Calvi

CARNET CORSE

Calvi au lever du soleil

L’Office de Tourisme principal se trouve sur le Port . Erreur du Guide Vert : l’audioguide ne commente que la Citadelle et se trouve à l’entrée dans un petit bureau. Nous trouvons les horaires du Train des plages quelques conseils et surtout j’achète des billets pour le concert de ce soir d’A Fileta.

Citadelle

La Citadelle de Calvi

L’audioguide raconte l’histoire de la ville. Il ne décrit que très peu l’architecture ou les fortifications (tant mieux !  les considérations stratégiques m’ennuient). Au-dessus de la Porte : la devise de la ville « sempre fidelis ». Fidèle à qui ? A Gènes, pendant 5 siècles de 1278 à 1793. Je passe sous la Tour du Sel qui venait de Provence. L’Oratoire de la Confrérie de Saint Antoine est malheureusement fermé ce matin. Sur le linteau en ardoise, Saint Antoine st représenté avec un petit cochon. On contourne l’imposant Palais des évêques de Sagone acheté par un milliardaire qui en a fait une boîte de nuit réputée Tao. Dans la Maison Giubega , la famille Bonaparte se réfugia en 1793,chassée d’Ajaccio par les Anglo-paolistes – Vincent Giubega était le parrain de Napoléon (suite de l’histoire abordée hier à Bocognano) je reconstruit comme un puzzle cette histoire que je ne connais pas.

Oratoire Saint Antoine

Autre personnage revendiqué par Calvi : Christophe Colomb dont on montre l’emplacement de la « maison natale » bien ruinée. Il est établi que Colomb était Génois. Au 15ème siècle, Calvi était génoise. Par ailleurs il était notoire que de nombreux Calvais entouraient Colomb dans son expédition transatlantique. Aucune preuve formelle que Colomb était lui-même calvais. Du bastion Malfetano, au sud, la côte est rocheuse avec de petites criques. C’est là que l’audio-guide évoque un dernier personnage lié à l’histoire de Calvi : l’amiral Nelson qui aurait perdu son œil pendant le siège de Calvi opposant Anglo-paolistes à la République Française pendant le siège de Calvi.

A la recherche d’une simple bouteille d’eau, nous parcourons la ville moderne sans trouver une simple épicerie. A la sortie de la ville, la croix du Balkan commémore le torpillage d’un bateau pendant la 1ère guerre mondiale. La vue est magnifique sur la pointe de la Revellata.

La plage de Calvi – 5 km de sable – est bordée par une pinède. J’ai envie de les marcher, les pieds dans l’eau et retrouver Dominique au bout. Le projet parfait très simple. Pas tant que cela ! La plage n’est pas accessible aux voitures le petit train s’interpose avec une promenade sur des planches. Et il faut trouver les accès, résidences hôtelières, campings et centre commerciaux s’interposent en une barrière infranchissable. Quand enfin nous trouvons un parking dans la pinède, je suis un peu déçue. Les restaurants de plage colonisent le sable jusqu’à l’eau, leurs installations sont moches avec des couleurs criardes. Nous regrettons les mignonnes tavernes grecques. Les prix sont bien corses et pas grecs. Notre budget ne nous permettra pas de déjeuner régulièrement à la plage. Il est trop tard pour la promenade de 5 km mais pas pour une baignade dans l’eau très tranquille de la baie. Nous rentrons déjeuner au gîte.

Au Spar, la viande est excellente : côte de porc marinée au miel et à l’abricot. Peut être les cochons ont vécu librement dans la montagne comme ceux qu’on a vus hier ? Raisin muscat corse et fromage de chèvre, cela se marie très bien.

Piscine l’après-midi, je fais un essai de dos crawlé et cela marche (depuis 5 ans je n’osais étirer mes bras). Les 5 semaines en Grèce et la piscine régulièrement m’ont réparée.

 

D’Ajaccio à Calvi par l’intérieur

CARNET CORSE

dans la montagne

4 septembre 2018 : Vol

Le vol Air France opéré par Air Corsica a accumulé les retards. Après avoir dormi dans l’avion, je me suis réveillée à l’arrivée à Ajaccio à minuit. Somptueuse baie éclairée avec de gros bateaux qui se reflètent. Malgré l’heure tardive, Fred, notre logeuse, nous attendait. Nous nous endormons sans avoir le temps de faire sa connaissance, ; au réveil, elle est déjà partie.

5 septembre : d’Ajaccio à Calvi

Petit déjeuner au bar de l’Odéon. Du soleil, je me déplace à l‘ombre.  A 8 heures du matin, il fait déjà bien chaud. En un petit quart d’heure, le taxi nous conduit à l’aéroport où notre voiture nous attend. Tout se passe à merveille. Notre carrosse est une très jolie Smart forfour orange et noire. L’intérieur est aussi habillé d’orange et noir.

Tout le monde est unanime : d’Ajaccio à Calvi, il faut emprunter la route de l’intérieur par Corte 160 km. Longer  la côte est déconseillée à cause des tournants. La route T20 monte imperceptiblement remontant le lit de la rivière Gravona , franchissant des ruisseaux. Les villages sont invisibles, perchés dans les hauteurs.

Phylotaca amrecana

J’attendais la statue-menhir de Tavera. En introduction au voyage, j’avais commencé les Notes de Voyage de Prosper Mérimée qui décrivait le dolmen de Tavaro. Certes, les noms se ressemblent, mais Tavaro est à proximité de Sartène il s’agit d’un autre monument mégalithique, mais ma curiosité est aiguisée. Seule une discrète flèche en bois à l’usage des randonneurs, à la hauteur d’un parking, indique le menhir de Tavera. Aperçue au dernier moment, nous obliquons sur la prochaine route pour faire demi-tour et découvrons une campagne très verte avec une maison de granite enfouie sous des mousses et des fougères ainsi qu’une plante exotique aux baies violettes très décorative. Il s’agit d’une plante invasive Phytolacca americana toxique, une sorte de peste comme la renouée du Japon. Comment est-elle arrivée là ? La deuxième tentative pour rejoindre le menhir est  contrariée par un camion agressif qui nous colle au train. On ne verra pas le mégalithe !

Bocognano : fontaine de galets

Bocognano (altitude : 660 m) vaut le détour (la route principale n’y passe plus). Joli village traditionnel avec ses platanes sur la place, sa fontaine monumentale en galets et sa grande mairie. Son Palazzu a été construit à la suite d’un don de Napoléon Bonaparte pour remercier les villageois qui l’avaient hébergé lors de sa fuite d’Ajaccio en 1793, pourchassé par les Paolistes. Premier jour en corse et déjà une rencontre avec le souvenir de Napoléon ! J’entre dans la boulangerie traditionnelle, pittoresque, sans savoir qu’elle est réputée dans toute la Corse pour ses pâtisseries à la farine de châtaigne, encore une occasion de perdue ! La Cascade du Voile de la Mariée se trouve à 3.5 km de l’entrée du village. Après un pont, le sentier est bien tracé mais bien escarpé. D’un petit mirador on peut admirer la cascade. J’aurais pu m’en approcher plus, le sentier est équipé d’un câble pour s’assurer, le rocher m‘a semblé bien glissant. Sur le bord de la route, des cochons sont dans un enclos en lisère de forêt.

Cascade du Voile de la Mariée

Après Bocognano, la route monte en lacets, franchit un tunnel pour atteindre le col de Vizzavone(1 100 m) et la magnifique forêt de hêtres dominée par les montagne Mte d’Oro (2389 m). Des pins laricio dépassent les autres essences. Depuis 1889 ; le train s’arrête à Vizzavone pour conduire touristes et excursionistes, les installations touristiques paraissent bien développées et les promenades bien indiquées, nous aurions pu aller voir la Cascade des Anglais ou rejoindre le mythique GR20. Nous nous contentons d’admirer de la route les arbres, hêtres, chênes, pins et châtaigniers séculaires aux troncs creux d’une circonférence remarquable.

village perché

Sortie de la forêt, la roue passe à proximité de villages perchés, traverse Vivario, passe à proximité de Venaco. Elle ne fait qu’effleurer la ville de Corte. Nous y passons à 13h, pas du tout le moment de faire une visite touristique. A regrets ! la citadelle a fière allure. A la sortie de Corte, changement de faciès géologique : de beaux schistes verts affleurent.

Autant les occasions de s’arrêter pour un pique-nique étaient nombreuses avant Corte, autant la route droite entre Ponte Leccia et l’Île Rousse n’est guère favorable à un arrêt. Nous la quittons à Pietralba, village perché aux ruelles étroites et très ensoleillées. Parking impossible. Une petite route secondaire (très secondaire et pleine de nids de poules) double la T30 relie les villages de Lama et d’Urtaca . Nous trouvons enfin notre coin sous un gros chêne devant une exploitation agricole.

Nous rejoignons la grande route, rassasiées mais éblouies par le soleil de midi qui écrase tout et sommes pressées d’arriver. La route suit le lit de l’Ostriconi non loin du Désert des Agriates. Nous n’accordons qu’un regard distrait à la très belle plage de l’Ostricone . Une baignade ferait pourtant du bien. La hâte d’arriver nous fera dédaigner les jolies plages après l’Île Rousse.

Notre résidence Padro (2*) fait réception commune avec l’Hôtel Cesario(3*). Les studios de la Résidence Padro forment un lotissement de petites maisons cachées dans la verdure. L’appartement s’ouvre sur une cour entourée de buissons touffus (laurier rose et laurier tain). Un mûrier dépasse de la haie. Nous sommes à l’abri des regards indiscrets. Une belle table avec un grand parasol occupe la cour. La salle s’ouvre par des portes-fenêtres. Agréables couleurs chaudes : murs jaunes, meubles orange (y compris le frigo) et canapé brun. Belle salle d’eau spacieuse. La chambre est bleue avec des volets bleus qui empêchent le soleil de la réchauffer. Deux lits jumeaux avec tête de lit et tables de chevet en rotin. L’ensemble est sobre, confortable. Que demander de plus ?

L’hôtel a deux piscines, l’une fraîche et grande pour nager, l’autre chaude avec des remous et des jets pour se relaxer. Palmiers abords soignés, mobilier de bonne facture. Un règlement un peu contraignant est affiché à l’entrée ? Il faut laisser ses chaussures avant de passer le pédiluve à l’entrée (les étagères de chaussures font penser à celles d’une mosquée). Le public est retraité (comme nous). Tout le monde est bien poli, bien aimable. Je lis le dernier Ferrari :  A son image. La piscine a effacé la fatigue du voyage.

 

L’Envol ou le rêve de voler à la Maison Rouge

Derniers jours, dernière expo…..

machine volante

Il reste une petite semaine pour aller voir l’Envol, ultime exposition de la Maison  Rougeun lieu que j’ai bien aimé fréquenter. Je suis toujours triste quand un lieu culturel ferme?

Lenvol comme une métaphore ?

Vidéos, photos, objets volants et même une échelle pour monter au ciel (mon oeuvre préférée, il y a toujours un chouchou dans une expo)

Dans le couloir, un hélicoptère emporte Jésus dans son envol au dessus de Rome, scène de la Dolce Vita, une série de photos montrent des lévitations ou des vols hors normes. A retenir, deux belles et grandes photos de Ramette en couleur, et politiquement. The Day Rhodes Fell de Chapungu (1991) Afrique. du Sud qui est plutôt un déboulonnage qu’un envol.

The day Rhodes fell

Autour du patio, toute une série de machines volantes attirent l’attention de scolaires.

aile

Shimabuku (Japon) a filmé un cerf volant anthropomorphe, vidéo très poétique. On ne comprend pas tout de suite qu’il s’agit d’un cerf volant .

l’échelle du ciel

Parmi les œuvres que j’ai préférées : l’échelle vers le ciel (Hometown Sky Ladder)de l’artiste artificier chinois Caï Guo-Qiang qui a conçu, à la poudre à canon un grand tableau de papier. j’ai découvert cet artiste il y a quelques temps à la Fondation Cartier dans un tableau d’animaux

Hypnotique, le film de l’Iranien Parvis Kimiavi : le jardin de pierres, pas de machine volante ni de lévitation mais la danse gracieuse d’un berger, derviche, qui suspend des cailloux, fait le poirier…

Encore du rêve ! Je suis toute chose de la fermeture…..

 

 

Mérimée – – Notes d’un voyage en Corse – Colomba

LIRE POUR LA CORSE

Avant le départ pour une contrée inconnue, j’aime bien me choisir un guide, un passeur.

Pour la Grèce ce fut d’abord Lacarrière, pour l’Italie, Dominique Fernandez.

Mérimée et ses notes de voyage s’est imposé. Ces notes sont un inventaire des monuments mais aussi un petit résumé de l’histoire de la Corse et enfin de traditions populaires et des superstitions et des poésies « populaires corses ». Malheureusement, la plupart des monument, si ce n’est tout ce que Mérimée décrit ne se trouve pas dans les régions que nous visiterons, les dolmens de Sartène, les églises du Cap Corse, ou de Bonifacio, nous ne les verrons pas. J’ai donc parcouru rapidement ces descriptions.

En revanche, je me suis bien intéressée aux traditions et poèmes qu’il a compilés et traduits comme la Lamentation Funèbre du Niolo ou la Sérénade d’un Berger de Zicavo.

 

En 1840, quand Mérimée a écrit Colomba, la Corse était encore une destination exotique. Les liaisons maritimes entre Corse et continent régulières n’étaient pas encore établies par bateaux à vapeur. Le colonel Nevil et sa fille – parfaitement snob – déçue par un voyage banal en Italie –   s’embarquaient pour l’inconnu. Le contraste entre les préjugés britanniques et les traditions corses est piquant, le sentiment de supériorité du colonel et la fierté du « caporal »  dont la noblesse remonte au 12ème siècle est une introduction parfaite à l’histoire.

Mérimée a rencontré Colomba, mais ce n’était pas la pure jeune fille, c’était une vieille dame, intrigante, un peu sorcière qui distillait vengeances et crimes d’honneur. La belle Colomba de la nouvelle est une séduisante jeune fille qui voyage avec un stylet dans son corset et qui manipule son frère ainsi que le préfet, les bergers et bandits du maquis pour que la vendetta ait bien lieu.

Colomba est voceratrice : elle improvise des ballata, ces lamentations improvisées de deuil à la veillée mortuaire

« quand l’épervier se lamente – devant son nid vide, – les étourneaux voltigent alentour, – insultant sa douleur »

[….]

« l’épervier se réveillera, – il déploiera ses ailes, – Il lavera son bec dans le sang! – Et toi, Charles-Baptiste, que tes amis t’adressent leur dernier adieu, – Leurs larmes ont assez coulé – La pauvre orpheline seule ne te pleurera pas – Pourquoi pleurerait-elle? -Tu t’es endormi plein de jours – au milieu de ta famille – préparé à comparaître – devant le Tout-Puissant. – L’orpheline pleure son père, – surpris par de lâches assassins, – frappé par derrière ; – Mais elle a recueilli son sang, – ce sans noble et innocent ; – elle l’a répandu sur Pietranera, – pour qu’il devint un poison mortel. Et Pietranera restera marquée, – jusqu’à ce qu’un sang coupable – ait effacé la trace du sang innocent.’

Romantique en diable, brillante, cette nouvelle a du panache!

Play : Menis Koumandaréas

LIRE POUR LA GRECE

 

Koumandaréas est l’auteur de La Verrerie et du Fils du concierge, deux romans que j’avais trouvés charmants d’une simplicité étonnante, mettant en scène des gens ordinaires avec une telle maîtrise que l’histoire vous prend et vous émeut. 

« j‘ai du mal à comprendre comment cet homme, né dans un milieu aisé avec langues étrangères et musique, a plus tard parlé pour le compte de vagues employs, de dames en perdition dans le métro et de gamins d’Omonia »

Play est un  roman autobiographique. Un jeune journaliste demande une interview d’un écrivain célèbre pour une revue littéraire. Le jeune homme transcrit les cassettes enregistrées sur un magnétophone – d’où le titre Play . Quatre soirées et en épilogue, une conversation (non enregistrée à la terrasse d’un café), où l’écrivain monologue et se raconte. 

Il raconte ses années d’enfance, d’apprentissage. Ils évoque de façon très vivante le quartier d’Athènes, la place, ses cafés. On comprends rapidement par allusions à ses écrits que l’écrivain n’est autre que Koumandaréas lui-même. Play devient donc une auto-biographie écrite par un journaliste inventé par Koumandaréas lui-même; Jolie pirouette littéraire.

« Un écrivain, mon jeune ami, vit en permanence entre les deux aspects du monde, le réel et l’imaginaire, si l’on peut ainsi grossièrement les définir. Aucun des deux ne lui suffit. Un schizophrène abdique d’ordinaire devant son mal ; l’écrivain, à travers l’écriture, tend à la guérison »

De littérature, il est beaucoup plus question que de la vie personnelle que Koumandaréas livre fort peu. De création littéraire :

« …mais c’est peu à peu qu’on devient romancier, en regardant, en observant, en meurtrissant sas vie, pour pouvoir la décrire dans son état natif, faire d’elle, un mythe… »

Il raconte aussi la vie à Athènes, ses rencontre avec des gens simples dans les cafés et avec les écrivains athéniens. Comme son interlocuteur lui demande ses influences littéraires   Il passe en revue tous les auteurs connus – ceux que je connais comme Kazantzaki qu’il rejette « parce qu’il a un talent de conteur, dit-il,  mais il a donné à voir une Crète qui n’avait pas d’existence, dans une langue qu’aujourd’hui personne ne parle ni n’écrit. Voilà pourquoi les étrangers qui le lisent en traduction sont ceux qui le comprennent »

Séféris, est à part, « c’est autres chose, dit-il, ne mélange pas ; lui était un poète »

Il en cite de nombreux écrivains grecs par allusions, que les Grecs comprennent sûrement mais que j’ai eu du mal à décoder (malgré les notes de bas de page précises) .

Pour les écrivains étrangers, Lorca, Tennessee Williams, sont cités mais plutôt caricaturés, mais surtout Melville et Faulkner et enfin Tchékov, sans aucune réserve.

Avec ce panorama de la littérature grecque, ce roman clôt  ma série de lectures grecques de très agréable façon. Je reviendrai à Koumandaréas, maintenant je vais m’éloigner d’Athènes et découvrir une nouvelle île : la Corse

 

 

 

Le Cœur de Marguerite – Vassilis Alexakis

LIRE POUR LA GRECE

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Vassilis Alexakis conte la Grèce, les allers-retours Paris/Athènes, l’Exil et les mots, grecs ou français. J’aime sa façon de conter et suis rarement déçue.

Le Cœur de Marguerite est un roman d’amour, non pas de la passion amoureuse fulgurante, ou adolescente, ni du roman conjugal, mais de ces amours floues dont on ne sait si elles vont durer.

Le narrateur est un célibataire endurci, qui a bâti sa vie autour de maîtresses nombreuses, il tombe amoureux de Marguerite, mariée, mère de deux enfants. Marguerite quittera-t-elle son mari ou se contentera-t-elle de cette relation?

Le narrateur est un cinéaste documentariste qui réalise des films pour la télévision sans véritable succès, il rêve écrire depuis tant d’années. Il voue une admiration sans bornes pour Eckermann, un écrivain allemand qui a fui l’Allemagne, exilé aux USA puis en Suisse. Et justement, il offre à Marguerite un exemplaire d’un  des romans d’Eckermann. Puis il commence à écrire son roman, inspiré par Marguerite. Roman? ou journal de bord de l’amour qu’il lui voue?

Le roman d’amour m’a laissée froide. En revanche,  j’ai beaucoup aimé tous ces jeux autour d’Eckermann et du narrateur. Autour de Faust aussi : le père du narrateur, acteur, joue Méphistophélès, et bien sûr, le choix du prénom de Marguerite n’est pas une coïncidence.

J’ai aussi beaucoup aimé les allusions aux îles, Santorin, Andros, l’île des armateurs, Tinos où la héros a une maison.

J’aime la petite musique d’Alexakis qui parle d’écriture, de mots,  même si  cela ne semble pas le cœur du sujet.

Donne-moi encore cinq minutes – Yonatan Berg – l »antilope

LIRE POUR ISRAËL

Découverte d’un écrivain israélien pour un premier roman se déroulant dans une implantation  religieuse. Né dans une colonie, Yonatan Berg livre un point de vue tout à fait nouveau pour moi . Il appartient  à une nouvelle génération d’écrivains, nés après que j’ai quitté pour la dernière fois Israël.

Yonatan Berg arrive à  vaincre mes réticences en racontant parallèlement deux histoires celles de  deux amis d’enfance Bnaya et Yoav qui ont choisi deux voies opposées.

Yoav a quitté la colonie très jeune (comme l’auteur) , il a couru le monde à la recherche d’expériences. Il mène une vie laïque à Tel Aviv plutôt vaine, entre soirées arrosées et rave parties où circulent toutes sortes de substances. Pendant la rave, un très mauvais trip lui rappelle un drame passé, à l’armée, une opération qui a très mal tourné qui s’est soldée par la mort du terroriste qu’ils poursuivaient dans son village mais aussi celle de Segal, l’officier responsable. Ce souvenir le poursuit jusqu’à l’obsession longtemps après que l’effet des drogues se sont  estompées.

Bnaya semble beaucoup plus équilibré dans la vie toute tracée d’un juif religieux, marié, père de famille, enseignant. Ses journées sont rythmées par les prières, l’étude, la vie communautaire de l’implantation, sa femme et ses enfants. Rien ne viendrait troubler cet équilibre si l’Implantation n’était pas menacée d’expulsion. Par hasard, il découvre la violence d’un groupe de jeunes qui refusent l’expulsion et ne sont prêts à aucun compromis. Mélange de sérénité d’un shabbat qui commence – et de  violence cachée. Prise de conscience d’une menace et d’une remise en question de ce mode de vie. d’une faille  entre une « bande d’excités unis par un secret et le sentiment d’être le fer de lance de leur communauté » et ceux qui sont prêts à quitter l’implantation. Bnaya est rempli de doutes, il hésite à se confier à sa femme, il affronte sans l’avoir cherché, les extrémistes, dans sa communauté mais aussi dans le lycée où il enseigne.

Bnaya comme Yoav vivent un trouble intense.

Alors que les discours monolithiques des religieux semblent exclure le doute, Bnaya voit se creuse un fossé entre son ancienne vie et la crise qui se profile. Yoav cherche à expier une faute.  Seule la réparation lui rendrait son équilibre psychique. mais réparer quoi? auprès de qui? du père de Ségal? du père du Palestinien abattu?

Yonatan Berg raconte la vie de ces deux jeunes gens déchirés sans prendre parti, sans donner de solution. Pour cet auteur qui a vécu la vie de ses héros, on peut imaginer qu’il a donné beaucoup de lui-même dans chacun des deux.

Cinq minutes pour changer d’avis?

 

 

 

Athènes : Musée Cycladique- En conclusion du voyage….

CARNET DES CYCLADES

3 idoles cycladiques

Mardi 3 juillet : Retour à Athènes

Le taxi pour Merichas vient nous chercher à 15h30 alors que le bateau part vers 18h pour le Pirée ;Dionysos Solomos est très en retard. Il fait très chaud dans le hall où on attend le ferry, le soleil cogne

La nuit est tombée quand nous arrivons au Pirée vers 22h. Le taxi emprunte une route un peu détournée par le périphérique sur le conseil du GPS. Il est 23h quand nous arrivons à l’hôtel Economy.  Nous retrouvons nos habitudes. Demain sera notre dernier jour en Grèce.

Mercredi 4 juillet : dernier jour à Athènes

idole cycladique

Il est logique de conclure ces vacances dans les Cyclades par une visite au Musée Cycladique 

 3200-2000 av. JC  « Early cycladic »

Dès le Néolithique on a vu circuler l’Obsidienne de Milos, quels étaient donc les premiers bateaux ?  Il semble qu’ils étaient de type canoë, de 15 à 20 m de long avec 20 à 25 rameurs et qu’ils pouvaient parcourir une distance journalière de 40 à 50 km.

Les figurines étaient-elles peintes ? Oui, les yeux, les sourcilson a retrouvé des traces d’oxydes de fer, ocre et cinabre mais aussi azurite et malachite .

A quoi seraient ces figurines ? trouvées dans les tombes on pense que c’étaient des objets rituels.

grande idole cycladique

représentaient-elles les figurines ? Les figurines féminines les plus nombreuses (90%), bras repliés représentaient peut-être la fertilité. Quelques figurines représentaient des femmes enceintes. Elles sont présentées au musée verticalement mais elles étaient probablement couchées (d’après la position des pieds) les bras repliés suggéraient la mort. Je remarque un étonnant porteur de coupe (2800-2300) sans attributs sexuels. Il y avait aussi quelques représentations masculines. En plus des figurines féminines variées, des récipients de marbre représentent des animaux (cochon, oursins ou plat des colombes.

petitcochon de marbre

Comment étaient faites les figurines ?

Pour sculpter une figurine de marbre :

  1. Traçer sur le bloc de marbre
  2. ôter le matériel en trop avec des outils à percussion faits d’émeri
  3. limer avec des outils de pierre
  4. inciser avec des pointes aiguës d’obsidienne et d’émeri

La salle du fond présente des « géantes » de 60 cm à 1 m.

A la fin de cette période, vers 2000 av JC : l’apparition de la marine à voile demandait d’autres ancrages, d’autres ports se développent. Développement d’autres formes en céramique. Egalement des mouvements de population et des changements climatiques

2000-1600 : Civilisation Minoenne. Les Palais Crétois furent bâtis autour de 2000. Apparition d’une écriture Linear A

1600-1200 : civilisation mycénienne Linear B. Le commerce devient extensif jusqu’en Italie. Les mycéniens avaient des sanctuaires mis leurs croyances s’exprimaient mieux dans les cérémonies funéraires représentées ici

musée cycladique chevaux

1100-700 Période géométrique : fin de l’âge de Bronze marquée encore par des mouvements de population les Doriens du Nord vers le sud.

Création des premières villes, l’alphabet grec fut adopté vers 800 av JC. L’état-cité prend sa forme définitive.

Je me suis moins intéressée à la période classique ou romaine.

george condo

Les 3ème et 4ème étages sont fermés.  Dans un autre bâtiment : Exposition de l’artiste contemporain George Condo né en 1957 New Hampshire

George Condo

 

 

 

 

 

 

le Luth d’ébène – Panagiotis Agapitos

LIRE POUR LA GRECE

Le Luth d’ébène – une enquête de Léon le Protospathaire

Polar byzantin!

Savez vous ce qu’est un Protospathaire? et un spathaire? un stratège? un silentiaire? un tourmarque? Titres, grades des dignitaires de l’Empire byzantin confèrent une poésie et un mystère pour le lecteur moderne. Et la Césarée byzantine est la Césarée d’Israël, ou Césarée d’Antioche, ou Konya en Cappadoce?

Dépaysement garanti.

Dans le temps, l’action se déroule en mai 832. Léon, le Protospathaire est envoyé en ambassadeur auprès du calife de Bagdad. Il fait étape à Césarée, arrive en plein drame et propose d’aider le gouverneur à faire la lumière sur la disparition d’une jeune fille.

Je ne vous raconterai pas l’intrigue, ni les subterfuges, masques et déguisements. Sachez seulement que vous allez pénétrer dans des casernes, un bordel, un monastère, un bazar aux tapis….que vous allez vous perdre dans les subtilités de la bureaucratie byzantine, dans les querelles théologiques, les identités mouvantes….et j’ai bien aimé cela.

Découvrez!

dimanche 1er juillet à Aghios Dimitrios

CARNET DES CYCLADES – KYTHNOS

la plage d’Aghios Dimitrios

La brise est tombée- 11 km/h. Il fait plus chaud mais la mer est merveilleuse. Miraculeusement les sacs en plastique ont disparu.

Début de la saison touristique ? Un homme avec un râteau enlève les laisses des posidonies et remplit des sacs en toile géants. Les posidonies n’ont rien de sale. A midi, le camion municipal apporte de belles poubelles jaunes. Il ne sera pas dit que la plage d’Aghios Dimitrios ne sera pas propre ! mais la mer ?

notre balcon

Au déjeuner : poulet au poivron et à la tomate ou agneau au citron. On prend les deux et on demande de l’amarante comme accompagnement.

Amarante

Je l’ai découverte dans le jardin. Ce n’est pas du tout « l’herbe de la montagne « comme je le croyais. Elle pousse bien serrée, bien entretenue et s’appelle Vlita (et s’écrit Blita).

la vigne et la cabane du jardin

Ce matin nous avons fait des photos de la vigne et de la cabane du jardin. Ioannis est venu nous montrer courgettes et concombres. Les tomates poussent avec les fleurs dans le « jardin d’agrément » devant leur maison autour du citronnier. La vigne s’étale comme elle peut ; Elle n’est ni désherbée ni soignée. Le vin est bio !

Depuis que nous avons visité son jardin Ioannis est plus expansif. Il n’est pas bavard mais il nous fait des gestes amicaux quand nous le croisons.

J’ai terminé Le Luth d’ébène, polar byzantin. Exactement ce qu’il faut pour des vacances grecques.

coucher de soleil

Même si nous sommes déçues de ne pas avoir de voiture et de nous sentir « consignées » ici, les vacances se terminent bien. Tranquillement, le soir tombe, les moutons bêlent ; les hirondelles sillonnent le ciel. Il n’y a pas de moustiques.