Hacienda Baru, Dominical, Dominicalito

CARNET DU COSTA RICA

Les oiseaux sonnent le réveil à 5h42, juste avant le lever du soleil.

De 6 à 7 h Birdwatching dans les allées d’Hacienda Baru. Un guide naturaliste plante le scope et cherche les oiseaux perchés dans les arbres. Le guide est jeune, fin, beau comme une fille avec des yeux en amande et des cheveux bouclés relevés en chignon.

Ici on n’attire pas les oiseaux avec des bananes. Vient qui veut. Ou ne vient pas. C’est une Réserve Biologique. On n’interfère pas dans le comportement naturel des animaux.

Deux petits perroquets verts sont perchés très haut. Il n’y en pas de rouge ici. Il y a des toucans mais pas ce matin. Ils sont occupés ailleurs. En revanche un pic à tête rouge a creusé son nid. Une tourterelle a le même chant agaçant que les tourterelles européennes mais elle est plus petite et a un bien plus beau plumage.

Hacienda Baru

Je peine à retenir le nom de tous les petits oiseaux : Euphonia jaune (organiste m’apprend wikipedia), tanager en anglais tangara ou calliste en français, noir et rouge, colibris. La sécheresse sévit depuis deux semaines il n’a pas plu, et pendant deux mois avant. Pour que les plantes décoratives de l’hôtel ne meurent pas on les arrose. Le tuyau est perché dans un arbre, il en sort un très fin jet de gouttelettes qui fait le bonheur des petits oiseaux. Chacun à son tour prend une douche. Trois américaines se joignent à nous, munies de grosses jumelles d’un appareil photo avec téléobjectif puissant et du livres Birds in Costa Rica. Avec mes petites jumelles, je suis la touriste et ne vois pas grand-chose. C’est tout un apprentissage que de repérer un petit oiseau vert dans des feuilles vertes. A peine l’ai-je dans l’oculaire qu’il s’envole « se fue » est la phrase en Espagnol que j’ai prononcée le plus souvent depuis mon arrivée au Costa Rica. Pour la photo, pire encore. Ornithologiste est un métier que je n’ai pas appris. En vieillissant, je vois de moins en moins clair. Sans parler des lunettes que j’ai cassées dans l’avion. Heureusement, j’avais pris les lunettes de lectures ; mais pour les oiseaux, cela ne vaut rien. Les guides repèrent les oiseaux à l’ouuïe qu’à la vue. Il connaissent les chants, savent où chercher, et trouvent !

Petit déjeuner-buffet. Rien à dire !

La Réserve Hacienda Baru a tracé de beaux sentiers bien propres avec des panneaux explicatifs pour les promeneurs individuels. Le sentier « pizote »(coati) et « saino »(pécari) peuvent se combiner pour une belle boucle de 5 km en sous-bois. Je me promène à l’ombre par une température idéale. Evidemment, je passe à côté d’énormément de choses qu’un guide m’aurait expliquées. La Réserve a été crée en 1976 sur un terrain largement déboisé par les agriculteurs. On se promène en partie dans la forêt Primaire qui subsistait. Je ne verrai pas les jaguars et autres félins recensés ; j’aurais bien aimé voir le tatou mais il est nocturne. Iguanes et agoutis se promènent librement entre les bungalows comme des animaux familiers.

sur les sentiers d’Hacienda Baru

Je me promène avec une impression de sécurité sur les sentiers balayés ; les bêtes dangereuses se cachent peut-être dans les broussailles, peu de chances qu’elles en sortent. Ficus et palmiers font une ombre assez dense pour garantir la pénombre. Pénombre bruyante : cigales et oiseaux se font concurrence dans les « bruits de la jungle ».

On raconte que le ceibo – le grand kapokier – dépassait toutes les cimes des arbres et se voyait de la mer ; Il a donné son nom au secteur. Le restaurant et la station-service perpétuent son souvenir. Une tempête l’a abattu. D’autres kapokiers poussent mais aucun n’est aussi haut.

Un guide montre à un groupe de touristes le Grand Potoo, (Nyctibius Grandis) au Grand Ibijau, sorte de hibou nocturne qui se camoufle en ressemblant à une branche cassée.

Cette agréable promenade se termine par la rencontre avec les Singes capucins à face blanche.

Il y a quelques temps, les hommes ont contaminé les primates avec la fièvre jaune qui a exterminé les singes hurleurs de la région. Seuls les capucins sont revenus. Six familles ont colonisé la Réserve. Le groupe qui est apparu est peu nombreux : 4 ou 5 adultes et un bébé. Curieux de ma présence, ils se sont rapprochés. Nous nous sommes mutuellement regardés. Puis ils sont retournés à leurs occupations dans les branches hautes.

La plage

Hacienda Baru : la plage

10 minutes par la piste à l’ombre, 2×20 minutes de marche les pieds dans l’eau sur une plage extraordinairement propre. Est-ce le résultat de la campagne de panneaux et d’affiches contre l’abandon d’ordures sur les plages « même les déchets de coco », le tri sélectif proposé partout, ou la faible densité humaine ? Je profite bien de la balade et rentre un peu après midi.

Dominical et Dominicalito

dominicalito
la plage de dominicalito

Pas question de déjeuner au restaurant de la Hacienda ! Nous avons de visiter Dominical réputé pour ses vagues, un spot de surf attirant les surfeurs du monde entier. Sur la route, Dominical est très mal indiqué. Nous nous attendions à voir une station balnéaire, une petite ville. On ne voit rien. Du côté de la montagne on devine sous les arbres des villas dispersées ; en contre-bas de la route pas grand-chose, deux resorts. Quelques centaines de mètre plus loin, nous avons dépassé et arrivons à la petite plage de Dominicalito qui est une charmante anse bordée de cocotiers bornée à chaque extrémité par des rochers hérissés de cocotiers et même une petite île. Ainsi abritée, la plage est tranquille sans les grandes vagues de Dominical. A l’arrière une lagune avec des hérons, des aigrettes et des cormorans. Sur la plage une troupe de vautours qui se repaissent de restes de poissons laissés par les pêcheurs. Les barques et les cabanes sont cachées sous les arbres. Sur la plage il y a aussi des limicoles qui ressemblent à des courlis.

Dominicalito : lagune

En dehors d’une série de hutte où l’on propose des pipas (cocos) il n’y a pas de restaurant acceptable selon nos standards (une échoppe propose des sandwiches mais il n’y a pas de frigo). Nous reviendrons à Dominicalito. Mais l’urgence est de trouver de quoi manger !

La route de la plage de Dominical est bordée d’une sorte de marché hippie avec des fripes, paréos, pantalons de batik, sarouels et étoles aux motifs indiens. On vend également des bijoux artisanaux, pierres montées sur des lanières de cuir ou des ficelles. Surfs d’occasion. Sur la plage il y a tout un campement de tentes rondes Décathlon comme celles des migrants à Paris. Ce campement « déshérité » est peuplé par les surfeurs qui n’ont rien en commun avec Brice de Nice. Hippies de tout âge, dreadlocks ou chignons sur le haut du crâne, tatouages, piercings…On imaginerait un parfum de marie-jeanne, mais non ! nous sommes au Costa Rica, pays où il faut se cacher pour fumer et même pour vapoter.

Où mangent donc ces gens ? Un seul restaurant sur la plage et un seul plat au menu : ailes de poulet frites. Cher ! Nous n’avons pas envie de ces ailes ruineuses. Je trouve enfin un supermarché et achète un Fanta bien chimique en bouteille géante de 2.5 L (heureusement que nous avons un grand frigo !

Nous décidons de retourner à Matapalo au restaurant A Kachete où nous avons mangé hier ; Au moins nous ne serons pas déçues !Hamburgers pour changer. Pour dîner des yaourts.

coucher de soleil sur Dominicalito

Au coucher du soleil, nous sommes retournées à Dominicalito : couleurs somptueuses. Dominque fait photo sur photo, toutes aussi réussies.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

Une réflexion sur « Hacienda Baru, Dominical, Dominicalito »

  1. Tu me fais découvrir le Costa Rica dont je ne connaissais à peu près rien .. J’ai lu cette semaine dans un magazine que c’était le lieu où il fallait aller ces temps-ci : te voilà à la mode !!! 😉

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