Pejë : visite de la ville

CARNET DES BALKANS/KOSOVO

Pejë : bazar oriental rue de bijoutiers

Quittons Prizren par des faubourgs moches passant devant la caserne de la KFOR. A la sortie de la ville une tour blanche torsadée aussi haute qu’un château d’eau domine un cimetière. Les tombes aux plaques noires sont toutes identiques. Malgré l’insistance de Madame GPS ous refusons de prendre l’autoroute pour retrouver la route de Gjakové qui traverse une campagne densément construite. Les villages sont bâtis de grosses maisons de briques rarement crépies, quelque fois d’immeubles. Les supermarchés sont de bonne taille. Les stations-service très rapprochées. La campagne est plate. Les montagnes se profilent au loin. Il y a surtout des cultures maraîchères sous serre ou en plein champ. Les champs de blé forment des bandes étroites.

Avant Gjakove, je remarque un obélisque près d’un curieux « château fort » moderne. Nous coupons un défilé coupé par le fleuve Drin. A l’arrivée à Gjakove, des usines abandonnées sidérurgiques, électromécaniques rappellent le temps de la Yougoslavie socialiste (comme en Roumanie ou en Bulgarie) D’autres activités ont pris  le relais : hangars de transporteurs, garages entrepôts de matériaux de construction. J’avais cru visiter un pays dévasté par la guerre, c’est plutôt une fièvre de construction . Le Kosovo a-t-il bénéficié d’une sorte de plan Marshall ou est-ce l’argent des Kosovars expatriés en Allemagne ou en Europe de l’Ouest ? Gjakove est une ville de 40.000 habitants. Lors de notre première traversée, nous n’avions vu que le marché et le pont ottoman. Puisque nous avons tout notre temps nous suivons les panneaux touristiques pour ne pas découvrir grand chse, une : une tour de l’Horloge crépie de blanc, une vieille maison « tour résidentielle ». la campagne de Gjakove à Peje n’est pas plus originale, les arbres des acacias et parfois des chênes.

A Plancor, une église toute neuve se dresse dans les vignes.

Arrivée à Pejë

L’entrée de l’Hôtel Dukagjini

Quand on arrive à Pejë le relief s’accentue, les montagnes sont plus proches, le paysage plus pittoresque. Pejë s’étale dans la plaine Dukagjini, c’est une ville d’environ 50.000 habitants.

Nous parvenons très facilement à notre grand Hôtel Dukagjini 5* sur le bord de la rivière. La ville a subi des destructions en 1999 de la part des forces serbes, les immeubles ont poussé de manière anarchique. La rivière de Pejë est canalisée  et n’a pas de jolis abords comme à Prizren mais les centre –ville aux abords de l’Hôtel Dukagjini  est aérré de plusieurs parcs bien verts.

L’hôtel est monumental, grand immeuble précédé d’arcades. Il faut gravir les 8 marche d’un perron en marbre noir pour accéder au vaste hall On confie la voiture au service voiturier. Il y a une piscine intérieure. Les chambres sont vastes  et confortables. Luxe du luxe, non seulement nous avons chacune une table de nuit et une lampe mais aussi une lampe de lecture orientable ! En revanche, la salle à manger est prétentieuse et peu avenante. Nous nous promettons d’aller manger ailleurs.

Peje : bazar les bijoutiers

L’avenue Tony Blair plantée d’un jardin nous conduit à un rond point avec un centre commercial de verre et d’acier et une station service. Là commence le Vieux Bazar oriental dont les maisons sont toutes identiques (rénovées ou reconstruites ?). Comme dans tout bazar, les commerces sont regroupés par activité, tous les bijoutiers sont voisins et présentent tous de beaux colliers, bracelets ou bagues en filigrane d’or ou d’argent, parfois de petit brillants ou de belles pierres dures serties d’argent. Avec les bijoutiers on trouve les boutiques de mode des marques internationales Adidas, Levis…Les chaussures de sport sembles les plus coûteuses et luxueuses que les chaussures de ville aux talons vertigineux.

Peje : mosquée

La rue des bijoutiers débouche sur une place occupée par la mosquée Bajrakly entouré des tombes fleuries de lys blancs. Je suis très bien accueillie par un Monsieur qui allume le grand lustre aux pendeloques de cristal pour que je puisse mieux photographier les décorations peintes, guirlandes et paysages. Je regrette qu’on ait fermé l’entrée par des vitres enfermant aussi la fontaine des ablutions. Autour de la mosquée de nombreux  petits restaurants ont installé une petite terrasse avec  trois ou quatre tables. En période de Ramadan, autour de la mosquée personne ou presque ne déjeune sauf les policiers qui ont leur poste au milieu de la place. Les commerces sont moins luxueux mais plus colorés : on y vend des costumes traditionnels cousus sur place. De nombreuses boutiques se font concurrence suspendant pantalons blancs, gilets et ceintures brodés, foulard de gaze rouge, manteaux de feutres aux lourdes broderies.

Pejë : artisans

Dans les rues adjacentes, les tailleurs, couturiers, cordonniers ou fabricants de fez travaillent dans leurs ateliers vitrés. Le bourrelier a suspendu des harnais multicolores, noirs, rouges cloutés. Les  ferronniers, dinandiers ont empilé la marchandise sur le trottoir : barbecues, faux, couvercles pour cuire le fli, grands plats pour les böreks…les berceaux que l’on peut bercer sur un cercle de bois sont très décorés. A côté des berceaux, tambourins et instruments de musique…Sans oublier les échoppes des barbiers.

Pejë : berceaux et instruments de musique

Nous entrons dans le marché où l’on vend des plants de poivrons et de tomates. Les fruits et légumes sont appétissants : courgettes et courges de toutes tailles, tutes sortes de poivrons et piments,  concombres…Les pêches et abricots viennent de Grèce, fraises et cerises sont locales. Elles dégagent une odeur forte, c’est pour les confitures tant elles sont mûres. Fromage, crème et yaourts sont présentés dans des seaux en bois un peu coniques. Cela sent aussi très fort.

Au marché de Pejë : fromages

Au bout de la rue Jerash Pasha, juste au coin, se tient la Tour du Pacha en belle pierre de taille claire avec de fines sculptures près de la porte et plus haut croissant, lion, étoile de David, rosaces…(on ne visite pas ). Plus loin dans la rue se trouvent le Hammam et la Mosquée. Le  Hammam n’est plus en activité. On est en train de le rénover. Les coupoles de plomb ont belle allure.

La tour du pacha

Pour déjeuner nous avons envie d’une terrasse en bord de rivière. La plupart des restaurants ont installé leurs tables sur la rue et tournent le dos à l’eau sauf l’avant dernier qui est une pizzeria. Une pizza pour deux est suffisante (4.5€avec la boisson). Je commande une glace sur la terrasse de notre hôtel, décevante malgré les 5*.

Le Musée ethnographique  est près de la Station Service, dans la maison de Tahir Bey. Maison reposant sur de solides piliers de bois. Des femmes sont affairées à vêtir des poupées de robes blanches, à tresser les ceintures et à coudre les gilets brodés. Un jeune homme m’accompagne à l’étage (photos interdites) . Le salon des hommes a un merveilleux plafond sculpté, les banquettes qui courent tout autour de la pièce sont recouvertes de kilims rouges et de dentelles blanches tandis que plus haut les étagères supportent de la vaisselle de métal ciselé. Dans une autre pièce autour de la cheminée on a disposé les ustensiles de cuisine. Les coffres de bois sont décorés de motifs géométriques.  Avec le métier à tisser on tissait des bandes de 50cm de larges qui étaient assemblées pour obtenir des tapis de plusieurs lés. Les outils de la fileuse sont présentés à coté du métier à tisser, fuseau et quenouilles décorées.   L’une d’elle porte un miroir, la fileuses rajustait elle son viole, se coiffait-elle ou se maquillait ?

Mon guide ne me quitte pas d’une semelle, je ne peux pas prendre de photos. Il s’ennuie et baille bruyamment.  Le Musée archéologique occupe la salle du rez de chaussée. Il y a des inscriptions latines, des pots cassés, des monnaies byzantines et ottomanes, des groschens autrichiens. Pour qui sait interpréter, la numismatique raconte des histoires passionnantes, le guide qui ne sait pas s’ennuie encore plus que moi. Ses bâillements lui coûteront le bakchich !

Bourrelier

Le Moulin de Haxhi Zeka se trouve au nord de la Place de la Mosquée, je traverse des quartiers hétérogènes où de grands immeubles côtoient des pavillons entourés de jardins.  Des ouvriers réhabilitent un canal où coulait le ruisseau qui faisait tourner la roue à aube du moulin. Le Moulin a été détruit en 1999. On visite donc un moulin reconstruit tout neuf(1€) A l’intérieur, il y a des photos d’animaux et des travaux d’écoliers sur le thème de l’environnement.

Je rentre par une rue tranquille, toute en courbes, qui fait le tour des vieux quartiers  et me ramène aux ateliers des artisans puis à la Mosquée.

20 allers et retours dans la piscine de l’hôtel toute seule dans la pénombre. Nous dînons de yaourts et d’abricots  achetés au marché.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Pejë : visite de la ville »

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