Pedacito de Cielo (2) Oiseaux, Iguane, croisière sur le San Carlos

CARNET DU COSTA RICA

Toucans

Réveil à 5h. Dès que le jour se lève je retourne observer les oiseaux sur le perchoir avec le nouvel appareil photo Lumix. Déception, pas de bananes, pas d’oiseaux ! Hugo passe je lui réclame les bananes. Les oiseaux se précipitent dès qu’il les a fixées au support. Minuscule oiseau bleu métallique coiffé d’un « chapeau blanc, ailes noires barrées de blanc. Je m’entraine à les décrire pour les retrouver plus tard ; nous aurions dû acheter le guide des Oiseaux du Costa Rica que tout le monde emporte ici. Puis un oiseau turquoise à tête noire, vert, gris bleu plus clair… Les petits oiseaux se dépêchent de picorer avant que la troupe des plus gros n’arrive ; Un groupe de 4 ou 5 perroquets chasse les petits. En les suivant des yeux, le les découvre à proximité, surveillant le départ es concurrents. Dans la catégorie « moyen » je reconnais le pic épeiche à tête couronnée de rouge,

L’écureuil sur l’arbre à soie

Tout en déjeunant, nous surveillons les écureuils sur l’albizia rose, sautant de branches en branches et disputant les bananes aux perroquets, hier. Ce matin, point de bananes, point de perroquet. L’écureuil snobe le régime qui reste d’hier et préfère s’intéresser aux fleurs de l’albizia formées de soies roses et blanches entourant les nectaires. Hier un colibri les avait butinées. L’écureuil arrache une fleur avec ses dents, la prend dans ses petites mains, la suce goulument et rejette étamines et pétales

Un peu plus loin, dans un grand arbre au-dessus du fleuve, une troupe de singes-hurleurs. Par hasard, je jette un coup d’œil au perchoir devant la porte. Un toucan s’est posé et se régale. Quelle merveille !

la lagune
la lagune

Nous retournons à la lagune. Un sentier permet de faire le tour de l’étang, promenade facile. Nous nous installons sous l’auvent, ravies du calme et de la beauté de l’endroit pour écrire. Nous suivons les ébats des jarandas, si petits mais si bruyants qui nous offrent le spectacle de leur danses ailes jaunes déployées.

l’iguane

A midi, au restaurant de l’hôtel, on a le choix entre sandwich et hamburger. Ce dernier est parfait, il ne manque ni la salade, ni la rondelle de tomate, ni la rondelle de cornichon américain. Un iguane magnifique s’installe sur une branche. J’ai juste le temps de courir à la chambre chercher le Lumix qu’il est maintenant sur l’Albizia près du régime des bananes, fascinant !

Alonzo de service à table, propose une balade en canot sur le San Carlos. Deux couples se sont inscrits, Hugo est le guide. Nous le connaissons déjà : c’est lui qui distribue les bananes aux oiseaux le matin, qui soigne le jardin. Plus tard, il nous racontera qu’il travail à Pedacito de Cielo depuis 16 ans. Au début, pour la construction des bungalows, puis à la réalisation du jardin. Il accompagne les touristes dans la forêt pluviale et c’est le capitaine du bateau à moteur. A Pedacito de Cielo, le personnel est polyvalent, Alonzo guide dans la forêt et sert à table ; Marcos, le patron fait les comptes, l’accueil, mais ne dédaigne pas d’apporter à manger. Quant aux femmes, elles sont reléguées à la cuisine et au ménage. Ecolo, mais pas féministe.

Héron bleu sur la berge du san Corlos

Hugo répartit les passagers pour équilibrer le bateau. Il va faire des zig-zags à gauche et à droite pour nous faire rencontrer les animaux. Il parle un curieux mélange d’espagnol et d’allemand. Rechts et Links remplacent bâbord et tribord. Il emploie une curieuse locution « imbassa » jusqu’à ce que je comprenne « Im Wasser ». Le Spanglish de Marvin était familier, le Spandeutsch l’est moins. Il semble que les Allemands soient nombreux dans la clientèle de Pedacito. C’est quand même l’Espagnol correct d’Alonzo que j’ai préféré !

Rencontre avec des Martins Pêcheurs, le grand plein de couleurs avec son aigrette hérissée, et un autre plus petit plus terne dans les tons gris, les deux ont un bec pointu et une silhouette bien reconnaissable.

Héron-tigre

Hérons : plusieurs espèces, le petit héron bleu, le grand héron bleu, les aigrettes blanches qui accompagnent le bétail. La vedette est le Héron-tigre (déjà observé à Tortuguero). Ce dernier fait un véritable défilé, une démonstration en étirant haut son cou pour exhiber ses rayures verticales qui lui ont valu son nom. Il existe aussi un petit héron nocturne, impossible à deviner dans les arbres où il dort, sauf avec l’expérience et l’acuité d’Hugo qui arrête son bateau jusqu’à ce que tous l’aient bien vu et que les photographes aient réussi leur photo.

La photo est pour moi, source de frustration. Les autres possèdent de beaux reflex avec des zooms très puissants. Avec le Coolpix compact, je n’arrive à rien, d’ailleurs je n’essaie même plus. Quand l’oiseau est dans les branches la mise au point automatique se fait sur les feuilles nettes avec l’animal flou. J’aurais pu emporter le Lumix neuf, mais je ne l’ai pas en main.

Vers 17h au retour, les hérons diurnes s’installent dans les dortoirs tandis que le héron nocturne se réveille.

Crocodiles

crocodile

Les autres stars de la croisière sont les crocodiles qu’Hugo nomme cocodrilo (c’est le nom espagnol). Ils se prélassent sur les bancs de sable. Au début j’ai eu du mal à les repérer, je croyais voir des rochers. Je suis surprise de leur promptitude à décamper. Je n’aurais jamais imaginé qu’un animal aussi immobile soit capable de rapidité. Pour les photographier il faut réagir très vite, ils rejoignent très vite l’eau où seuls, yeux et narines sont à l’air libre. Au début je compte les crocodiles, 6, 8 puis je perds le fil du décompte.

Hugo débusque un Basilisc (Basiliscus basiliscus) de belle taille, appelé ici Lézard Jésus Christ.

Basilisc vert : lézard Jésus christ

Une troupe de singes-hurleurs nous offre un divertissement de choix.

Il ne faut pas oublier les arbres magnifiques, une ceiba (fromager) tout à fait monumental à côté d’une petite scierie, un autre portant une belle ramure qui domine le San Carlos.

 

Ceiba – kapokier

Du bateau, on voit surtout de l’élevage : vaches accompagnées des aigrettes, un taureau noir énorme, des buffles. Hugo nous montre les embarcadères pour le bétail qui passe d’une rive à l’autre sur des bacs. Les barrières métalliques forment un couloir pour les vaches. Tout en guettant hérons et crocodiles, nous arrivons au confluent du San Carlos sur lequel nous naviguons et du fleuve San Juan qui forme la frontière du Nicaragua. Hugo nous a demandé d’écrire nos numéros de passeports, noms et adresses pour le poste frontière. Le passeport est inutile puisque nous n’aborderons pas au Nicaragua. Le dernier village costaricien a des maisons de bois, le poste frontière est une baraque avec un drapeau. Nous accostons sur un ponton de bois avec quelques marches branlantes Nous sommes accueillies par un petit homme très jovial dont la longue chevelure est retenue en un chignon sur la nuque, son T-shirt est décoré au motif de feuilles de cannabis sur un pantalon baggy. A chacun, il serre la main (ouille ouille ouille, mon poignet !) IL se présente « Ruben ! ». Il nous fait visiter son royaume : bar et hôtel. Sur les murs, chacun a inscrit à la craie son nom et son pays d’origine, tagué un peu n’importe quoi. Ambiance très cool, souvenir hippie. On nous invite à essayer les hamacs. Sur une étagère, parmi les livres que les voyageurs ont abandonnés, je trouve une traduction espagnole de Pierre Bourdieu. Les voyageurs sont ils des intellos ou des ethnologues ? Nous commandons tous la spécialité de la maison : un jus ananas-fruit de la passion, les filles un verre d’eau et les hommes des cafés passés à la chaussette.  Le jus est servi dans une grande coupe, la paille est une tige creuse de papayer. Nous sommes en terre écolo !

Bananiers sur les bords du San Carlos

Selon Hugo, le San Carlos, prenant sa source près d’Arenal (142 km dont 60 navigables) était autrefois la seule voie de transport. On pouvait utiliser le San Juan jusqu’à Tortuguero. Depuis quelques années, le Nicaragua a décidé d’annexer le fleuve à son seul bénéfice, les Costaricains ne l’utilisent plus. Les relations sont mauvaises entre les deux états voisins. Hugo affirme que Daniel Ortega est « un président problématique comme Maduro » . La navigation sur le San Carlos s’est arrêté il y a une quarantaine d’années avec la construction de la piste qui permet de rejoindre Boca San Carlos en voiture et la création du Lac Arenal qui a fait baisser les niveau de l’eau d’au moins 2 m. La rivière est maintenant vraiment peu profonde.

 Cormoran ici ils sont bleus avec des rayures!
Cormoran ici ils osnt bleus avec des rayures!

Nous serions bien restés au bar de Ruben à bavarder mais le soir tombe et il faut songer à rentre. Le retour s’effectue plus directement que l’aller dans la belle lumière du soir ; Les hérons rejoignent les dortoirs, les crocodiles animent encore le voyage. Vers 17h, nous rentrons à Pedacito. J’ai juste le temps de me doucher et me changer avant le diner. Soupe Beefsteack délicieux.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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