l’exploitation du soufre. J’ai préféré ces récits aux descriptions des sites antiques.

venus de syracuse

« Des gens traversent des continents pour aller en pèlerinage à quelques statue miraculeuse – moi j’ai porté mes dévotions à la Vénus de Syracuse! »

Cependant une réflexion, quelques lignes plus loin m’agace :

« Elle n’a point de tête, un bras lui manque ; jamais la forme humaine ne m’est apparu plus admirable et plus troublante. Ce n’est point la femme poétisée, la femme idéalisée, la femme divine et majestueuse comme la Venus de Milo, c’est la femme telle qu’elle est, telle qu’on la désire, telle qu’on veut l’étreindre. « 

Comme on préfère une femme sans tête!

Un court récit à lire avant, pendant ou après le voyage.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

Une réflexion sur « La Vie errante – Maupassant »

  1. … »Comme on préfère une femme sans tête! »…
    Peut-etre il a du s’imaginer que la tête est toujours a son place, meme si on le voit pas! 🙂

    J'aime

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