Preslav : 2ème capitale de la Bulgarie

CARNET BULGARE

Maquette de l'église dorée de Preslav (musée)

A midi, nous prenons la route de Veliki Preslav et avons l’excellente surprise de passer devant un site archéologique qui n’était pas signalé. Un peu plus loin, un beau musée aménagé dans un jardin fleuri. Les nombreux panneaux, maquettes et les grandes photographies sont commentées en Bulgare, il y a très peu de traductions en anglais et encore, elles concernent plutôt les fouilles que les trouvailles : celles de la forteresse du Khan Omurtag (822) où l’on a retrouvé 3 basiliques du 4ème siècle et le site de Preslav que nous venons de voir en passant 10ème à 12ème siècle. Une salle blindée renferme le Trésor de Preslav trouvé sur le site du Patriarcat. Des vitrines contiennent des pièces de monnaie romaines trouvées au site de Popovo d’Antonin le pieux 138 après JC 0 Septime Sévère 250. Ces dernières marquent l’invasion des Goths en 251. Le Trésor de Preslav est d’époque byzantine et comporte des bijoux, des émaux cloisonnés, des cuillers d’or et d’argent,  un quartz taillé comme un camée (intaille ?) à la loupe on distingue deux personnages d’une finesse extrême. Les sceaux des rois bulgares, des gouverneurs de Preslav et même celui d’Alexis Comnène sont exposés. Je n’ai jamais été fan de numismatique, plusieurs occasions m’en ont démontré l’intérêt, en Lettonie, au château de Cesis les monnaies racontaient toute une histoire. Les bâtiments de Nicopolis ad Istrum qui ont détruits avec les incendies et les invasions sont connus avec précision grâce aux pièces de monnaie battues sur place qui représentaient les portes de la ville disparues. Le livret acheté sur place est d’ailleurs passionnant. Ici, à Preslav, je fais une rencontre : dans le trésor du Patriarcat on a retrouvé des monnaies du doge Tiepolo (1268-1275) et du doge Dandolo (1280-1281) qui me touchent parce que ces deux Doges étaient les personnages du roman Du Sang sur la Soie que je viens de terminer. Comment ces pièces sont elles arrivées là ? Les Bulgares sont ils allés à Venise ? ou les Vénitiens à Preslav ? Ou à Constantinople ? Ou ailleurs ? Les pièces racontent l’histoire. Il conviendrait que j’y prête davantage d’attention.

Preslav: l'église dorée

Preslav était la capitale de la Bulgarie au 10ème siècle au temps du Tsar Siméon(893-927). C’était un centre artisanal, artistique et intellectuel avec un Palais, plusieurs églises, un monastère et le Palais du Patriarcat. Le Musée abrite divers objets des mosaïques aussi. On y voit la maquette d’une très belle église l’ « L’église dorée»que l’on photographie, ce qui nous sera bien utile quand nous irons visiter le site de Preslav plus tard dans l’après midi. Nous avons comparé les photos de la maquette aux ruines de l’église restaurées avec les canons actuels : reconstruction bien visible d’une matière différente identifiable (ciment et crépis blanc). On a pu ainsi avoir une meilleure idée des volumes et des structures sans avoir un site bétonné comme la Cnossos d’Evans.

Visite sur le site de Preslav

L’église dorée est protégée par le mur d’enceinte de la ville à grosses tours rondes. On entre dans l’enclos par une arche arrondie – romane ? -. Une belle colonne de marbre et 3 autres reconstituées soutenaient un auvent abritant le porche. En dessous, le pavage de marbre et céramique est resté intact. La nef est soutenue par 4 colonnes mais curieusement flanquée de 4 petites tours rondes. La coupole reposait sur 10 hautes colonnes de marbre. Si la maquette a de très beaux décors, sont-ils peints ou sont-ce des mosaïques ?

Il faut à la fois imagination et rigueur à l’archéologue. Comment visualiser le Palais, les églises, le Palais épiscopal quand seules, les fondations sont encore en place ? N’étant pas archéologue, je rêve devant les panneaux et les dessins des reconstitutions et fais appel au souvenir de notre visite au musée ce matin. Cela manque vraiment de traduction.

Pourquoi Siméon avait-il choisi cet emplacement pour en faire sa capitale? Veliko Tarnovo était une place forte évidente, nid d’aigle dans la boucle de la Yantra, affluent du Danube sur un axe de circulation nord/sud depuis l’Antiquité Romaine. A Preslav, la géographie est moins lisible. La ville st située dans une cuvette au creux des montagnes du Balkan. Je manque cruellement d’arguments. Demain nous irons à Pliska – capitale précédente des rois Bulgares.

En route d’Arbanassi vers Drageovo

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petit minaret de fer blanc dans la campagne

Zakouska de la Villa Tvorchesvka : une grosse part d’un gâteau qui tient de l’omelette au fromage et du feuilleté : dehors et au dessous des morceaux de fromage blanc sont noyés dans une pâte jaune. C’est la fameuse banitsa dans sa version de luxe. Après la dame nous apporte des beignets.

En route

Le GPS annonce 128km jusqu’à Dragoevo en roulant sur la grand route jusqu’à Targoviste puis 28 jusqu’à Veliki Preslav. Sur la route de Varna, nous coupons le GPS, trop respectueux des limites de vitesse dont personne ne s’occupe, il fait la leçon au conducteur bruyamment. Aujourd’hui, samedi, pas de camions mais beaucoup de conducteurs pressés d’arriver à la mer. Dans la plaine, les blés sont moissonnés. La route monte et descend dans les collines plantées de tournesol tous orientés vers l’Orient et le soleil du matin. Les champs sont immenses ; A perte de vue, des tournesols. La taille des parcelles est elle le résultat de la collectivisation ou d’une exploitation capitaliste ? j’aurais dû poser cette question à l’attaché culturel rencontré à Koprivistitsa.

On se lasse de rouler sur la route principale. J’ai repéré un raccourci par Verdun, Cherkovna, Kopretz Draganovets et Ivanovo. On se lance sur les routes secondaires et les chemins vicinaux de la Bulgarie profonde. Le GPS n’est d’aucune utilité. Au contraire il cherche à nous faire retrouver la grande route.

Les paysans sont très sympas. Si on leur demande la direction d’un village voisin ils fournissent des renseignements judicieux et s’assurent qu’on a bien compris(en Bulgare). Si je mime la bonne direction ils prennent congé par « davaï » ou « haïdé » qui sont autant d’encouragements.

A Verdun, les gens sont bruns et maigres comme des  gitans. Sur la place du village, côte à côte, une mosquée avec minaret en fer blanc et la coupole de l’église brillante à la même hauteur. Côte à côte, en bonne intelligence. Cherkovna et Kopretz, point d’église mais une mosquée miniature avec un minaret en tôle verte au cône pointu équipé de hauts parleurs. Le muezzin doit monter à l’échelle. Cela ressemble à une rampe de lancement de fusée d’un club aéronautique amateur. Les femmes d’un certain âge portent le pantalon bouffant fleuris des dames turques et le voile blanc déployé(que j’aimerais bien acheter)passe une jeune fille en short mini, mini, sarouels et voiles semblent réservés aux vieilles. On croise des carrioles tirées par un cheval ou un âne.  Au détour d’un virage, un jeune au volant d’une voiture grenant nous fait signe de nous pousser « Kombinat ! » une moissonneuse-batteuse précède un énorme tracteur tirant une charrue de taille XXL . Il faut se pousser pour laisser passer la caravane.

Dans les prés fleuris paissent des troupeaux, des vaches reviennent de s’abreuver à la rivière, des chèvres dans les chaumes des blés moissonnés, des brebis avec leur berger à la longue houlette. Après Draganovets le goudron s’arrête remplacé par une mauvaise route de gravier pendant 4km. Après Ivanovo, on traverse des bois et on longe un lac. Un chemin de terre nous conduit à une petite plage où il y a déjà deux voitures. Un couple et leurs deux chiens se baignent. Par prudence, je garde mes sandales et nage dans l’eau presque tiède. C’est un vrai plaisir de nager librement. L’eau est immobile, je suis en confiance.

Déjeuner à Veliko Tarnovo et après midi à Arbanassi

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Veliko Tarnovo, vue de la rivière

Déjeuner à Veliko Tarnovo

Nous arrivons en ville à l’heure du déjeuner,laissons la voiture sur une petite place de la ville haute, et nous acquittons sérieusement du péage du parking, auprès d’un gardien vêtu d’une veste fluo, qui coche la date et l’heure sur un carton ad hoc, 1 leva pour une heure « Et ne soyez pas en retard ! »

En face, sur la grande rue se trouvent plusieurs terrasses. Celle de la pizzeria EGO nous convient. Confortables banquettes de skaï, parasols. A l’intérieur la salle est climatisée et très chic. Il y a également une seconde terrasse du côté de la rivière Yantra et qui a une vue splendide que j’ai découverte au hasard en cherchant les toilettes. Une salade Eve et un risotto, vin et eau 15levas. La salade Eve est composée de tomates pelées et pressées en une sorte de cylindre décoré par un brin de persil et une olive, saupoudré de noisette pilée. Je trouve sous les tomates des poivrons rouges grillés et pelés et du caviar d’aubergines. Le risotto est présenté avec le même cylindre recouvert de lamelles de kachkaval, décoré d’une olive. Dans le riz crémeux il y a du maïs, des petits pois frais, des épinards crus et de fines tranches de bacon. Délicieux et très abondant.

la boucle de la rivière Yantra et le monument des Asen à Veliko Tarnovo

Au lieu de rentrer par les chemins connus et encombrés nous descendons la rue principale bordée de  boutiques de vêtements et chaussures de luxe pour arriver dans la ville basse moderne.Devant un cinéma en brique qui ressemble à un château fort, une ruelle nous conduit au dessus  de la rivière Yantra dans un quartier très sympathique Gourko(du nom du général russe vaiqueur au col de Shipka). La promenade bordée de petites maisons et de verdure d’un autre âge. Accroché au flanc de la falaise les maisons se tassent je découvre que certains immeubles de plusieurs étages avaient une façade d’un ou deux étages sur la rue. Je reconnais EGO , côté rue, une jolie maison Renaissance Bulgare d’un étage, crépie de vert tendre, côté  rivière, c’est un grand immeuble rouge. Je découvre aussi le monument étrange dédié aux Asen : un obélisque noir et quatre terribles cavaliers.

Le Grand Hôtel est une monstrueuse construction de ciment défraîchi, grand, à défaut d’autre chose !

Dans la ville moderne, buildings tours et barres, il faut allumer le GPS pour arriver à Arbanassi et faire encore un long circuit.

Arbanassi

Les visites prévues hier, annulées se font à pied.

La Maison Konstantsaliev 17ème

Arbanassi : entrée de la maison Konstantsaliev

Maison d’un riche notable, située en face d’une grande fontaine turque, entourée de grands murs dans un jardin. La porte d’entrée est très orientale, une arche turque de pierre blanche, belle porte cloutée. Le premier étage est revêtu à l’extérieur, comme à l’intérieur, de bois. Les boiseries intérieures sont très soignées aux motifs arabisants. A la place des banquettes que nous avons vues, de véritables estrades recouvertes de tapis de coussins et tous les objets, argenterie ou céramique sont luxueux.

L’église des Archanges Michael et Gabriel(1760) Œuvre e Michael de Thessalonique et de Georgi de Bucarest, les fresques sont merveilleuses. Sur un fond bleu nuit, les auréoles dorées des saints et des anges sont lumineuses. Au sommet de la coupole le père et le Fils sont entourés par le cercle des anges et des saints. Aux 4 coins les 4 évangélistes sont reconnaissables par leurs rouleaux de parchemin mais sans leurs attributs ; Dans une demi-coupole est peinte une très belle Nativité face à Jésus et ses disciples. A hauteur d’homme, les saints de taille humaine, montent la garde. Dans la nef rectangulaire, j’ai plus de mal à reconnaître les scènes et la foule des personnages. Il aurait fallu un guide. Je suis restée très longtemps émerveillée.

A 16h, nous allons à la piscine de l’Hôtel Palmyra que nous voyons de notre balcon. Entrée 6 levas pour les personnes extérieures. Bulgares ou peut être russes fument beaucoup sur le bord de la piscine. Les femmes portent des strings ravageurs. Même une petite fille en maillot rose et bleu aux motifs de bébé et sa sœur montrent leurs fesses et prennent des poses. Ces lolitas me choquent avec leurs airs alanguis. Jeux de séduction, de provocation. Ces gens ne sont pas là pour nager et cela m’arrange bien. Je sillonne le bassin, longueur après longueur pendant une heure et quart.

Nicopolis ad Istrum

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zakuska!

Le petit déjeuner de la Villa Tvorchesvka restera dans les annales ! Sur une assiette carrée noire, au sucre glace, avec un pochoir on a écrit le nom. Deux tartines gratinées à l’omelette au fromage et deux autres gratinées au poisson et deux chouquettes en forme de triangle.

Les chantiers de Veliko Tranovo nous ont rebutées. Les musées historiques de la Révolution Bulgare ne nous disent rien (on en a déjà vu quelques uns !)Nous décidons (hors programme de l’Agence) d’aller voir Nikopolis ad Istrum à une vingtaine de km de Veliko Tarnovo sur la route de Ruse. Encore faut-il trouver cette route de Roussé qui s’écrit PYCE et qu’on lit « Pisse ». Avec les travaux, elle est inaccessible et nous voici pour un tour de 35minutes à visiter les chantiers et les déviations.

La route de Roussé est un axe N/S important vers la Roumanie, la Grèce et la Turquie. Elle est très encombrée de camions qui foncent et poussent les voitures malgré les appels de phares venant d’en face qui préviennent d’un barrage policier. Des voitures suicidaires doublent malgré la ligne continue (il n’y a que deux voies) . la première route de traverse nous mène à un Kombinat agricole – un kholkoze ? – Cela sent le cochon industriel !La route suivante est la bonne : route étroite où il est difficile de se croiser envahie par les mauvaises herbes des bas-côtés, fenouils géants et par des nuées de papillons blancs que je prends pour des piérides du chou malgré l’absence de chou. Les blés ont été moissonnés et la paille rentrée.

Effeuillage des mûriers

A l’entrée du village, spectacle inédit : un homme étête les mûriers perché sur une échelle. En dessous, un jeune homme et deux femmes dépouillent les branches de leurs feuilles qu’ils fourrent dans des sacs. Peut-on prendre des photos ? Bien sûr ! Le jeune homme très brun, aux yeux très noirs prénommé Ismaïl est ravi, une femme très brune comme une gitane mais aux yeux verts pose pour la photo. Rires quand nous leur montrons les photos. Atmosphère très joyeuse, voire connivence. Les vers à soie se nourrissent des feuilles de mûrier : je dessine une chenille et un papillon. Ismaïl opine. Les feuilles sont bien pour les bombyx. Je dessine une maison mais il ne me dit pas où se trouve la magnanerie. Deux jeunes garçons arrivent avec une bouteille de coca et des gobelets. En notre honneur ? Peut être ? Nous refusons les rafraîchissements et remontons en voiture.

Nikju, le village proche du site est très calme. Les maisons sont alignées derrière de grands murs. On devine les jardins et les hauts plants de tomates. Le site se trouve ans des collines où paissent des vaches. De nombreuses cigognes arpentent les graminées< ; non loin de là, un étang où hérons et cigognes attendent, pattes dans l’eau.

Nikopolis ad Istrum

cardo maximum

Le site est ouvert. Le gardien arrive au volant de sa voiture. Il ne parle que le Bulgare mais il brandit une brochure illustrée. Son Bulgare est émaillé de termes que je connais bien : Cardo Maximum, Forum, Agora, hypocaustes, propylées, théâtre…. Si bien que j ‘ai l’impression de comprendre le Bulgare. Il nous vend pour 6 lv la brochure en anglais.

Nous abordons la ville par la Porte Sud. Le Cardo Maximum est pavé de très grandes dalles calcaires qui nous conduisent au centre. Ces dalles cachent un canal (adduction d’eau ou égout ?) . On remarque les traces des roues des chars antiques. Un morceau de la corniche du Bouleutérion (c’est écrit dessus) orné de têtes de bovins et de guirlandes gît sur le bord de la rue. Grâce qux indications du gardien je trouve le Monument de Nicoleus :

frise du bouleuthérion

HOMME D’HONNEUR QUI BÂTIT UNE MAISON A HADES DE SES PROPRES MAINS

A TOUS IL DIT : COURT SERA LE CHEMIN DE LUMIERE

LE REPOS ETERNEL ARRIVE A TOUS LES MORTELS

BUVEZ ET VIVEZ SANS VOUS PRIVER

L’AME VOUS QUITTERA VOUS EREZ PRIVES DE LUMIERE

ADIEU ETRANGER

Je traduis de l’anglais le texte qui était originalement en grec.

Nicopolis a été découverte par l’archéologue autrichien Kaniti (1871) mais le travail d’épigraphie est celui d’un Français George Seure.

A l’extrémité Nord, se trouve le grand bâtiment du Thermoperipatos érigé sous Commode (184-185 ap.JC) ses dimensions 69mx28m . 3 boutiques étaient de chaque côté du bâtiment de deux étages. C’était le lieu de rendez vous et de promenade chauffée. Il fut abandonné en 176 à la suite d’une invasion.

A angle droit avec le Cardo maximum, sur le décumanus s’ouvre le Forum qui n’st pas entièrement dégagé. On ne retrouve ni boutiques ni stoa pourtant indiquées sur les panneaux. En revanche, mis en évidence et protégé par une toiture : l’énorme canalisation de l’égout cloaca maxima  et son regard permettant de le curer. Le diamètre extérieur est d’au moins un mètre mais les briques plates qui l’entourent sont d’une grande épaisseur.

cloaca maxima

Des propylées conduisant au Forum – espace piétonnier interdit à tout véhicule et fermé à la tombée de la nuit (comme les bazars orientaux). De chaque côté de la colonnade des propylées se trouven l’Odéon et le bouleutérion.  De nombreuses stèles devant le bouleutérion racontent le passage des empereurs ou de  personnages importants

LE CONSEIL DE LA CITE ET L ASSEMBLEE D’ULPITA NICOPOLIS AD ISTRUM HONORENT L’EMPEPEUR CAESAR TRAJAN HADRIAN AUGUSTUS. FILS DU DIVIN NERVA( 136ap JC)

En 198, visite de Julia Domna Augusta mère des camps.

Les hypocaustes témoignent du confort : chauffage central indispensable en hiver.

Nous avons vu plusieurs puits mais aps le réservoir (château d’eau) ni l’aqueduc de 25km qui apportait l’eau du village de Musine .

Fondée par Trajan autour de 105-106 ap JC, Nicopolis ad Istrum fut ravagée et disparut en 600 détruite par les Avars et les Slaves.

Veliko Tarnovo et Arbanassi

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Veliko Tarnovo : Tsarevets la forteresse des Asen


Une soixantaine de kilomètres et une heure de route séparent Bojentsi de Veliko Tarnovo. Dans la ville, tout se complique ! Il y a des chantiers partout. La vieille ville est construite sur un éperon rocheux dans une boucle de la rivière. Les rues sont étroites, certaines très pentues. Il semble qu’on rende toute la vieille ville piétonnière. La circulation automobile est quasi-impossible. Nous ne nous y attardons pas et suivons les instructions du GPS programmé pour Arbanassi où se trouve notre hôtel, villa Tvorchevska. La patronne ne parle que Bulgare mais elle nous montre le luxe de ces lieux : un buffet avec  une fontaine réfrigérante et chauffante, on peut s’y servir d’eau glacée ou se faire soi-même un thé.

Notre chambre est luxueuse avec un petit ventilateur bien utile aujourd’hui. En bas, le thermomètre marque 36°C à l’ombre. La salle de bain toute carrelée de bleu marine donne une impression de fraîcheur. Le mobilier est en fer forgé, même le lavabo.

A peine sommes nous installées? que le ventilo s’arrête. Panne d’électricité générale ! Un feu de forêt est à l’origine de la coupure. Avions et canadairs tourneront jusqu’au coucher du soleil et même bien après. Heureusement le courant est revenu vers 18heures.

Pas d’électricité ! Pas de visites. L’église des Archanges Michel et Gabriel  aux fresques renommées est fermée ainsi que tous les musées d’Arbanassi. Nous retournons à Veliko Tarnovo et retrouvons les mêmes embouteillages et les mêmes travaux ! se garer n’est pas non plus les moindre problème. Ls différents musées historiques de la lutte des Bulgares pour l’indépendance ne m’inspirent pas ce soir. La Maison du Singe signalée par les guides est une maison rouge ornée d’une statuette, rien d’exceptionnel !

l'accès à la forteresse

lLa forteresse Tsarevets est située sur un pic rocheux. La rivière Yantra a creusé un véritable canyon. Les falaises forment des barres rocheuses. La vieille ville sur une sorte de presqu’île est reliée par un étranglement au nid d’aigle fortifié. Pas étonnant que les rois du Second Empire Bulgare Pierre et Assen en aient fait la capitale ! Entourée de murailles puissantes elle semble imprenable. Elle est pourtant tombée en 1393. Les restaurations des années 1980 ont reconstruit les murailles qui cernent complètement la colline ainsi que l’église Sveti Spas (Saint Sauveur) avec son haut campanile carré qui domine toute la ville et se voit de très loin. Tout cela est trop restauré à mon goût. La promenade des remparts, de 17h30 à 18h30 est très ventée.

Bojentsi

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La route de Gabrovo est facile à trouver. A l’entrée de la ville un panneau touristique marron flèche Bojentsi. Rapidement? nous nous retrouvons dans des hameaux inconnus de la carte. Je n’ai pas programmé Bojentsi sur le GPS : la transcription du cyrillique est hasardeuse Bozhensite, Bojensite, Bojentzi, je ne sais quelle orthographe il va accepter ! Avec l’aide de vieilles dames nous trouvons le village non sans avoir fait un beau détour dans la campagne.

Bojentsi

Bojentsi : lauzes et bois

Précédé par des hôtels – spa luxueux et énormes. La  région est très touristique. Le village est classé « village-musée » depuis 1984. Seuls 20 résidents habitent ici à demeure. L’activité est exclusivement touristique : marchands de souvenirs, céramiques, bois et confitures. Cafés, auberges occupent tout l’espace. Point de potager ni d’animaux. Les fleurs sont plantées pour le plaisir des yeux. Des magnifiques noyers, on apprécie sans doute plus l’ombre que les noix. Un panneau à l’entrée de Bojentsi nous apprend que le village a été fondé il y a 600ans par une femme nommée Bojana et qu’une voie romaine passe là.

Pressoir de cire d'abeilles

Dans une maison, des gens s’activent à installer le décor du pressoir de cire d’abeilles qui est une curiosité : au fond de la pièce, le foyer entretenu par un soufflet comme dans une forge pour faire fondre les gâteaux, la lourde presse et à la place de paillassons, tout simplement de la paille.

La jeune fille de l’accueil se déplace pour faire visiter deux maisons du village.

bojentsi : bois et lauzes

Maison de Baba Reina 18ème siècle

Le rez de chaussée était dédié aux animaux : moutons mais surtout chevaux. Les habitants de Bojentsi étaient surtout des commerçants qui se déplaçaient à cheval. Sur le balcon, une pierre servait d’évier mais seulement pour se laver les mains. Les rainures d’évacuation de l’eau sont encore visibles. Vaisselle et lessive se faisaient ailleurs. Les femmes se tenaient le jour à la cuisine. Une petite fenêtre dans la cloison permettait d’éclairer la cuisine et la chambre avec la même lampe. De même le feu dans le foyer ouvert de la cuisine communiquait avec le poêle de la chambre.

Maison de Doncho Popov 19ème

Au bout du village, sur trois niveaux. Sur la rue s’ouvraient les volets de l’étalage de la boutique, à l’arrière la remise avec les marchandises entreposées dans de grands paniers et les traineaux pour l’hiver. Doncho Popov utilisait deux balances, l’une pour acheter l’autre pour vendre. Etaient-elles étalonnées pareil ? Doncho Popov, véritable personnage est aussi un héros comique légendaire pour son avarice. Une planche pour battre le blé est sur le même modèle que celle que nous avons découvert à la roseraie ; dans les rainures sont glissés de petits éclats de silex, la planche était tirée par un cheval qui tournait sur l’aire.

Les habitants de la maison entraient par le second niveau dans la maison d’hiver aux petites pièces. Les portes étaient disposées en coin pour gagner de la place et surtout pour réduire le volume à chauffer.

le magasin de Dancho Popov

Au troisième étage, les pièces sont beaucoup plus vastes, plus luxueuses toutes lambrissées. Au centre du plafond la décoration est sculptée très délicatement. Popov voyageait beaucoup et loin pour son négoce : en témoignent le samovar russe, la lampe viennoise et le service d’argenterie turc. Les volets coulissaient t à l’intérieur le long des vitres calfeutrant hermétiquement la pièce ; Une petite fenêtre verticale à l’aplomb de la boutique permettait de la surveiller jour et nuit. Les cloisons intérieures sont doublées de placards. L’un d’eux était aménagé en cachette permettant de gagner le grenier et éventuellement d’épier discrètement les invités qui dormaient dans cette pièce de réception. Le coffre-fort de Doncho Popov était également à secret : dans une double cloison, un petit meuble à tiroir recelait les pièces d’or. Après l’Indépendance de la Bulgarie, Popov s’est installé à Gabrovo où il construisit la première usine et fit don d’argent pour construire le théâtre.

Galerie

La galerie de peinture expose des aquarelles de Spartak Genev colorées et originales avec un procédé de « dégoulinades » tout à fait au point.

Après la visite guidée nous préférons rester flâner à Bojentsi plutôt que de rallonger la route en visitant Triavna, proche à pied (par un sentier de randonnée 2heures) mais dans une autre vallée imposant un grand détour d’autant plus que le GPS est récalcitrant. J’ai doonc tout mon temps pour dessiner les maisons aux toits de lauzes, aux façades blanches et aux balcons de bois.

Exceptionnellement, nous déjeunons tôt à midi. Le petit déjeuner a été sommaire ainsi que le dîner. Nous choisissons la plus belle Mexana qui a installé ses tables sur une placette sous de grands tilleuls, à l’ombre et bien aérée. Nous commandons des kebabs (appelés meat- balls sur les menus en anglais mais qui sont aplatis comme des steaks hachés) avec une garniture de légumes sautés, mélange de petits pois frais, de maïs frais, de brocolis et mini-carottes. Le pain arrive tout chaud sur une planche, cuit au bois, compromis entre pizza et pain arabe servi avec du beurre chaud et la croûte croustillante. L’addition est de 17levas pour deux et c’est un restaurant de luxe dans une ville touristique !

monastère Sokolovo

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l'église du monastère de Sokolovo

Pressées d’arriver à l’étape, on ne s’arrête même pas un instant au Col de Chipka. La descente vers Gabrovo est interminable. Le Musée de plein air d’Etara est bien  indiqué. Le monastère de Sokolovo (Manastir Sokolovski) est juste après.

Monastère Sokolovo

La route mène à un grand porche. On gare le Berlingo à l’extérieur. Munie du voucher, j’entre dans le très beau jardin désert et silencieux. Une dame, cheveux blancs et vêtements civils, occupée à sarcler les rosiers, attrape le voucher et m’intime l’ordre de me tenir à côté de la très belle fontaine et d’attendre là « Touk ! ».

Notre chambre est de plain-pied sous les arcades dallées d’une pierre sable, grès un peu schisteux. Notre cellule monacale est simple : deux lits de pin, une table, deux tableaux pieux. Le frigidaire et la clim donnent un aspect de luxe inattendu mais aucun ne fonctionne. La petite télévision accepte nos câbles-photo. La salle d’eau est vaste avec un bac à douche (luxe !).

la fontaine et notre cellule

La perspective de passer la soirée dans le silence juste rompu par le gargouillis de la fontaine me ravit. Etre au bout de la route, isolée dans la montagne !

L’église est construite sur un replat creusé sous le jardin, face au ravin. Seule, émerge la coupole côtelée vert de gris qui ondule surmontée d’une croix ajourée. Toute peinte en bleu, le tambour du narthex représente le Paradis Perdu. Tout l’intérieur est recouvert de fresques 19ème siècle qui manquent un peu de naïveté pour être émouvantes.

Trois bâtiments d’un étage, reposant sur des piliers de bois dessinent un quadrilatère dans lequel est planté le jardin. Au centre, une fontaine à huit arcades de pierre de tuf d’où huit jets se déversent dans 8 auges qui encerclent l’édicule. De là partent quatre allées bordées de buis. Les platebandes ne sont pas carrées, elles forment des polygones compliqués ne respectant aucune symétrie attendue : ici, un buisson d’hortensias, là, un laurier, une rangée de sapins bleus, un thuya. Bordés par le buis, ls rosiers sont en fleur. Au milieu du massif, de la pelouse.

Les bonnes sœurs jardinent tranquillement. L’une porte des gants et un sécateur. L’autre étale une nappe rouge. Elles taillent une haie.  Les rameaux coupés sont déposés dans la nappe qui sera nouée en baluchon. Malheureusement, le calme du couvent est rompu par la rumeur du village voisin. On joue au ballon. Une radio sonorise le match tandis que les clameurs s’élèvent du stade. Foot contre méditation. Le foot a gagné !

Le soleil se lève face à nos fenêtres. Des oiseaux à gros bec et plumes jaunes et fauves volètent de rosier en rosier. La fontaine glougloute paisiblement. La dame arrache les mauvaises herbes. Sérénité monacale.

7h50, une cloche aigrelette me rappelle que nous somme au couvent. L’église est encore fermée. Une nonne s’y dirige mais personne d’autre. Pour nous, elle sonne le petit déjeuner : mini-palmiers achetés à Etara et cappuccino de l’automate. Les sœurs fournissent le gîte mais pas le couvert.

l’église peinte de Dobarsko

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6h40, le soleil émerge des montagnes de Rila et illumine les sommets du Pirin. La vallée, Bansko et Banya sont noyés sous une brume bleutée. Maïs, haricots et roses sont ragaillardis de la pluie d’hier. Les lignes de crêtes sont nettes. J’ai enfilé pull et chaussettes pour la première fois depuis ce mois de canicule.

8h : hommes et femmes partent au champ une binette sur l’épaule. La campagne est animée. Partout on voit des gens travailler. Une dame cueille des haricots. Un attelage passe. Il doit y avoir un nid de cigogne dans les parages, j’entends les becs claquer.

8h30 : Katia a fait une magnifique banitsa très légère avec du filo enroulé en escargot avec de la confiture de figues vertes.  Chacune de nos hôtesses a une recette personnelle pour la banitza, nous n’en avons pas mangé deux identiques.

9h : chacune balaie devant sa porte au village et ramasse le crottin et la bouse avec une pelle et un seau pour le jardin. Ballet des balais des employées municipales. La rue pavée est très en pente, un pauvre cheval glisse dangereusement

La minuscule église peinte de Dobarsko,  est enclose derrière de hauts murs de galets dans un beau jardin. Elle ouvre à 9h30 seulement. Nous entendons le grincement d’une carriole tirée par un âne, ses roues de bois sont cerclées de fer à l’ancienne. L’excellent livre vendu à l’église raconte l’histoire de Dobarsko.

histoire de Dobarsko d’après Boshidar Dimitrov

Lu sur la brochure de commentaire de l’église peinte

Dobarsko(800 à 1000 habitants) abrite l’église peinte Saint Théodore Tiron et Saint Théodore Stralibate, construite et décorée en 1614. Selon la légende locale, le village aurait été fondé en 1014 par les soldats bulgares aveuglés par les Byzantins lors de la bataille de Klyoutch (Petritch). C’ette légende n’a pas de base logique : difficile pour des aveugles de subvenir à leurs besoins dans les conditions  difficiles. Le fait que les saints patrons étaient des saints militaires suggère que le village fondé environ au 9ème siècle avait un statut militaire. En Bulgarie médiévale et en Byzance, les statiotes(paysans soldats) représentaient un tiers de la population/Affranchis d’impôt, ils étaient obligés d’être à la disposition de l’armée pendant els guerres avec leurs propres armes. L’empire ottoman a gardé cette pratique du 15ème au 17ème siècle. Les soldats bulgares stratiotes forment à Sofia deux corps militaires et 30 000 soldats chrétiens. Les soldats de Dobarsko ont probablement gardé leur statut pendant les trois premiers siècles du Joug ottoman. Cela explique pourquoi l’église élevée en 1614 soit dédiée à deux saints militaires.

Sur la façade de l’église, en plus des deux saits patrons se trouvent  les saints cavaliers saint Georges et Saint Dimitar. Selon plusieurs spécialistes, la galerie des Saints militaires est une démonstration de la force et de la puissance militaire des bulgares au sein de l’empire ottoman musulman. Une partie des soldats spahis cavaliers chrétiens étaient de Dobarsko.
Une petite svastika antique iranienne indiquerait les origines Protobulgare des premières familles militaires. Les khans de PLiska avaient l’habitude d’envoyer dans les territoires nouvellemnt conquis des Protobulgares . Dobarsko, à proximité de la nouvelle frontière de Byzance, sur un col important, avait reçu un effectif de soldats Protobulgares. La pierre de la svastika aurait dû se trouver dans un temple païen puis en remploi dans l première église puis dans celle de 1614.

La réalisation des peintures murales au début du 17ème siècle ont été permises parce que les villages militaires  étaient considérablement plus riches que les villages soumis à l’impôt.  Economisant les frais fiscaux en période de paix et partageant le butin pendant les périodes de guerre. En période de paix, ils vendaient les marchandises locales en Europe et en Asie Mineure, leurs convoi étant  moins vulnérables, possédant légalement des armes et sachant s’en servir.

Les habitants de Dobarsko auraient également participé à la bataille de Lépante au côté des Vénitiens.

Selon la règlementation administrative ottomane, l’église ressemble à une construction d’habitation au toit à deux versants. Son plan est cependant à trois nefs.

L’ayant lu et résumé, J’ai bien dans la tête les scènes et visages que je vais chercher : je suis d’abord étonnée par la petitesse des lieux puis me laisse prendre au charme des scènes et par l’inventivité des peintres. Entrée dans Jérusalem : un étrange personnage se cache dans un palmier. Sacrifice d’Abraham : Isaac porte les bûches comme un paysan bulgare ; je en suis pas assez savante pour identifier es saints dont parle la brochure. Avec un peu de patience ce serait possible, c’est écrit dessus, mais en cyrillique !

Une vieille dame descend la route, binette à l’épaule, son fichu grenat laisse deviner de longues tresses grises. Elle nous demande quelque chose avec insistance mais on ne comprend pas quoi. Voulait-elle qu’on l’emmène un peu plus loin sur la route ? Désolée, elle répète « vous ne comprenez pas ! » puis nous fait un sourire et repart.

Nous avons parcouru la route plusieurs fois, nous guettons le berger qui a poussé son troupeau plus loin dans le pré fauché récemment déjà bleui par les chicorées. Nous aimerions une photo de meule pour l’album. La barrière est baissée au passage à niveau : une locomotive rouge tire trois wagons bleus. Le faible écartement des rails ne laissait pas présager des trains de voyageurs. L’éclairage deu matin souligne les cirques glaciaires. Cette érosion permettrait d’expliquer les énormes quantité dde sables et blocs mêlés comme  une moraine.  (A vérifier toutefois).

col de Shipka

CARNET BULGARE

église de la Nativité

 

Au col de Shipka se déroula en 1878, une terrible bataille entre les Russes alliés aux Bulgares, et les Turcs . En souvenir des soldats russes tombés, on construisit une église russe, Eglise de la Nativité, au flanc de la montagne boisée. Ses bulbes dorés se voient de loin. Ils surmontent une église de briques peintes en rose avec des corniches blanches, très ouvragée avec balustres, pilastres, frises peintes ou vernissées. L’ensemble multicolore est très plaisant. De près, l’ornementation est simpliste, les matériaux peu raffinés et à l’intérieur, les fresques sont trop grandes, trop majestueuses pour être émouvantes.

concert de cloches

A 17h, chaque jour, on sonne les cloches.   Attente très agréable dans un parc, à l’ombre d’arbres immenses. Après cette journée bien remplie et très chaude, c’est parfait pour préparer les excursions du lendemain.

16h50, un pope, tous voiles noirs déployés, fait le tour de l’église en tapant sur la simandre : longue planche de bois d’une main, un maillet dans l’autre. La liturgie va commencer. Le gros pope s’agite derrière l’iconostase, entre et sort par les portes dorées. Deux autres popes chantent(très bien). A 17h , la grosse cloche s’ébranle, puis quatre petites et une moyenne. Les sonnailles sont un peu répétitives mais spectaculaires.

La montée dans la forêt vers le col de Shipka (1150m) est laborieuse. Les épingles à cheveux se succèdent, imposant une vitesse de 30km/h. On n’en finit plus de tourner dans les pins d’abord puis dans la hêtraie magnifique avec les fûts les plus grands, les plus droits que j’aie jamais vus.

Au col est érigé un monument (1934) pour commémorer la bataille de 1878 : une tour carré qui se voit de très loin, un canon abandonné près de la route. Exactement le genre de site que nous fuyons. Il ne manque que les statues géantes comme nous en avons vues plusieurs.

La vue doit être très belle.

 

Les bains de Banya

CARNET BULGARE

Malgré les nuages qui s’accumulent sur les sommets du Pirin, nous avons décidé de passer l’après midi à Banya – station thermale comme son nom l’indique.  De nombreux hôtels proposent Spas et piscines. La voisine française nous avait recommandé « celui qui a un dôme bleu » Rimska Banya que nous trouvons à la sortie de Banya sur la route de Bansko. C’est un grand établissement jaune un peu vieillot qui loue aussi des bungalows. Un peu comme à Budapest, l’aspect hygiéniste « sécurité sociale » a survécu à la chute du communisme. Ce n’est pas une hôtesse maquillée et manucurée qui nous accueille mais une grosse dondon, anglophone et très aimable. La composition chimique de l’eau est détaillée avec précision : Fluor pour les dents, Calcium pour les os, détoxifiante …..Un hammam, un sauna, une consigne à ski sont également proposés.

Le service du restaurant est rapide et efficace. A peine sommes nous attablée que les premières gouttes tombent. On émigre à l’abri d’un très grand parasol carré à l’épreuve des averses.

La piscine est ronde, bleue, sous une verrière bleue dont les panneaux latéraux coulissent. On peut voir la montagne mais aussi enfermer le bassin en cas de chute brutale de la température. L’eau est à 34°, nettement plus élevée que celle de l’air. En l’absence de couloirs j’entreprends des tours. Au bout du 2ème, je suis épuisée. L’eau chaude me parait dense, presque huileuses, difficile à fendre. Cinq minutes plus tard me voilà repartie en aller-retour selon le grand axe de l’ellipse, deux heurs plus tard, je continue mon labourage comme d’habitude. L’orage éclate. C’est un plaisir d’entendre la pluie tambouriner sur la verrière ! Quand le soleil revient nous allons faire un tour à Bansko.

La pluie a sérieusement rafraîchi l’air ; je termine ma pastèque sur la terrasse t rentre dans la chambre me réchauffer. A huit heures, Katia nous apporte le dîner : des köfte accompagnée de haricots géants mélangés à des poivrons rouges, des cornichons à la saumure, des carottes dans une sauce tomate. Pour dessert yaourt avec de la confiture à la prune.