Les noix confites, une recette venant de Roumanie

BUCAREST/PARIS

Dans cette rubrique, je laisse la parole à George qui commente souvent mon blog.

 

Chez nous, les noix sont récoltées au début du Juin. C’est pourquoi je ne peux pas vous conseiller quand vous pouvez les récolter dans votre région..Cela dépend du climat(Par exemple: Ici nous sommes autour de la “parallèle 35” ), En tout cas, on les récolte avant que la coquille  ne commence à durcir, quand elles ont un diamètre de approx. 2 ou max.3 cm. Et il ne faut pas cueillir les noix et les laisser/oublier dans un coin en pensant que vous n’avez pas du temps et/ou que vous pouvez les préparer seulement après quelques jours. Il faut réserver du temps suffisant, pour commencer et finir tout ce processus de préparation. Si non, c’est mieux de abandonner et attendre l’année prochaine.

 

Il faut utiliser seulement des noix que vous avez cueillies vous-même et pas des noix que vous avez

achetées n’importe ou(au marché supermarché, etc.).

 

Ingredients:

 

100-120 noix vertes

1 kg sucre

1 citron

3 tasses d’eau(1 tasse=250 ml)

2 sachets de sucre vanille

 

Après cueillir, on introduit tous les noix dans un vase , en eau froide et on les garde ici pour 24 heures.

 

On change l’eau froide à chaque 4 heures (6 fois).

 

On met des gants de cuisine pour protéger les mains; si non, la coquille verte des noix va laisser sur les mains une couleur  presque noire qui n’est pas facile à enlever tout de suite.

 

Avec un couteau on enlève très bien toute la partie verte de chaque noix jusqu’au moment quand on arrive à la partie blanche. Après finir de peler chaque noix, on la jette dans un autre vase avec de l’eau froid. Après peler et jeter la dernieère noix (No. 100 ou 120 , ha, ha !! – c’est le moment quand je dis souvent que je veux abandonner!) dans l’eau froide, on met dessus une assiette ou quelque chose similaire qui doit être lourd, pour maintenir toutes les noix, en permanence, dans l’eau (si non, les noix qui ne sont pas complètement couvertes par l’eau vont devenir noires et bonnes à jeter à la poubelle).

 

Les noix doit rester dans l’eau froide  jusqu’au lendemain matin(si, par exemple, nous avons commence toute cette activité ce soir). Mais  jusqu’au lendemain matin il faut  continuer à changer l’eau froide (3 ou 4 fois).

 

Enlever complètement l’eau froide et introduire tous les noix en eau bouillante pour 15 minutes.

 

Mettre à part(En: “set aside”) la vase avec le noix, préparer un autre vase avec de l’eau bouillante.

 

Jeter l’eau ou les noix ont bouilli pour la premiers fois et introduire ces noix dans l’autre vase avec de l’eau bouillante pour 15 minutes.

 

Mettre à part la vase avec le noix, préparer un autre vase avec de l’eau bouillante.

 

Jeter l’eau ou les noix ont bouilli pour la première fois et introduire ces noix dans l’autre vase avec de l’eau bouillante pour 15 minutes. (En total, 3 opérations similaires).

 

Enlever l’eau chaude et plonger tous les noix en eau froide, qu’on l’enlève 2 ou 3 fois jusqu’au moment quand nous avons déjà préparé le sirop.

 

Pour le sirop on utilise de l’eau et du sucre: la préparation du sirop est fini quand une goutte de sirop reste en forme presque ronde sur une surface, sans se dissiper…

 

On enlève l’eau froide et on introduit tous les noix dans ce sirop et on les laisse bouillir a un feu réduit  pour 10-15 minutes et apres ca on agrandit la flamme jusqu’au moment quand on considère que c’est cuit.

Pendant ce dernier process, c’est une “mousse” presque blanche qui se forme… Il faut l’enlever, mais il ne faut pas la jeter , car ca c’est tres bon a manger.

Avant la fin de tout le process on ajoute le jus du citron et/ou une tranche de citron, on laisse bouillir un peu.

 

Après enlever tout et éteindre le feu, on ajoute le sucre vanille.

 

On laisse tout refroidir et on introduit toute la quantité dans des pots propres et secs.

Toute ma vie, j’ai appelé l’activité de préparation de la recette dans la cuisine : « Le cirque » : escalade dans le noyer, sélection et « pick up » rapide de chaque noix; chaque fois, les mains étaient presque noires à cause de la coquille verte des noix  et après çà: toute la jonglerie (autour de la cuisinière) avec les vases pleines de l’eau froid ou « hot » …

ma contribution à ce billet est uniquement l’ajout d’accents qui ne figurent pas sur le clavier roumain de George. J’ai laissé les tournures roumaines pittoresques

 

Franz Werfel – Les 40 jours du Musa Dagh

LIRE POUR L’ARMÉNIE

La lettre manuscrite de Werfel exposée au Matenadaran à Yerevan m’avais émue.

Après la lecture de Erevan de Sinoué  et l’impression mitigée du point de vue littéraire de ce roman historique, j’ai relu  Les 40 jours du Musa Dagh de Werfel lu il y a plusieurs dizaines d’années et j’ai plongé dans ce très gros bouquin (915pages) avec passion.

« Ecrit avant l’avènement du régime hitlérien en Allemagne, ce roman semble préfigurer l’avenir » écrit Elie Wiesel dans la préface.

« Comment Franz Werfel connaissait-il le vocabulaire de l’Holocauste avant l’Holocauste? »

demande Elie Wiesel un peu plus loin.

Écrit en 1932 à la veille de la prise de pouvoir du nazisme, victime d’autodafé, ce livre est autant un livre de mémoire qu’un livre de combat. Livre de résistance, de dignité, livre d’Histoire, il aussi dénué de manichéisme, les Arméniens résistants ne sont pas idéalisés. L’aide que portèrent certains Turcs n’est pas occultée.

C’est un roman touffu, dense, flamboyant. Récit de guerre, certes. La vie quotidienne des villageois est racontée avec précision. Le Musa Dagh, Mont Moïse est aussi décrit de manière pittoresque. Cette montagne protectrice est un personnage à part entière du roman. Persécutions et résistance de la ville de Zeitoun, déportation des Arméniens, tous les mécanismes du génocides sont analysés. Mais pas seulement : les personnages sont vivants complexes pétris de contradictions. Ils combattent mais aussi  se jalousent, se vantent, cherchent à préserver leurs richesses jusque dans la catastrophe. Des idylles se nouent.

Roman flamboyant, et pas seulement parce que les incendies jouent un grand rôle.

Survivront-ils? (je laisse au lecteur le plaisir du suspens, les retournements de situations sont nombreux).

C’est un très grand livre malheureusement presque introuvable à prix raisonnable. Les éditeurs penseront-ils à le ré-éditer?

Pour aller plus loin cliquer  ICI

Un  autre article passionnant et très détaillé analyse ici les sources historiques et les implications politiques du livre de Werfel : LA

 

méir shalev : Ma grand-mère russe et son aspirateur américain

LITTÉRATURE ISRAÉLIENNE

Nahalal le moshav de méir shalev

 

De Méir Shalev, j’ai lu (2fois) Que la Terre se souvienne. Ma Grand mère russe et son aspirateur américain se déroule dans le même moshav de Nahalal.
Roman autobiographique, saga familiale, commençant en 1890 à Makarov, Ukraine, se poursuivant jusqu’à la fin du 20ème siècle.
Je me suis surtout attachée aux personnages des pionniers, de la deuxième ou de la troisième Alyiah, venant de la Russie, avec leur accent, leur idéal rayonnant,  leur énergie pour assécher les marais, bêcher, greffer les arbres, et combattre la boue l’hiver et la poussière l’été.

« Mais la manucure incarnait un symbole négatif, le pire de tous, car elle s’appliquait aux doigts, aux mains industrieuses vouées à labourer, bêcher,semer et construire. Les mains des pionniers que la révolution devait arracher à la plume, au commerce, à la casuistique talmudique pour les renvoyer aux outils et aux travaux des champs… »
C’est là qu’intervient le fameux aspirateur, cadeau d’un double traître qui a préféré faire des affaires en Californie.

« L’Amérique ignorait sans doute que, dans mon jeune âge,en sus de l’Union soviétique, de l’Allemagne de l’Est et la  Corée,  elle avait un autre ennemi. Oh pas très puissant ni spécialement dangereux, à vrai dire, mais virulent acharné et moralisateur : une poignée de moshavim et kibboutzim – le courant pionnier en Terre d’Israël. »
J’ai beaucoup souri en lisant ce  livre.
Livre de la nostalgie. Livre de tendresse pour cette famille chaleureuse.
Livre de l’innocence aussi. Celle de mon  adolescence quand je croyais que la terre d’Israel n’avait été gagnée qu’en asséchant des marais. Pas de bruit de bottes, un seul coup de fusil ! pour abattre un chat sauvage, voleur de poules….Pas un arabe à l’horizon, si, une ligne, vu du train le long de la frontière, en Jordanie d’alors…. les antagonismes se résumant aux divers courants du mouvement travailliste? et des révisionistes de droite.

Méir Shalev par le son livre:

Erevan : Gilbert sinoué

LIRE POUR L’ARMÉNIE

Roman historique ou livre d’histoire?
Le sujet m’intéresse, et je rentre d’Arménie. j’ai donc lu avec beaucoup d’intérêt ce roman qui commence en 1896 avec la prise de la Banque Ottomane par des Arméniens et qui se termine en 1921 avec l’exécution des principaux responsables du Génocide de 1915. leçon d’histoire!
L’auteur met en scène différents protagonistes, une famille d’Erzeroum, un député arménien, les responsables politiques « Jeunes »Turcs », les témoins occidentaux… Fidèle aux faits et aux témoignages.

 

Leçon d’histoire, pour le roman historique, le souffle est court. Je ne suis pas arrivée à m’attacher aux personnages, trop conventionnels, dans un décor convenu, peu de littérature finalement. Mais est-ce important pour un tel sujet?
Dernier reproche : le titre .Pour quoi Erevan? L’action se déroule entièrement en Turquie et jamais à Erevan?

je me suis promise de rechercher les Quarante jours de Musa Dagh de Franz Werfel qui raconte aussi le génocide que j’ai lu autrefois et qui m’avait impressionnée.

De l’Allemagne au Louvre – 1800-1939

EXPO ROMANTIQUE?

140 ans de peinture allemande, forcément des choix, la période est longue, variées les inspirations.

Inspiration antique : découverte de l’Italie et de la Renaissance, historicisme, cathédrales gothique, plusieurs vues de la cathédrale de Cologne. L’historicisme m’ennuie prodigieusement. Tableaux bien faits, trop bien faits.

Retour à la nature : face à face, l’herbier de Goethe et celui de Klee. J’ai aimé, surtout Klee.

Grands et beaux tableaux de Caspar David Friedrich. Montagnes romantiques, arbre aux corbeaux, paysages surgissant de la brume. C’est pour moi une belle découverte.

XXème siècle, horreurs de la Grand Guerre Otto Dix, Metropolis, Beckmann, art décadent? Un choc.

 

La Grande Bellezza – film de Paolo Sorrentino

TOILES NOMADES

Voyage à Rome!

Si cinéma veut dire pour vous, action ou histoire romanesque, si vous vous endormez facilement dans le rythme lent des films contemplatifs, passez votre chemin…

La Beauté alterne avec la plus grande vulgarité. C’est comme cela que j’imagine l’Italie berlusconienne. Dans un cadre de rêve (une terrasse avec vue sur le Colisée) des fêtes mondaines se déroulent, mariachi, variations sur le thème du petit train, danses hypnotiques réunissent les people, faune de parvenus, starlettes, artistes reconnus ou en panne d’inspiration. Danse hypnotique sur une musique abrutissante.

Le héros, Gep,  écrivain qui n’écrit plus, plus mondain qu’écrivain déambule….philosophe, esthète désabusé…j’ai eu du mal à le trouver séduisant ou sympathique. Et pourtant, la fulgurance des images de Rome, une fontaine, une statue, une expédition dans un palais encore habité par des princesses vieillissantes qui jouent au cartes, m’a réjouie.

Le film est long (2h20) et j’en redemande; encore une statue, encore une fontaine. Je crois rêver, à La Dolce Vita, désabusée, mais pas encore vulgaire.

Critique de l’Italie berlusconienne? Caricature de cet ecclésiastique qui répond à une question angoissée sur la foi par d’interminables recettes de cuisine, et au final apparition de cette sainte improbable, et encore! Un enterrement, comme une mise en scène théâtrale. Que dire de cette cérémonie de l’injection de botox. Les trouvailles ne manquent pas dans cette histoire sans histoire. Et Rome est magnifiée. Gep, finalement humain.

 

L’Attentat film de Ziad Doueiri

TOILES NOMADES

Naplouse

Parlons d’abord cinéma : L’Attentat est un excellent  thriller, le spectateur ne s’ennuie pas un instant. Même si on a lu le résumé , si on sait déjà que le Docteur Jafaari, célèbre médecin arabe israélien, apprend que sa femme s’est faite exploser dans un attentat, on ne s’ennuie pas un instant. L’action se déroule au rythme haletant d’un film policier.

Amine Jefaari mène l’enquête de Tel Aviv à Naplouse. Les indices sont minces et distillés petit à petit. Les acteurs excellents, le décor plus que réel (parti pris que le réalisateur libanais a imposé malgré le handicap d’avoir tourné en Israël, et qui lui vaut la censure dans son pays).

Comment Amine n’a-t-il rien vu, rien deviné? Comment Siham a-telle mené une vie parallèle à l’insu de son mari? Comment une femme qui vit dans la bourgeoisie israélienne, moderne, éduquée, chrétienne, belle, aimée  peut elle se transformer en martyre?

Un indice, une lettre : « A quoi sert le bonheur quand il n’est pas partagé ? »

Naplouse

La quête d’Amine le mènera à Naplouse où le point de vue sera radicalement décalé. Quels sont ces radicaux, ces terroristes qui ont « lavé le cerveau » de Siham? La réponse se trouve sans doute chez ce Cheikh exalté qui prêche à la radio?

 

Changement de décor : nouvelles perspectives, nouvel indice:

  » Le bâtard n’est pas celui qui ne connaît pas son père, c’est celui qui ne connaît pas ses racines. »

Retour à Tel Aviv, Amine pourra-t-il reprendre sa vie à l’hôpital? quels seront ses rapports avec ses collègues et amis juifs? Plus grave, que fera-t-il de son enquête personnelle? Sa collègue qui l’a soutenu, lui rappelle: il y a eu 17 victimes dans l’attentat, des enfants qu’il a lui-même soignés! Il n’est pas question d’occulter cela non plus.

Tout est dans la nuance, l’ambiguïté, le refus du manichéisme…dans l’impasse aussi!

lire la critique de Rue89:

dernier soir à Yerevan : tapis – musique

CARNET ARMÉNIEN

la grande place ovale et ses bâtiments officiels

Au-delà des grilles du parc, la large rue Beyrouth avec ses plantations et ses fontaines. Un portique prolétarien  nous emmène à des cafés à l’ombre de grands arbres puis à l’immense place Hanrapetyan, la grande place ovale entourée par les bâtiments officiels, ministère, Poste centrale, Musée National, Hôtel Mariott.

Exposition des Tapis Arméniens 17ème -19ème

tapis ancien arménien

J’avais prévu de visiter la Galerie Nationale de peintures et l’exposition des Tapis Arméniens ? Encore un programme trop chargé ! J’ai préféré me concentrer sur l’exposition des tapis. Deux salles au rez de chaussée du Musée National présentent des dizaines de tapis merveilleux. Un texte détaillé explique origine, dates, mais aussi analyse les motifs.  Lire un tapis qui raconte une histoire est une aventure nouvelle pour moi. Les histoires des tapis arméniens sont des histoires merveilleuses d’eau et  de dragons,  associés comme symboles de fertilité. Histoire d’aigles aux ailes déployées, de béliers ou de taureaux sacrifiés. Dragons et eau ont été gravés depuis la Préhistoire sur des pétroglyphes : Vishaps. Mis en regard des tapis, des poteries très anciennes présentent les mêmes symboles : dragons à 7 têtes, zigzag de l’eau qui court…

Les tapis racontent aussi les fleurs, les pommiers en fleur. Les arbres sont parfois arbres de vie ou arbres de Jessé. Des croix affirment l’origine chrétienne du tisserand. . parfois, à côté d’un médaillon central tout l’espace est couvert de figures animalières , certains animaux sont facilement identifiables, les dragons pas toujours.

Il nous reste 18500dram. Le taxi du retour n’excèdera pas 1000 dram. Il nous faut changer l’argent en trop. Toutes les banques sont fermées. Je cours le quartier, tentant ma chance à l’Hôtel Marriott, où je suis éconduite et dirigée vers une galerie commerçante – fermée. aAprès avoir sillonné le quartier j’aboutis dans le hall de l’Hôtel Aviatrans où Jack a son bureau. Miracle, le changiste de l’hôtel travaille et j’échange 17.000dram. Un taxi nous remonte chez Hasmik. Dans le centre de Yerevan, son compteur reste bloqué à 600dram. Avenue Babayan, on arrive à 737dram.

Soirée d’adieu, un peu mélancolique. Hasmik nous a préparé une soupe délicieuse. Jack vient nous voir. Il a apporté un cadeau. Hasmik aussi nous fait une surprise : à la tisane qu’elle nous avait promise elle a ajouté des soudjouks que nous adorons. Puis quand elle me voit photographier ses sets de table en tissage elle nous en donne 4. Dernières photos. Jack se met au piano et nous donne un vrai récital de musique arménienne: Arno Babadjanian Elégia et Tigran Hamassyan.

Il faut se séparer et se coucher tôt : demain réveil à 3h30 !

Yerevan : Marché central – Mosquée et déjeuner dans un parc

CARNET ARMÉNIEN

Entrée de la mosquée de Yerevan

Marché central

Le marché est fermé, nous devions y acheter nos cadeaux : tisanes et fruits secs. Deux marchandes d’herbes proposent des asperges, des orties et l’herbe frisée qu’Hasmik nous a cuisinée la semaine dernière, des radis et même du plantain.

Mosquée de Yerevan

La mosquée se trouve juste en face. L’entrée est assez discrète dans la grande avenue Machtots, mosaïque multicolore et inscriptions en persan.

En bas de quelques marches, on découvre un jardin très frais entouré dans un patio entouré d’arcades de minces briques roses alternant avec de petits carreaux turquoise soulignant les arches orientales.

salle de prière et coupole persane

Au fond, une coupole turquoise ornée d’un bandeau jaune et de médaillons jaunes aux inscriptions persanes, surmonte la salle de prières cubique carrelée de motifs délicats de couleurs fraîches et extrêmement fleuris et compliqués : fond blanc, fond turquoise, fond jaunes arabesques et fleurs. Dans u n coin le minaret de briques aux motifs zigzagants, est surmonté d’une petite coupole assortie à la grande coupole.

Le jardin est organisé autour d’un bassin carré, bleu piscine, tour de marbre de facture peu soignée. Massifs de rosiers rouges, des grands arbres : marronnier en fleurs, acacias, noyers, lilas et chèvrefeuille. En dehors des agents de sécurité et d’un homme qui fume, assis sur un banc, il n’y a que nous. Halte tranquille que j’utilise pour écrire.

jardin tranquille

Pour rejoindre la grande Place de la République (appellation trouvée sur le Petit Futé mais inconnue des habitants), nous coupons par un parc populaire où l’on loue des voitures métalliques pétaradantes d’un autre âge (l’enfant est au volant, le papa sur un strapontin installé sur le garde-boue), où rouille une grande roue et de désuets chevaux à bascule. Dans une arène, des hommes jouent,. Les uns au trictrac, les triangles des « maisons » ne sont même pas dessinés. Debout, ils jettent les dés et font glisser les pions sous l’œil intéressé des spectateurs ; D’autres jouent  aux échecs. Sur une table on peut décorer des masques blancs avec des couleurs….

Les statues des héros de l’Armée Rouge ont reçu hier, 9 mai, leurs couronnes….

Nous nous installons à une guinguette (musique-pop russe en clips sur un écran plat). Nous asseyons à une petite table ronde couverte d’une nappe de lainage à damier rouge et noir. Le serveur est très gentil. Notre commande est facile, 1 kebab, 1 chicken-burger, 1 taboulé, 1 verre de vin blanc et 1 bouteille d’eau. Le vin arrive en double. L’eau est servie dans une élégante bouteille de vodka, élégante mais pas capsulée, gratuite – c’est l’eau de la fontaine. Avec deux cafés l’addition se montera à 5.500dram (11€)Le kebab est servi enroulé dans du pain arménien qui le tient au chaud. Le taboulé est très vert, excellent. Le boulgour est noyé dans la coriandre avec une feuille coupée en lanières, très verte, pas identifiable, sauce à la tomate et beaucoup de citron. On se régale pour notre dernier déjeuner arménien. Demain nous serons arrivées à Roissy.

cascade et maison musée de Martiros Saryan

CARNET ARMÉNIEN

Yerevan vue de la Cascade : le jardin des sculptures et l’Opéra

Les Arméniens font le pont du 9 mai au lundi 13 : vacances scolaires, mais également banques fermées, administrations et même les escalators de la Cascade et le Centre d’Art Cafesjian que je me faisais une joie de visiter. La collection des sculptures de plein  air me laissait présager un musée d ’art contemporain très intéressant. On se console en examinant avec soin les paliers de la Cascade. Le premier présente une piscine carrée où l’eau lisse reflète trois nageurs prêts à plonger en métal argenté brillant. Sous la fontaine deux tortues marines et des nageurs sont en bronze.

la Cascade

Au deuxième niveau : le bassin est à sec : carrés en damiers forment des gradins, chacun porte une grenade d’où jaillira un jet d’eau. Le bas relief du mur représente un oiseau merveilleux dont les ailes sont composées de grenades, grappes de raisin, motifs en amandes, fruits ou poissons. Renversé, sous l’oiseau : un éventail. Sur me rebord vers la ville, un homme est bizarrement agenouillé et grimaçant, du chinois Yu Minjun, lui font face trois mobiles très colorés d’Andrea Carson.

Le troisième niveau illustre le thème « urbanization versus wild life » : un ours polaire de marbre du Chinolis Zhaolui Liu, tourne le dos à une fusée chromée à deux étages polonaise (1980) tandis qu’un lion solitaire occupe tristement le centre du palier. Quand je m’en approche, je découvre que le sculpteur n’a pas fait son lion en bronze mais en pneus de moto lacérés.

 Le 4ème palier est introduit par 4 lettres du mot LOVE ; Dans la piscine à damier, une demi-tête humaine est à demi immergée faisant face à un poisson de bronze exondé.

Lapin acrobate de Flanaghan et soldat de Botero

Enfin ! la descente des marches est terminée. Nous pensions tranquillement les descendre avec l’escalator. Le Chat de Bottero nous accueille en face de la Mouette bleue. Je note les noms des sculpteurs : Saraj Guha pour les impalas, Barry Flanaghan (UK) pour les lapins acrobates, trois sculptures sur ce thème.

Il fait bon ce matin. Il n’y a pas de voitures dans les rues. A l’Opéra nous prenons la rue Moskovian qui décrit une courbe pour aller à la Maison Musée Martiros Saryan.

Maison Martiros Saryan

Martiros Saryan (1880-1972) a étudié à Moscou. Il n’échappa pas à l’influence des impressionnistes puis des Fauves, disciple de Gauguin et de Matisse. La première salle (1909-1917) présente des tableaux colorés sur des sujets orientaux et égyptiens où les animaux sont très présents. Un de mes préférés Night landscape in Egypt montre la gamousse. Dans Persia, des ânes et des gazelles.

En 1921, Martiros Saryan et sa famille s’installent à Yerevan. Les Tableau de cette salle illustrent une Arménie rurale, colorée, orientale avec des maisons aux toits plats, des balcons de bois bleu. L’Ararat mais aussi l’Aragats. Je découvre Ashtarak tel qu’Ossip Mandelstamm a dû la voir, villageoise, orientale, au pied de la montagne. Réalisme socialiste oblige, Saryan peint aussi les usines d’Alaverdi et ses cheminées fumantes.