« sous le soleil d’Août, sur les chemins et sur la route de pierres, les gens du village s’en vont vers la chapelle Saint Albino, vers la fiera, la messe, la procession, le bal. les uns bavardent, une jeune fille rêve de l’amour qui va venir, une vieille mère remâche sa douleur, un capitaine altier passe dans son auto. »
Unité de temps : le jour de la fête de Saint Albino
unité de lieu : le village.
les personnages :
Angnola, la jeune fille qui rêve d’amour, son amoureux, Giasè, est revenu au village, peut-être se rencontreront ils au bal? Sa mère redoute que « la frivolité soit entrée dans la maison » et craint le dira-t-on « Qui ne craint pas les gens ne craint pas Dieu ».
Sylvie, celle que Matteo a épousée sur le Continent, l’étrangère, celle que sa belle-mère n’acceptera jamais, qui est si malade que la mort est déjà sur elle. Espère-t-elle un miracle de Saint Albino?
Zia Francesca, inconsolable de la perte de son fils, ne voit même pas Nunzia, sa fille. Qu’est-ce qu’une fille à côté d’un fils?
Le capitaine et son auto, n’a pas toujours été une personnalité reconnue au village et certains lui font savoir…
Tous ces personnages se rencontreront à la foire .J’ai beaucoup aimé cette ambiance, cette attente. j’ai lu le roman alors que nous visitions les villages de montagne où aurait pu se dérouler l’histoire. Peu d’action, on devine le drame et la suite. Tout est question d’atmosphère. On est pris dans l attente de la fête, dans l’attente du drame.
C’est le roman des femmes, dont le sort est terrible mais dont la personnalité est très marquée.
Exposition temporaire prolongée jusqu’au 31 Août 2021
Surtout dépêchez-vous de la visiter! C’est vraiment une exposition majeure!
Chagall a exploré de nombreux domaines et de nombreuses techniques des arts plastiques. Cette exposition met le projecteur sur sa création de vitraux. On associe volontiers vitraux aux églises et moins aux édifices laïques, encore moins aux synagogues.
Comment Chagall, le juif est-il devenu le Passeur de Lumières?
Chagall gravure Rebecca
En introduction, une série de très belles gravures aux sujets bibliques va conduire doucement le visiteur dans la progression du travail qui va aboutir à la décoration du baptistère de la Chapelle d’Assy
Chagall gravure : passage de la Mer Rouge
Chagall va reprendre le sujet de cette gravure, l’Exode, à plusieurs reprises, ajoutant de la couleur, puis passant à la céramique. Ces transformations progressives vont me fasciner. J’ai l’impression de voir l’artiste au travail.
Chagall l’Exode Baptistère de la Chapelle d’Assy
La chapelle d’Assy est un véritable musée d’Art moderne de nombreux artistes de renom ont collaboré à sa décoration grâce au Frère Marie Alain Couturier qui voulait faire appel aux meilleurs artistes, peu importe qu’ils soient protestants comme Le Corbusier ou Juifs comme Chagall qui a choisi un thème de l’Ancien Testament mais qui fait figurer une crucifixion dans le coin en haut à droite. D’ailleurs ce Christ en croix figure aussi sur d’autres tableaux comme celui d’un autre exode après un pogrom ou le crucifié figure les souffrance des Juifs en Russie. Je m’amuse à une sorte de « jeu des 7 erreurs » pour voir ce que Chagall a ajouté (ou supprimé) dans cette version très grand format. Je découvre encore une autre facette de l’œuvre de Chagall : la sculpture du marbre qui me plait beaucoup.
Chagall : maquette de la Cathédrale de Metz
Il n’est pas indifférent que les vitrauxde Chagall soient célébrés à Metz. En effet, la cathédrale de Metza subi de nombreux dommages pendant la dernière guerre, comme celle de Reims. Chagall a dessiné des vitraux pour cette cathédrale. A cette occasion, le visiteur de l’exposition peut voir les projets, les maquettes, les étapes de la fabrication d’un vitrail. si on compare la photographie du vitrail et cette maquette nous avons préféré la maquette, plus transparente, plus fluide. C’est le charme des expositions bien faites de nous raconter une histoire, de nous prendre par la main. Dans celle-ci nous découvrons une technique et toutes ses étapes. C’est passionnant.
les femmes d’Israël
Vitrail et sculpture sur marbre, peinture à l’huile, aquarelle ou gouache…ne pas oublier la tapisserie: Aux Nations Unies à New York on commanda suite au décès de Dag Hammarskjöld un immense vitrail, Peacewindow qui inspira une tapisserie:
Tapisserie de la Paix réalisée par Yvette Cauquil-Prince
les vitraux de Chagall ornent nombreux édifices religieux de part le monde, en Angleterre, en France la Chapelle du Saillant, celle des Cordeliers à Sarrebourg, et même en Allemagne.
Etrangement c’est pour une synagogue, celle de l’Hôpital Hadassah à Jérusalem que Chagall fut restreint par des contraintes précises : la non-figuration de la personne humaine. Les animaux remplaceront les personnages!
Hôpital Hadassah Jérusalem
Et bien sûr, on ne peut pas oublier les tableaux, toujours merveilleux
Chagall : roi David
La visite se termine par une vidéo où l’on voit toutes les étapes de la fabrication des vitraux destinés à l’Art Institute of Chicago, création de Chagall mais aussi œuvre du Maître verrier Simon Marq de Reims. Très intéressant!
Nous sortons émerveillées de cette visite où nous avons passé plus de deux heures. Il n’en sera pas de même pour la seconde exposition Face à Arcimboldoqui nous a bien déçues. Une accumulation d’œuvres de toutes époques pas toujours de bon goût. mais surtout une présentation très peu commode; Alignement de fiches dactylographiées sur le mur face aux œuvres qu’il n’est pas facile d’identifier. Des grands noms, comme Picasso ou Max Ernst, Marcel Duchamp, Ensor, Otto Dix (que j’avais confondus) des masques de Pompéi, de parfaits inconnus. Manque de cohérence et d’intérêt.
Le prétexte : deux expositions :Chagall Le passeur de Lumière etFace àArcimboldo
L’envie de bouger malgré le Covid 19 qui restreint notre horizon.
1h30 en TGV, possibilité de faire l’aller et le retour dans la journée confortablement.
Gare de l’Est, 8h13, le TGV est à destination de Luxembourg, un goût de voyage lointain, il quitte la région parisienne à grande vitesse, à peine je pense regarder le paysage que nous sommes en Champagne dans le vignoble, puis traversons une forêt que je ne connais pas. Les gares traversées sont « sur-Moselle » nous sommes loin….
La Gare de Metz
Gare de Metz, 9h44. Monumentale gare allemande inaugurée en 1908 en style médiéval-roman imposé par le Kaiser qui souhaitait marquer la puissance du Reich dans cette position stratégique. Le soin apporté au décor, aux chapiteaux de grès sculptés est tout à fait remarquable. Un passage conduit directement au Centre Pompidou-Metz.
le Centre Pompidou-Metz à la sortie de la gare
Un jardin, plutôt un verger sert d’écrin de verdure au bâtiment. Le gazon est ondulé, plissé presque.
La queue est tout à fait raisonnable, pas d’attente, seulement un scan du pass sanitaire, on ouvre soi-même son sac, pas d’installations de sécurité spectaculaires. La queue permet d’observer au-dessus de nos têtes les structures de bois des piliers et des alvéoles hexagonales sous la toile blanche de l’énorme chapiteau, au mât de 77 m.
Annette Messager : Le Désir attrapé par le Masque (2021)
L’installation d’Annette Messager occupe un vaste espace : des filets sont disposés en formant des sortes d’anneaux ; des animaux empaillés, des peluches, souvent des chimères formés d’un corps naturalisé et d’une tête artificielle, sont dispersés et me mettent mal à l’aise. le plus déstabilisant, ce teckel portant un masque chirurgical qui paraît presque vivant. Au dessus sur des plateformes suspendues d’autres oiseaux-chimères, souvent encapuchonnés complètent l’impression de malaise. Aucune explication.
L’exposition Chagall, Le passeur de Lumière se trouve au 3ème niveau. A la sortie de l’ascenseur de verre, je cherche à avoir une vue d’ensemble de l’installation d’Annette Messager et je découvre une autre œuvre collective rassemblant les mots de plusieurs artistes
les 11 commandements (difficile de tout photographie en restant lisible)
j’ai découvert Bintou Dembélé récemment avec le film Les Indes Galantesde Philippe Beziat qui est mon film préféré de la rentrée d’après-confinement. Je ne veux pas rater sa prestation au Centre Pompidou-Metz au Studio : S/t/r/a/t/e/s avec sa troupe Rualité. Nous avons donc terminé la visite du Centre au Studio pour cette vidéo d’une dizaine de minutes qui nous a bluffées et consolées de notre déception à la sortie de l’exposition Arcimboldo.
Les architectes du Centre Pompidou Metz : Shigeru Ban et Jean de Gastinesont établi leur studio au 4ème étage du Centre Pompidou-Paris, sur la terrasse. Shigeru Banest célèbre pour son utilisation du carton, il a conçu la Maison du Carton, un musée en carton, et des habitats temporaires pour des causes humanitaires. Ce studio le PTS(Paper Temporary Studio) est maintenant installé devant le Centre Pompidou-Metz. C’est un tunnel de 35 mètres de long en, carton, bois parfaitement démontable et re-montable.
PTS
Il est utilisé pour MEND PIECE de YOKO ONO: sur des tables on trouve de la vaisselle brisée, de la ficelle, de la colle et du scotch pour « réparer » cette vaisselle. Nous avons volontiers participé à cette réparation. Les œuvres de nos prédécesseurs sont exposées sur des étagères où l’on trouve également des livres à emporter (1 seul) déclassés de la bibliothèque municipale. Réparer la porcelaine est une tradition au Japon. C’est aussi un geste politique. Mais cela demande une habileté que je ne possède pas. La colle demande beaucoup de temps et de patience, la ficelle de la dextérité, le scotch est d’une utilisation plus simple, mais c’est moche.
Metz Cathédrale
Comme il restait deux heures avant le train du retour, nous sommes allées flâner dans Metz, dans les grandes rues allemandes, dans les vieilles rues, le centre piétonnier. Le but de la balade : la Cathédrale pour voir in-situ les vitraux de Chagall.
Vitrail dans la cathédrale
Et comme il faisait beau et chaud, nous avons terminé la balade à la terrasse d’un beau café.
« La religion catholique dont j’ai failli devenir le serviteur, enseigne que les Nègres sont naturellement esclaves. Toutefois, si les Nègres sont esclaves, je sais parfaitement qu’ils ne le sont pas par décret divin, mais parce qu’il convient de le penser pour continuer à les vendre sans remords.
je suis donc parti au Sénégal à la recherche des plantes, des fleurs, des coquillages et des arbres qu’aucun autre savant européen n’avait décrit jusqu’alors. Les habitants du Sénégal ne nous sont pas moins inconnus que la nature qui les environne. Pourtant nous croyons les connaître assez pour prétendre qu’ils nous sont inférieurs. »
Merci à Babélio et au Seuilpour ce voyage au Sénégal et au voyage dans le temps, à la fin du 18ème siècle jusqu’à l’Empire! Merci pour cette lecture passionnante et poétique!
Du même auteur, David Diop, j’avais beaucoup aimé Frère d’Ame lu à sa parution et dont la lecture à Avignon par Omar Sy m’a enthousiasmée (podcast France Culture, Avignon Fictions). Quand Babélio m’a proposé ce livre, j’ai sauté sur l’occasion et encore une fois j’ai lu ce livre avec un grand plaisir.
Le titre, La porte du voyage sans retour, évoque clairement la Traite Atlantique. la première fois que j’ai entendu cette expression c’était à Ouidah au Bénin. Puis à Gorée où se déroule une partie du récit.
La Porte du Non-retour Ouidah
L’esclavage n’est pas le seul thème évoqué dans le roman de Diop. Le personnage principal du récit est un Savant du Siècle des Lumière,Michel Adanson, personnage qui a vraiment existé, qui a débarqué en 1750 à Saint Louis du Sénégal pour décrire flore et faune de la région, cartographier, étudier les coutumes…Le jeune homme a appris le wolof et s’est lié d’amitié avec un jeune prince, Ndiak, qui l’introduit au plus près de la population.
Le livre est aussi une réflexion sur la culture orale des Sénégalais, par un Encyclopédiste qui passera le reste de son existence à écrire son encyclopédie. Le botaniste, proche de la nature, reconnaît l’importance des croyances africaine :
» Malgré mon cartésianisme, ma foi dans la toute-puissance de la raison, telle que les philosophes dont j’ai partagé les idéaux l’ont célébrée, il me plaît d’imaginer que des femmes et des hommes sur cette terre sachent parler aux arbres et leur demandent pardon avant de les abattre. Les arbres sont bien vivants, comme nous, et s’il est vrai que nous devrions nous rendre comme maîtres et possesseur de la nature, nous devrions avoir des scrupules à l’exploiter sans égards pour elle. «
C’est une histoire d’amour impossible. Orphée et Eurydice.
Portrait de madeleine : marie-Guillemine Benoist (1800)
C’est aussi une relation de voyage aventureux et une exploration des paysages, des mœurs, aventure et magie.
Des surprises, rien n’est convenu, pas de manichéisme non plus, chaque personnage apparaît sous plusieurs points de vue….
Marchand d’art à Paris et à New York, Durand-Ruel fut le soutien des impressionnistes et s’intéressa à leurs héritiers, Gustave Loiseau, Henry Moret, Maxime Maufra, Georges d’Espagnat, Albert André qui étaient liés avec lui par un contrat d’exclusivité.
Georges d’Espagnat : Crique au Lavandou (choisi pour l’affiche de l’exposition)
L’exposition à la Maison Caillebotte présente ces cinq peintres que j’ai le grand plaisir de découvrir. L‘exposition Vollard au Petit Palais est construite un peu dans le même esprit, réunissant autour de la personnalité d’un collectionneur et marchand d’art une pléiade de peintres. j’ai toujours beaucoup d’intérêt à admirer des Picasso, Chagall, Matisse… mais j’avais envie de découverte. Les Postimpressionnistesprésentés à Yerres sont peut-être de moindre envergure mais je n’en connaissais aucun et j’aime les nouveautés et les surprises.
Gustave Loiseau, Maxime Maufra et Henry Moret occupent le niveau haut. peinture héritière des Impressionnistes, le plus souvent des paysages mais surtout des marines. Ces trois peintres se connaissaient et se sont retrouvés à Pont-Aven où ils ont rencontré Gauguin
Gustave Loiseau : Les Roches Vertes
J’ai beaucoup aimé les couleurs des paysages bretons de Henry Moret
henry Moret : Goulphar, Belle-Île
ainsi que ses personnages ayant une certaine parenté avec les bretons et bretonnes de Gauguin
Henry Moret : les Moissonneurs
Toujours des sujets bretons avec Maxime Maufra
Maxime Maufra : la Récolte du Goémon
On descend un escalier pour découvrir une toute autre ambiance avec Georges D’Espagnat, on quitte la Bretagne, les paysages marins pour des portraits, des enfants
G d’Espagnat : la Gare de Banlieue
ainsi que des couleurs chatoyantes comme la Crique au Lavandou ou l’après midi d’automne
G d’Espagnat :Après midi d’automne
Aussi coloré et décoratif, le travail d’Albert André a su nous séduire
Je ne pouvais pas rater cette exposition féministe et très originale.
Le cartel présentant les œuvres précise que ces créations sont faites directement à partir de la vie quotidienne et des activités domestiques. La Sphère privée s’étend à la créativité et à la politique.
In the power of my hands – Tapisserie faite avec des nattes de cheveux artificiels
En effet ces plasticiennes utilisent les textiles, la terre, et même les tresses de faux cheveux des coiffures africaines . Mais j’ai aussi été bluffée par la modernité de ces œuvres qui utilisent largement la photographie et la vidéo.
« Mombathiseni de Bullieweze Siwani – il faut entendre les vagues des vidéos
textile
Dyptique de Njideka akunyali Crosby
Les techniques utilisées sont souvent métissée, composites avec surimpression photographiques et très sophistiquées. l’artiste nigériane vit à Los Angeles,.
Ana Silva : broderies sur sac
Ana Silva, Angola, a brodé des femmes en fines broderies sur de la toile à sac servant à emballer des vêtements de seconde main arrivant en Afrique : dénonciation de la surconsommation de l’industrie de la mode.
D’autres œuvres dénoncent les violences faites aux femmes, ou l’impossibilité de représenter le sexe féminin.
Reinata Sadimba : Femme en train d’accoucher
j’ai beaucoup aimé la vidéo de Wura Natasha Ogunju(USA/Nigéria) dont est tirée l’affiche de l’exposition : Will I still carry water when I am a dead woman? Des femmes au visage masqué mais à la tenue courte, short ou robe courte trainent des bidons dorés qui les entravent. Elles défilent dans les rues d’une ville nigériane dans l’indifférence des passants.
Comme le titre en anglais l’indique, ces artistes viennent presque toutes de l’Afrique anglophone, Afrique du Sud, Nigéria, Zimbabwe sauf Angola. C’et une région de l’Afrique que je ne connais pas du tout et j’ai été très dépaysée.
Un pavé de 555 pages lu en trois jours, les pages se tournent toutes seules.
Roman historiqueracontant l’Histoire de la Sicile, plus précisément celle de Palerme de 1799 à 1868 à travers la réussite de la famille Florio.
On s’attache aux personnages, Paolo et Ignazio, les négociants en épices qui quittent Bagnara en Calabre pour Palerme. Vincenzo le fils de Paolo développe l’affaire familiale et lui donne un aspect industriel et même un rayonnement international. Ignazio, prendra les rênes d’un véritable empire. Cependant, malgré leur réussite commerciale, ils ne parviendront pas à s’intégrer dans la noblesse sicilienne et on leur reprochera leur origine calabraise, « des hommes de peine ».
De courts chapitres retraceront les évènements historiques. La République Parthénopéenne, révolution napolitaine (1799) et la fuite des Bourbons avec l’avancée de Bonaparte bouleversent les équilibres aussi bien géopolitiques qu’économique avec l’importance stratégique de la Sicile pour l’Angleterre dans son antagonisme avec la France de Napoléon. On assistera au retour des Bourbons, aux insurrections de 1848, à l’expédition de Garibaldi et à l’Unité Italienne. Les Florio qui deviennent de plus en plus influents participent à cette évolution politique.
Santa Catarina et la fontaine de la Vergogne
Ce roman raconte aussi l‘arrivée de la modernité sur Palerme. Transformation d’un commerce traditionnel d’importation de quinquina, clous de girofle, cannelle, sumac en une herboristerie fréquentée par la meilleure société. Vincenzo découvre la Révolution Industrielle au Royaume uni, les usines textiles, les machines industrielles et importe des machines anglaises, transforme sa flotte de voiliers en bateaux à moteur à coque d’acier. Il diversifie ses activités :se lance dans la pêche au thon, monte une conserverie, produit et exporte du vin de Marsala…
Il y a bien sûr, dans la saga familiale des histoires d’amour.
J’ai eu grand plaisir à retrouver Palerme, à imaginer les décors intérieurs des palais que j’ai admiré en me promenant. Imaginer la vie des palermitains de toutes conditions, des marins et portefaix jusqu’aux nobles.
Cap Corse, Santa-Lucia, 1988, on retrouve dans un caveau de famille, le cadavre décapité d’une femme assassinée une dizaine d’année auparavant. Le major Serrier se consacre à donner une identité à la Femme sans tête et, 10 ans après le meurtre à enquête sur cet assassinat, classé depuis longtemps.
Dans ce polar très sombre se croisent trois destinées : celle de la Femme sans tête, celle de Serrier qui se fait phagocyter par cette difficile enquête qui s’enlise, s’entête et finalement commence à couler. Un troisième personnage mène de son côté des recherches obstinées, un journaliste nommé Albertini (l’auteur?) et qui fait irruption, en italiques, dans le récit du policier.
Lu à Bastia alors que nous faisions des excursions au Cap Corse, j’ai eu plaisir à imaginer les décors et les personnages. C’est vraiment très noir!
MALAMORTE
Novembre 2018, Bastia. Le capitaine chargé des « Homicides simples« , affaires sans importances, crimes d’après boire, misère crasse…a été placardisé après un dossier délicat. Appelé sur un carnage où une femme et une petite filles ont trouvé la mort, le mari à moitié suicidé, ce crime domestique semble « simple » mais rien n’est simple!
Deux femmes sont découvertes assassinées, à quelques jours d’écart, crime de rôdeur, de détraqué sexuel, encore une affaire « simple« !
Le capitaine est consciencieux, il va approfondir ces enquêtes et nous faire découvrir les différents services, police, gendarmerie, légion, et même barbouzes qui concourent au maintien de l’ordre dans l’Île de Beauté, et pas toujours en harmonie!
Le suspect du massacre familial était entrepreneur dans le bâtiment, le policier enquête dans le milieu des promoteurs immobiliers. Beaucoup d’argent entre en jeu, argent propre ou argent du trafic de stupéfiants? L’affaire simple devient de plus en plus compliquée, trouble d’autant plus que sur l’île tout le monde se connaît.
Nombreux rebondissements, un bon rythme, un style efficace pour nous faire découvrir les aspects de la Corse loin de l’île solaire et touristique.
Tout à fait d’actualité ce petit livre de 65 pages!
Actualité cette année de commémoration 200 ans de la mort de Napoléon à Sainte Hélène. Difficile d’y échapper.
Actualité quand Fake news et conspirationnismepolluent la vie politique si ce n’est pas citoyenne tout simplement (avec refus des vaccins sous des prétextes parfois farfelus).
Et voici comment on peut facilement démontrer que Napoléon n’a pas existé.
Trois parties à cet opuscule :
Arthur Bernard: Le Grand Erratum de Jean-Baptiste Pérès ou l’histoire du dix-neuvième comme source d’un nombre infini d’errata
Comme quoi Napoléon n’a jamais existé ou grand erratum, source d’un nombre infini d’errata à noter dans l’histoire du XIXème par M. J.B.Pérès A.O.A.M, bibliothécaire de la ville d’Agen
Leonardo Sciascia : jette le masque Bonaparte!
La première partie annonce le texte de Pérès, le complète, l’analyse.
La seconde prétend que Napoléon n’a pas existé, que c’est un personnage allégorique, le soleil personnifié (je serais tentée de faire une plus longue citation mais je préfère que vous le découvriez par vous-même)
La dernière partie met en scène une émission de télévision où sont invités Savinio, Napoléon lui-même, Chateaubriand, un jeune homme dans le rôle de candide. Ces dialogues sont très amusants se référant également à Gramsci, Stendhal ou Jean Jacques Rousseau. Des allusions au XXème siècle – Guerre des Malouines, Budapest ou Varsovie – ne sont pas fortuites. Un régal, je suis fan absolue de Sciascia!
Napoléon, écrit Stendhal, se lia intimement avec le célèbre Paoli et avec Pozzo di Borgo, jeune Corse plein de talent et d’ambition. Depuis, ils se sont portés tous deux une haine mortelle.
Avant notre départ pour Bastia j’ai téléchargé cet ouvrage (368 pages). j’avoue que je n’ai pas été jusqu’au bout.
J’ai été très intéressée par les premières parties du livre qui racontent l’histoire de la Corse, le personnage principal n’est ni Bonaparte, ni Pozzo mais plutôt Paoli. Retour au XVIIIème siècle : de Rousseau à Boswell, la Corse , sa constitution a fasciné une partie de l’Europe avant la Révolution français. La Révolution vue de Corse, la Terreur ne séduit pas, au contraire, elle révulse et une Consulta réunie à Corte
Le lendemain de cette Consulta, il fut décidé que : « Le peuple corse abandonnait les Bonaparte, nés de la fange du despotisme, à leurs propres remords et à l’opinion publique, qui les avait déjà condamnés à l’exécration éternelle et au déshonneur. » Paoli ordonna qu’on arrête Napoléon. Celui-ci prit la fuite, manqua d’être tué à plusieurs reprises et réussit à quitter la Corse.
J’avais déjà lu cette histoire de fuite des Bonaparte à l’occasion de notre voyage à Ajaccio mais n’avais pas bien compris les enjeux.
La Corse devient anglaise,
La Corse devint officiellement anglaise le 15 juin 1794. Son drapeau était frappé de la tête de Maure et des armes du roi, son hymne était le Salve Regina et la religion catholique, apostolique et romaine, la religion d’État. On voit par là que les Anglais faisaient preuve de souplesse et désiraient ardemment[…]
Que Paoli se tournât vers l’Angleterre n’était donc pas une hérésie : il connaissait bien ce pays, il y avait vécu plus de vingt ans et croyait l’Angleterre assez éloignée de la Corse pour la protéger sans l’asservir
L’Histoire de Bonaparte puis de Napoléon 1er , et en parallèle celle de Pozzo quitte la Corse et prend les chemins de l’exil
Napoléon et Pozzo connurent tour à tour chacun des lieux par où l’autre était passé. La première étape de l’exil de Pozzo fut l’île d’Elbe, conquise de fraîche date, ainsi que Capraia, par Nelson, victoires minuscules comparées aux conquêtes de Napoléon dans la péninsule italienne. Pozzo, devenu apatride, connaît le sort des émigrés et l’amertume de l’exil, pendant que Bonaparte vole de victoire en victoire et revient d’Italie auréolé de gloire.
Campagnes de Napoléon, exils sur l’île d’Elbe et Sainte Hélène…émigration de Pozzo jusqu’en Russie. On s’éloigne vraiment de Corse et je ne suis pas fan d’épopée napoléonienne, ni des tractations de Talleyrand… J’abandonne.