Au Louvre – Peinture française : les Grands formats 1780-1850 –

TOURISTE DANS MA VILLE

Louvre, salle Daru et Sacre

Au contrôle des billets (électroniques) je demande où se trouve la Peinture Française. « Les salles du 2ème étage sont fermées, il faudra se contenter du 18ème et 19ème siècle » me répond le gardien.

Aile Denon, en haut de l’escalier de la Victoire de Samothrace, je trouve les Grands Formats. Deux  galeries, rouge sang, rouge impérial, séparées par le Salon Denon sont dévolues à la Peinture de 1780 à 1850.

La première met à l’honneur David et son monumental Sacre de Napoléon 1er. Toile immense (621 cm x 979 cm) battues de quelques décimètres par les Noces de Cana, elle attire le regard et occupe le centre du mur. On ne voit qu’elle. je ne m’attarde pas, si l’épopée de Bonaparte m’intéresse, les fastes de l’Empire m’agacent.

David autoportrait

Autour et en face, le tableaux historiques et romains de David : Les Sabines arrêtant le combat( 1799), Léonidas aux Thermopyles (1814), Le serment des Horaces (1784), Les licteurs rapportant à Brutus le corps de ses fils (1789). Ces tableaux néo-classiques donnent une ambiance héroïque et martiale qui s’accorde avec l’épopée napoléonienne glorifiée par le Sacre. En traînant dans les coins, en s’attachant aux plus petits tableaux, je découvre un Sommeil d’Endymion de Girodet, avec un éclairage presque caravagesque et une ambiance pré-romantique. David se révèle également un excellent portraitiste Avec le Portrait de Pierre Sérignat (1795) et d’Emilie Serignat. Un peu de fraîcheur dans cette solennité romaine virile. La plus grande tendresse est apportée par l’autoportrait d’Elizabeth Vigée-Lebrun en compagnie de sa fille. J’ai aussi aimé l’autoportrait de David.  Face au Sacre : la très célèbre Madame Récamier. Autant les scènes historiques, romaines et le Sacre me laissent froide, autant je suis touchée par David portraitiste.

Ingres Oedipe et le Sphinx

Plus avant dans la galerie, apparaissent d’autres artistes : Ingres et Gros. Ingres s’inscrit aussi dans la peinture antique avec Oedipe explique l’énigme au Sphinx (1808) et avec le très grand tableau d‘Homère déifié. Bien  sûr, sa grande odalisque est à l’honneur.

Je ne connaissais pas  Prud’hon , l’Enlèvement de Psyché et La Justice et la Vengeance divine poursuivent le Crime(1806) se déroulent dans une atmosphère fantastique avec des gris sombres et l’éclairage de la lune.

Le Salon Denon, carré est décoré d’un plafond spectaculaire : au centre un médaillon sculpté est sans doute une allégorie de la peinture entouré de quatre fresques au coloris pastels réalisés par Charles Louis Müller (1863-1866) chacune glorifiant le règne de quatre souverains mécènes : Saint Louis avec la Sainte Chapelle, François Louis XIV et Versailles, 1er à Chambord et Napoleon 1er devant l’arc de triomphe du Carrousel.

Une boutique de souvenirs occupe la moitié du Salon Denon et détourne l’attention des visiteurs des tableaux exposés qui ne sont pas mis en valeur. Il faut dire que la Salle des Etats débouche en face et que les visiteurs de la Joconde se précipitent sur les cartes postales après avoir fait leur selfie.

Gros Bonaparte visite les pestiférés de Jaffa (détail)

La Galerie Mollien est la réplique symétrique de la Galerie Daru qu’on vient de quitter : même rouge sang, même disposition. Si la première tournait autour de David, dans la Galerie Mollien, Géricault et Delacroix en sont les vedettes. Gros illustre les campagnes napoléoniennes, La visite de Bonaparte aux pestiférés de Jaffa, m’intéresse, j’aurais pu utiliser la photo pour illustrer Turbans et chapeaux de Sonnallah Ibrahim qui raconte cette anecdote ; cela me fait aussi penser à la visite à Beyrouth de notre Président(quelle coïncidence!). Son portrait de Murat chamarré aurait pu figurer dans mon billet relatant la visite à la forteresse aragonaise de Pizzo en Calabre où il a finit sa vie.

Gros Portrait équestre de Joachim Murat

Face  à Murat par Gros, un autre cavalier, par Gericault : Cuirassier blessé (1814) personnifie les incertitude et la vulnérabilité après les revers de 1812.

Au centre, à la place d’honneur : Le Radeau de la Méduse symétrique du Sacre de la Galerie Daru. Célébrissime. je suis surprise par son aspect sombre (sale?). Ces couleurs sales dramatisent la tragédie, seul signe d’espoir, les chiffons blancs qui volent au vent. Signe d’espoir ou violence de la tempête? Sur le mur d’en face, très grand et nettement plus colorée la toile du Massacre de Scio (1824) . De l’Antiquité grecque et romaine on glisse vers l’Orientalisme avec la Mort de Sardanapale. (1827). Du néo-classicisme on a évolué vers le Romantisme. Les guerres napoléoniennes sont finies, l’héroïsme et les scènes de bravoures trouveront leur inspiration dans les guerres d’indépendance de la Grèce. Sardanapale vient d’ailleurs d’un poème de Byron.

Delacroix : massacre de Scio

Les Femmes souliotes de Scheffer (1827-1828) et la Prise de Constantinople par les Croisés de Delacroix(1840) sont de la même veine.

1830, La Liberté guidant le Peuple m’apparaît presque petite à côté des énormes tableaux napoléoniens.

Dante et Virgile aux enfers(1822) est exposée à côté de la Liberté. Pendant que j’essaie de cadrer avec mon smartphone la barque de Dante, passent deux personnages, père et fils habillés d’une harmonie parfaite de jaune rouge et noir, (belges ou allemands?) Papa porte en bandoulière un téléobjectif de photographe animalier. Et que vise-t-il? non pas la Liberté qui ne nécessite pas un tel équipement, mais son fils en plein devant le tableau, en  masquant un bon quart. Chercher le spectacle dans les œuvres exposées, dans leur décor et aussi parmi les visiteurs!

1834 Les Femmes d’Alger, marquent les conquêtes coloniales.

Elacroix mort de Sardanapale

Jeanne d’Arc d‘Ingres et Suzanne de Chasseriau gardent la porte de sortie de la Gallerie Mollien. Nous parvenons alors dans un autre salon carré : Le Salon Mollien occupé par une belle cafeteria : self service avec les fenêtres qui regardent les Tuileries et l’Arc de Triomphe du carrousel. Côté cour et pyramide, une belle terrasse est installée au dessus du bassin et un petit jet fait un bruit rafraîchissant . Surtout, être à l’extérieur à une terrasse de café permet d’ôter un moment le masque. Qui sont les personnages géants debout dont je ne vois que le dos?

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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