Occi, Sant Ambrogio, tour des villages, Bodri

CARNET CORSE

Lumio et le Golfe de Calvi

Le village de Lumio est encore endormi à 9h. Le sentier d’Occi part à l’arrière de l’Hôtel Charles, sur la route T30. Bien chaussée, mais en short (malgré les avertissements) je grimpe allègrement le chemin muletier, revêtu de grosses dalles de granite formant des marches. Tôt le matin, il est bien à l’ombre et la montée est plaisante, avec des vues magnifiques sur la citadelle de Calvi qui se reflète dans le miroir de sa baie. Vers le nord on voit la petite vallée de Spano et la marina de Sant Ambrogio. Selon les guides, 1h de montée, en une demi-heure j’arrive aux ruines. (la promenade est plus longue, les groupés cornaqués par un guide continuent dans le maquis). Jusqu’à l’arrivée au village d’Occi j’ai l’impression d’être seule dans la colline. Je passe dans les ruines et découvre l’église restaurée après être passée sous une arche à moitié cachée par un figuier qui fait un rideau. Deux hommes descendent de la montagne et me saluent. Malheureusement l’endroit sera vite envahi par les touristes. Pas moins de 4 groupes sans compter les individuels.

les ruines d’Occi

Occi, dont le nom signifie, œil, était situé sur un promontoire et servait de guet du temps des pirates.  Village du 12ème siècle, il fut progressivement abandonné à partir du 16ème siècle, ses habitants l’ont quitté en 1860. Le dernier – Felix Giudicelli – dit « Fra Felice » est mort en 1918. Berger, personnage fantasque, se prétendait Comte d’Occi. Il naquit à Lumio en 1830, fit des études en Italie, se disait affilié aux carbonari de Garibaldi et compagnon du futur Napoléon III, de la main duquel il tenait un sauf-conduit. Homme du 19ème siècle, portant redingote et haut de forme s’exprimant en Italien.

la petite église d’Occi restaurée

Les groupes de touristes n’ont pas que des inconvénient, il arrive que je glane des informations intéressantes. Un guide herborise et montre une menthe très parfumée aux très petites feuille la Nepita qui peut parfumer le Bruccio. l’Immortelle d’Italie (Helichrysum italicum) a un parfum très fort; « l’odeur de la Corses » selon Napoléon Bonaparte. On la distille pour faire de l’huile essentielle.

Je rejoins Dominique à 10h30, pressée de me rafraîchir par une baignade. La marina de Sant Ambrogio est tout près. Sous une belle pinède, la station balnéaire est construite de petits bungalows de ciment blancs à toiture voûtée et de mini-villas aux toits de tuile. Tout le front de mer est urbanisé. Certes, les constructions sont discrètes, sans étages, masquées par des jardins. Mais bâti quand même ! Les parkings des résidents sont à l’arrière, le long de la route principale, sous les pins. Les touristes doivent se contenter du parking municipal, au-dessus de la marina, loin de la plage (1 km) et au soleil. La maréchaussée patrouille et photographie les plaques des voitures garées le long de la rue. On squatte une place dans un parking résidentiel privé pour se garer entre une Porsche Cayenne et une Audi immatriculée en Suisse. Une petite allée conduit à la plage, naturelle, sans installation ni paillote. Le sable est très blanc. Il y a quelques rochers. Chacun apporte son parasol et sa serviette. J’aime bien ce désordre coloré. L’eau est cristalline. Nombreux sont ceux qui font du snorkelling. Roches et posidonies assurent le spectacle. J’ai oublié mon masque, dommage ! Selon mon habitude, je nage d’un bout à l’autre de la plage en étant attentive aux rochers qui affleurent vers le milieu. Baignade merveilleuse !

 

Dominique a téléphone à une dame de Calenzana qui « vend des articles de GR20 » qui ne sont ni des tentes ni des duvets mais des plats préparés à emporter. Nous filons à la Rôtisserie Pinellicciu – 1 rue Napoléon – une excellente adresse.

  • » Reste-t-il des beignets de courgette ?»
  • « Non mais la pâte est prête ! L’huile est chaude»

La dame en cuit 6 devant moi (une portion) et je complète le pique-nique par un chausson aux poivrons.

les oliviers de Sainte Restitude
les oliviers de Sainte Restitude

L’enclos de la Chapelle Sainte Restitude nous procure le meilleur emplacement : de l’ombre, des banquettes de pierre, un petit vent rafraîchissant. Nous dégustons beignets, feuilleté et cuggiullele, biscuits à l’anis achetés de la biscuiterie Guerini (il y en avait aussi au vin, aux amandes…). Pique-nique gastronomique !

Crêtes

Nous suivons l’itinéraire « les trésors de Balagne » du Guide Vert. C’est amusant comme un jeu de piste. Nous passons sans nous arrêter à Zilia, Cassano et Lunghigniano où nous sommes déjà passées pour faire une visite à Montemaggiore – village construit sur un promontoire dominant la vallée du Fiume Secco. Devant la grande église ; de la terrasse, le panorama s’étend au de-là de Calvi et de la Pointe de la Revellata. Anecdote amusante : Don Juan aurait séjourné dans la grande maison jouxtant la chapelle.

Chapelle st Ranieri

Chapelle Saint Ranieri  (https://eglisesetchapellesdecorse.jimdo.com/saint-rainier-janvier-2018/)

Edifice roman de style pisan avec des bandes de moellons foncés presque noirs contrastant avec la roche claire et formant des bandes horizontales. Seuls ornements : des masques sur le fronton de chaque côté d’une croix évidée.

La route D151 est très étroite, elle monte au col de Salvi (509 m) en corniche. Sur le Monte Grosso(1938 m) les nuages se sont amoncelés. La route se dirige ensuite vers Cateri qui est un carrefour. A l’entrée de Cateri, je descends à pied au Couvent de Marcasso. L’église est ouverte mais elle est bien sombre, je n’ai pas reconnu le tableau du Repas Pascal cité dans le Guide Vert.

Sant Antonino

St Antonino qui coiffe sa colline

Sant Antonino est un village perché qui coiffe une colline et se remarque de loin. Le tourisme est très bien développé ; On a transformé la place de l’église en parking obligatoire et payant. Les maisons de belles pierres du village ont été restaurées. La promenade dans les rues est très agréable mais un peu factice.  On ne rencontre pas de chat endormi (les touristes qui tirent un caniche ou un bichon maltais les ont fait fuir). Pas de lessive qui sèche non plus. Ni de dames âgées qui papotent. A la place du linge, des articles de mode. A la place des épiceries et bars des restaurants pour touristes. Des bijoux, des céramiques. J’ai l’impression d’être tombée dans un traquenard « attrape-touriste ». Réticente, j’ai été séduite par les petits passages secrets, les coins sombres et humides ou croissent fougères et hortensias.

St Antonino

Pigna

Pigna est encore un village touristique restauré avec goût, comme Sant Antonino, situé sur la « route des Artisans » et s’est fait une spécialité musicale avec un auditorium et un Musée de la Musique qui, malheureusement est fermé le week-end. Les concerts de Polyphonies corses commencent à 21h30, cela ne nous convient pas du tout en septembre où les journées raccourcissent. L’église donne sur une place ombragée de platanes. Elle est ouverte en grand : intérieur blanc. Le chemin de croix contemporain, fait avec des galets multicolores, est original. Le reste ne retient pas mon attention. Je me promène dans les ruelles. Les endroits les plus séduisants sont occupés par les tables d’un bar ou d’un restaurant. Prix raisonnables pour déjeuner ou dîner face à un beau panorama, ou attendre le concert….

Pigna : église

Les artisans travaillent réellement dans les ateliers doublés d’une galerie-boutique. « Défense de photographier » annonce un pictogramme. Du coup la passante s’abstiendra de visiter la boutique. Un peu plus loin, il y a une verrerie, et un artisan qui fabrique des bijoux. Sympathique, cette activité artisanale. Un peu standardisée, je n’ai rien remarqué d’original.

La route passe par Corbara où un énorme couvent se dresse à un carrefour. L’envie d’une autre baignade me tient et nous ne nous arrêtons pas. Nous retournons à Bodri, au moins nous connaissons le chemin. Malheureusement, une chaîne qui n’y était pas hier barre l’accès ; Dominique remonte et installe la Smart sur les quais du train. C’est encore une belle baignade la surface de l’eau est parfaitement lisse.

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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