12ème jour – la route de Leonidio , Kosmos, Geraki

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

monastère au dessus de la route qui traverse l’Arcadie

 

Nous quittons Tolo vers 9 heures par la route de Léonidio sans nous arrêter. La Fiat Punto semble filer et la route nous paraît courte. Après Léonidio, la route s’enfonce dans des gorges étroites dans la montagne calcaire. La rivière est à sec.
Pas de village prévu avant Kosmos: une cinquantaine de kilomètres dans traverser un village.

Dominique remarque
–  « il n’y a même pas un monastère! »
Justement, il y a un, accroché en haut de la montagne. Le bâtiment fait corps avec la falaise on voit des cordes pendre pour le ravitaillement.

Kosmos

Kosmos kafenéion sous les platanes

La route s’élève maintenant dans des forêts de sapins nous sommes en altitude, la végétation rappelle celle de la moyenne montagne en France. Kosmos est un village isolé dans la montagne on retrouve les mêmes maisons de pierre qu’à Léonidio en pierre calcaire blonde avec les balcons en fer forgé.le village est groupé autour de la place ombragée par trois platanes plus que centenaires (1863). Sous les platanes des tables carrées et des chaises de bois.

 

Geraki

Nous redescendons sur la Laconie en pente douce, croisons des troupeaux de chèvres. Des oliveraies occupent tout le paysage. Avant de rejoindre la mer nous traversons des villages dans la campagne.

Visite à Geraki :

Le village aux rues étroites et en pente n’est pas fait pour la circulation automobile ni pour le tourisme. Nous nous engageons à l’aveuglette, faisons deux fois le tour du village. Nous sommes pas spécialement bien accueillies:

– « pou peis ? », demande l’ânier.

En effet, ce qui se visite ne se trouve pas dans le village, mais sur la colline d’en face, au Kastro. Après avoir cherché en vain les 5 églises byzantines promises par les guides nous reprenons la voiture pour le Kastro.

le Kastro

Geraki – kastro

Nous découvrons une sorte de ville fantôme, une femme nous fait visiter une basilique du XII° siècle Hagia Paraskevi (sainte vendredi) elle détaille les fresques en Grec « ici saint Nicolas, ici Saint Georges, … » les fresques sont en bon état mais nous manquons de repères pour les apprécier.

Je monte à l’assaut de kastro – forteresse franque de Guillaume de Villehardouin–  dans une ville fantôme parmi les ruines et quelques églises qui tiennent encore debout. Le château franc est encore plus mal en point. Le ciel est couvert et pour une fois il ne fait pas bien beau ni bien chaud.

Geraki – église

11ème jour -La nouvelle voiture et la recette des aubergines

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE 1999

monastère Métamorfosis, Tolo

A 15 h nous sommes de retour à l’hôtel pour réceptionner la nouvelle voiture.

Baignades, préparatifs de voyage, le temps s’écoule tranquillement, mais rien ne se précise de la part de Reliable. Demain  sera le 14 juillet ? les bureaux  d’Atsaro seront fermés à Paris. Je décide d’appeler Labbro avant qu ‘il ne soit trop tard.

8 heures, du soir, toujours rien, j’appelle Reliable à Athènes.  Soit disant la nouvelle voiture serait en route. Mais dès que j’ai raccroché, je me rends compte que mon interlocuteur est un menteur : il était incapable de citer la marque de la voiture. A 9 heures et demie nous avons faim et toujours pas de voiture, il n’y a pas 150 km entre Tolo et Athènes et l’ai appelé il y plus d’une heure et demie !
Enfin ! Téléphone! Maria demande si le chauffeur pourra prendre la Panda pour rentrer à Athènes ; la nouvelle voiture se trouverait à Porto Héli, et devrait arriver vers 2 heures du matin.

Farcis

Nous pouvons enfin dîner : tomates et poivrons farcis et une omelette aux poivrons pour .


Je demande à Maria la recette des aubergines :

faire tremper 10 minutes les aubergines coupées en tranches dans de l’eau salée, faire frire dans l’huile d’olive les aubergines, faire revenir les oignons. Mettre dans le plat à four aubergines, oignons, ail et menthe, sel poivre et un peu de sucre. L’herbe qui parfume les boulettes et les tomates est tout simplement de la menthe fraîche

 

Notre nouvelle voiture

Notre nouvelle voiture nous attend sur le parking, Fiat Punto blanche qui a meilleure allure que la Panda bien qu’elle soit toute sale.
Dominique essaie de la mettre en route : pas de batterie.

Le matin, c’est Georges qui remplace Maria. Il est très efficace. Il appelle Reliable et le garagiste.  Il paiera tout le dépannage. Le garagiste met au moins une heure pour arriver. Heureusement que nous n’avions pas prévu de visite aujourd’hui ! On lui demande de vérifier tous les niveaux : il n’y a plus une goutte d’huile ni d’eau. Heureusement que nous sommes tombées en panne de batterie !
Au garage on nous fait patienter en nous offrant un café dans un salon moquetté avec des meubles de jardin.
Nous constaterons rapidement que l’aiguille du compteur de vitesse est bloquée et que le compteur kilométrique est inerte. Ce n’est pas bien grave.
Nous faisons un petit tour au monastère Métamorphosis situé dans la colline derrière Tolo. L’endroit est charmant : une toute petite église basse avec des fresques noircies par la fumée. A l’arrière, une source avec un pichet en cuivre attaché par une chaîne.
Pour déjeuner on nous sert sur la terrasse des boulettes frites délicieuses. L’après midi est consacré à la baignade après toutes ces péripéties.

 

Nauplie : fort Palamède, vieilles rues

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE 1999

Dominant Nauplie, le fort Palamède

Devant la porte du fort Palamède, Dominique s’aperçoit qu’elle a égaré le sac à dos bleu. Je visite seule la citadelle. C’est un édifice gigantesque et très compliqué des tours, des murs des escaliers des souterrains s’emboîtent les uns dans les autres épousant le relief de la colline. Sans plan et pressée par le temps je ne cherche pas à comprendre la logique des fortifications, je m’attache seulement à prendre des photos. Les conditions sont idéales dans la lumière du soir. L’édifice  sculptural  s’y prête. Je dois me surveiller, j’userais des mètres de pellicule. La photo est plus facile que sur les sites antiques, où trop de pierres très blanches éblouissent et où il manque souvent du relief et de la végétation.

neuf cent marches!

Finalement je descends les 900 marches sans m’en apercevoir, la vue est magnifique sur les toits de tuiles et les coupoles de Nauplie. L’îlot Bourzi se détache vu du haut.

Du fort la vue sur Nauplie est magnifique

Les  rues tranquilles sont bordées de boutiques hors du temps. Sur la place d’une église, une vitrine est occupée par des rangées de moulins à café cylindriques en laiton et en cuivre, des rangées de finjans, des services à café, dans la vitrine suivante, s’alignent les salières en verre coloré. Cela semble d’un autre âge. Les maisons sont en pierre, carrées dans le même style que celles de Jérusalem avec des balcons de ferronnerie, quelques portes sont sculptées. Une fontaine turque porte des caractères arabes.

Je trouve Dominique sur la place qui fait face au port avec les beaux cafés. Elle a fait les courses : des boulettes, des beignets d’aubergine, du tzatziki.

Nous retournons dans la petite anse voir le soleil se coucher avec la vue sur l’arrière du fort Palamède.

10ème jour : Epidaure

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE 1999

 

voie sacrée et Propylées

Baignade du matin

Nous n’avons pas pu renoncer à la baignade du matin. C’est vraiment un moment privilégié : il n’y a personne dans l’eau sauf les pêcheurs sur leurs embarcations à rames. L’eau est lisse complètement transparente. Avec le masque, nager prend un nouvel intérêt. Chaque jour, je découvre une nouvelle variété de poissons, de nouvelles couleurs, de nouvelles rayures. Ils sont paisibles, broutent le fond de l’eau. Dominique me montre comment observer en s’accrochant à un rocher. J’ai l’impression d’être tombée à l’intérieur de l’aquarium :  abondance de vie insoupçonnée. Le rocher est tapissé d’anémones de mer au contact bizarre quand je les frôle. Les poissons sont très nombreux.  L’un d’eux a des couleurs très vives : vert, orange, jaune. J’ai pris de l’assurance avec le masque. J’économise mes gestes. Je flotte entre deux eaux, quasiment immobile .C’est très reposant.

Théâtre d’Epidaure

 

Théâtre d’Epidaure

Pour arriver à Epidaure, le matin nous avons le soleil dans les yeux. La route était plus belle vendredi soir ; le parking est déjà occupé par de nombreux cars quand nous arrivons. Nous suivons donc un groupe francophone dans le théâtre. La guide dessine sur le sable des triangles isocèles pour expliquer les calculs d’acoustique des architectes. Il y a 12000 places ? Démonstration : le bruit d’un papier froissé, d’une pièce, s’entend du haut des gradins. Puis elle donne rendez-vous à ses ouailles 10 minutes plus tard dans le car. Nous sommes délivrées des groupes dès que nous dépassons le musée

Restauration de la Tholos

Le travail des archéologues ou des tailleurs de pierre : anastylose.

Le site d’Epidaure fait l’objet de restaurations importantes. Plusieurs équipes d’archéologues, des tailleurs de pierre, des maçons, des terrassiers travaillent à remonter la Tholos, rotonde très curieuse figurant au sol une sorte de labyrinthe avec plusieurs cercles de colonnes et de murs . Les colonnes ont disparu mais on remonte les murs avec les blocs pris sur le site. Comme il manque de nombreuses pièces, des artisans façonnent de nouveaux blocs dans lesquels s’imbriquent les vestiges retrouvés. On utilise les techniques en vigueur au IV° siècle, les burins, coins marteaux et les matériaux trouvés sur place : du calcaire rose très dur. Bien sûr il manque la patine, mais c’est un des principes de la restauration : on doit pouvoir faire la différence entre l’authentique vestige et ce qui a été rajouté, sans que l’oeil ne soit choqué, la restauration doit rester visible.

Le calme et la paix qui avaient tant impressionné Miller sont troublées par tous ces travaux, les bruits des pelles, des marteaux, des chaînes et des poulies. Mais c’est un joyeux bruit. C’est fascinant de voir les archéologues, plans et calques en main, retrouver l’emplacement précis d’un tout petit bloc tout cassé qu’on aura enserré dans un gros parallélépipède de calcaire frais dans lequel on a sculpté un vide. Et tout s’encastre. De grosses mâchoires en fer suspendues à des chaînes ne doivent pas différer beaucoup des engins de levage antiques. Seule concession au modernisme : un pont roulant permet d’aligner les gros blocs. Peut  être existait il aussi ?

Pèlerins d’Asclépios

Nous ne croiserons que trois personnes sur la grande place. Nous prenons notre temps pour lire que les serpents d’Asclépios étaient gardés dans la petite Tholos. Nous retrouvons les thermes grâce au système de canalisation des eaux et aux rigoles d’évacuation des eaux. Les abatons sont étonnants : ce sont  les dortoirs où étaient logés les pèlerins d’Asclépios. Après avoir été purifiés et avoir jeûné ils dormaient là et faisaient des rêves qu’ils faisaient interpréter par les prêtres d’Asclépios. Ici ce n’était pas Lourdes, mis plutôt Freud. . L’endroit paraît très indiqué pour envoyer une carte à Roberte.

Bois sacré

Nous trouvons la Voie Sacrée et les Propylées à l’entrée du sanctuaire. Le charme d’Epidaure, c’est son site boisé. Dès l’Antiquité, il y avait un Bois Sacré. Nous nous trouvons à l’ombre de très grands pins qui embaument. Dans les zones très visitées on a planté des rangées de lauriers roses, magnifiques très touffus, j’avais oublié leur parfum. Quand la chaleur est intense, les vapeurs exhalées par les pins, les cyprès, les lauriers roses épaississent l’air d’un parfum presque suffoquant. Je retrouve ici les odeurs d’Israël. Des images très nettes surgissent un court instant. Peut être est ce aussi une des magies d’Epidaure que de faire émerger des rêves ou des images de l’inconscient ? Pour moi, point de sommeil à l’abaton, il suffit les senteurs.

Pour le pique-nique, nous avions repéré à l’aller une petite chapelle blanche au dessus d’un village. Nous la retrouvons assez facilement. Une piste sablée très raide mais en bon état. Je suis un peu déçue parce que la « vieille chapelle » est toute neuve et que les tuiles rouges qui couvriront la coupole blanche ne sont pas encore posées mais sont empilées à proximité. Pour ce qui est de déjeuner, l’endroit est idéal, la vue est dégagée. Il y a longue table et des bancs, un robinet et de l’eau fraîche. De notre perchoir nous voyons encore des ruines d’une cité mycénienne, nous observons les cigales.

9ème jour Mycènes

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE 1999

Mycènes porte des lionnes

 

Nous avons été prévenues :  il faut arriver tôt à Mycènes!

Je renonce à mon bain matinal, nous partons part les petites routes et nous revoilà perdues à Néa Tyrintha nous avons donc fait le détour pour rien !

Mycènes

Le site de Mycènes est sauvage, entouré de belles montagnes, pas de route passante comme à Tirynthe, pas de ville moderne.

Mycènes muraille cyclopéenne

Nous entrons encore gratuitement et dans les premières. Nous pouvons donc admirer dans le calme les remparts cyclopéens, la Porte des Lionnes. A l’intérieur de la ville se trouve un cercle de tombes entouré par une double rangée de dalles levées. L’analogie avec les cromlechs bretons est frappante.

Mycènes : cercle des tombes

Puis on monte au Palais. Le guide Gallimard nous fournit encore une reconstitution du Mégaron avec peintures murales, dallages plantations.

masque d’Agamemnon

Mycènes n’est pas un simple jeu de piste c’est aussi le lieu mythique des Atrides. Le mythe est très présent dans mon imagination puisque je viens de relire l’Orestie. Nous visiterons la tombe d’Egiste, celle de Clytemnestre, celle du trésor des Atrides où Schliemann a trouvé le masque d’Agamemnon. Non seulement on peut imaginer les décors, mais on connaît les habitants.

J’ai aussi en mémoire les pages d’Henry Miller qui traduisent son épouvante devant ce lieu tragique.

 

Mycènes : tombe des Atrides


Tandis que nous observons une colonne, une pièce, toutes ces légendes font surface. On peut descendre par des marches dans un puits menant à la citerne secrète. L’entrée est celle d’une tombe, triangle creux caractéristique de l’architecture mycénienne. Il fait noir comme dans un four et nous avons oublié la lampe de poche, le texte de Miller n’est pas rassurant, mais au bout de quelques instants les yeux s’habituent à la pénombre et on distingue les murs et les marches. Après quelques mètres on ne voit plus rien du tout et il faut progresser à tâtons. Seule je ne serais pas allée bien loin, mais une famille française m’emboîte le pas, on continue et je ne rebrousse chemin que quand cela devient très glissant.

Sur le chemin du retour nous trouvons tous les touristes descendus des cars. On les distingue des autres à leurs caméscopes, l’absence de guides bleus ou vert et aux appareils photos jetables. A l’inverse, le voyageur solitaire a les yeux rivés au guide bleu ou vert, porte de bonnes chaussures, et a un appareil photo 24×36.
Si nous voulons « être positif » comme nous le recommandent nos principaux, nous compensons les nuisance de ces troupeaux en suivant sans scrupule les exposés de leur conférencières qui sont généralement très intéressants.

Nous apprenons donc que Mycènes était à l’origine de l’histoire grecque puisqu’on y a trouvé les premiers écrits déchiffrés (en Crête les écrits en linéaire A sont encore mystérieux),et une cité riche en or. Dans la ligne de crêtes du paysage elle nous montre une silhouette d’homme couché : Agamemnon.
Pourtant dans Eschyle il me semblait bien que l’action se situait à Argos!


Retour vers 15h à l’hôtel, déjeuner sur la terrasse et baignades comme d’habitude maintenant.

8ème jour – Lerne, visite d’un monastère, l’Arcadie, Léonidio

 

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÈTE

 

les côtes de l’Arcadie

Nous longeons le golfe d’Argolide vers le sud. Après Nauplie, la côte est plate. Les familles grecques s’installent pour passer le dimanche à la plage.

Lerne
Cachée par une orangeraie :  Lerne. L’Hydre de Lerne symboliserait l’assèchement des marais sur cette côte sableuse.
Sur le site, aucune trace d’Hercule. Sous un hangar de béton, sont abritées les ruines d’une maison très ancienne de l’âge de Bronze (2600 2200 av JC) : la « maison des tuiles ». Encore un bond dans le temps !

Nous visitons un  monastère

Au détour de la route nous avisons un monastère fleuri et nous nous arrêtons par curiosité bien que rien ne soit signalé.
Dans la cour, une nonne de noir vêtu bavarde avec un livreur. J’ai revêtu ma jupe thaïlandaise mais Dominique est en short  « pas belle » me dit- on pour signifier son indécence. Une autre bonne sœur toute menue, plus petite que moi, apporte une jupe à fleurs froncée que Dominique enfile par le haut. Elle a une belle allure avec ses tennis !

La bonne sœur nous ouvre l’église,toute pleine de dorures et d’icônes, mais toute neuve, les fresques (ou les mosaïques ?) sont en cours de réalisation on voit une ébauche de Christ Pancrator. Je demande la permission de photographier. J’avise une sorte de buffet  portant des cierges avec une fente pour les offrandes. Comme je sors le porte-monnaie, notre guide s’éloigne par discrétion, revient quand elle a entendu les pièces dans le tronc. Elle choisit pour nous un cierge mais ne l’allume pas : « ce soir » précise-t-elle.

Enfin,  elle nous installe dans une pièce très fraîche avec des chaises contre les murs, sans doute le parloir, ouvre un confiturier en argent plein de loukoums et nous offre un verre d’eau glacée. La conversation, en grec, est très limitée mais c’est sympa. Nous ne repartons pas sans acheter un souvenir : une petite icône d’Hagia Katarina. Elle aurait préféré que je prenne Hagia Markina, la patronne du couvent.

Nous faisons une pause dans un petit village avec une forteresse, quelques cafés, un petit port. J’étrenne mes nouvelles chaussures de plages en plastique et nage avec le masque. Je découvre de curieux organismes : de petits disques blancs accrochés au rocher par un fin pédoncule. Ils sont souples et tapissent la roche. J’ignore à quelle branche du règne animal appartient ce disque bizarre.

côte de l’Arcadie

Nous continuons vers le sud et arrivons sur les rivages de l’Arcadie. La route s’élève en corniche, les agrumes ont disparu, les oliveraies sont à l’abandon ; la montagne est très pelée. Les pentes sont à pic, les criques sont difficiles d’accès. Finalement nous trouvons l’endroit rêvé pour un pique-nique et une baignade : quelques rochers de l’eau verte et bleu intense. Une famille grecque est déjà installée / le bain sera très court : l’eau est glacée. Une  dame grecque nous apporte deux parts de karpouzi (pastèque).

Léonidio

Leonidio

Finalement la route oblique vers l’intérieur et Léonidio. La vallée s’est élargie et on retrouve les agrumes et des cultures maraîchères sous serres.

Léonidio est un gros bourg endormi pendant la sieste du dimanche après midi. Les maisons sont faites de belle pierre calcaire blanche, elles sont généralement carrées à étage. Une belle maison fortifiée a été restaurée. Nous parcourons les rues à la recherche d’une fête car nous entendons de la musique. Dans une salle, un banquet est dressé, des femmes dansent en rond les unes derrière les autres sur une musique plaintive bizarre aux accents orientaux. Sous prétexte de photos, je passe et repasse pour écouter la musique.

Le retour est interminable, nous nous inquiétons pour la voiture qu’on aurait dû nous changer aujourd’hui. J’ai téléphoné à l’hôtel, aucune nouvelle de Reliable. Passé Lerne, je vois une forteresse qui s’approche et je crois reconnaître Nauplie et son fort Palamède, un panneau annonce Argos. Je n’avais pas imaginé que la forteresse d’Argos ressemble tant à celle de Nauplie.

7ème jour – Tyrinthe – Argos -Nauplie

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÈTE 1999

 

Tyrinthe

 

D me rejoint pendant ma baignade matinale, la plus belle de la journée. L’eau est calme, transparente, je nage beaucoup plus facilement sur de longues distances. Avec le masque le spectacle s’anime, les poissons ne semblent pas dérangés par notre présence.

Tirynthe

Murs cyclopéens de Tyrinthe

Tirynthe n’est distante de Nauplie que de 5 km. A l’entrée de la ville nous nous égarons et visitons la campagne : rencontre inopinée de deux paysans juchés sur leurs  ânes qui rentrent des champs . Nous demandons notre chemin : on nous expédie à Néa Tirynthe petite bourgade tranquille dépourvue de toute antiquité. Il aurait fallu demander l’Acropole. En revanche nous découvrons une tombe mycénienne à tholos cachée dans une orangeraie. Cela fait penser à un Dolmen avec allée couverte de grosses dalles verticales, une coupole conique recouverte par un tumulus. Au centre une grosse table circulaire creusée (un autel ? un meuble ?).

tombe mycénienne à tholos

Acropole d’Argos

L’Acropole est visible de la route principale de Nauplie à Argos.
Notre carte de prof nous donne l’entrée gratuite . Nous montons une large rampe entre des murs cyclopéen. L’entrée est marquée par deux piliers, dans le mur d’enceinte une cavité triangulaire forme une sorte de guérite. Nous  trouvons les Propylées, le Mégaron du Palais Royal et les salles de bain revêtues de dalles très lisses et d’un système d’écoulement des eaux .Vue de la route, avec ses murailles de gros blocs et ses ouvertures triangulaires, la citadelle est spectaculaire.

Théâtre d’Argos

Argos est une ville assez importante, nous ne nous arrêtons qu’au site archéologique. Ici aussi, le professorat est reconnu et l’entrée est encore gratuite.


Du théâtre, très haut, il ne reste qu’une étroite partie de l’hémicycle, la forêt a colonisé les bords. Juste à côté un grand mur en brique appartient à des thermes romains  ainsi que de belles colonnes de marbre vert ou blanc gisant à terre ;, des chapiteaux corinthiens , le parement de marbre u sol et des mur témoignent du luxe de ces thermes.

C’est étrange de penser à l’énorme bond dans le temps que nous venons d’accomplir entre la période mycénienne (1600 ans av JC) et la période romaine tardive 2000 ans se sont écoulés. De plus les Byzantins ont rénové ces thermes après les grandes invasions. Et tout se mélange dans le concept fourre-tout de l’Antiquité !

Après midi à Tolo

Nous sommes de retour à Tolo vers midi pour une baignade rafraîchissante puis nous déjeunons sur la terrasse. J’ai repris de la salade grecque mais Dominique a remplacé le poisson par des calamars moins dispendieux. L’après midi s’écoule entre baignade et sieste.

Nauplie au coucher du soleil

Nous arrivons à la forteresse Palamède qui domine Nauplie sous le soleil déclinant à 18h45. L’horaire de fermeture a été avancé et nous devons renoncer à cette visite.
Nous nous promenons le long de la mer derrière la citadelle près d’une plage tranquille longeant les rochers sur une piste bordée de lauriers roses. L’eau est d’un bleu profond, malheureusement inaccessible.

Au coucher du soleil, nous observons le retour des bateaux puis retournons en ville, achetons un gyropita une omelette du tzatziki et une coûteuse salade verte coupée en fines lanières et assaisonnée d’aneth. C’est très frais,  la salade ici est un luxe exotique, on se contentera de concombres et de tomates !
Nous dînons sur le quai du port de commerce. La ville toute illuminée se reflète dans la mer. Le fort Palamède fait une couronne éclairée à Nauplie. Des pêcheurs partent en mer sur de petites embarcations, il fait bon.

Choephore et Euménides au théâtre d’Epidaure

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE 1999

Théâtre antique d’Epidaure

La route d’Epidaure tortille dans les collines de l’Argolide, plantée d’oliviers, d’orangers, de tabac. Au hasard de la route, une tombe mycénienne avec des blocs cyclopéens.

Les costumes de scène du Festival d’Epidaure sont exposés dans des vitrines.Ils sont très modernes. La mise en scène est contemporaine.
Le spectacle ne commence qu’à la nuit tombée. En attendant, nous observons les spectateurs qui s’installent dans le théâtre antique. Peu de toilettes, l’ambiance est cool, beaucoup de touristes, des enfants avec leurs parents, des militaires en uniforme venus par camions entiers. Les gens se déplacent, ils mangent, fument…. Il n’y a aucun contrôle des billets. Nous restons en haut, notre rangée a des dossiers !

Le site est merveilleux, les gradins sont taillés dans la colline. En toile de fond, de belles montagnes boisées de pins et d’oliviers . Nous arrivons juste pour le coucher du soleil.

costume contemporain pour théâtre antique

J’ai lu Choéphores et Euménides. J’ai un peur qu’on s’ennuie. ces pièces manquent d’action, les dialogues sont interminables. J’envisage une sortie avant la fin.

La mise en scène nous a ravi. Le chœur antique, vêtu de noir se livre à une véritable chorégraphie. Le costume des choristes se transforme grâce à des voiles noirs, blancs, des manches pendantes. Tantôt veuves voilées, esclaves dans les Choéphores, elles deviennent Erynies sans visage dans les Euménides. Les mouvements d’ensemble se passent de paroles. Les costumes des dieux Apollon, Athéna  et du Coryphée représentant les anciennes divinités sont éblouissants, dorés, éclatants.

costume contemporain pour théâtre antique (2)

La musique est contemporaine sur des gammes antiques. Le spectacle peut se regarder comme un ballet. Je suis  attentive au texte. J’arrive à capter de temps en temps des bribes de phrases qui me permettent de suivre en français sur le livre de Ladja que je tiens sur mes genoux. Heureusement, la lecture est très récente et j’ai encore bien en tête le texte. C’est vraiment une soirée mémorable : la magie du théâtre a opéré son charme et nous n’avons pas eu un seul instant l’envie de nous éclipser.

Le retour en Panda est épique. Nous ne trouvons pas les phares.  Dominique doit tenir la manette comme si elle faisait des appels de phares permanents.

costume contemporain pour théâtre antique(3)

Quelques heures après le coucher, la climatisation s’arrête, j’ai la très mauvaise idée d’ouvrir la fenêtre, c’est ensuite une nuit de bataille contre les moustiques..

Tolo – Nauplie 6ème jour

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE 1999

Hôtel Solon Tolo, les pieds dans l’eau!

 


L’hôtel Solon a les pieds dans l’eau. D négocie une chambre avec vue sur la mer,qui n’était pas vraiment prévue et qu’ il  faudra  quitter pendant le week end.

Elle  a un tout petit balcon mais une très belle salle de bain : la mer se reflète dans la glace. Le luxe sera de descendre pieds nus en maillot de bain sur la terrasse où sont installées des tables carrées bleues. L’eau est très claire, le masque de plongée va  servir !
En fin d’après midi nous explorons Tolo – station balnéaire. Notre hôtel est un des plus anciens et le plus beau.Dîner dans la chambre de tomates farcies.  Promenade sur la plage de nuit, nous  remontons aux premières piqûres de moustiques

Nauplie, le matin

Nauplie îlot Bourzi

Le soleil se lève à 6heures et demie : l’eau de la baie est lisse, pas une ride ne l’agite, elle est transparente. Des pêcheurs s’interpellent d’une barque à l’autre. Les collines et les îles sont violettes.

J’ai commencé à lire Choéphore d’Eschyle  que nous verrons ce soir à Epidaure.

A huit heures, premier bain, le soleil est déjà chaud, l’eau est fraîche.

On sert le petit déjeuner sur la terrasse avec des œufs à la coque, du jambon et du fromage.


NAUPLIE :

Rue de Nauplie

Nous  garons la Fiat sur le port.  Deux ou trois cargos sont à quai. On débarque des tuiles,des parpaings, des planches, d’un bateau turc. Un alignement de chaises, les tables des terrasse de café occupent complètement le bord de mer. Plus loin une belle promenade dallée, à l’ombre de la colline borde l’eau.. Curieux spectacle : on a jeté des tranches de pain que de minuscules poissons argentés font tournoyer.

Les maisons de Nauplie sont peintes en jaune. Dans les ruelles étroites, des bougainvilliers et des jasmins ornent les murs. De grosses potées de plantes vertes sont posées le long des façades. Pas de voiture, peu de monde, les magasins touristiques sont de bon goût, antiquaires, bijouteries, un fabriquant de kolomboloï …

le Lion de Venise

La place Syntagma est carrée. Au fond, le musée occupe un palais vénitien, on voit sous un arbre le lion de Saint Marc. Mais des civils, mitraillettes au poing, gardent la place, sans doute des transferts de fonds à la banque, ce n’est pas très engageant ! Il fait déjà très chaud dans les ruelles. Nous remontons en voiture pour voir la citadelle. Ne trouvant pas le Fort Palamède nous visitons un autre fort.

De retour à Tolo, nous décidons de faire une réclamation auprès du loueur de voiture RELIABLE –  le bien nommé ! Maria, la réceptionniste de l’hôtel prend les affaires en main et promet d’appeler Athènes.

café grec!

Après la baignade, Maria nous porte la bonne nouvelle : pendant le week end quelqu’un viendra changer la voiture.

Pour fêter cette aubaine, nous nous offrons un bon repas sur la terrasse :  une salade grecque, et un magnifique poisson frit, délicieux mais hors de prix (6000 drachmes). Avant la sieste, nouvelle baignade, il faut dormir maintenant pour être éveillée au théâtre !

5ème jour – monastère de Dafni en route Corinthe et Argos

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRETE

Daphni

 

notre Fiat Panda!

 

9H28, le loueur de voiture  Reliable attend dans le hall de l’hôtel, cela nous paraît le fin du fin !
Notre voiture est garée sur le trottoir d’Omonia, pas vraiment le lieu pour un contrôle technique ! Nous attendons que l’employé ait disparu sur un scooter pour que D s’installe au volant. Notre Fiat Panda n’est pas vraiment un carrosse. Elle est bignée à l’aile. Son « toit ouvrant » est une capote entoilée comme celle des 2CV d’autrefois qui  tient par un élastique. Le moteur fait un bruit de mobylette. Le plafonnier est dévissé. Le cendrier bringuebale.

Nous quittons facilement Athènes car D a fléché le plan. Nous nous retrouvons sur une voie à chaussées séparées. Nous dépassons le monastère de Dafni. Il est impossible de tourner à gauche !

Pour revenir en arrière il nous faut dépasser Eleusis, ses raffineries, ses pétroliers. Nous traversons des zones industrielles enfumées et pestilentielles, reprenons la direction d’Athènes après un détour de plus de 10 km.

Le petit monastère de Dafni est caché dans les pins au flanc d’une colline. Au parking, nous constatons que la portière du passager ne ferme pas à clé : nos bagages sont donc à la merci de n’importe quel rôdeur. Le toit ouvrant ne se ferme pas, il ne s’ouvre d’ailleurs pas non plus. Les essais de freinage sont inquiétants. La Panda n’est vraiment pas une affaire !

Dafni

Daphni

Le petit porche du monastère s’ouvre sur une cour carrée bordée d’un côté par des arcades en ogives.Au centre: un cyprès magnifique. Face à la basilique, un mur avec un banc de pierre sous un abricotier. Le monastère a été occupé par les Francs et les Cisterciens. De l’abbaye cistercienne, il ne reste que quelques ruines qui laissent deviner un bâtiment à étage. La basilique a subi les effets des séismes, les murs sont intacts mais les mosaïques à l’intérieur ont souffert. Les fenêtres sont ornées de motifs géométriques très fins. Nous observons avec soin les mosaïques  Dans la coupole centrale règne le Christ Pancrator, autour de lui la  »ronde  des prophètes », dans les petites coupoles nous recherchons les scènes décrites dans nos guides : on reconnaît un très curieux baptême ou l’eau est figurée par des rayures bleues horizontales.

 

 

 

En route, Corinthe, Argos….

Argolide

L’autoroute enjambe le Canal de Corinthe, des voitures stationnent sur la bande d’arrêt d’urgence, nous les imitons et avons la chance de voir un gros bateau tiré par un petit remorqueur. Le gros bateau a tout juste la place de passer. C’est un curieux spectacle.

Après Corinthe le paysage est très riant, si les montagnes sont complètement pelées comme nous l’avions vu d’avion, la plaine est verdoyante. Elle est plantée de vignes (les raisins de Corinthe) d’orangeraies bordées de cyprès, ainsi que des champs de blé.

Dès la sortie de l’autoroute  nous achetons des croquettes de viande et du tsatsiki dans une cantine à la station-service.  Nous négligeons les tables à pique-nique et le regrettons ensuite. Trouver de l’ombre  est problématique. Nous sommes passées sans nous arrêter devant Némée, Mycènes Argos et Tirynthe. Que de noms évocateurs !

A la sortie d’Argos, le long d’une rivière à sec nous nous installons sous des orangers.