3ème jour à Athènes : apéro aux Aérides, Syntagma, coucher de soleil au Lycabette

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÈTE

 

Apéro aux Aérides

Aérides : la Tour des vents

 

Apéro luxueux dans un café de la place des Aérides, face à la Tour des Vents et à la rue Eolou (Quelle logique dans la toponymie ! )L’ouzo  est servi avec des blinis recouverts d’un onctueux mélange de tarama, fromage blanc et herbes . l’addition est salée : 2000 drachmes.

 Plaka : les boutiques, parfois  de luxueuses bijouteries ou de beaux étalages de vannerie, mais trop souvent  des cochonneries pour touristes (Parthénon en plastique, paréos en batik, délavés T-shirts hideux).
la Cathédrale – ici la Métropole – sans grâce. A côté la Petite Métropole est charmante,basilique miniature mais fermée . Certaines pierres sculptées de motifs antiques ont sans doute été reprises de constructions anciennes.

 

La Petite Métropole

Athènes moderne, Syntagma, Kolonaki, Lycabette

 

Syntagma

 Pour acheter des billets des spectacles  du Festival d’Athènes , allons à  Syntagma. Omonia est ronde, Syntagme forme un quadrilatère . Il y a toujours une circulation infernale, mais ici les bâtiments sont propres prospères modernes et même luxueux, les hôtels dont chics et les banques nombreuses.

 Il n’y aura pas de spectacle Son et Lumières à la Pnyx pour cause de concert ! Nous sommes un peu déçues, et nous consolons en achetant nos billets pour l’Orestie à Epidaure.
L’Office de Tourisme se trouve rue Amerikis(comme dans ma leçon d’ Assimil !). Assimil n’est pas suffisant pour la conversation mais c’est un bon pilote pour les rues d’Athènes ! Nous y achetons  les cartes routières.
Remontant Stadiou jusqu’à Omonia,  nous achetons des pitas et des feuilletés à la viande. Déjeuner à 3 heures à l’hôtel, nous avons bien assimilé les horaires grecs, donc sieste !

Université

Université : une Antiquité très XIX ème siècle!

  Pour aller au Lycabette, nous empruntons Panepistémiou(voir Assimil !) et passons donc devant l’Université et la Bibliothèque, bâtiments monumentaux datant du règne du roi Othon . Les architectes allemands se sont inspirés des styles antiques : la bibliothèque est dorique. L’Université est ionnienne.

Comme le Musée, ces constructions ont le mérite de donner une idée des bâtiments antiques en fonction avant qu’ils ne tombent en ruine . Ils n’ont aucune authenticité, ne sont pas chargés d’histoire, mais ils frappent notre imagination mieux que des maquettes. Et cela constitue un cadre bien agréable pour les étudiants !

Lycabette

Kolonaki
Nous remontons les rues de Kolonaki, quartier chic évoqué par V. Alexis dans la Langue Maternelle. Les rues portent des noms illustres : Pindare, Démocrite, Hérodote, Héraclite … Elles sont en pente, bordées de petits arbres, orangers ou acacias. Les terrasses et balcons foisonnent de verdure, les plantations exubérantes dégoulinent des étages. Ici un bougainvillier fait une véritable arche fleurie, là un géranium(genre citronnelle) dégringole  au moins 3 étages. Les immeubles sont cossus, les boutiques de luxe sont à l’enseigne des grands couturiers français, italiens ou américains. Comme les rues sont étroites, nous marchons à l’ombre et au calme, il fait bon .

coucher de soleil sur le Lycabette

 

Le funiculaire nous conduit au sommet de Lycabette : on émerge du tunnel sur la terrasse d’un restaurant . Le sommet de la colline est coiffé d’une église à coupoles chaulées.

le soir tombe sur Athènes vue du Lycabette

Nous attendons le coucher du soleil. Vers l’Est, les avions décollent de l’Aéroport, à l’Ouest on devine les raffineries d’Eleusis ? Des dizaines de très gros bateaux croisent en mer . D’autres plus petits entrent et sortent du Pirée. Athènes, toute blanche occupe la cuvette, par delà, les collines sont arides . On étale la carte pour continuer nos repérages, les touristes se prennent en photo ou en vidéo. Le vent souffle, il fait très frais. Nous entamons la descente quand le disque rouge disparaît derrière la montagne

3ème jour à Athènes – Kerameikos- Agora

Kerameikos

les quatre amis et la barque de Charon

 7h30 : la rue Tsaldari qui nous conduit au Céramique est encore vide – il fait déjà chaud.

Le Kéramikos est le cimetière antique aux portes de la ville antique.. Le site est entouré de murs, dans une cuvette, heureusement qu’il est tôt ! Nous sommes les seules visiteuses.

Un jeu de piste

L’exploration ressemble à un jeu : tout d’abord s’orienter! Retrouver l’entrée, le Dipylon – terme que je trouve bizarre, n’ayant pas l’idée de le rapprocher de celui de Propylées  – ensuite les artères principales : la Voie Sacrée et le Dromos. Aucune indication . Un petit ruisseau bordé de cannas oranges nous sert de repère.

Stèles

Enclos funéraire de Dionysos Kollytos, taureau et chienne molosse

Quatre copains débonnaires font la conversation. Barque funéraire au pied de Charon : la scène change de registre. Un bœuf grandeur nature, domine une autre stèle. A ses pieds, la chienne molosse le contemple, surprenant spectacle dans un cimetière !
Le Kéramikos est très fleuri : lauriers roses, fleurs bleues non  identifiées, cannas, des figuiers donnent une ombre fournie et rafraichissante.

 

Athènes : Agora

Héphaisteion

L’Agora est à quelques minutes de marche du Kerameikos. Nous arrivons derrière l’Hephaïstéion et pénétrons par une porte dérobée.

Héphaïstéion
Le temple d’Héphaïstos est situé sur une sorte d’estrade naturelle dans la verdure. Il est très bien conservé : les frises des combats des Centaures et les Travaux d’Hercule sont encore bien reconnaissables.

En contrebas, s’étendent les ruines de l’Agora, nous continuons donc notre jeu d’orientation bien pilotées par le Guide Gallimard qui offre une belle reconstitution en couleur et en relief, sur le Guide Bleu il y a un  plan, des descriptions des notices. Nous sommes très bien installées pour consulter nos documents sur des bancs à l’ombre.

Agora

Tholos, Bouleuthérion

Nous trouvons d’abord la Tholos, ronde, et le Bouleuthérion : il nous faut comprendre la fonction de chacun de ces édifices et découvrons les mécanismes de la Démocratie athénienne. Nous effectuons des navettes entre plans, ruines  et explications. Peu à peu tout s’anime  : nous imaginons Socrate discourant sous la Stoa. Nous découvrons ensuite le tribunal où il fut jugé.

la Stoa : le Musée

Dans le musée, je verrai des petites fioles de poisons contenant peut être la ciguë. Il faudrait sans doute imaginer les victuailles du marché, les cris … Le site est bien ombragé, il souffle une brise agréable, la visite est passionnante.

On a reconstruit une Stoa, long bâtiment en marbre blanc, précédé d’une double colonnade sur deux niveaux pour abriter le musée. Cette construction neuve choque à  première vue sous ses tuiles rouges. Mais elle nous aide à mieux imaginer l’aspect réel de l’Agora. Ce n’était pas un parc orné de ruines romantiques, mais un espace urbain construit d’immeubles, de boutiques, de galeries, les arbres étaient peut être absents, les rues ressemblaient peut être à celles de la ville moderne, les automobiles en moins mais avec de la foule, des passants Comme nous n’avons pas de ticket, on nous refoule au musée. D renonce à la visite,  j’y vais donc seule et je découvre les objets retrouvés sur l’Agora. Certains sont prévisibles : vaisselle, outils, mais d’autres sont plus étonnants : un biberon, un pot de chambre. La vie politique et judiciaire a laissé une machine à désigner les jurés avec ses boules, les tessons d’ostracisme, les fioles de poison. Tous ces objets donnent à l’histoire une densité palpable.

Toutefois il convient d’être prudent : tous ne sont pas contemporains. Entre l’Odéon d’Agrippa et Socrate se sont écoulés six siècles. Comme si la Renaissance, Louis XIV, Napoléon et De Gaulle s’étaient rencontrés sur la place de Paris !

2ème jour à Athènes – Acropole – Musée National

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÈTE 1999

 

Omonia est bruyante!       Les sirènes de la police tiennent lieu de réveil matin à 6h30.Nous avions prévu de nous rendre à l’Acropole en autobus, cafouillage, un jeune Athénien nous conseille plutôt le métro.

Plaka

Plaka est endormie.Au petit matin, il fait frais, la côte paraît moins raide. Nous avons le plaisir de découvrir les monuments pour nous seules et de prendre des photos dans la lumière du matin sans être dérangées.

Acropole
Je redécouvre l’Acropole comme si je n’étais jamais venue. Peut être à cause  de restaurations récentes ou tout simplement vingt ans ont estompé la mémoire des lieux tandis que des anecdotes précises concernant des personnes restent encore vives.
J’avais beaucoup aimé le petit temple d ‘Athéna Niké, nous passons sans le voir, il est masqué sous les échafaudages.

Erechtéion

 L’Erechtéion est une splendeur. Bien sûr, je me souvenais des caryatides.  J’avais oublié l’olivier d’Athéna – enfin – son remplaçant. Sur un banc, devant le portique Nord, nous lisons nos guides avec soin et méthode, révisons histoire et mythologie, cherchons les détails  et admirons la finesse des décorations et le plafond à caissons.

J’avais oublié la légende d’Egée, le père de Thésée qui s’élança et se fracassa sur les rochers en voyant les voiles noires du vaisseau de Thésée qui entrait de Crète au Pirée. Notre regard est attiré par la mer et ses bateaux.

Parthénon

Parthénon

Impossible de ne pas comparer le Parthénon aux temples d’Agrigente. Le Temple de la Concorde est beaucoup mieux conservé et mis en valeur par la végétation.

Aujourd’hui, le Parthénon est un vaste chantier avec une grue, des instruments de levage, des rails et des baraques de chantier pour les ouvriers. Le mur de la cella doit être reconstruit pour l’an 2000, il faut faire vite, il ne reste que six mois ! Marteaux et scie résonnent, une bruyante activité.

les conférenciers des groupes

Entre temps, les groupes de touristes sont arrivés et envahissent le site. Nous glanons quelques bribes des commentaires de leurs conférencières. L’une d’elle raconte les destructions finalement très récentes du Parthénon par Morosini, Doge de Venise qui l’a fait sauter en le bombardant en 1687 , les Turcs y ayant installé une poudrière. Les vols des archéologues britanniques du siècle dernier, et finalement les dégâts de la pollution atmosphérique. Étrange de penser qu’il avait tenu bon vingt siècles pour tomber en ruines en trois siècles seulement.

Nous attendons l’ouverture du Musée à l’ombre en compagnie d’une famille d’Atlanta Indo-Asiatique puis renonçons.

L’Agora

Un chemin parmi les arbres descend vers l’Agora.. Une rangée de grenadiers longe l’allée, je n’en avais pas vu depuis Israël. Comme de nombreux sites, l’Agora est fermée le lundi matin.

Anafiotika

Anafiotika est un quartier de maisons blanches en terrasses rappelant les villages des Cyclades d’où sont originaires les habitants. Dédale d’escaliers,  de courettes, de jardins fleuris avec de mignonnes églises blanches surmontées de coupoles.
Jasmin, bignonias, plumbagos bleus dépassent des murs. De grosses poteries contiennent des plantes vertes ou fleuries. Nous pique-niquons dans les stridulations des cigales

Plaka

Redescendant à travers Plaka, nous sommes hélées par les restaurateurs, les petites tables sont sorties dans la rue mais à 13 heures, elles sont encore vides. Plaka est colorée d’ocre, de jaune, volets verts chaises bleues.

Eolou

La rue Eolou nous ramène à notre hôtel. C’est une rue piétonnière spécialisée dans le commerce des vêtements.

Arrêt à une terrasse moderne dans un passage ombragé pour un café frappé mousseux qui me rappelle encore Israël.  Dominique prendra un Ouzo.Nous découvrons une petite église byzantine malheureusement fermée.
Agora moderne : les Halles

Au marché à la viande, il règne une forte odeur,des mouches et de la chaleur. Le marché au poisson est nettement plus appétissant. Il est éclairé de curieux lustres portant de petites ampoules. Le poisson posé sur de la glace paraît très frais:  sardines, rougets  daurades,calmars, poulpes, gambas…..Le marché aux légumes est à l’extérieur. Une boutique ne vend que des œufs. De malheureux animaux vivants sont exposés dans des cages en plein soleil.

Après la douche, sieste. Comme dans la méthode Assimil, je me « jette » sur mon lit. Mon imitation des mœurs grecques est de courte durée. Une heure plus tard je repars pour la visite du Musée national à dix minutes à pied d’Omonia.

 

Musée National

Premier émerveillement : le Trésor de Mycenes : les masques d’or sont plus petits que je l’imaginais,  plus variés, véritable débauche de plaques, de bijoux, de coupes d’or et des objets en ivoire d’une finesse inimaginable et des peintures colorées ressemblant aux fresques crétoises.


Éblouissement dans les salles d’art cycladique. J’ai le coup de foudre pour les formes, les matière.

Évolution de la statuaire monumentale, (par ordre chronologique) je retrouve les illustrations de mes livres d’histoire et de grec du lycée, figures connues que je salue avec plaisir.

Le plus amusant : les stèles funéraires. Elles montrent paradoxalement le mieux la vie quotidienne. Chaque stèle raconte une histoire individuelle, on connaît le nom du défunt, de ses proches et sont plus amusantes que les statues idéalisées des divinités.

Soirée tranquille sur notre balcon où il fait finalement moins chaud qu’à Créteil la semaine passée

Arrivée à Athènes – première promenade vers l’Acropole

CARNET PÉLOPONNÈSE CRÈTE 1999

 

Vol Olympic

Dans l’avion la nouveauté, l’exotisme, le détail qui nous dépaysera, est bien trivial  : l’arrière de l’avion est « fumeur ». Cette originalité me réjouit par opposition à la prohibition américaine qui nous envahit. Négligence déjà levantine des normes européennes ?

La clientèle des vols réguliers est moins vacancière que celle des charters. En majorité, les passagers sont grecs. Je prends la mesure de la difficulté de la langue : après deux mois d’Assimil, je ne capte rien.

Passée l’Adriatique, nous survolons des îles : Corfou, Ithaque ? La mer est parcourue par de nombreux bateaux. La vue aérienne, mieux qu’une carte, nous livre la géographie d’un pays très montagneux, très aride, de sommets pointus, déserts qu’on atteint par des pistes en lacets. Cette vision chassera les projets d’excursions dans l’intérieur du pays.
Hôtel La Mirage, Omonia

L’hôtel  La Mirage est une grande et haute bâtisse de verre et de béton sans originalité particulière, une dizaine d’étages. On nous propose une chambre donnant sur la place Omonia que nous refusons, puis une chambre sur cour: un mu face à la fenêtre. Finalement nous obtenons la chambre de nos rêves avec un petit balcon,  sur une petite rue tranquille en face d’un grand magasin. Le mobilier est standard, impersonnel mais propre, la chambre est vaste, surtout elle équipée d’un double vitrage et de la climatisation. Nous voici parées contre les deux plaies d’Athénes : le bruit et la chaleur.

Omonia

  Omonia est un carrefour-clé d’Athènes, centre déch, monstrueux chantier du métro, circulation démentielle et faune interlope. Elle est aussi pleine de ressources : toutes les variétés de fast food à la grecque s’offrent à notre choix : kiosques équipés de frigidaires, bouiboui à souvlaki, pâtisserie, sandwicheries moderne et même un supermarché…pour nos dinettes sur le balcon.

  La Rue Athinas

La rue Athinas nous conduit à Plaka : les boutiques sont fermées. Il y a un monde fou. Les hommes rassemblés sur les trottoir ne sont pas grecs, peut être slaves ou albanais. Nous passons sans nous arrêter.

PLAKA
Après avoir contourné le chantier du métro Monasteraki ,nous trouvons une sorte de village aux maisons peintes de jaune ou d’ocre au flanc de la colline de l’Acropole. La lumière du soir est belle, les couleurs sont chaudes. Derrière de hauts murs, des jardins débordent de végétation. Des tonnelles abritent cafés et tavernes. Les pavés des rues très en pentes sont polis et glissants. Plaka est beaucoup plus agréable que dans mes souvenirs, plus tranquille. La plupart des promeneurs sont des grecs endimanchés. Au terrasses on sert surtout des cafés frappés dans de grands verres. De nombreux chiens trainent, les chats faméliques paraissent plus vaillants ..Nous grimpons jusqu’à l’Acropole, j’explore seule le sentier qui longe le grillage tandis que Dominique sympathise avec une vendeuse de boissons fraîches et de cartes postales. Nous attendons la tombée de la nuit sur un banc.

L’Acropole, de nuit
Pour voir l’Acropole s’éclairer dans la nuit, nous escaladons un très gros rocher poli par les ans. Est- ce le marbre ou le passage au cours des siècles qui l’a rendu si glissant ?
Premier dîner de souvlaki-pita près de Monasteraki.

Gioconda – Nikos Kokantzis

LIRE POUR LA GRECE

Récit autobiographique de la découverte de la jalousie, de l’amour, des émois et des désirs (dans cet ordre) adolescents dans Thessalonique de 1941 à 1943. Fraîcheur de ces amours enfantines, sincères, pures, impudiques parfois. Pourtant la menace plane.

Thessalonique ancienne, des jardins et des terrains vagues, des jolies maisons.

Cependant on sait que de février à Août 1943 toute la communauté juive sera regroupée puis déportée vers les camps d’extermination. Gioconda est juive. On sait que le récit se terminera mal. Très mal. Pourtant les parents de Nikos ont proposé de cacher Gioconda. Pourquoi a-t-elle suivi sa famille?

MacVal : Ange Leccia Logical Songs

LE MONDE EN EXPOS

Mes rapports avec l’art contemporains sont empreints d’une grande curiosité souvent dubitative. Parfois cela accroche, parfois cela me met en colère, foutage-de-gueule! je m’écrie.

Une visite au MacVal de Vitry, si proche de chez moi s’imposait depuis longtemps. Une grand sculpture de Dubuffet l’annonce au rondpoint de la route qui va à Paris. Un parking est bien pratique (valider le ticket à la sortie). un jardin orné de statues et fontaine est bien agréable.

Les collections permanentes n’ont pas soulevé mon enthousiasme. Faut-il regarder au 2ème ou au 3ème degré cette révolution à l’envers ou des personnages genre mannequins sont fixés la tête en bas? Les toupets de cheveux agités par des ventilateurs d’Annette Messager n’ont pas reccueilli mes suffrages, pourtant une animatrice faisait une conférence à des enfants bien sages et intéressés… J’ai plus apprécié ce masque africain évidé refermant un  walkman(obsolète) perché sur une pyramide de valises…Une conférencière m’aurait été bien utile pour apprécier les œuvres qui ne me parlent pas spontanément.

L’ouvre d’Ange Leccia en revanche m’a plu. Comment nommer cette présentation sûrement pas accrochage, ni exposition, peut-être projection, séance? On entre dans une très vaste pièce sombre. 6 écrans de très grande taille (cloisons, murs?) balisent l’espace vide. La meilleure façon de profiter du spectacle serait de s’asseoir sur le parquet au milieu des projections par 6 vidéoprojecteur formant le coeur de l’œuvre qui bat a l’unisson ou en léger décalage. Visage rose en très très gros plan, très rapproché. Images de Rome (villa Médicis) , plusieurs femmes, un feu comme du napalm, ou un feu de garrigue…. Je me laisse prendre, bercer, rêver à l’étrange boule jaune, coucher de soleil avalé par une bouche à contre-jour. la vidéo sur très très grand écran a de la gueule!

Dans les Ardennes : noix et vin rouge

FEUILLETON DES NOIX!

 

 

Je laisse la parole à JEA

En Ardennes, noix et vin rouge sont invités aux mêmes noces.
Ingrédients pour un litre :
– 1 l de vin rouge ramené par exemple de la Drôme
– 7 noix vertes du jardin
– 1 petit verre d’eau de vie (marc de champagne…)
– 4 cuillère à soupe de sucre
Pas compliqué :
– couper les noix en quatre sans les décortiquer donc sans se casser
– les confier au vin rouge, le tout dans une bouteille fiable
– boucher sans charcuter et laisser macérer pendant 40 jours
– filtrer alors le vin avant de le réchauffer avec le sucre et l’eau de vie : un quart d’heure, pas plus
– laisser refroidir
– retour (provisoire) du vin dans une bouteille bien accueillante
(recette aussi authentique que rustique)

mais ce sont les photos de George qui précise que c’est trop tard pour celles là

les voyages en Orient du Baron D’Eaubonne – JBTavernier : Arménie

LIRE POUR L’ARMÉNIE

Gayané, le monastère qui se trouve à une portée de mousquet…

J’ai suivi Tavernier jusqu’en Indes. J’ai repris ce livre de retour d’Arménie. Dans le chapitre  De l’étendue de la Perse, 
Tavernier résume la géographie de la Perse du temps du Cha-Abbas, il distingue « la Grande Arménie, en particulier la partie située entre les rivières d’Araxes et de Cyrus, aujourd’hui l’Aras et le Kur;est appelé Iran dans le pays et plus souvent Cara-Bag, qui est un des plus beaux et des plus riches endroits de toute la Perse. Les villes principales sont Erivan, Kars, Nacsivan, Zulfa et Van sur un lac de même nom et les plus grand de toute l’Asie. »

Il cite les abricots, les melons et les vignobles.

« En Perse on ne se sert point de tonneaux pour mettre le vin mais bien de grands pots de terre cuits au four, dont les uns sont vernis par -dedans, et les autres enduits de graisse de queue de mouton; car sans ce vernis ou cette grains, la terre boirait le vin »

Cette coutume d’enterrer les grandes jarres était déjà de mise du temps des Ourartiens.

Dans le chapitre Arménie chrétienne Tavernier décrit Edchmiadzine

« Le premier lieu digne d’âtre remarqué en entrant en Perse par l’Arménie est celui qu’on appelle Les Trois Eglises à trois lieues d’Erivan, et ce sont trois monastères à quelque distance les uns des autres. Le plus grand et le plus beau est la résidence du grand patriarche des Arméniens ; il y en a un autre au midi qui n’est éloigné du premier que d’une portée de mousquet ; et un troisième à un quart de lieu de là vers le Levant qui est un monastère de filles. Les Arméniens appellent ce lieu-là Egmiasin, c’est-à-dire, fils unique, qui est le nom de la principale église. On trouve ans leurs chroniques, qu’environ trois cent ans après la venue de Jésus-Christ, on commença à la bâtir et que les murailles étant déjà à hauteur d’appui, le diable venait défaire la nuit ce qu’on avait fait le jour ; que cela dura deux ans ; mais qu’une nuit, Jésus-Christ apparut, et que dès ce moment-là le diable ne put empêcher que l’on achevât l’église. Elle est dédiée à Saint Grégoire pour lequel les Arméniens ont une grande vénération, et on y voit une table de pierre qui est, selon les mêmes chroniques, la pierre où Jésus-Christ se posait quand il apparaissait à Saint Grégoire. Ceux qui entrent dans l’église vont baiser cette table en grande dévotion.

Le second monastère a été bâti à l’honneur d’une princesse qui vint d’Ittalie avec quarante filles de qualité pour voir Saint Grégoire. Un roi d’Arménie l’avait fait jeter dans un puits avec des serpents dont il ne reçut aucun dommage. Il y vécut quatorze ans par grand miracle; et depuis de temps-là, les serpents de deux ou trois lieues à la ronde ne font aucun mal. Ce roi idolâtre ayant voulu jouir de cette princesse qui était très belle et de ses compagnes surmontèrent par leur vertu la violence qu’il leur voulait faire, et de rage de ne pouvoir venir à bout de son dessein, il les fit toutes mourir. Voilà ce que les Arméniens racontent au sujet de la fondation de ce monastère…« 

caravansérail

J’aimerais aussi citer Tavernier quand il raconte la vie des caravanes et des caravansérails….

Xenophon : Anabase , à travers l’Arménie – anecdotes pittoresques

LIRE POUR L’ARMÉNIE

carte de ‘expédition des Dix Mille

L’Anabase est un souvenir du lycée. Je n’ai jamais oublié « Thalassa! Thalassa! » et j’associe ce texte à une séance-diapos de veille de vacances où la prof nous avait montré l’expédition en Dauphine avec d’autres profs du lycée à travers la Turquie, Ephèse, mais aussi la Mer Noire « Thalassa! »…

A Yerevan, au Musée historique et au Musée D’Erebouni, les conférencières avaient abondamment cité Xénophon. Il était temps de revenir au texte.

Je n’ai pas tout lu. L‘Anabase raconte la retraite des Dix Mille – Grecs partis soutenir Cyrus dans la guerre contre son frère Cléarque – de Counaxa près de Babylone où il subi une défaite jusqu’à Trapezonte (Pont Euxin). Reporter de guerre mais aussi général, Xenophon a rapporté le plus grand reportage de guerre de tous les temps!

Comme il serait passionnant de poursuivre l’itinéraire des Dix Mille à travers l’Irak, le Kurdistan, Iran et Arménie, Géorgie et Turquie! Quoique la géographie moderne a morcelé le pays des Cardouques (Kurdes) et celui de l’Arménie. Les Grecs du Pont Euxin et du Caucase ont maintenant été « rapatriés » en Grèce (lire Kazantzakis) ….

Je me suis contentée des chapitres concernant l’Arménie pour vérifier les dires des conférencières enthousiastes! :LIVRE IV Ch III : Arrivés au bord du Centritès qui sépare l’Arménie du pays des Cardouques…. qu’est-ce donc que cette rivière? un affluent de l’Euphrate? Les Grecs passent à gué, Xénophon donne tous les détails….

Le ChIV : me plonge dans la perplexité « Les Grecs se rangèrent et se mirent e route à travers l’Arménie, pays entièrement plat.. »près des sources du Tigre, « où le satrape Tiribaze y avait un palais.  » Les sources du Tigre seraient dans le Taurus et Tiribaze satrape de Sardes en Lydie. Nous voici beaucoup plus à l’ouest que je ne l’imaginais! Ou peut être la cartographie au 4ème siècle était-elle bien approximative? Dans cette Arménie plate les Grecs rencontrèrent une grande abondance de neige[….]qui tenait chaud aux hommes couchés » mon étonnement croît! – non pas que le haut plateau soit enneigé mais que cela puisse réchauffer les troupes. En revanche pas de trace de ski annoncé par la conférencière d’Erebouni. Les « vivres excellents…raisins secs, vins vieux parfumés, légumes de toutes espèces.. » concordent plus avec mes impressions d’Arménie.

Au ChV, les soldats peinant dans la neige furent pris de boulimie. Ils subirent aussi des conséquences plus graves : aveuglement dû à la blancheur de la neige, gelures et pieds gangrenés « que l’on combattait en se remuant sans jamais rester au repos et en se déchaussant pour la nuit ». Toutes ces remarques précises rendent la lecture passionnante.

C’est là qu’ils découvrent des habitations souterraines dont l’ouverture ressemblaient à un puits.J’ai autrefois en Cappadoce visité de grandes villes souterraines. « Il y avait aussi du vin d’orge dans des cratères.. les grains d’orge mêmes nageaient à la surface et il y avait dedans des chalumeaux sans nœuds, les uns plus grands les autres plus petits. Quand on avit soif, il fallait prendre ces chalumeaux entre ses lèvres et aspirer. Cette boisson était très forte si on n’y versait pas d’eau…. « 

Autre détail charmant : l’histoire des chevaux arméniens consacrés au soleil. Le comaque apprit à Xenophon à envelopper de petits sacs les pieds des chevaux pour les mener dans la neige…

Ch VI : ;les Grecs arrivent au Phase que je connais : c’est l’Araxe. bientôt ils arrivent à la mer.

Le chapitre VII réserve encore une anecdote pittoresque : l’empoisonnement avec du miel!

J’ai eu bien du mal à retrouver sur une carte moderne le voyage des Dix Mille et je crois que l’époque n’est pas propice pour refaire cet itinéraire….entre guerre en Irak, frontières fermées, troubles en Turquie..mais je me suis régalée avec cette lecture rafraîchissante.



Vidal et les siens – Edgar Morin – identité salonicienne

« J’ai vu confusément naître le XXème siècle, dit Vidal. le siècle nait à  Salonique comme un lever de soleil. la Salonique séfarade s’épanouit[….] les idées éclairantes se répandent en même temps que l’éclairage électrique et les tramway à trolley….. »

« les Lumières arrivèrent à Salonique par trois voies séparées, dans les trois mondes juxtaposés des séfarades, des Grecs et des Turcs. Dans les trois cas, il se forme une intelligentsia formée à l’occidentale[…..] la seule différence, capitale du point de vue des idées, est que chez les Grecs et les turcs, le modernisme et la laïcité sont étroitement liés à l’affirmation et au développement du nationalisme, alors que les séfarades non seulement seront insensibles à tout nationalisme, mais feront tout pour éviter d’être intégrés à l’État-Nation. »

Vidal, le  père d’Edgar Morin était salonicien. Identité remarquable. Juif du Levant, séfarade. Né dans la Salonique ottomane, contemporain de la Révolution des Jeunes-turcs, des guerres balkaniques qui donnèrent Salonique à la Grèce. Protégé  de l’Italie, statut hérité des capitulations qui donnaient aux sujets des puissances une juridiction à part. Les juifs fuyant l’Espagne, furent invités par le Sultan de la Porte, minorité dans l’Empire Ottoman, conservant le vif attachement à l’Espagne, la langue aussi. A Salonique, les juifs n’étaient pas une minorité tolérée mais au contraire formaient la population majoritaire d’un port ouvert sur le monde méditerranéen, ouvert aux idées des Lumières, puis libérales.

A Salonique, lieu de naissance de Mustapha Kemal,  le nationalisme Turc s’exprima avec la Révolution Jeunes-Turcs.  Proche des guerres balkaniques qui opposèrent les nationalismes grecs, bulgares, macédoniens. Non loin des Dardanelles, où la Première Guerre Mondiale fait rage, Vidal évite l’engagement au sein  des troupes italiennes malgré ses papiers italiens, ou grecques alors que Salonique est devenue grecque…

« De toute façon, aussi bien que sa nationalité citadine de salonicien que par l’infranationalité floue d’israélite du Levant, Vidal échappa à l’Etat-Nation qui voulait dire armée, guerre, mort. »

L’identité salonicienne se s’accompagne pas de patriotisme belliqueux. Face à l’écroulement des empires, une autre attitude est possible que le nationalisme. Attachement à une ville, à une culture, et non  pas à un état. Loyauté à une langue, l’espagnol du 15ème siècle, la francophonie des Lumières. Peu d’animosité vis à vis des Empires Centraux.

Mais Salonique brûle en 1917. La communauté juive s’exile en une nouvelle diaspora. Thessalonique, la grecque, accueille les réfugiés grecs de Turquie. La ville cosmopolite s’hellénise. Et la déportation nazie de 1943 mettra fin à Salonique séfarade, séculaire. Se souvient-on des rêves messianiques de Shabbatai Tsvi?

Vidal et les siens s’installent en France, fidélité à la famille et à la tribu. Adaptation à la vie parisienne. A l’import/export de rigueur dans un port, il substituera la bonneterie. les réseaux saloniciens  se reconstitueront dans le Sentier mais aussi à Paris, Marseille ou Bruxelles. Ils deviendront Français à part entière. Vidal sera même mobilisé pendant la seconde guerre mondiale. J’ai aimé suivre les tribulations de la famille dans l’exode des années 40, optimisme devant la barbarie.

Puis je me suis un peu lassée c’est pour Salonique que j’avais emprunté le livre à la bibliothèque…. .