les villages du Gerrei : Armungia

CARNET SARDE

Montagnes du Gerrei

D’après le Circuit du guide Vert Le Gerrei p140-142

Nous contournons Muravera par la rue Sarrabus qui longe le canal. Sarrabus est le nom de la région sud-orientale de la Sardaigne. Le Gerrei est le massif montagneux situé à l’ouest de Muravera. Nous traversons sans nous arrêter San Vito, gros bourg étiré le long de la route SS 387. Selon le Guide vert il y a 7 églises.

Au creux de la vallée coule le Flumendosa

La route SS 387 suit le cours du fleuve Flumendosa deuxième fleuve de Sardaigne (127 km) qui se jette dans la mer entre Muravera et Villaputzu. Il est encaissé dans une vallée profonde dans les montagnes peu élevées (environ 600 m) mais très pointues et très rocailleuses donnant une impression sauvage. Bravo aux Ponts et Chaussées italiens qui ont construit galeries, tunnels et viaducs impressionnants. Ce matin tôt, il n’y a pas de circulation et nous profitons de la floraison des lauriers roses et des genêts.

Armungia

le nuraghe de

La petite route qui rejoint Armungia (6 km) est vraiment tortueuse. Armungia est un village charmant et tranquille avec ses maisons rurales en pierre, ses portails de bois ciselé, ses ruelles propres avec une rigole au milieu. Les curiosités sont bien indiquées. La billetterie se trouve au Musée Ethnographique dans l’ancienne mairie. La dame me prête des explications en français, allume les lumières et me laisse visiter tranquillement. La première salle est consacrée aux costumes traditionnels. Celui d’Armungia est plutôt sobre. Les salles suivantes montrent le travail des femmes : tissage et fabrication du pain.

Tisssage sarde

Tissage : Deux métiers à tisser d’assez petite envergure sont entourés des accessoires pour filer la laine, battre le lin. Une série de photographies anciennes montre comment les femmes utilisaient toute la rue et les murs du village comme un rouet géant, chacune tournant autour d’une maison avec sa voisine.

Fabrication du pain : il était fabriqué dans de très belles corbeilles. Le pain traditionnel Pistoccu était fin comme une crêpe, dur et pouvait ainsi se conserver ? on faisait recuire des moitiés de pain rectangulaires, sortes de biscottes. Les femmes confectionnaient également des pains décoratifs, nœuds, fleurs, animaux…

Outils pour les travaux agricoles

A l’étage, une étude des travaux des champs est présentée ; cartes, plans et cadastre montrant la répartition des champs et des pâturages selon le relief. La dernière salle met en scène les instruments de travails répartis sur su cercle de bois clair vernis découpé en 12 mois de l’année. A chaque mois, ses tâches agricoles spécifiques et les outils nécessaires. L’ensemble est une véritable installation artistique. Chaque outil d’une grande beauté est mis en valeur par cette scénographie.

On accède par l’extérieur au nuraghe (15ème -14èùe siècle avant JC). Du dehors, la tour parit cylindrique mais lorsqu’os n entre la tholos est en forme de fuseau creux>. Des cavités ont été pratiquées latéralement dans les murs. L’une d’elle a été aménagée en citerne postérieurement par els Byzantins. Construit au sommet du village, on attribue au nuraghe un rôle stratégique.

la Brigade Sassari : fresque murale

La dame me conduit à grandes enjambées à l’autre pôle du village, près de l’église à la maison d’Emilio Lussu. Nous passons devant la fresque représentant des soldats : c’est la Brigade Sassari,. La maison de Lussu est une belle maison de pierre, je suis surprise en entrant dans une vaste cour que rien ne laisse deviner de la rue. De nombreuses photographies illustrent la vie de l’écrivain. Certaines anciennes sont celles de la Grande Guerre et du bataillon Sassari racontée par son œuvre la plus connue : Un anno sull’Altipiano que me recommande le monsieur du Musée Ethnographique.

Je découvre cet écrivain dont je ne connaissais que le nom ; Emilio Lussu (1890-1975) fur un avocat, un écrivain et un politicien. Fondateur du Partito Sardo d’Azione, il fut élu député de 1920 à 1924. Opposant à la dictature fasciste il fut confiné à Lipari en 1927 d’où il s’évada.

« Pourquoi voulez-vous lire Emilio Lussu ? » me demande la dame qui me sert de guide. « Sa femme Joyce Lussu fut aussi écrivaine, poétesse, militante antifasciste et partisane. C’est une personnalité tout à fait intéressante.»

De retour à Créteil, j’ai téléchargé Portrait de Joyce Lussu, en italien, j’espère que j’arriverai à le lire, il ne fait que 145 pages mais il faudra m’accrocher.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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