« mon Festival d’Avignon » dans l’oreillette : Avignon Fictions sur France Culture

THEÂTRE

J’ai gardé un souvenir ébloui du seul Festival d’Avignon 1976, auquel j’ai assisté avec la  canicule:   Carolyn Carlson dans la cour du Palais des Papes, Ariane Mnouchkine et la Révolution sont inoubliables, même 45 ans après.

Evidemment Claudialucia et Eimellesur leurs blogs respectifs me font très envie chaque année, mais cela ne se goupille pas.

Après cette année de  télé-visites de musées, théâtre en virtuel, zoom et compagnie… j’ai découvert une version beaucoup plus classique : le théâtre radiophonique et les podcasts de France-Culture. J’ai rangé dans ma bibliothèque l’onglet « AVIGNON LES FICTIONS« .  Oreillette et smartphone, j’organise mes promenades selon la durée du podcast, bords de Marne ou Bords de Seine, lac Daumesnil…

Merci à Matatoune qui m’a fait découvrir la lecture de Frère d’Ame par Omar Sy! J’avais aimé le livre mais cette lecture est une découverte. par la voix d’Omar Sy les mots de David Diop retrouvent leur accent, la puissance et l’urgence. Une profondeur nouvelle. j’avais retenu l’horreur des tranchées mais je n’avais pas mesuré la folie qui s’empare d’Alfa, le frère survivant.

Les Suppliantes d‘Eschyle traduites et mises en scène par Olivier Py  au Festival 2020 est d’une saisissante actualité : femmes demandant l’asile, femmes fuyant des mariages forcés, femmes dans la guerre et questionnement sur la démocratie. Le prince d’Argos n’ose pas leur octroyer l’asile, craignant la guerre avec les Egyptiens laisse la décision au peuple.

Eschyle toujours traduit et mis en scène par Olivier Py, Les Sept contre Thèbes, dépouillement et clarté, seulement 38 minutes. Une pièce destinée à être jouée au plus proche d’un public qui ne va pas au théâtre, dans une école, une prison, un quartier….Toujours une pièce très politique : le pouvoir de l’image et le questionnement de la démocratie. Image il y a 2700 ans? Non, les Grecs n’avaient pas la télévision! mais les guerriers arboraient sur leurs boucliers toutes sortes de symboles et d’images qui parlaient à leurs contemporains.

Une Antigone originale que celle présentée en Concert-fiction : œuvre radiophonique réécrite d’après Sophocle par Stéphane Michaka mise en musique avec les musiciens de Radio-France, provient du Festival d’Avignon 2020. Aussi une belle découverte!

la Mort d’Achille s’inspire aussi de la tragédie antique. C’est une œuvre contemporaine de Wajdi Mouawad. Commande pour Avignon 2019. Echo aux massacres du XXème siècle de Sabra et Chatila, ou de Srebrenica, la dévastation de Troie. Le guerrier demi-dieu est mort, quelle suite donner à la célébration du héros? Un nouvel horizon sans le divin, pourrait-il annoncer une nouvelle histoire épargnant Troie vaincue? A Agamemnon de décider. Une pièce magnifique. Antique, contemporaine, comme vous voudrez!

 

Isabelle Adjani est la voix d’Ismène dans le poème de  Yannis Ritsos. Ismène la survivante, Ismène contemporaine ou antique? Ismène intemporelle. Ismène raconte sa sœur, Antigone.  Antigone, l’héroïne, qui a dit non à Créon, celle qui a désobéit, qui est morte martyre entraînant la mort de son fiancé Créon, le suicide d’Eurydice sa mère, mais aussi Antigone vierge effarouchée qui se refusait à Hémon, Antigone anorexique qui mange en secret la nuit, qui refuse la vie, qui a peur d’être tout simplement humaine. Ismène, au contraire accepte la vie, se réjouit du parfum des orangers en fleur, plante des bulbes de cyclamens. Vieillissante, elle caresse l’idée de prendre pour amant le jeune officier… Elle a choisi la vie, elle pourra mourir tranquillement.

La série de créations contemporaines sur thèmes antiques ne s’arrête pas ici : Hélène Après la chute de Simon Abkarian. Dialogue entre Hélène et Ménélas après la chute de Troie. Les vainqueurs se partagent les captives, Hélène revient à Ménélas. Entre vengeance et pardon. Jeu de chat et souris. Ils se déchirent mais nous réservent des surprises.

 

Evidemment rien ne vaut le théâtre vivant, la présence des acteurs sur scène, les décors, la communion avec les autres spectateurs… Cette année encore je me contenterai d’enregistrements. Je m’en veux de ne pas avoir cité les acteurs, mais écouter un podcast en marchant ne permet pas de retenir les noms.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s