Frère d’âme David Diop

LECTURE SÉNÉGALAISE 

Valotton : Tirailleurs Sénégalais

Ce court roman (175 pages) se lit d’un souffle. Il happe le lecteur, halluciné.

« Mais moi, Alfa Ndiaye, j’ai bien compris les mots du capitaine. Personne ne sait ce que je pense, je suis libre de penser ce que je veux. Ce que je pense, c’est ce qu’on veut que je ne pense pas. La France du capitaine a besoin que nous fassions les sauvages quand ça l’arrange. Elle a besoin que nous soyons sauvages parce que les ennemis ont peur de nos coupe-coupe. Je sais, j’ai compris, ce n’est pas plus compliqué que ça. La France du capitaine a besoin de notre sauvagerie et comme nous sommes obéissants  moi et les autres, jouons les sauvages. Nous tranchons des chairs, nous estropions, nous décapitons, nous éventrons.[….]la seule différence entre eux et moi, c’est que je suis devenu sauvage par réflexion…. »

 

Le roman commence comme le témoignage d’un tirailleur sénégalais dans les tranchées de la Grande Guerre. Témoignage de l’horreur. Témoignage de la sauvagerie et de la folie de la guerre.

Ils sont partis de Gandiol (Sénégal) deux frères d’âmes (j’avais cru deux frères d’armes) Alfa et Mademba, cousins à plaisanterie, élevés dans la même concession. Mademba meurt, éventré dans les bras de son frère d’âme qui refuse de l’achever et qui en a le remords. Il se sent aussi responsable de la mort de son ami.

Vengeance ou folie, Alfa devient tellement sanguinaire que les hommes le prennent pour un sorcier et le capitaine cherche à l’éloigner.

Il se retrouve dans un hôpital où le psychiatre le fait dessiner pour exorciser sa folie. Le livre prend une autre tournure. Alfa raconte  ses parents, son amitié avec Mademba. Il s’évade loin des tranchées. Nous voyons vivre le village, les Peuls qui passent à la saison sèche avec leurs troupeaux, les agriculteurs qu’on enjoint de cultiver l’arachide au lieu des cultures vivrières…

La fin est étrange, comme un conte que je ne dévoilerai pas.

Lisez plutôt! vous serez envoûtés.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « Frère d’âme David Diop »

  1. Je l’ai lu le mois dernier et je ne risque pas de l’oublier. C’est très bien écrit et j’ai beaucoup aimé la thématique du récit de guerre. Mais c’est plus riche que ça ! Il a fait partie de mes audiolivres préférés ( il est deuxième dans ma liste après Martin Eden)

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