Thessalonique – promenade jusqu’à la Tour Blanche

CARNET MACÉDONIEN

bedesten

 

La rue Egnatia (prononcer Egnati-a)est bordée de magasins de fringues bon marché aux couleurs criardes, de divers fast- food à la grecque, elle est très passante peu agréable pour la promenade. A un coin nous trouvons le Bezestani, le bazar oriental, marché couvert turc aux murs de biques et aux coupoles. De l’autre côté de Venizelou lui fait face le marché moderne, très coloré et aimé par les cris des marchands où l’on trouve un peu de tout, des légumes aux lunettes de soleil, en passant par les produits ménagers ou les aromates. On remarque les belles poissonneries.

Aristote

Parallèle à Venizelou, Aristolelou, est une large  avenue piétonnière plantée de pelouses, de palmiers, bordée d’arcades, de belles terrasses de cafés chics. Les immeubles Art Déco tendance mauresque, sont peints de crème ou de blancs, les étages supérieurs sont soulignés de colonnettes d’arcades ou de moulures orientales. J’achète des lunettes de lecture chez un opticien et de soleil dans un magasin de souvenirs. Sur la place près de la mer Aristote n bronze a un orteil brillant. Les jeunes se font photographier en lui tenant le pied. Je ne sais pas du tout à quoi correspond cette tradition !

la Tour Blanche

Promenade sur le bord de mer, sous un ciel couvert, la surface de l’eau est hérissée de vaguelettes, la houle balance de petites  barques. Nous arrivons à la Tour Blanche, turque ou vénitienne ? En tout cas 16ème siècle, elle était la dernière d’une série de fortifications et de remparts qui subsistent encore dans les hauts quartiers. Tour Blanche, Tour du Sang, c’est un des monuments emblématiques de la ville. On peut la visiter. Elle est accompagnée de nombreuses statues. Qui est donc ce Boutris 1912 en marbre poli, et Pavlos Mela (1870-1904) représenté en  bronze costumé en evzone ? Sur une stèle Ioannis Perpaplius (1792-1886) est entouré d’étudiants et de cordonniers.

Les immeubles de la corniche sont un mélange d’immeubles Belle Epoque, Art Déco, années 60 et années 2000 avec balcons de verre et alignements d’oliviers.

La rue Tsimikis est parallèle à Egnatia et à la côte, nettement plus chic et plus agréable à parcourir avec de beaux magasins, des restaurants. En creux nous découvrons  une très jolie église de briques à l’extérieur, toute doublée de bois peint et doré, avec de belles fresques et surtout fleurant bon la cire.

Des activistes du KKE tiennent une table et haranguent les passants avec un mégaphone ; Ils invitent à un meeting de soutien aux cueilleurs de fraises qui n’ont pas été payés. On filme les affiches dans une esthétique soixante-huitarde ce qui ne me déplait pas.

 

Créteil – Thessalonique

 

l’hôtel Atlantis et l’arrêt des autobus

CARNET MACÉDONIEN

L’ hôtel, Atlantis, se trouve sur la Rue Egnatia, que je m’obstine à appeler en latin Via Egnatia, qui traverse la ville historique. Descendre à l’arrêt Antigonodon du bus 78 venant de l’aéroport. Il  ne s’agit pas d’Antigone, héroïne de Sophocle, mais d’un roi macédonien Antigonodon, je l’apprendrai plus tard. C’est donc facile à retenir !

Je suis très fière de ce qu’on se soit débrouillées comme de vraies routardes à 1heure du matin avec nos trois valises et nos deux sacs à dos, et ma Minerve,  après un long voyage. Vol Alitalia Paris – Rome, opéré par Air France, puis escale de 8 heures à Fiumicino, enfin Rome- Thessalonique sur un petit Embraer. La longue escale a été très agréable grâce à des chaises longues luxueuses en cuir dans lesquelles nous avons dormi et à un restaurant où j’ai trouvé de magnifiques salades dans une coupelle mangeable (genre cône de glace) des pizzas et des croquettes. Pour collation des glaces italiennes délicieuses. Et une boutique Moleskine bien tentante, j’ai juste acheté un carnet.

escale à Rome : 8heures, on regarde les avions

Nous avons acheté dans le bus 78 le ticket 90centimes (la machine  ne rend pas la monnaie) et je me suis vengée en ne le compostant pas. Un passager nous a expliqué que nous devions guetter l’Arc de Galère qui marque l’entrée dans la ville historique. Ensuite c’est facile : les autobus de Thessalonique sont dotés d’une double signalisation : sonore en Grec et en Anglais, et lumineuse sur un écran électronique.

A l’hôtel Atlantis, on nous attendait.   La chambre 101 est aveugle.  Une étroite meurtrière s’ouvre sur une cour. il y a la télé, la clim et une salle d’eau  tout ce qu’il faut ! Et en bas un kiosque pour des boissons fraîches et une boulangerie qui ne ferme jamais : premier feuilleté aux épinards et au fromage à 2 heures du matin.

Heraklion

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

la cour, sous la treille


Recherche d’un hôtel

Nous avons du mal à sortir d’Héraklion. Finalement nous longeons la côte vers l’Est. Le paysage est décevant, exemple d’une urbanisation sauvage et d’un gâchis de paysage. Deux routes longent la côte Old  National Road et New Road (Pourquoi en anglais ?), des constructions affreuses, des immeubles à l’abandon. On dirait que, chacun a bâti son immeuble de rapport à la va vite sans investir assez de capitaux pour faire appel à un architecte, ou même pour le terminer. Puis les affaires ne marchant pas, l’ont abandonné et le laissent crouler.

Les plages sont encombrées de lits et de parasols. Le résultat est si peu engageant que nous nous éloignons de la ville et désespérons de trouver un gîte à notre goût.

Pour 5000 drachmes la chambre a le confort minimum, deux lits une douche, des murs nus, une fenêtre qui ne ferme pas. Mais le patio est ravissant : la cour pavée est à l’ombre d’une tonnelle de vigne, les murs sont blancs d’un côté, rouge foncé de l’autre, portes et fenêtres sont soulignées de bleu vif. Il y a un vent frais. Le soir je suis seule attablée à une table carrée et c’est un vrai bonheur !

sous la treille (bis)


Dépaysement

En traversant la mer nous avons changé de climat. La Crête est plus désertique. La montagne est recouverte d’herbes jaunies, pas un buisson, pas un arbre. Dans les jardins, les arbres sont aussi différents, les palmiers font une arrivée très remarquée. En ville, des jacarandas et des flamboyants. C’est un nouveau dépaysement.

Héraklion a aussi une allure différente des villes que nous connaissons avec ses remparts, ses hangars vénitiens. Les toits de tuile ont disparu, seulement des terrasses.

Musée Archéologique

A l’heure de midi, pendant la pause déjeuner des touristes. C’est bien calculé : nous pouvons accéder aux vitrines.


La découverte de l’art Crétois est un véritable choc.

Il ne ressemble en rien à ce que nous avons vu en Grèce. D’ordinaire vases et pots m’ennuient, pas ici. L’art de la poterie est arrivé ici dans les temps les plus reculés. L’originalité tient  aussi bien dans les formes que dans les motifs décoratifs et les couleurs. La surface est souvent en relief avec des bosses, des coquilles, des pointes qui rajoutent un effet supplémentaire aux couleurs noires, rouges ou blanches. J’ai retrouvé des idoles des Cyclades qui m’avaient tant plu à Athènes. Dans les salles suivantes on voit le fameux disque de Phaistos (2000 1700 av JC) puis les vases de libation à tête de taureau.

Les décors des poteries rappellent la géographie insulaire : des poulpes, des dauphins, des coquillages, des poissons et même des oursins se retrouvent dans toutes les périodes. Autre thème récurrent, le taureau, et aussi les fleurs. Cette abondance me donne un peu le tournis.

Autre source d’émerveillement : les petits personnages en terre et les animaux, des sculptures vivantes drôles, une femme sur une balançoire, un joueur de luth en bronze. J’ai flashé sur les idoles féminines si étranges avec leurs jupes évasées leur taille très fine et leurs coiffures sophistiquées, certaines portent des oiseaux sur la tête, d’autres des capsules de pavot.

Nous sortons manger un gyropita dans le jardin du Musée.
Entre temps tous les groupent rappliquent. Malgré la foule nous sommes éblouies par les fresques.

Visite à pied d’Héraklion sous la grosse chaleur. Ce n’est pas un bon plan. Tout est fermé. Nous avions déjà commis cette erreur à Nauplie. De retour au gîte, il suffit de traverser la route Old Nat. pour être sur la plage, assez moche avec beaucoup de vagues. Cela change. Le soir dans notre petite cour, nous planifions la suite du voyage.

 

Ferry du Pirée à Heraklion

CARNET PELOPONNESE CRETE 199

 

Nous avons quelques frayeurs pour trouver le port du Pirée. Nous recommençons à galérer vers Daphni comme l’autre jour. La signalisation est très défectueuse, rien n’indique l’embarcadère, il faut s’arrêter et demander.
Finalement, nous embarquons avec près de deux heures d’avance puisque le bateau ne part qu’à 20 h. Nous surveillons de loin la Fiat Punto qu’on a abandonnée ouverte sur le quai.

Au coucher de soleil, le spectacle est grandiose : le soleil orange puis rouge décline derrière les montagne d’Eleusis. Des dizaines de très gros bateaux attendent je ne sais quoi, flotte désoeuvrée devant Salamine qui me fait penser aux trières des Anciens. Sur l’autre bord, un autre spectacle s’offre à nous : Athènes s’éloigne. J’ai le temps de reconnaître la Lycabette et l’Acropole. Des dizaines de goélands suivent notre sillage.

  Cela a quand même plus d’allure de faire la traversée en bateau que prendre l’avion. Notre cabine a la clim, une salle d’eau avec douche mais pas de hublot. Elle est bien située, près d’une porte qui donne sur un endroit très calme du pont où nous restons pour voir s’éloigner Egine. La mer Egée est sillonnée de nombreux bateaux illuminés comme pour Noël. Vers 10 h, la côte a disparu mais deux ferries nous précèdent, l’un  deux est le Nikos Kazantzaki parti pour Iraklion un quart d’heure avant notre Rethymnon. Je suis enchantée du spectacle.

 

Arrivée en Crète

Lever du soleil sur les côtes crétoises

A 6h15, je me lève pour ne pas rater le lever du soleil et l’arrivée sur les côtes crétoises. Pour le soleil, c’est parfait. Mais pour l’approche des côtes, c’est trop tard : nous sommes déjà dans le port. Je me réjouissais de cette arrivée, c’est dommage.

Corinthe et Acrocorinthe

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

Sur les bords du Golfe de Corinthe : Hôtel Nerantza

 

En route à travers le Péloponnèse

Nous traversons le Péloponnèse du sud vers le Nord, par Sparte dans des collines de terre rouge. Puis la route s’élève dans des montagnes couvertes de maquis. Autour de Tripoli, une plaine fertile plantée d’arbres fruitiers, surtout de poiriers. Nous roulons ensuite sur l’autoroute dans des montagnes très pierreuses.Vers Corinthe apparaît le vignoble, ce qui n’est pas vraiment une surprise ?

Trouver un hébergement

Pour trouver un logement, direction : la mer. Nous avons le choix : rive sud du Golfe de Corinthe ou rive Nord
Golfe de Salamine : Au hasard nous optons pour la route de Patras qui longe le Golfe de Corinthe. Ce rivage n’est pas vraiment touristique. Des stations balnéaires plutôt minables avec des plages de galets sans intérêt se succèdent. Apparemment,  plutôt destinées aux Athéniens, peu ou pas d’hôtels, des locations, mais rien n’est prévu pour une seule nuit. Je visite une location : 12000 drachmes pour un appartement meublé, cher et peu enthousiasmant. Un écriteau en anglais « garden rooms » nous attire, sympa, mais complet. La propriétaire nous adresse à une copine qui nous montre un meublé vide, sale et lugubre pour 12000 drachmes, sans les draps.

Pour le même prix un peu plus loin nous trouvons un très joli hôtel avec la clim – luxe inutile – il fait très frais, la télé (en grec) et une grande terrasse donnant sur la mer. Comme à Tolo, on peut s’asseoir sur la terrasse du restaurant à quelques pas de l’eau. Des parasols en paille donnent de l’ombre à des chaises longues. La clientèle est uniquement grecque, beaucoup plus simple qu’à Tolo, les gens très sympathiques. Nous serons très bien demain pour attendre l’heure du bateau au Pirée. Nous pique-niquons sur la terrasse de la chambre devant une eau très calme. Sieste traditionnelle.

Ancienne Corinthe

Ancienne Corinthe

Vers 4 h, nous partons visiter les ruines de l’Ancienne Corinthe. Six colonnes doriques monolithiques d’un vieux temple d’Apollon dominent l’Agora et le Forum romain. Les boutiques romaines sont encore très bien conservées. Maintenant nous retrouvons facilement les différents éléments d’une ville antique : les Propylées, la via romaine dallée avec ses trottoirs, les thermes, les latrines, le Sénat, les fontaines. La plus belle est la fontaine Pyrène.  En contrebas, on voit encore une jolie piscine rectangulaire. On imagine les jets d’eau, les parements de marbre, les colonnes corinthiennes. Au fond, des bassins creusés dans la roche avec des grilles de pierre limitent une caverne où la source coule encore. Dans la chaleur écrasante de la fin de l’après midi, il fait frais. J’entre dans la caverne. J’ai la surprise de découvrir une chienne noire et ses six petits chiots noirs et blancs.

chapiteaux corinthiens

Nous sommes un peu blasées : les villes antiques se sont succédées. Toutefois la promenade  est bien agréable, ombragée par des pins très odorants, des amandiers portant des amandes. Nous avons apprivoisé le soleil de l’été avec force bouteilles d’eau, en nous déplaçant  d’ombre en en ombre.

Le Canal

Nous allons jeter un coup d’œil au Canal. Pas de chance, cette fois ci, nous ne reverrons pas les gros bateaux et leurs remorqueurs.
Nous terminons la soirée sur la terrasse de notre chambre devant le Golfe de Corinthe turquoise. Les lumières s’allument une à une dans les montagnes et sur la rive opposée.

 

Lever à la fraîcheur /je sors ma chemise en jeans de la valise.  Autre première : le thermoplongeur pour le café.

Acrocorinthe

Encore des marches!

Acrocorinthe est perchée sur un rocher à 421 m au dessus de la plaine.

Heureusement, la route conduit à la première porte des remparts.  Pour pénétrer dans la citadelle, nous  devons franchir trois portes monumentales. La dernière est encadrée par deux tours carrées, énormes, bâties de blocs géants. A l’intérieur, les quartiers turcs sont en ruine mais il reste une petite mosquée carrée avec son dôme recouvert d’herbes folles, crevé en son centre. Plus loin, un minaret. La ville fortifiée est très vaste, le temps nous manque pour tout explorer. J’aimerais retrouver la source de l’autre fontaine Pyrène,  jaillie du sabot de Bellérophon. Dominique reste auprès du minaret tandis que je grimpe au jugé vers le donjon et longe les remparts, mais du mauvais côté. Je lie connaissance avec des Français que nous reverrons ce soir sur le bateau.

En haut du minaret!

Une surprise m’attend à la descente : Dominique est juchée au sommet du minaret. Elle a vaincu sa claustrophobie et s’est engagée dans un trou entre des blocs éboulés et a trouvé l’escalier en colimaçon.

 

Golfe de Corinthe –

Farniente à l’hôtel

A midi, nous devons libérer notre chambre mais nous pouvons rester sur la terrasse de l’hôtel. Nous profitons donc des chaises longues et des parasols pour nous baigner dans une mer d’huile. Il y a très peu de nageurs, on peut voir le fond. J’ai un peu l’impression de nager en piscine : c’est tellement facile que je pourrais traverser le Golfe. Comme je suis seule à m’aventurer je renonce vite.

Pour le déjeuner, encore une fois, il faut faire confiance au chef qui nous apporte du veau cuit à la tomate avec du riz et une assiette de petite friture. C’est très bien servi et cela ne coûte que 4200 drachmes avec le café.

Nous restons donc toute l’après midi sous nos parasols devant une mer pastel turquoise, le ciel bleu tendre et la montagne mauve. Curieusement une ligne bleu foncé délimite le continent et souligne l’horizon.

canal de Corinthe

16ème jour – Mystras

CARNET  PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 


On nous avait si bien prévenu de la chaleur étouffante à  Mystras que nous partons à l’assaut de la colline tôt le matin, dès l’ouverture.

Le château fort avec ses remparts crénelés est posé sur une petite montagne pointue qui se détache sur le massif violacé du Taygete (2400m) qui domine la plaine de l’Eurotas où les oliviers sont cultivés sur des terrasses de terre rouge. Dans la lumière du matin, toutes ces couleurs sont vives et gaies.

Afendiko

Nous nous  promenons dans la verdure, de monastère en chapelle. Le jardin de la Métropole est planté d’orangers et de jasmin. Dans une première cour, une jolie fontaine de pierre, une galerie couverte décorée de grosses potées de fougères et de plantes vertes  qui donnent une note de fraîcheur. L’église s’ouvre sur un cloître fleuri. L’ensemble est tranquille. C’est un enchantement.

Evangelisteria

Les églises ont des noms qui me ravissent : l’Evanghelistéria, Saint Théodore, l’Hodigitria.

Chacune est décorée de fresques qui ont une valeur décorative et documentaire extraordinaire. Contrairement aux icônes, mosaïques et fresques que nous avons l’habitude de voir, celles-ci sont très expressives et variées. J’étais étonnée des visages stéréotypés et des regards inexpressifs. Ici, c’est le contraire chaque personnage est vivant. Mystras était la capitale du Péloponnèse, on a sans doute fait appel à des artistes de renom tandis que les fresques trahissent plutôt des codes et des conventions dans les églises de campagnes. Il faudrait avoir tout son temps pour étudier une à une chacune des compositions. Il faudrait aussi avoir une meilleure connaissance de l’Histoire Sainte pour apprécier tous les détails. Nous découvrons chaque peinture, admirons et passons à autre chose. Cela donne envie d’approfondir.

Nous montons vers la ville haute par de nombreuses marches, faisons de nombreuses haltes pour     admirer les coupoles et les toits de tuiles.

Au premier plan: palais du Despote, 2ème plan monastère de Pantanassa, sur la crête le château des Villehardouin

  La porte de Monemvasie marque l’entrée de la Ville haute. Le Palais du Despote est en restauration – en reconstruction ? – les tuiles neuves choquent dans le paysage, il faudrait revenir dans quelques années voir le résultat. Nous atteignons Sainte Sophie.

Les premiers cars déversent leur cargaison de touristes qui  font la visite en descendant et sont tout frais sortis de l’hôtel tandis que nous commençons sérieusement à transpirer.Nous continuons vaillamment jusqu’au château.

Grâce à notre entraînement,  nous arrivons sans trop peiner. C’est vraiment un fort imprenable, le versant caché est une falaise. Il y a encore de l’eau dans les citernes. Créneaux et meurtrières gardent le flanc accessible de la montagne.

La descente est plus pénible que la montée. On cherche les WC, il y a urgence. En route on passe par le couvent de Pantanasssa encore occupé par des nonnes. Dans cette ville fantôme, c’est un petit îlot soigné, fleuri où des chats innombrables se prélassent. Je demande les toilettes, une petite bonne sœur me répond dans un excellent français qu’il faut redescendre et sortir du site. Parlons en de la charité chrétienne ! Nous traversons rapidement leur cour avec les portes des cellules soigneusement laquées de beige.

Dominique descend en vitesse tandis que je monte à l’église pour profiter de la visite d’une conférencière, je suis bien déçue : peu d’explication sur les fresques byzantines (ce que je cherche) seulement quelques commentaires sur la religion orthodoxe. J’apprends qu’il existe encore à Istanbul l’équivalent du Vatican où vit le Patriarche, chef de l’Eglise Orthodoxe Grecque. Ensuite la guide se lance dans des diatribes hystériques contre les A

Mystras : fresques et coupoles

lbanais, voleurs, criminels, violeurs qui envahissent la Grèce, je préfère donc m’éclipser.

Je retrouve Dominique en bas, il est près de midi et il fait très chaud. Nous ne voulons pas quitter Mystras sans avoir tout vu. Nous retournons à la Métropole visiter le Musée où les icônes sont très belles. Dernier monastère Périvleptos ? Nous ne regrettons pas le détour les fresques sont très belles.

Retour par Sparti, que nous négligeons pour déjeuner à la Pension Gina : sardines et salade grecque.

Dernière baignade sur une nouvelle plage bien cachée derrière la montagne : une grande baie de sable et gravier. Le sable n’est pas très propre des feuilles d’eucalyptus et les rubans desséchés des posidonies apportées par la mer. Nous sommes presque seules sous de grands eucalyptus, l’eau est agitée, il y a du vent, cela fait du bien après notre expédition du matin.

 

15ème jour – villages sur la route de Kalamata : baignades

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE 1999

eau limpide très tentante!

 

 

Pour la troisième fois, nous reprenons la route d’Aeropoli et, enfin nous nous faisons le détour pour voir le fort de Kélépha : il ne reste pas grand chose, un mur d’enceinte rectangulaire avec deux grosses tours rondes . Impossible d’imaginer les Turcs qui ont élevé cette forteresse qui domine le village d’Itylo et la mer.

Liméni est un très joli petit port/ Sa taverne est sur un plancher au dessus de l’eau. Nous faisons des photos d’une charmante église au toit crevé.

Nous remontons dans la colline pour visiter le vieux village d’Itylo avec ses belles maisons de pierre avec de vertes tonnelles. Les austères tours du Magne semblent loin.

village d’Itylo

La route de Kalamata longe la côte de très haut, les montagnes sont arides ; dans le petit matin elles sont violettes et roses. Nous suivons un panneau « beach »et descendons une pente très raide dans une forêt de chênes verts. Nous avons l’impression de foncer dans l’eau, c’est assez effrayant. Jolie baignade dans une eau transparente pour moi mais Dominique est si préoccupée par la remontée qu’elle n’en profite pas.

Le Guide Bleu promet monastères et églises le long de la route. De monastère, point. Les églises sont ravissantes, dispersées dans les oliviers ou sous les pins mais elles sont presque toutes sur le même modèle de briques mêlées à la pierre en jolis motifs de croisillons avec des toits de tuiles. Malheureusement elles sont toutes fermées.

Peu de ravitaillement, dans les épiceries de village rien qui nous convienne et pas de supermarché ni taverne. Nous descendons vers la mer. Au début nous sommes déçues, la plage est hérissée de rochers très pointus, et pas bien propre . Face à une chapelle toute blanche, deux maisons cubiques au toit de tuile en pyramide, tonnelle de vigne, nous trouvons enfin un endroit accessible.
Une femme coiffée d’un chapeau de paille est dans l’eau et bat ses tapis, elle parle toute seule.

Jour de lessive!

Encore une baignade parmi les algues, les poissons et les oursins, mais après le cap Matapan nous sommes blasées.

14ème jour – Le Magne

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

le Magne, rivage

 

Le Magne est la péninsule formant le doigt du milieu entre le golfe de la Laconie et le golfe de Messenie
Pour en faire la tour à partir de Ghythio, il faut traverser la péninsule au Nord en prenant la route d’Aéropoli. On traverse une région montagneuse faisant penser au Dévoluy. Je me  croirais au col de Saume. Au sud d’Aéropoli, la côte est découpée de falaises claires sur l’eau bleue.

Grotte de Dirou

9h  J’irai seule visiter la Grotte de Dirou, Dominique ne veut pas risquer sa claustrophobie. J’embarque avec deux familles d’Allemands sur une rivière souterraine dans une galerie éclairée artificiellement. Au début, on pense à la « rivière enchantée » du Pré Catelan, accompagnés par le bavardage incessant des Allemands. Rapidement nous traversons des salles plus hautes, hérissées de fins stalactites. Nous naviguons entre des colonnes, du plafond tombent des draperies. Je me laisse séduire par la beauté du spectacle. L’eau est très claire  c’était une promenade très cool.

Baignade

Belle plage à l’eau transparente. Au début je ne distingue aucune vie animale, puis je découvre un poisson plat sur le sable au fond, puis un Bernard-l’ermite.

Les tours du Magne

Tour du Magne

Vers le sud, se dressent  les villages fortifiés avec les hautes tours carrées souvent tronquées comme si on les avait écrêtées à la manière d’un œuf à la coque. De loin l’allure des villages est étrange.
Pour prendre des photos je ne suis pas inspirée, à 11 h du matin le soleil écrase tout, l’air est humide et les teintes grisâtres.

Un chemin qui mène à un port minuscule échancré dans la falaise.
La piste devient franchement mauvaise, la Fiat souffre. Nous aboutissons à une de ces fameuses tours rénovée (portail électronique), bifurquons à pied et découvrons une petite chapelle toute en coupole et en rondeur. La porte est entrebâillée les fresques sont en bon état : c’est une jolie surprise.

Dans l’oliveraie, les cigales stridulent en un vacarme assourdissant, de très grosses sauterelles mesurent près d’un décimètre, nous dérangeons des oiseaux, peut être les fameuses cailles de Bertrandon de La Borderie ?

Tours du Magne

Kita

Vantée par le Guide Gallimard pour ses six quartiers fortifiés, correspondant aux différents clans, nous déçoit un peu. Les « quartiers » sont des hameaux dispersés dans la campagne. Beaucoup de rénovations sont en cours. Au lieu de villages déserts, nous découvrons des tours flambant neuves avec grillages en fer forgé alarmes et grosses voitures. La poésie en a pris un coup !

Un souvenir littéraire me harcèle Avril Brisé de Kadaré, c’est exactement le décor que j’imaginais pour cette histoire lugubre de vendetta avec les tours de protections familiales. C’est peut être une erreur car le roman se déroulent en Albanie.
Les villages sont construits à l’écart des côtes, les attaques des pirates, des turcs, sont sans doute la raison de ce retrait.

Nous n’avons pas emporté de pique-nique. Impossible de se ravitailler ici. Il n’y a même pas de taverne sauf à Kita où je suis mal reçue (peut être ma tenue en short ne plaît pas ?) Dans la seule épicerie, il n’y a pas grand-chose. On achète la moitié d’un gros pain, un fromage, une tomate. Le fromage s’avère dur salé, immangeable. Pour trouver un coin pique-nique, nouvelle galère, il n’y a pas d’ombre. Après une heure nous finissons par trouver un banc en plein village. Il est deux heures, sous un soleil de plomb. L’air est saturé d’humidité, des nuages noirs s’amoncellent sur les sommets de la chaîne du Tagetes. Nous expédions notre maigre pitance et rentrons sous un ciel lourd dans une atmosphère étouffante.

Porto Kagio, le Port aux cailles des Normands

Un orage en juillet

Dès les premières minutes de la sieste, les cigales se taisent, les première gouttes tombent sur la vigne. L’orage gronde et la pluie dure une petite heure. Notre terrasse est trempée mais la terre sous les oliviers est toujours aussi sèche et poudreuse.

Le poissonnier m’a vendu deux grosses dorades grises, Dominique les couche sur un lit d’oignons et de citron et les fait cuire à l’étouffée dans une poêle avec un couvercle. Le résultat est excellent.
Après le dîner, Gina nous annonce qu’une pièce de théâtre se joue dans le théâtre antique.

Gythio : théâtre antique mais pièce moderne

Il y a beaucoup de monde le soir dans les rues de Gythio, en Italie on aurait appelé cela la passagiatta. Les rues latérales ne sont pas éclairées elles montent en pente très raide, nous demandons le chemin du théâtre à plusieurs reprises.
C’est un tout petit théâtre tout plat mais très bien conservé. Il est plein. Sur la scène le décor est très moderne et ingénieux : une sort d’échafaudage avec des anneaux de séparation suggère un immeuble avec ses différents appartements, les acteurs sont costumés XVII° ou XVIII° le public rit de bon, cœur

13ème jour – Gythio

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE 1999

Gythio, vue de notre terrasse

 

Après les montagnes arides entourant Monemvassia  nous arrivons dans la plaine fertile de Laconie à l’embouchure de l’Eurotas. . Aux vergers d’oliviers et de figuiers succèdent les orangeraies et les cultures maraîchères. Les Tomates sont sous des serres de plastique, ce qui me laisse perplexe comme en Sicile.

Gythio

A la sortie de Gythio, nous découvrons le plus joli domicile qui soit. Nous occupons le rez de chaussée d’une maison adossée à la colline bâtie sur trois niveaux. Notre balcon  donne directement dans les oliviers. Pour y accéder nous descendons un des deux escaliers 39 marches de marbres sous une tonnelle à droite de bougainvillier, à gauche de vigne. Sur les marches des pots de basilic, de jasmins, d’hibiscus,  Nous disposons d’une sorte de balcon couvert par la treille, de grosses grappes pendent et une passiflore en pleine floraison grimpe sur la vigne et même sur l’olivier le plus proche. Sur notre terrasse une table de jardin et deux fauteuils. Notre maison a deux pièces, ne petite chambre à coucher et une cuisine où nous pourrons préparer les repas Nous pourrons enfin manger du poisson à un prix raisonnable !
Gina, notre hôtesse est une dame charmante qui parle un anglais parfait, elle a vécu en Australie.
Après le déjeuner sur la terrasse nous faisons la sieste à la Grecque.

Nous explorons Gythio, tout d’abord au petit musée du Magne installé sur un îlot dans une toutde pierre. Une très belle exposition montre les compte rendus des voyageurs, du XV° au XX° siècle,. Nous avons la surprise de lire une lettre en vers et en ancien français de Bertrandon de la Borderie à une Damoiselle Françoise que Dominique a recopiée.
Nous flânons sur les quais animés. A la terrasse d’un restaurant du port on sert l’ouzo avec des poulpes grillés.
La ville de Ghythio est adossée à la montagne, les immeubles de deux ou trois étages sont plutôt misérables : vu de la mer cela forme un bel ensemble. De près, c’est sale et délabré .

Les poissonneries ne manquent pas mais le poisson est caché dans les chambres froides. Nous achetons dix sardines et des pâtisseries orientales.

 

Monemvassia

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE 1999

monemvassia

 

15h : Monemvassia ou plutôt dans la petite ville qui lui fait face.

Le village dort, sieste oblige. Pour trouver une chambre, il nous faudra réveiller les gens.
Nous choisissons le meilleur endroit : 12000 drachmes,  un studio climatisé avec terrasse à l’ombre donnant sur un jardin. Au bout du jardin : la mer. A l’intérieur, un frigo, la télé et même de quoi se faire un café.
Nous nous précipitons à la plage : une toute petite crique de galets entre des rochers.trois personnes se baignent. L’eau est limpide. Je découvre de nouveaux poissons. Je ne suis pas assez téméraire pour explorer les rochers parce qu’il y a des vagues.

Nous faisons d’abord un tour en voiture pour découvrir la presqu’île de loin.

Une digue qui mène à Monemvassia.  Après la digue, un hôtel de pierre, puis une courte route parking mène à la ville close. Dominique se gare sous un panneau « interdiction de stationner ».

La ville close

moneùvassia ville basse

Derrière ses remparts, la ville close est en partie restaurée. Dans la rue principale, quelques magasins de souvenirs sur une centaine de mètres, puis de très belles maisons aux façades de pierre blonde avec des patios, des terrasses fleuries. Dans de grosses jarres en terre cuite poussent des géraniums, plumbagos, hibiscus, les bougainvilliers débordent des murs. Les entrées sont souvent décorées de petits bas-reliefs sculptés. Des moulures encadrent les fenêtres des maisons vénitiennes.

ville haute

monemvassia ville haute : une ville fantôme

Une rampe escarpée de pierres très glissantes, polies par les ans, conduit à la ville haute. Elle n’est plus que ruines envahies d’herbes folles, de fenouils géants roussis sous le soleil, de chardons sauvages monstrueux gros comme des artichauts, les grosses boules des fleurs de l’ail ont gardé leur couleur bleue violacée .

Hagia Sophia

Monemvassia Hagia Sophia

La seule construction restaurée  est la basilique Hagia Sofia, Sainte Sophie, ou Sainte Sagesse  Les Francs et les Venitiens ont fait des ajouts à la basilique byzantine .D’un côté une aile rectangulaire s’appuie sur les volumes arrondis et compliqués des absides de la partie  byzantine. La vue sur la mer est magnifique, les montagnes bleutées se détachent des deux côtés dans la brume.

Au retour une contravention de 10000 drachmes nous attend sur le pare brise.

 

Monemvassia

Monemvassia rue étroite de la ville basse

Une grosse boule rouge se lève sur la mer Egée : nous prenons le petit déjeuner sur la terrasse. Nous retournons nous promener dans la ville basse. La lumière est belle et nous pouvons faire des photos des ruelles, des maisons vénitiennes, des églises étranges avec leurs coupoles ou les campaniles italiens. Cette ville a été très florissante et le centre du commerce entre l’Orient et l’Occident, elle a été successivement byzantine, franque, vénitienne et ottomane. Quand on regarde les belles demeures on imagine les riches armateurs et commerçants. Ce dont il ne reste rien c’est du port où arrivaient toutes les marchandises. Elles devaient bien débarquer quelque part ? Peut être même pas ? Ce qui étonne aussi, c’est l’absence d’eau. Comment une telle population se débrouillait elle uniquement avec l’eau de pluie de ses citernes. D’ailleurs, où sont elles, les citernes ?

Contravention

monemvassia

Nous allons à la police pour régler la contravention mais elle est encaissée aux impôts à Moloi. C’est bien compliqué et nous laissons courir et payer Reliable.

 

Baignade
Baignade dans notre petite crique dans les vagues assez fortes, on fait du sur-place montant et descendant au gré de la houle comme des phoques.