Përmet : le village de Bunja, le canyon et les sources thermales

CARNET DES BALKANS/ALBANIE

sous le pont de pierre ottoman un autre bassin

8h30 – Eni , le guide, nous a donné rendez-vous sur la place. On attend un passager Sotir : l’ancien instituteur du village que nous allons visiter qui va nous ouvrir sas maison. Il est ravi de rencontrer des professeurs,  nous appelle « collègue » et pose plein de question sur l’enseignement en France.

Bunje

Le village de Bunja perché à mi-pente

Bunje est un village perché dans la montagne, à mi-pente, inaccessible en voiture (sauf en très gros  4×4) la piste caillouteuse se termine par des marches. De hauts cyprès masquent l’église, les maisons s’étagent. Une cinquantaine de maisons sont encore habitées. Le village est classé, on a restauré l’église qui a souffert d’un  séisme, elle sert encore pour les liturgies le dimanche.

A mi-chemin, Sotir nous fait visiter son jardin, pommes de terres, haricots, tomates mais surtout plusieurs rangs de vigne et des arbres fruitiers : prunes jaunes, petites et grosses, oliviers, amandier, abricotier. Sotir m’offre un abricot à maturité parfaite et choisit des durs pour emporter. Je déplie mon bandana pour en faire un baluchon. C’est fou le nombre d’abricots qu’un bandana peut contenir ! Près du bac qui tient lieu de citerne la marjolaine pousse. Sotir ne l’utilise pas pour els infusion, le « thé de la montagne » c’est l’origan qui pousse beaucoup plus haut et plus touffu que chez nous. On reprend la montée sur l’ancien chemin dallé de grès, certaines dalles à la verticale font des marches.

L’église et ses grands cyprès

Les cyprès de l’église sont impressionnants. Ils sont vieux de plusieurs siècles. En Albanie on les plante près des églises ; quand on voit des cyprès dans la montagne cela veut dire qu’il y a une église. Au coin de l’enclos, un bâtiment à étage, l’école : la classe est perchée. Elle est très claire avec ses 11 fenêtres sur toutes les orientations. Les fenêtres sont hermétiques. Il  y a un poêle à bois. La classe est petite, même avec la classe unique il n’y a pas plus de 15 écoliers au village. Par chance, la dame qui fait le ménage à l’église passe. On peut donc visiter ; Seule la coupole est peinte. La chaire et l’iconostase sont en bois travaillé.

Sotir nous ouvre son portail. Sa cour est fleurie d’hortensias et de fuchsias. Il faut faire attention à ne pas marcher sur les petites tortues. Sotir a ramassé les dalles gravées dans les maisons qui s’écroulent pour décorer. Certaines ont plus de 100 ans. Sa maison est grande, presque aussi belle que les « maisons-musées ». Les banquettes courent autour du salon, le plafond est lambrissé, en son centre la rosace est sculptée. Sotir est né dans cette maison, comme son père et son grand père avant lui. Il montre les photos de ses parents de ses enfants. Son diplôme honorifique du ministère de l’Education est encadré sous-verre ainsi que la photo d’un oncle tombé avec les partisans pendant la guerre contre les nazis.

la cour fleurie de la maison de Sotir

Nous devisons en Grec. Quand je suis coincée,  Eni traduit. C’est plus sympathique de communiquer directement. Ici, tout le monde parle grec. « En l’absence de la Maîtresse de maison… » Sotir fait le service, il apporte une radio-cassette avec de la musique folklorique albanaise pour nous faire patienter et revient avec 3 verres de raki et des bonbons. Le jeune guide et moi refusons le raki mais nous prenons les bonbons. Puis, à nouveau de la musique, il apporte les glyko : orange amère, cerise. Comme au Sénégal avec le thé, il est impoli de ne pas se resservir plusieurs fois. Puis Sotir sort l’album-photo des photos des touristes et son livre d’or.

Pour descendre j’accélère le pas . « Siga !siga ! c’est glissant ! » Dominique a poireauté dans la voiture au soleil une heure ; Nous lui avions donné rendez-vous à 11h il est bientôt midi. Elle décide de nous déposer aux sources thermales et de retourner à Përmet. Il faudra être plus ponctuel.

Canyon

pont ottoman

Je chausse mes chaussures de marche, ce qui n’est pas une bonne idée. Eni ôte ses claquettes et fera la randonnée pieds nus. Il est en bermuda, type maillot de bain. J’ai mon pantalon en crépon neuf. Au bout de quelques mètres, je comprends qu’il n’y a pas de sentier mais qu’on marchera dans le lit du torrent.  L’eau est boueuse après les orages de samedi dernier dans la montagne, je dois mettre mes pas dans ceux du guide qui me tient par la main pour éviter les trous et les rochers invisibles dans la boue. Quand le canyon se resserre le courant est plus fort et l’eau monte au dessus de ma taille. Il faut surtout faire attention à l’appareil photo et au téléphone dans mon sac à dos ; Eni installe les bretelles de mon petit sac sur son front pour qu’il ne se trempe pas. Je dois lui faire confiance dans cette eau opaque. Il dit qu’il pourrait remonter le courant les yeux fermés.

Canyoning!

Le canyon est verdoyant, des conifères s’accrochent à la falaise, dès qu’il y a un peu de terre les feuillus s’installent ainsi que les fougères et les mousses.

A retour, pause au « bassin du prêtre » : un prêtre de Shkoder souffrait tant des jambes qu’il est venu en cure sur son âne. Au bout de quelques jours il a pu vendre son âne puisqu’il était guéri. Les sept sources minérales du canyon sont différentes. Celles qui sont sulfureuses sentent mauvais,  elles sont plus ou moins chaudes. On peut même se baigner dans le grand bassin quand il y a de la neige. L’eau est à 26°. La source sulfureuse est bonne pour les rhumatismes , encore fat-il que les rhumatisants y arrivent ! le petit bassin sous le pont est réputé pour les maux d’estomac, il faut s’approcher de la source et avaler. La grande piscine guérit les maladies de peau.  Dernière partie de la promenade, baignade dans la petite piscine en compagnie de deux dames jeunes avec qui je sympathise.

Une corvée m’attend à l’hôtel : tous mes vêtements, des chaussettes au soutien-gorge sont imbibés de boue, sans compter les chaussures et la serviette de bain.

Le propriétaire de l’Hôtel Alvaro nous a autorisé à emprunter l’ascenseur panoramique pour aller sur la terrasse prendre des photos.

A l’entrée de Përmet, une forteresse fut construite sur l’énorme rocher. Le dernier défenseur avant la victoire des Ottomans a préféré je jeter dans le vide plutôt que de soumettre, raconte Eni.

Comme hier, nous terminons la journée à la terrasse le l’Hôtel. Le vent apporte une délicieuse odeur. Ce n’est pas celle des roses (Përmet est dite la cité des roses) c’est le tilleul qui est en fleur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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