La cité rupestre de Zungri et les spécialités gastronomiques

CARNET DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Cité rupestre de Zungri

Une belle affiche « la cité des pierres « nous avait attirées. Zungri est éloigné d’une vingtaine de km en passant par Ricadi et Spilinga.

Aqueduc de Spilinga

2km après Spilinga, au détour de la route, un aqueduc court dans les olivaies, une chapelle jaune complète l’ensemble charmant ; Il ressemble à un aqueduc romain mais il est récent (19ème ). On s’élève sans s’apercevoir sur le plateau de Monteporo, qui culmine à 711 m, cultivé de blé (moissonné on voit les grosses roues de paille) mais aussi parcouru par les troupeaux de moutons.  Nous parcourons une campagne tranquille après les côtes urbanisées.   Des petites maisons abandonnées aux toits de tuiles crevés nous attristent.  Les occupants ont-ils quitté la Calabre pour le nord de l’Italie ou l’Amérique, ou plus simplement, ont-ils préféré le confort des grosses maisons à étage en ciment des villages, ceinture grise de béton ?

maquette de la cité rupestre

Les billets sont vendus au Musée Ethnographique qui raconte la vie paysanne au 20ème siècle exposant des outils, des photos anciennes, des vêtements, robes de mariées 19ème siècle ou combinaisons des années 60, outils agricoles, machine à trier les noisettes, tourne-disque avec des 45 tours, et dans la bibliothèque les discours de Mussolini 1924-1928/

La cité rupestre est dans la falaise qu’a entaillé le cours d’eau Fiumara Malopera noté « fleuve intermittent ».

 Le sous-sol est composé de Calcarénite Miocène/Pliocène contenant des fossiles marins Crasostréa glyphoides (Huitre),  Amphiopes (oursin) et Clypeaster(oursin), Térébratules.

Ces niveaux de calcarénite sont surmontés de tufs Pléistocène.

La calcarénite, de texture assez grossière, se taille très bien ; la cohésion est assez bonne pour conserver les structures anciennes. De Chypre à la Sicile, j’ai vu ds tombes et des catacombes dans la calcarénite.

Cet habitat rupestre est très ancien. D’après un cartel : » le Plateau de Poro a vu la migration des moines orthodoxes fuyant les Arabes et les persécutions iconoclaste auxquelles ils étaient sujets dans leur pays se refugièrent au sud de l’Italie. Ces grottes furent utilisées comme granges, ermitages ou monastères où les moines byzantins suivaient la règle de Saint Basil. ».

De ces cellules d’ermites ou de cette communauté monastique, on ne retrouve pas grand-chose, à part peut-être un poisson gravé dans un dôme. Pas d’églises comme en Cappadoce. En revanche, les installations agricoles, un pressoir à vin rectangulaire, une cuve ronde.  De belles formes arrondies comme des jarres, mais en creux, étaient destinées à recevoir du grain ? Des maisons ont été creusées, les façades évidées dans la roche ressemblent aux façades des maisons traditionnelles. Certaines sont maçonnées. Ces hypogées résidentiels ne différent pas d’un village en pente, bâti de chaque côté d’une rue étroite et de ruelles en escalier. Parfois on remarque les traces d’un étage. Un toit en tuile couvrait certaines maisons.

Je suis étonnée de la complexité des structures qui combinent l’utilisation de la falaise en troglodyte avec des niches, caves creusées et les constructions maçonnées ? Certains passages sont si étroits que je n’arrive pas à m’y faufiler. Peut-être une cachette ? ou une chatière ? Deux pièces au plafond évidé en coupoles communiquent, dans la seconde une sorte d’estrade a été taillée. Aucune destination indiquée à cette structure. Un panneau semble indiquer qu’elle aurait été utilisée comme silo à grain.

Le site est très étendu. Un sentier en balcon court à mi-pente. Les herbes hautes me griffent els jambes, peut-être n’est-ce pas prudent d’avancer. La promenade se termine sur une placette près d’une source où capillaire et fougère croissent dans l’humidité d’une source.  Je remonte en m’aidant de la main courante et d’une corde tant certaines marches sont hautes et usées.

Sur la route du retour nous achetons du fromage dans une fromagerie artisanale de Spilinga  qui commercialise des produits locaux : mozzarella fraiche et séchée, fromages de chèvre, provolone avec des inclusions rouges de piment. Ne goûte à la spécialité de Spilinga : la Nduja, une sorte de saucisson mou à tartiner rouge du piment rouge de Calabre. Avant de l’acheter, je goûte une bruschetta portant une couche généreuse. La Nduja est piquante, comme de la harissa. Je croque avec précaution la tartine. C’est vraiment trop piquant pour moi. Il existe aussi une version douce de la Nduja mais elle se vend en grosses saucisses que je n’arriverai pas à terminer d’ici 3 jours et qui ne sera pas transportable avec la chaleur.

oignons de Tropea

Midi, nous mangeons tranquillement sur notre terrasse d’une omelette aux oignons de Tropea (encore une spécialité locale) ; doux et délicieux. Après ce repas léger j’essaie encore une spécialité : le Tartufo de PIzzo, une 8glace artisanale que le Limoneto propose au bar. Les glaces industrielles proposent un gros dôme de chocolat sous la nom de tartufo. C’est plutôt une tranche de chocolat claire et une autre tranche à la noisette. A l’intérieur il y a du chocolat noir liquide. Par cette chaleur, il faut faire vite avant que tout ne fonde.

 

15h30, direction Capo Vaticano où il y aurait deux belvédères et deux parkings. Je compte me choisir une plage. Le Navigatore ne fait aucune difficulté à accepter cette direction. Capo Vaticano n’est pas le cap rocheux désert que j’imaginais.  Il est construit, même très construit. Des autocars stationnent devant les hôtels, nous cachons la petite route que le GPS nous indique avec insistance. Nous ne trouvons pas les belvédères mais le parking de la plage Groticello complet (il en existe un privé et payant plus haut mais plein soleil. A la plage de Santa Maria nous avons plus de chance. Nous sommes déjà venues sur cette plage dimanche et la mer était agitée. Aujourd’hui elle est calme, l’eau est transparente et j’ai chaussé les petits chaussons bleus qui ne sont même pas indispensables. Je reste près d’une heure et demie dans l’eau à faire de grands parcours d’une bouée à une autre. Je m’amuse à regarder le fond mais ne vois aucun poisson. Je regrette d’avoir laissé le masque à la maison.

Dîner de pastèque et de fromage sur la terrasse.

Je continue la lecture de Roger II de Sicile de Pierre Aubé. Les rivalités entre les deux papes ou antipapes Anaclet et Innocent II se prolongent. Les révoltes des barons normands m’ont lassée. Je commence La Pyramide de Boue de Camilleri et la savoureuse traduction de Quadruppani. J’avais oublié comme c’était drôle. J’éclate de rire toute seule avant de trouver le sommeil.

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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