Korçe : icônes – Voskopojë : églises.

CARNET DES BALKANS/ ALBANIE

la cathédrale neuve de Korçë

De Pogradec à Korçë une route facile traverse une verte campagne, cultivée. Vergers et cultures maraîchères, de la vigne aussi. Impression d’agriculture prospère à l’abri des hautes montagnes.

Korçë est une ville agréable . A l’entrée, deux grandes cheminées d’une industrie lourde obsolète et des barres d’immeubles de ciment accueillent le visiteur, mais on parvient facilement au centre-ville. Une belle place est dominée par la cathédrale orthodoxe toute en coupoles et clochers, blanche et brique, trop grande, trop neuve (1992) à mon goût. Le  boulevard Fan Noli, planté de tilleuls et de marronniers, est bordé de maisons soignées. Alors que j’essaie de me repérer sur le plan un jeune couple s’arrête :

« Puis-je vous aider ? » – « je cherche le Musée Médiéval »

Le mur doré et les nmbreuses riches icônes

Ils m’y conduisent ; le Musée Médiéval a déménagé récemment dans un bâtiment neuf construit exprès pour ses collections, près de l’Hôpital, non loin du Musée Bratko. Justement le jeune homme est le conservateur du Musée ; il me fait une présentation des collections.

La salle « dorée » voit son mur couvert d’une collection d’innombrables icônes dont les couleurs brillent sur le fond jaune. Impossible dans une courte visite de s’intéresser individuellement à une œuvre en particulier.   Impression de richesse et de variété.

Dans une salle blanche les icônes sont rangées chronologiquement les plus anciennes 14ème , les plus récentes 17ème .

Une pièce noire met en valeur les fonds dorés parfois travaillés en relief avec des entrelacs comme les tissus précieux ou les brocards. La plupart des icônes anciennes sont anonymes, certaines sont de peintres reconnus comme Maître Konstandinos Onuphrios,.

La salle rouge est occupée par une iconostase entière portant de petites icônes carrées au fond doré à plat, les vêtements rouge et verts sont rehaussés de traits d’or marquant les plis. Les icônes du 18ème de Celeri ont des visages très expressifs. Un très étrange Saint Christophe à tête de chien se trouve sur un fond bleu. Je n’ai jamais rien vu de semblable..

Tout un mur est dédié à Konstantinos Zografi (1770) qui prête à ses personnages une très grande expressivité ainsi que de mouvement aux corps.

La conclusion de la visite est donnée par la mise en vedette de deux très belles icônes d’Athanas Zografi  exposées vis-à-vis, dans une salle blanche ; Elles représentent le 1er Concile Œcuménique (Concile de Nicée 324 sous Constantin) et la bataille de Milvius (victoire de Constantin 312).

On quitte le musée par une salle noire, une porte très usée, très ancienne, émouvante fait face à quatre icônes de Konstantinos Zografi.

J’ai rarement vu une mise en scène aussi réussie, un musée conçu pour une collection, architecture, couleurs, une telle richesse aussi. J’aurais aimé y rester toute la matinée.

Derrière la monstrueuse cathédrale neuve se trouve un quartier ancien de rues pavées et vieux murs qui souvent s’écroulent. La plus grande maison loge le Musée Archéologique dans une ancienne auberge. Le jeune homme qui y travaille fait visiter en anglais les collections de Préhistoire locale. La région recèle de nombreuses évidences d’une occupation très ancienne 6000-2100av.J.C. (Néolithique) avec les artefacts habituels : silex taillés, haches polies. Plus originaux les outils en os. Les épiphyses sont encore bien visibles, les gros os permettent même de travailler la terre. Poids pour les filets de pêcheurs.

musée archéologique de Korçë

La céramique chalcolithique  comprend de la vaisselle (simple) et des idoles, idoles féminines de la Terre-Mère, deux sont enceintes.

Une maquette du village lacustre découvert dans un lac de la région de Maliq après qu’on ait drainé le lac pendant la période communiste.

Autre maquette d’un site majeur : le Tumulus de Kaminça que nous verrons cet après midi puisqu’il est sur notre route.

Plus que les collections, c’est la maison qui me plait : maison-tour sur trois niveaux. Dans la grande pièce de l’étage supérieur on voit encore l’estrade où se produisaient les musiciens. Une  deuxième maison du 19ème siècle est très belle mais ne se visite pas.

Nous avons malheureusement peu de temps à consacrer à Kor9e si séduisante. Il faudrait chercher le Bazar, le Tekke, et les monuments musulmans. Notre programme de la journée est chargé.

Voskopoje : église de la Vierge

Nous avons rallongé le circuit prévu en faisant le détour par Voskopojë, 20 km à l’ouest de Korçë. Au temps de sa prospérité, au 18ème siècle,  Voskopojë, était une ville de 60.000 habitants. L’unique imprimerie de l’Empire Ottoman en 1720, s’y trouvait, avec une bibliothèque, un lycée « la nouvelle Académie » et une vingtaine d’églises somptueuses. An 1796, elle est brûlée par les Turcs et par les troupes d’Ali Pacha et d’Ibrahim Pacha de Berat. En 1805, il n’en reste plus que « 200 cabanes habitées par des pauvres gens ». Maintenant c’est un village. Desservi par une bonne route, Voskopojë fait l’objet d’une vaste campagne de restauration, les cantonniers pavent les routes de la même pierre que celle des maisons et des murets ; L’homogénéité du matériau confère une grâce particulière à l’ensemble. Le conservateur du Musée Médiéval de Korçe nous avait expliqué comment se faire ouvrir les églises : commencer par Saint Nicolas, puisque le pope habite à côté et chercher Pétrit pour les autres.

Voskopoje : campanile de l’Eglise de la Dormition de la Vierge

Nous avons de la chance, la Télévision interviewe le pope à l’extérieur de Saint Nicolas qui est donc ouverte. Elle est couverte de fresques, sur le registre inférieur, une rangée de saints orthodoxe qui ont la taille humaine, au dessus deux navires racontent l’histoire de  Saint Nicolas. Le prêtre nous montre la crucifixion de Pierre – à l’envers -, le Baptême avec Saint Jean Baptiste. Malheureusement les fresques du plafond sont obscurcies et un peu effacées.

Les autres églises sont fermées sauf l’Eglise de la Dormition de Marie. Son haut campanile est récent (1877) l’église a été construite en 1699. Précédée, comme souvent ici, d’une galerie à arcade sur le mur sud, c’est une basilique à trois nefs vaste et couverte de fresques ? Un panneau signale l’hymne acathiste que je n’ai pas trouvé. Encore une fois, pressées par le temps nous n ‘irons pas chercher toutes les églises – probablement fermées.

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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