O Pindo et la Côte de la Mort

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Horreos : grenier à mais

Nous avons passé la fin de la soirée avec les fenêtres ouvertes, les moustiques sont entrés. Nous aurions pu nous en douter avec le marais ! Depuis trois jours la météo nous promet de la pluie, ce matin nous ne sommes pas déçues de nous lever sous un ciel gris avec un petit crachin. Nous allons explorer la « Côte de la Mort » au delà du Cap Finisterre.

Cee

toujours des greniers: je ne m’en lasse pas

Cee, petite ville, est très active ce matin : c’est le marché. La fanfare parcourt les rues, on tire des pétards sur la plage (feu d’artifice de jour !) il fait 19°C, nous faisons nos courses sans nous presser.
J’avais imaginé, je ne sais pourquoi, une route qui aurai suivi la côte traversant des landes désolées et désertes. J’aurais mieux fait de consulter la carte. Au Cap, fin de la route, nous repassons pour la quatrième fois à Cee, coupons par l’intérieur découvrons une campagne très boisée : résineux et eucalyptus La campagne est loin d’être déserte. Des petits hameaux sont dispersés partout. Les fermes sont entourées de petits champs de maïs. Il y a partout des horréos, greniers perchés en granite aérés de fentes verticales ornés de croix, très bien entretenus : les Galiciens semblent prendre grand soin de ces construction, même à l’intérieur des petites villes les horréos sont à l’honneur.

La côte de la Mort

Quand nous atteignons la côte, les nuages ont disparu, le ciel est bleu. Le soleil chauffe même s’il souffle un petit vent frais. Je recommence à envisager une baignade. Pique-nique  sur une pointe rocheuse face à un petit port. Je sors enfin mes aquarelles. Ce n’est pas une réussite, j’ai toujours du mal à peindre Le port n’est pas si petit que cela : de gros bateaux de pêche y sont amarrés. Le front de mer est bien aménagé. A l’arrière, on aperçoit de jolies rues avec des maisons basses en granite avec des balcons fleuris. Nous montons à une église qui a un curieux clocheton séparé de l’église en haut d’un escalier raide.

Le sanctuaire de la Vierge de la Barque se trouve au bout d’un cap près d’un phare. Grand église sur une placette dominant la mer. Le granite massif est lisse comme s’il avait été poli.

Retour à O Pindo

De retour à O Pindo, nous montons au mirador Erzeiro, construit sur la montagne qui domine la ria,  coiffée d’éoliennes, de grosses canalisations aboutissent à une petite centrale électrique située au niveau de la mer. Après avoir grimpé une route en épingles à cheveux nous découvrons un lac . Il se termine par une belle cascade en éventail ,  barrage, le lit du rio est presque à sec dans le chaos granitique devait être beaucoup plus spectaculaire avant le captage. Elle a creusé un entonnoir énorme dans la roche.

Crique de granite rose

Granite rose

En face  de la plage de Pindo, nous découvrons une jolie crique bordée de rochers aux formes contournées comme sur la côte de granite rose bretonne. C’est un endroit ravissant agrémenté de villas fleuries. Dans les jardins : agapanthes, hortensias et lauriers roses. Le sable est très blanc, la mer bleue. De petites barques colorées se balancent. Plus loin, des bâtiments en granite longs et bas comme des maisons de pêcheurs d’un autre âge. Puis une autre crique qui sert de havre à une vingtaine de barques amarrées par deux cordes à des piquets situés sur le haut de la plage. A marée basse elles reposent sur le sable et nous devons enjamber les cordages. C’est vraiment le plus bel endroit de la côte. Tout est harmonieux, parfait, les maisons de pierre, les barques colorées, la mer bleu violent et au loin la ligne embrumée du Cap Finisterre, en face les maisons colorées et la plage du Pindo.
Dîner sur la plage en face de l’hôtel d’une tortilla toute chaude aux pommes de terre.

 

 

 

 

Galice : la côte verte

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Il fait bien gris ;dès  que nous montons dans les collines nous rencontrons le brouillard.

Mondonedo

Sa cathédrale énorme domine la ville. Elle est construite sur une très jolie petite place entourée de maison du XVIIIème siècle avec des vitrines et des balcons en ferronneries.  Les arcades habituelles sont remplacées par des colonnades de granite Un côté de la place est bordé de balustres.

La façade de la cathédrale est tellement grande que je n’ai pas assez de recul pour la faire cadrer les  deux clochers dans la photo. Elle est décorée de délicats ornements : blasons, au centre un personnage (Saint Jacques ?) avec un lion, un autre (un évêque ?).

Cette imposante façade baroque fait oublier que le reste de l’église est roman (ogival, selon le guide vert). Entre roman ogival et gothique, je m’embrouille. Une magnifique rosace aère la façade.

A l’intérieur est très sombre. Une machine à sous est censée déclencher les éclairages  sans résultat. On devinera plus qu’on n’admirera les deux buffets d’orgue à chamade. Le retable baroque est bien doré, orné de statues peintes sur des nuages empilés comme il se doit.  C’est un baroque encore raisonnable, on en a vu de bien plus délirants au Portugal ou en Sicile. Ce qui m’a le plus amusée, c’est une fresque naïve du 15ème : le Massacre des Innocents. Des chevaliers en cotte de maille brandissent de grandes épées, des têtes sont tranchées. Leurs adversaires sont enturbannés : Scènes de la Reconquête ou Croisades ?

Dans le brouillard !

A 600 m, au col, nous nous trouvons dans un épais brouillard. Pas de commentaires pour le paysage!

Le chemin de Saint Jacques

Passé le col, tout s’éclaire, il fait beau. La campagne est riante, les maisons couvertes de tuiles romaines sont fleuries dans des champs de maïs, de haricots bien ramés, d’autres de plantes potagères. Nous suivons tranquillement la route 632, la même que depuis Bilbao. La coquille bleue et jaune de chemin de Saint Jacques (On dirait un soleil avec des rayons inégaux !) indique le chemin des Pèlerins qui suit parfois des chemins creux bordés de dalles plates alignées verticalement. Nous sommes en pays de granite . Des eucalyptus sont plantés serrés, les châtaigniers sont en fleur. L’Espagne apparaît ici très sauvage, peu cultivée, couverte de forêts denses.

Pour les pèlerins le voyage s’achève. A midi, nous abordons Santiago que nous contournons.
L’idée est de loger au bord de la mer à une quarantaine de km de Santiago et d’y venir en excursion.

Noia

Nous avons fixé l’étape à Noia . Avant le weekend, nous devons faire le plein des courses.

Nous arrivons à Noia en pleine fête médiévale et en plein embouteillage. Pour faire « Moyen Age » on a répandu du foin dans les petites rues et les buvettes ont remplacé les chaises par des bottes de paille. Cela sent bien bon la grillade. Si Noia est une petite ville coquette, ce n’est pas du tout ce que nous espérions : un village en bord de mer. Les guides ont tendance à qualifier de village n’importe quelle agglomération de moins de 100 000 habitants même s’il y a des immeubles, dix banques et quinze supermarchés. En tout cas Noia est située profondément dans la ria et nous ne sommes pas du tout à la mer.

Contourner la Ria

Après le pique-nique sur un  petit embarcadère nous décidons de poursuivre jusqu’à Muros pour trouver l’océan. Il nous faut contourner la ria, s’éloigner du rivage et parcourir encore 30 km Dans l’estuaire, on voit des barges d’aquaculture De jolies plages de sable seraient bien tentantes si nous trouvions un hébergement. Il faut dire que nous avons été tellement gâtées ces derniers temps que nous devenons difficiles ! Nous voulons une chambre avec vue sur la mer ! Muros est une agglomération importante, nous ne voyons aucune pension selon nos critères. Et continuons la route côtière s’éloignant de Santiago. La Côte devient très sauvage, il y a  peu de villages et ceux-là n’ont aucune infrastructure hôtelière !

Nous nous arrêtons boire un café dans une Fonda. La dame très gentille nous propose ses chambres. La maison nous semble bien rustique et surtout loin de  la mer. Pour ne pas la vexer, je prends prétexte du temps : nous voulons profiter de cette belle journée pour voir le cap Finisterre. Demain et après demain, prévu pluie, nous irons à Santiago.

Et si nous adoptions cette solution de rechange ?
La côte est pittoresque, les collines qui la bordent sont hérissées de chaos granitiques. Les grosses boules se détachent sur les ajoncs j et les bruyères. Sur la côte, des plages de sable blanc sont encastrées dans les rochers de granite rose. On pense au Connemara, au Finistère français.

O Pindo

Nous trouvons enfin la Pension que nous cherchions dans un petit immeuble moderne aux belles vitrines laquées blanches et à la façade en granite gris. Au rez de chaussée cervezaria moderne tenue par une jeune femme coiffée avec des mèches rouges quelques jeunes sont accoudés au comptoir, elle me tend la clé . Je monte un bel escalier de granite à deux couleurs rose et vert et trouve une grande chambre blanche aux meubles de bois foncé avec une glace encadrée de bois et un lustre rustique en bois. Tout est soigné et paraît neuf. La salle de bain est particulièrement luxueuse : baignoire basse encastrée dans un granite vert formant de larges bordures. Seul défaut : vue sur la colline. Je demande une chambre sur le devant : impossible. Déception!

Nous visitons une autre pension tenue par une vieille dame très gentille, qui nous propose une belle chambre soignée – toujours pas de vue.

Il reste une troisième pension à O Pindo mais nous préférons retourner à la première, nous installer rapidement et aller au cap Finisterre ou Fisterra.
O Pindo, villagconstruit autour de deux petites baies et deux rias En face de notre Pension Sol y Mar la ria se termine par un petit marais, l’autre plus large abrite des bateaux. Le petit village s’étire le long de la route côtière . Une pointe rocheuse s’avance dans l’océan et abrite un petit port de l’autre côté. La toute petite église de granite rose est éclipsée par  les maisons aux alentours plus grandes. Bâtisses à étage en ciment peint en blanc, toit de tuiles. Le tour des fenêtres est le plus souvent souligné de granite gris ou peint en rouge. Certaines maisons colorées sont revêtues de carrelage comme au Portugal. Entre la côte et la montagne raide, il y a peu de place pour un village ! à l’arrière de la route principale quelques maisons sont adossées à la pente.
Dans la mer, des roches émergent, granite rose réplique de celui de Perros Guirec, peut être plus marron . Dans la brume on devine la ligne de rivage compliquée avec des caps et des îles.
Avant le cap Fisterre, nous traversons plusieurs villages avec des plages de sable blanc, des forêts de pins et d’eucalyptus. Un port accueille même de gros bateaux et une usine sidérurgique : gros tas de charbon et toutes sortes de ferrailles.


Le cap Finisterre et son phare représentent avant tout un symbole : le point le plus à l’ouest de l’Europe, la fin des terres au XVème siècle. Mais c’est le quatrième que nous visitons : en plus de la pointe du Raz, il y en a deux autre rien qu’au Portugal :
Avec son parking qui enlaidit l’endroit, ses boutiques de souvenirs très kitsch (tout un artisanat à base de coquillages, du lustre au set de table en passant par de petits phares peints, des marins en plastique et de curieux bateaux givrés. Ce n’est pas le plus bel endroit de la région. Le phare a été transformé en hall d’exposition « Finistère 1929 » : de très belles photos, des aquarelles grand format très intéressantes : des portraits, des femmes avec des filets d’une Valero m’ont bien plu.
Au bout du Cap, on distingue la limite entre la Ria, mer d’huile et le grand large tout agité de vagues alors qu’il n’y a pas un souffle de vent. Des traînées d’écume se déploient à partir de la pointe. Certaines sont d’un blanc douteux jaunâtre. Où est le Prestige?
Nous dînons sur le petit port dO Pindo . Une famille se promène. Des barques rentrent . Une dame engage la conversation « d’ où venez vous ? »où habitez vous ? »Puis nous parlons du temps qu’il fait

– « la télé a prévu trois jours mauvais «

–  « c’est la télé qui le dit »

Nous parlons enfin du Prestige . je peux enfin demander où il se trouve ,tout près derrière le Cap Fisterra

« Oun desastre »

la dame raconte que le naufrage a eu lieu en novembre, cela fait donc huit mois.  je montre mes pieds « Aceite y frottar » elle insiste sur « frottar ». Ils n’ont pas fini de frotter ? La plage est pleine de micro-boulettes qu’on ne voit pas au début. Les rochers curieusement ne semblent pas trop atteints sauf certains gros qui émergent et sont couverts de noir . Ceux qui sont sous le niveau de la marée haute apparaissent de loin, presque propres.

Avant de retourner à l’hôtel nous trouvons un sentier le long de la pointe rocheuse. Une dame grande et blonde nous aborde dans allemand bizarre puis nous demande d’où nous venons « de France » elle ne parle pas français mais un  curieux italien et elle est très fière d’être polyglotte ? Nous parlons du temps

« il va pleuvoir et c’est très bien il commençait à faire chaud »
C’est le premier endroit où nous sommes si bien accueillies.

 

Les deux morts de ma grand-mère – Amos Oz – Gallimard

LIRE POUR ISRAEL

Pendant les évènements récents, véritable guerre civile qui ne dit pas son nom, j’ai eu envie de me tourner vers Amos Oz (décédé en décembre 2018), qu’aurait-il dit de ces affrontements? 

Les deux morts de la grand-mère est un recueil de plusieurs essais, conférences entretiens parus séparément de 1975 à 1992. La table des matières donne un aperçu du contenu

 I. D’OÙ JE VIENS

Exorciser les démons

Une enfance à Jérusalem

Un étranger dans une ville étrangère
 II. D’OÙ J’ÉCRIS

Les deux morts de ma grand-mère

Tel un gangster la nuit des longs couteaux, je rêve
 Pourquoi lire ?

III. D’OÙ JE PARLE

Entre l’Europe et le désert du Néguev

Le charme discret du sionisme

L’écrivain écrit, le critique critique, et le temps juge…. (entretien avec Iona Hederi-Remege)

Le kibboutz et la tendresse Un romantique contrarié (entretien avec Ari Shavit)

IV. LES MOTS QUI TUENT, LES MOTS QUI PARFOIS GUERISSENT

La valise de Maria Kafka

Entre l’homme et l’homme

Les nerfs d’acier de la divinité et la vraie ironie allemande

Ils ont été créés à l’image de Dieu

La morale et la culpabilité 

De la douce Autriche et des sages de Sion

Paix amour et compromis

Ce sont des textes très variés, dans la première partie, Amos Oz parle de ses origines, de ses parents, du rapport à la culture européenne et de la Jérusalem rêvée si différente de la Jérusalem réelle.

J’ai surtout aimé la seconde partie et son rapport ambivalent au kibboutz qu’il a quitté.

Voyez-vous, la civilisation d’“Eretz Israël des travailleurs”, apparemment, ne reviendra plus. Je fais partie de
cette civilisation. Cela veut dire que j’appartiens au passé. “Le pays de mon cœur”, que l’on me promettait au
temps où j’appartenais au Mouvement de jeunesse, n’existera

……………
Le monde auquel j’avais le sentiment d’appartenir intimement – avec beaucoup d’ambivalence – n’existe plus. Ce qui a été ne sera plus, et pour moi c’est un sentiment pénible. Le noyau de la civilisation qui s’est développé ici dans les années trente et quarante ne continuera pas à se développer. Il n’y aura plus ici de société de cols ouverts et de shorts, ce que Shulamith Hareven appelle une “société de frères”, une société ouverte, égalitaire, sans formalisme. Elle a disparu.

La dernière partie est un commentaire du Shoah de Lanzmann. Essentiel. 

C’est un ouvrage sans illusion, sans concession non plus, critique vis à vis du nationalisme israélien mais aussi vis à vis de la gauche bien-pensante. Cependant il date un peu. Presque trente ans nous séparent de la parution.

– Barreiros de Saint Cosme

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

6h30, je monte le store : il fait à peine jour. Je commence à mieux comprendre l’ »heure espagnole » Tout se fait avec deux heures d’écart par rapport à la France. Il y a ici, une raison naturelle : nous sommes plus à l’ouest, presque à la longitude du Portugal de Greenwich ou du Maroc. Le décalage horaire explique les coutumes.
Le ciel est couvert, il tombe un petit crachin qui ne mouille pas. Je ne sais si je dois appeler cela brouillard, brume ou nuage la nébulosité accrochée au flanc de la colline.

Petit déjeuner dans la belle salle du bar : immense jus d’orange, 4 toasts, café crème, thé pour Dominique. Nous retournons à la plage des cathédrales.

Plage des Cathédrales

Il n’y a personne nous avons le site pour nous toutes seules. Le sable est mouillé, vierge d’empreintes. Nous explorons les arches, les tunnels, les piliers et les grottes. Nous ne savons jamais où un tunnel va déboucher : coté mer  ou côté falaise avec de la végétation terrestre. Des petites cuvettes contiennent une eau claire, bleue habitée par les poissons des sables, des crevettes ou des crabes qui détalent quand je les traverse. (Heureusement que je suis en short). Ce qui est un peu inquiétant, c’est que la marée monte et qu’il ne faut pas se laisser piéger au fond d’un tunnel. L’implantation des moules et des balanes et la laitue de mer montre que l’eau arrive très haut, au moins à 205m du sable. (Un panneau explicatif donne un marnage de 4 m, probablement pour les grandes marées). Nous repérons des plates-formes accessibles dans la falaise.

Heureusement les commandos blancs, truelle et cabas de caoutchouc noir, débarquent. Ce sont des filles d’une vingtaine d’année, style étudiantes. Leur présence me rassure. Si elles patrouillent dans les tunnels c’est que nous ne risquons rien. L’une d’elles est particulièrement affairée. Elle fonce, traverse les petites mares, visite toutes les grottes. Tandis que les autres bavardent et rigolent.

Sédimento

Hier, j’avais mal observé les roches : les petits bancs sont plus gris que les schistes. Finalement, je les qualifierais d’ardoise gréseuses (d’ou l’intérêt du fameux triangle calcaire-argile-sable) .L’aspect de la tranche perpendiculaire à la stratification varie aussi selon que la roche est toujours à l’air libre ou au contact avec l’eau. La tranche émergée est plus claire, gris argenté parfois oxydée en orange, les lits se détachent, la roche semble feuilletée. Est ce le rôle du vent ? Les différences de température, La partie en contact avec l’eau est noircie, peut être le pétrole (en tout cas pas celui du Prestige) mais sûrement un milieu plus réducteur. Le mur est aussi plus compact.
moules et balanes

pousse pieds

Sur environ deux mètres, la roche est colonisée par les moules dans les creux, et les balanes. Des amoureux ont gravé leurs noms et une date : Juillet 2002 dans une colonie de balane. La trace est très nette. Cela me rassure : le pétrole du Prestige n’a pas fait son arrivée en masse ? Le noir observé plus haut ne peut pas lui être imputé. Il se manifeste sous forme de petites galettes ou de petites boulettes ? Nous explorons méthodiquement tous les creux. . Je prends photo sur photo comme chaque fois qu’un endroit me plaît. Et, comme toujours, la pellicule se termine justement dans le coin le plus pittoresque quand, par une fente, on voit les vagues se briser au loin et qu’au premier plan, une vasque d’eau claire laisse entrevoir les rides sur le sable.

Nous remontons en voiture explorer d’autres plages : celle des châteaux, la plage des îles … qui sont moins spectaculaires.

Nous poussons jusqu’au port d’un tout petit village qui pourrait être breton ou irlandais avec les petits jardins bien protégés par les murs d’ardoise sèche : oignons, pommes de terre, haricots sont sagement bêchés. Les filets sèchent au sommet des murs. Sous un ciel bleu, j’aurais été tentée de prendre des photos. Seule caractéristique typique de la Galice : les greniers à maïs rectangulaires aérés par des fentes verticales, sur pilotis, coiffés d’étranges pointes.   Ils ressemblent aux Espigeiros portugais. Le Gallego ressemble au portugais : plage se dit Praia. Je reconnais d’autres mots mais j’ai plus de mal à comprendre les gens. Ce n’est pas fameux pour mes progrès en Espagnol.

Foz

Nous allons à Foz à l’office de tourisme, à la banque et au supermarché. C’est une petite ville avec des problèmes de parking et pas de caractère particulier : sans intérêt. . Nous déjeunons d’une spécialité locale lEmpanada : tourte aux sardines. Pâte à pain fourrée d’une pâte de sardines et d’oignons jaune (sans doute du curry peut être du safran). Nous nous installons à la plage dans le creux des rochers sur le sable sec. La mer est haute. Trois rangées de vagues déferlent à la fois. On a hissé le drapeau jaune de baignade dangereuse et nous sommes seules sur la plage.

J’arpente la plage. Le sujet de ma méditation : la marée noire. La mer commence à descendre, elle a laissé son lot de galettes et de boulettes. Je constate que le travail des combinaisons blanches est bien nécessaire. Combien de temps encore ? Mon fantasme serait d’écrire un article ou un livre. . J’imagine écrire à Corinne Lepage (ce serait un bon prétexte pour renouer une amitié d’enfance) C’est un fantasme, mon Espagnol est insuffisant pour interviewer les gens ainsi que ma méconnaissance totale des administrations espagnoles. Qui paye le nettoyage ? la commune, la Province ,Madrid, l’Europe ? Qui décide du nombre des employés , des embauches , des machines , De même mon utilisation d’Internet !

Cathédrale de San Martino

 

La cathédrale de San Martino est dans un tout petit village à 4 ou 5 km de Foz . la route traverse un bois d’eucalyptus très fourni, au pied des fougères très hautes. Dans le creux de la vallée très verte : une très belle ferme toute en pierre au toit de lauzes précédée par haie d’hortensias géants. La cathédrale du 10ème  (ou 11ème) est une des plus anciennes d’Espagne. Très haute pour une cathédrale dans un endroit perdu. A l’intérieur : beau plafond de bois qui me rappelle l’église de Ciboure. Les chapiteaux qui sont remarquables ainsi que les fresques.

Le soir, il fait si bon que nous laissons la fenêtre ouverte pour nous endormir et nous réveiller avec le bruit de la mer.

 

Arcimboldo & Cie – Revue DADA N° 254

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Merci à Babélio et à la revue DADA pour le cadeau! Je n’avais pas coché la case au hasard dans la liste., le numéro consacré à Botticelli m’avait beaucoup plu. Revue d’art destinée aux grands et aux petits, elle porte un éclairage particulier sur l’œuvre d’un artiste. Les ateliers pratiques peut être plus pour les petits mettent l’accent sur une technique particulière, les parents apprécieront. 

Arcimboldo (1526 – 1593) est un peintre milanais, dessinateur, portraitiste, mais aussi ordonnateur de fêtes, dessinateur de cartons de tapisserie et de vitraux. Il fut invité à la cour de Vienne par Maximilien de Habsbourg pour réaliser les décors des fêtes de la cour autrichienne, des portraits classiques de la famille Habsbourg. Ce sont les têtes composées qui confèrent à l’artiste sa célébrité. 

Le cuisinier

Têtes amusantes, tirant sur la caricature, comme celle du Bibliothécaire composée de livres. Têtes comme des énigmes quand il faut retourner le tableau pour découvrir Le Jardinier qui se cache sous des légumes, ou le Cuisinier dont le visage de viandes assemblées ne se devine qu’après un examen attentif. Si l’empereur est magnifié en Vertumne la dénonciation des travers des courtisans parfois monstrueux comme le Juriste, est d’une méchanceté acérée. 

Assemblage est le maître-mot. L’atelier propose une « Tête al dente » : collage de pâtes, farfalle, penne, serpentini. A la manière de….

Oublié, Arcimboldo est redécouvert par les surréalistes la revue Dada présente un certain nombre d’œuvres inspirées par Arcimboldo Dans le chapitre A la Cour d’Arcimboldo, Dali, Tinguely, Klaus Enrique, Marcel Duchamp, Di Chirico et d’autres sont mis en regard des tableaux d’Arcimboldo utilisant les procédés d’assemblage. Une belle collection!

Coïncidence (ou pas) au Musée Pompidou-Metz s’ouvre une exposition Arcimboldo. Cette revue est une excellente introduction à la visite. 

Notez que la Revue Dada, comporte toute une partie Actualités consacrées aux expositions dans le monde de l’art, entre autres les expositions commémorant Napoléon, Peintres Femmes au Luxembourg, et d’autres…

Arrivée en Galice : la Plage des Cathédrales

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

 

Traversons une ria, arrivons en Galice, et obliquons vers la mer en suivant un panneau « plage des Cathédrales » Nous nous reposons sur une belle plage de sable blanc immense et peu peuplée. Dernier objectif de la journée : trouver un logement. Après une tentative infructueuse (chambre misérable et sans confort), je m’adresse au bar d’un grande maison neuve en bord de mer : les chambres à 42 € sont magnifiques, toutes neuves et donnent sur la plage.

Nous montons un étage dans un escalier de granite poli et arrivons dans une chambre très claire beige avec des boiseries foncées, des rideaux de dentelle. La salle de bain est luxueuse. Nouveauté : les double-fenêtres, un grand radiateur et sur les lits des couvertures bien chaudes et des couvre-lits matelassés. La décoration est discrète : des gravures anciennes représentant des fruits dans des cadres de bois vert, belle lampe de chevet sur un support en laiton orientable.

Les nuages ont enfin disparu. Il fait bon sur la plage. L’eau est presque tiède, la surface de l’eau lisse. Il faut marcher longtemps pour avoir assez d’eau pour nager. Dominique lit Ann Perry allongée sur le sable tiède. .Je me livre à mon exercice favori : arpenter la plage à la limite de l’eau. Comme je suis en maillot, j’entre dans les cuvettes autour des rochers. Je marche depuis un bon moment sans voir le bout de la plage. Quand je reviens, Dominique est debout et scrute la plage. Habillée de blanc, je l’avais prise pour les travailleurs de la marée noire. Je suis partie depuis plus d’une heure.


Le Routard recommande vivement la Plage des Cathédrales. Nous arrivons sur un parking aménagé : restaurant, promenade de planches sur pilotis au dessus des massifs de bruyère fleurie. Nous empruntons les planches et sommes déçues : nous sommes loin du bord. Toutes ces installations ôtent le parfum d’aventure, c’est très sécurisé, très américain. Une famille d’Espagnols scandalise Dominique en escaladant les rambardes pour se faire photographier dans les bruyères. Le père est juché en haut de la falaise. Moi, je les comprends, trop de sécurisation appelle la transgression. Les planches étaient un attrape-nigauds ! la plage de cathédrales est dégagée à marée basse . J’y descends seule. Elle est vraiment impressionnante. Les falaises d’un schiste argenté lisse selon la schistosité, noir transversalement à la stratification, sont creusées à la base donnant des arches monumentales, mais aussi des piliers, des voûtes des couloirs des grottes. Négatif photo d’Etretat, falaises noires et plage blanche.

Carte de la Galice

 

 

Beaumarchais – Un aventurier de la liberté – Erik Orsenna – Stock

Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie !…Noblesse fortune, un rang des places tout cela rend si fier ! Qu’avez vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. Du reste homme assez ordinaire ! 

                              Le Mariage de Figaro, acte V scène 3

 

Erik Orsenna est l’auteur de biographies sympathiques, joyeuses et très agréables à lire : André Le Nôtre : Portrait d’un homme heureux, Pasteur: La vie, la mort, la vie. Celle de Beaumarchais est de la même veine. Orsenna  décrit Beaumarchais comme un séduisant personnage capable d’attirer la sympathie des Grands par ses talents variés : génial horloger, harpiste et maître de musique des  filles de Louis XV. Ce roturier, fils d’horloger, est introduit en Cour à  ans. Joli garçon il épouse et monte dans l’échelle sociale, s’achète un brevet de noblesse, fait des affaires. A la façon dont Orsenna raconte, il semble vivre en s’amusant. Et la lectrice s’amuse également. Il commet des pièces un peu ratées, peu importe, on s’amuse. Il a des ennemis aussi, des jaloux, on le traîne en justice mais il a tant d’esprit pour se défendre qu’on retiendra plus ses écrits piquants que la honte d’un jugement. 

Carmontelle : Ange-Laurent de La Live de Jully jouant de la harpe

Orsenna s’amuse lui aussi a faire des allusions à la vie contemporaine faisant de Beaumarchais le champion du « En Même Temps ». La lectrice sourit. En même temps diplomate, un peu espion, à Madrid et à Londres. Courtisan et frondeur, plutôt insolent que frondeur.

Le talent d’Orsenna est de rythmer son récit de citations du Mariage de  Figaro et du Barbier de Séville, dialogues piquants illustrant parfaitement le propos. Qui a plus d’à-propos, Orsenna ou Beaumarchais? Et la lectrice s’amuse (refrain).

Carmontelle : Louise-Marie-Thérèse Bathilde d’Orléans

Beaumarchais s’implique aussi dans des entreprises risquées : il veut prêter main forte aux Américains dans leur lutte pour l’Indépendance, affrète une véritable flotte. Il se fait imprimeur pour publier Voltaire. 

Amusant : il fait construire un palais en 1788 avec vue sur la Bastille, aux premières loges des manifestations ! Encore une fois, la lecture s’amuse (refrain).

C’est donc un ouvrage amusant léger, distrayant. Les grincheux diront peut-être, superficiel : en tout juste 200 pages, il n’y a pas la place pour une analyse approfondie. Moi qui ne suis pas spécialiste, j’y trouve mon miel.

Les Asturies sous la grisaille

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Des Asturies que nous avons traversées sous un ciel gris très bas et une atmosphère brumeuse, il ne nous restera que quelques images fugitives : les Horreos, greniers à maïs, carrés perchés sur des cônes de pierre, souvent sur le toit d’un cube avec un balcon à claire-voie.
Des hortensias énormes, en rangées fournies, têtes bleues, roses ou violettes, des pommiers, des haricots. Le parfum des eucalyptus.

A Ribadesella, jolie station balnéaire autour d’une plage très soignée, le routard nous signale des empreintes de dinosaures. Nous les trouvons avec l’aide d’un vieux monsieur qui faisait sa promenade matinale. Sur une couche de schiste, trois doigts griffus, plus loin d’autres pas moins nets.

La plage du silence

Après Avilès, nous cherchons un cap 2* au Michelin Vert pour pique-niquer. Une petite route cimentée nous conduit à la « Plage du Silence ». Au pied de hautes falaises, une mince bande de galets. Dans la mer, toute une série de rochers émergent, une dizaine de bateaux de pêche. Le nom de la plage est paradoxal : une colonie de mouettes est établie sur les rochers et fait un vacarme assourdissant.

Le soleil fait de courtes apparitions, je descends à la plage

L’ancienne route 632 passe dans des bois de châtaigniers, de pins, d’eucalyptus. Certaines maisons sont très fleuries. Quand nous remontons sur la nouvelle route nous passons de viaduc en viaduc au dessus des rias et des vallées. Les habitations sont laides, le paysage est peu intéressant.

L’autre bout du fil – Andrea Camilleri

Le mois de Mai, Mois de la littérature italienne se termine avec Camilleri, L’autre bout du fil, dernier opus sorti en français de la série policière, dicté par l’auteur malvoyant. Je suis retournée avec grand plaisir à Vigata pour retrouver Montalbano et son équipe, Fazio, l’inénarrable Catarella et la trattoria d’Enzo. J’ai aussi souri à cette langue « le Camillerese » comme la nomme Serge Quadruppani dans une longue et affectueuse introduction sous forme de lettre ouverte à Montalbano. Loué sot ile traducteur qui imprime une saveur méridionale à sa traduction. Comme j’aimerais être meilleure italiénisante pour goûter à la VO! .Le commissariat de Vigata est épuisé par les arrivées nocturnes d’embarcations de migrants que les autorités et la population accueille avec bienveillance et lassitude. (le roman est paru en 2016 en Italie avant les horreurs de Salvini). Mais l’intrigue de l’Autre bout du fil se déroule en ville. La couturière Elena qui devait justement réaliser un costume à Montalbano est retrouvée assassinée dans son atelier à coups de ciseaux. L’enquête piétine d’abord jusqu’au rebondissement final (que je me garderai bien de vous dévoiler). Nous assistons à de nouvelles arrivées de migrants, savourons avec Montalbano la délicieuse cuisine locale d’Enzo et celle que Angelina lui prépare, entre pâtes à la boutargue, sardines marinées à l’orange, risotto…Existe-t-il un livre de recettes de la cuisine sicilienne de Camilleri?Catarella adopte le « chat-témoin » du meurtre, le perd, s’y attache – péripéties amusantes – mais hilarantes sont ses transformations des noms propres (bravo encore Quadrupani). J’ai bien ri. Je n’ai pas laissé le livre jusqu’à la résolution de l’affaire.Encore un excellent Montalbano!

LIRE POUR L’ITALIE

Santillana del Mar

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

    La Grotte d’Altamira

Altamira : bisons

Comme à Lascaux, la grotte est interdite de visite aux profanes. Une réplique  du plafond orné de bisons se trouve à l’intérieur d’un musée très moderne. A Lascaux, nous avions vraiment l’impression de pénétrer dans une grotte avec ses tunnels, ses recoins, son obscurité. A Altamira, rien n’a été fait pour imiter l’ambiance souterraine si ce n’est un courant d’air humide et glacé : des rampes lumineuses courent le long de murets, des scènes de la vie préhistorique apparaissent en hologrammes. Si nous avions su cela, Dominique qui est claustrophobe serait venue.

Altamira : bison

L’effort est mis sur la pédagogie : on nous explique les étapes de la réalisation d’un bison, les pigments Je suis un peu déçue. Le musée est ultra moderne avec écrans interactifs, grands panneaux montrant l’évolution de l’Homme, vitrines bien présentées. Je préfère le Mas d’Azil près de Perpignan, moins interactif mais beaucoup plus fouillé du point de vue des recherches universitaires. Vers 11h le musée se remplit de groupes d’ados pas très motivés par la Préhistoire.

Santillana del Mar

Santillana del Mar est décrit comme le « plus beau village d’Espagne ». C’est plutôt une petite ville qu’un village avec un très bel ensemble de maisons anciennes : maisons bourgeoises à balcons fleuris de géranium et maisons patriciennes aux façades plates ornées d’écussons et d’armoiries. Certaines sont de véritables palais. Sur la Plaza Mayor, le dallage dessine un triangle et sur chacun des côtés se trouve un tour carrée tandis que l’Hôtel de Ville  a des arcades en grès rose. Cette ville-musée est occupée uniquement de restaurants et de magasins de souvenirs (lesquels le plus souvent se mangent : anchois en conserve, huile d’olive, vin, biscuits secs et flans, charcuterie). Malheureusement des T-shirt suspendus défigurent un peu les lieux.

Collegiale :

La Collégiale  se trouve au bout d’une des rues en pente. Elle est précédée d’un parvis formant une belle place carrée entourée d’un mur sur lequel s’adossent des banquettes de pierre, deux lions gardent l’entrée, devant lesquels les touristes se font tirer le portrait. Le portail est roman, très simple. Sur la façade au dessus du porche deux rangées de personnages ornent la façade. Au dessus une galerie de colonnettes surmonte le tout. L’édifice est flanqué de tours carrées ou cylindriques donnant un ensemble de volumes compliqués.

Santillana del mar : cloître chapiteau roman

Le cloître roman du XIIIème est une merveille. Les chapiteaux sont tous différents. La visite est commentée par un enregistrement très détaillé qui décrit chacun des chapiteaux. Voici encore une leçon d’Espagnol ! Ils représentent des scènes extrêmement détaillées : le combat du Bien et du Mal : un chevalier en cotte de maille combat un ours. Un homme combat un dragon. David et les lions.


Les costumes montrent avec un luxe de détails la vie de l’époque. Un moine en robe de bure et sa ceinture. Les centaures sont coiffés d’une sorte de béret basque. D’autres chapiteaux sont ornés de motifs végétaux. Le commentaire explique les symboles, les entrelacs représentent  l’infini ou l’éternité. Je suis la visite avec beaucoup de plaisir. A l’intérieur de la Collégiale, un retable du XVème  ressemble à ceux que nous avons vus à Bilbao (curieux martyre de Sainte Julienne pendue par les cheveux).

Dominique a acheté des sandwiches délicieux que nous mangeons assises sur la banquette du parvis.

Cette ville mérite de figurer en bonne place dans notre album ! J’ai toujours du mal à cadrer les bâtisses carrées. Si j’ai assez de recul, je peux les saisir de côté, mais sinon ils emplissent le viseur sans angle et la photo sera toute plate sans intérêt. Avec le vieil Olympus, j’avais un grand angle, le 35 mm n’est pas suffisant.

    Exposition « Ibero-America Mestiza »

Dans les deux belles tours de la Plaza Major il y a une exposition « Ibero-America Mestiza ». Cette expression Mestiza ne m’évoque rien ! je débarque sans idée préconçue, à l’aveuglette dans un diaporama retraçant l’histoire de l’Espagne depuis les peuplements Celtes et Ibères, la conquête romaine, les grandes invasions, puis la conquête arable … Sur trois écrans les images sont projetées simultanément . Je suis très contente de cette leçon d’histoire. La suite de l’exposition interactive continue avec des écrans tactiles et des diaporamas tonitruants : Conquistadores et civilisations indiennes. J’ai épuisé mon crédit de concentration pour la journée et parcours distraitement les salles fuyant les sonorisations bruyantes. Dans l’autre bâtiment, la suite de l’exposition est plus tranquille et plus agréable. De très beaux objets sont présentés dans de belles salles disposées sur trois niveaux autour d’un patio. Entre temps j’ai compris le thème de l’exposition : il s’agit du métissage. Mélange entre Celtes, Ibères et romains, puis Romains et Wisigoths, puis Chrétiens, Juifs et Musulmans, enfin Espagnols et Indiens. De toutes ces influences différentes résulte un assemblage de jolis objets hétéroclites dispersés dur un trop long laps de temps et sur un trop large aire géographique. Un beau cavalier de pierre, guerrier ibère retient mon attention, un masque indien représentant la vie et la mort, masque coupé verticalement, lèvres relevées sur une moitié, pendantes de l’autre. Je retiens aussi de jolis tableaux du XVIIIème, colorés, un peu naïfs représentant le maître blanc et l’esclave noir, ou des métisses.

Le couvent abritant le musée diocésain est fermé jusqu’à 16 heures. Nous en avons assez de visites pour la journée et n’attendons pas l’ouverture. Quant à Dominique, déjà peu tentée par les musées, son anticléricalisme lui fait imaginer le musée diocésain comme un repoussoir.

Nous terminons donc l’après midi sur une toute petite plage encaissée entre deux falaises de roches plissées : une petite langue d’eau tranquille et transparente serpente entre les rochers. Une maison est curieusement encastrée, incluse dans un synclinal évidé, une plate-forme recouverte d’un tapis d’algues vertes fluo lui ait une pelouse étrange. Pelouse .Dominique plante le parasol, le ciel est sans nuages, la température parfaite. A plusieurs reprises je vais me baigner sans toutefois nager, l’eau est fraîche. A marée basse les hommes en blanc arrivent avec leurs râteaux, leurs pelles et leurs sacs plastique. Ici aussi, on nettoie …

Nous rentrons vers 19 heures à Comillas. La plage est métamorphosée : les parasols ont fleuri. Je monte au restaurant au dessus du port commander une tranche de thon à la plancha. Pendant que le thon cuit, j’interroge la serveuse à propos de la marée noire. Il vient du mazout tout le temps, par à-coups tantôt sur une plage tantôt sur une autre. Le Prestige continue à fuir le goudron vient aussi des rochers qui n’ont pas été nettoyés, la tempête enlève des fragments de mazout et les courants les font dériver vers le nord . Le thon est délicieux, piqué de gros morceaux d’ail.