Exposition temporaire jusqu’au 23 Aout 2026

J’ai toujours beaucoup aimé la Fondation Cartier, Bld Raspail, dans le beau bâtiment de Jean Nouvel avec le jardin. Le nouveau site se trouve dans un emplacement prestigieux place du Palais Royal, en face du Louvre, dans un immeuble haussmannien édifié pour l’Exposition universelle de 1855.

au fond Ribalta d’Eliane Duarte
Pour son ouverture, l‘Exposition Générale présente les collections sous 4 thèmes : Machines d’Architecture, Etre nature, Making things et Un Monde réel . Les œuvres sont réparties sur trois niveaux ouverts les uns sur les autres : on peut découvrir le niveau -1 en surplomb. Cette présentation ne facilite pas la visite. J’ai été déconcertée par la variété des œuvres, des artistes, des provenances. Pas de rétrospective d’un plasticien. Encore moins d’aire géographique, un Japonais côtoie des Français, des Brésiliens, un Chinois. Art textile et sculpture de bois. Dessins minutieux noir et blanc et grande installation.

Heureusement, pour orienter le visiteur perdu, la Fondation a prévu de nombreux médiateurs tablette numérique à la main qui vont compléter les explications des cartels. Il y a aussi des visites-flash.

Plutôt que de tout voir et de passer vite devant les œuvres proposées, j’ai préféré me limiter au rez-de-chaussée

les Machines d’Architecture accueillent le passant dès l’entrée . Devant la petite église de mosaïque : Petite Cathédrale (2002) d’Alessandro Mendini, j’hésite, est-ce une maquette? Elle est plus grande que certaines chapelles. Ni croix, un autel doré étrange, un campanile qui pourrait être un minaret, ce n’est pas un projet réalisable, plutôt une rêverie, suggère le cartel.
Une feuille de béton ondulante est une véritable maquette d’une chapelle au milieu d’une forêt chinoise. Chapelle en couloir ondulant, dépouillée. A-t-elle été construite? Nul ne le sait, l’architecte japonais n’a peut-être pas eu l’autorisation du pouvoir chinois. On peut aussi rêver….

A quel stylite est destiné cette colonne? Comme Syméon le Vieux (392-459) dans le désert de Syrie. C’est un petit arbre, un conifère, il semble qui attend son arrosage automatique hebdomadaire. Encore un objet sont la seule fonction est de nous interroger.
Perchée sur un arbre en bois, un vrai tronc, la chatte Nini en bronze d’Agnès Varda. Clin d’oeil sympathique!

Ma préférence va au projet de Kinshasa utopique de Bodys Isek Kingelez avec ses jolies maquettes colorées, son stade Lumumba, sa promenade le long du fleuve Congo, on s’y croirait presque.

Une grande salle claire regroupe les œuvres diverses sans lien apparent entre les unes et les autres. Heureusement, une médiatrice explique comment le plasticien chinois a dispersé de la poudre à canon, a recouvert d’ un panneau pour contenir les explosions. Caï Guo-Qing est un artificier qui a fait des spectacles pyrotechniques remarqués dont la fête de fermeture du Centre Pompidou CLIC

Sans transition, un très beau panneau orange de Hantai obtenu par de multiples pliages.

Le paysage amoureux d’Othoniel m’a beaucoup touchée : les fines perles forment un très long réseau rouge comme le sang des veines et des artères passant par de grosses perles rouge comme des cœurs, et d’autres organes. « objet rituel et érotique » note le cartel.

Les cordons de tissu tressés avec des plumes, du lurex, des matériaux recyclés, contiennent des « trésors » sorte de cristaux ou petites mains de plastique. On dirait qu’elle a voulu y enfouir des secrets. A quoi correspondent ces cordes qui ressemblent à des racines d’arbres ou peut-être à la mangrove. Des centaines de mètres, peut-être des kilomètres de travail manuel patient, méditation, ou rituel .

Impossible de rendre compte de toutes les objets exposés, des installations luxuriantes ou minimalistes . Je reviendrai. Pas pour tout voir, pour choisir encore des oeuvres qui me parleront.
Ça a l’air très varié en effet !
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