Sur la route 32, à travers la campagne de San José vers Tortuguero

CARNET DU COSTA RICA

L’Hôtel Turtle Beach envoie une navette dans les hôtels de San Jose. Un minibus de 15 personnes  nous attend à 5h45. Le jour se lève tôt au Costa Rica : il fait presque jour.

L’ hôtel est excentré, le petit car emprunte une autoroute. Nous découvrons la ville et avec une belle vue sur les volcans. Quelques buildings se détachent. L’urbanisation semble très lâche, on ne sait pas si on est en ville ou à la campagne. J’admire la merveilleuse floraison rose de grands arbres.  6h : le soleil apparaît entre les volcans.

Nous suivons le Paseo Colon qui débouche dans l’Avenida Central. L’église de la Merced avec son clocher pointu servait de repère aux provinciaux qui se déplaçaient à la capitale. La cathédrale est plus imposante. L’architecture est mélangée : buildings en ciment avec de grandes enseignes peintes, petites maisons basses avec des terrasses, , maisons décorées de stuc. Il semble qu’on craigne les voleurs. Les balcons sont protégés par des barres de fer, parfois des barbelés. Parkings grillagés avec des barbelés en rouleaux.

Le car fait le tour des hôtels.  Il stationne devant un petit hôtel caché dans la verdure. Sur le toit de tôle deux chats s’affrontent. Ils s’approchent museau à museau, les queues se balancent. Le gris au beau pelage occupe une position dominante. Le noir en dessous est tout hérissé. Son pelage est plus clairsemé. Vont-ils se battre ? Le gris tient bon, le noir recule et descend.

A la sortie de la ville, Marvin, le guide, se présente et va décrire le paysage avec intelligence et clarté. Il parle « spanglish » passant de l’espagnol à l’anglais sans transition. Une phrase commencée en espagnol se termine en anglais ou l’inverse.  Il a à cœur de souder le groupe « nous formons une famille multiculturelle venant de France, de Belgique, Suisse Danemark, Argentine ».

La route 32 reliant San Jose à Limon, le port où arrivent toutes les marchandises par mer est l’axe le plus important du Costa Rica. Il est question de faire du Port de Limon un port de très grande envergure et de cette route une sorte de « Canal sec », en référence sans doute à celui de Panama. Une société hollandaise APM investit dans ce projet. D’ici 6 ans la route 32 doit devenir un axe à 2x2voies. Les travaux se déroulent en saison sèche par une société chinoise. Les travaux causent des bouchons. Tandis que notre minibus est à l’arrêt j’admire les énormes camions rutilants aux chromes brillants et aux pots d’échappement relevés fièrement vers le ciel.  Dans les embouteillages des hommes passent vendant des chips de bananes et des patis (3000 colons =4$).

La route traverse d’abord la Vallée Centrale, très fertile où se concentre 60% de la population costaricienne. Marvin nous montre les plantations de café. Le café fut introduit en 1817 au Costa Rica. Il pousse sur un sol très riche d’alluvions de terres volcaniques. De très grands arbres à floraison orangée : les Erythrines, Erythrina poeppigiana, donnent de l’ombre aux plantations.

Marvin commente la géologie de la Vallée Centrale : sédimentaire contenant des fossiles marins, entre les volcan à la limite de deux plaques tectoniques Caribéenne et Cocos. Le volcan Irazu culmine à 3432 m, est le sommet du Costa Rica, Irazu et Turrialba sont deux volcans jumeaux, Turrialba est actuellement interdit  pour cause d’éruption. C’est un volcan qui connaît des périodes de repos très longues, les éruptions précédentes étaient il y a plus de 100 ans C’est dans la Vallée Centrale que se trouve la limite de partage des eaux entre Pacifique et Atlantique.

A partir de 1160m d’altitude à San Jose, la route 32 fait une grande montée et une interminable descente à travers le Parc National Braulio Carillo. Marvin nous montre les grandes feuilles en forme de parasol Gunnera insignis« sombrillo del pobre » qui poussent au-dessus de 800m et les fougères arborescentes. Sous un pont on peut voir le confluent entre deux rivière, Rio Susio et rio AmarilloOn voit nettement le torrent qui charrie les eaux jaunes colorées par le soufre du volcan et l’eau claire de l’autre rivière.

Plus bas : les champs d’ananas et de manioc s’étendent.

Petit déjeuner à Guapiles dans un restaurant qui a une serre de papillons. Riz mélangé à des haricots noirs, omelette et plantain. Il semble que les plantains costariciens sont plus tendres que les africains. Dans la serre, des plantes colorées et variées. Les papillons morphos ont l’envers des ailes bleues, d’autres sont rouge jaunes et noirs. Ils sont tellement rapides que je n’ai pas le temps de saisir les motifs. Plus facile à photographier : les fleurs.

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A Siquirres, on quitte la grande route pour la piste qui traverse des bananeraies. Autrefois le Costa Rica était une « république bananière » dominée par United Fruit pendant un siècle (1870 -1970) après la construction d’une ligne de chemin de fer au Costa Rica.  Elle a pris pour nom Chiquita. La culture des bananes est restée aux mains de très grandes entreprises comme Del Monte. C’est une culture à grande échelle. Les bananeraies s’étendent de part et d’autre de la piste bordées par des haies d’hibiscus en fleur.  Les régimes de bananes sont protégés des insectes, pollutions diverses, dans des sacs en plastiques bleus qui servent également de serre individuelle aidant à la maturation du fruit. Un train de banane avance parallèlement à la route : les régimes sont accrochés à un rail qui les emmène tout seuls au conditionnement. Parfois les rails franchissent la route. Marvin descend pour vérifier aue les valises sur le toit du bus ne touchent pas les installations. On a construit un petit aérodrome pour les avions qui pulvérisent les cultures. Le petit avion jaune est garé sous son hangar.

Les villages ont des maisons colorées bleues, violettes ou vertes. Leur auvent abrite des chaises métalliques, parois de confortables fauteuils ou canapés de salon, ou même une moto. Devant, une pelouse bien tondue et des arbres ornementaux.

Dans pépinières de plantes ornementales exportées dans le monde entier, on voit nos plantes d’intérieur : Crotons, dieffenbachias….

Elevage : des buffles blancs ou gris se reposent à l’ombre. De véritables ranchs aux barrières peintes en jaune et marron.

Dans un bouquet d’arbres un paresseux est suspendu ; on ne devine que ses pattes qu’il bouge très lentement.

La piste est creusée de nids de poules. Le minibus progresse lentement.

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « Sur la route 32, à travers la campagne de San José vers Tortuguero »

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