Nous traversons de belles forêts avant d’arriver au col de Klisoura où nous découvrons de très belles montagnes avec des vaches dans les alpages encore fleuris de jaune, que nous n’avions pas remarquées à notre premier passage. Fraîcheur de notre regard du matin ou lumière différente ? La route Sofia-Bourgas – 3 voies – est bordée de noyers. La Lada noire qui nous suit a perdu un matelas mal arrimé au porte-bagages. Nous essayons de les prévenir. Ce n’est qu’après Rozino qu’ils se rendent compte de nos appels de phares.
Rozino – au nom évocateur – se trouve à l’entrée de la Vallée des Roses dont on tire l’essence pour confectionner l’eau de roses, les parfums renommés. Les champs de roses sont maintenant défleuris. La floraison a lieu de mi-mai à mi-juin. Ils sont intercalés dans les champs de blé. Ca et là, il y a un champ de lavande et de belles vignes. Les rosiers sont souvent envahis par les mauvaises herbes. Abandonnés ou mal entretenus ?
Karlovo est un centre industriel. Les usines semblent en déshérence. Les vilains HLM de béton gris sont parfois égayés de treilles de vigne qui poussent sur les balcons en étage.
Kalofer, est une station de montagne, départ d’excursions, à l’écart de la route. Le village est annoncé par la statue monstrueuse de Hristo Botev, héros révolutionnaire du 19ème siècle. Un musée est installé dans un bâtiment moderne, plat, décoré d’un bas relief représentant des combattants, à l’arrière d’un jardin public. Un panneau montre une manifestation folklorique : le festival des cornemuses sonnées sur les marches du musée. Des khoro – danses exclusivement masculines (c’est le même mot qui désigne la danse en grec) se déroulent aussi à Kalofer
Complexe des roses de Slobelevo
les cueilleuses de roses rigolent avec nous malgré la barrière de la langue
A 6km de la route de Bourgas, vers le nord le « complexe des Roses Damascena »est un petit musée de l’Industrie de la Rose. Visite guidée d’un petit musée ethnographique. A côté des barattes et métiers à tisser se trouve une curieuse planche avec des encoches. La guide nous dit qu’il sert à séparer les pétales de la terre. Nous reverrons plus tard cet objet qui sert à battre le blé. Les alambics anciens viennent de Turquie et ont une forme de cornue géante. Les nouvelles cuves cylindriques avec un système de réfrigération classique, ont moins de charme ; elles contiennent chacune 350 kg de pétale, 1000l d’eau chaude. Pendant deux heures les serpentins de réfrigération sont maintenus entre 32° et 28°. A 28° s’effectue la séparation entre l’eau et l’huile. Notre jeune guide souligne que tout est bio puis on passe à la boutique pour acheter une crème de jour (4 levas) , un tube de crème pour les pieds (3lv) et une bouteille en plastique d’eau de rose. La dame sort un gobelet en plastique pour m’y faire goûter. Confiante, j’avale cul sec. C’est très fort ! A utiliser avec parcimonie ! Contre les piqûres de moustiques, c’est efficace, je l’ai testé le soir même.
La nuit est fraîche à 1000m d’altitude. Nous avons dû fermer les fenêtres. Je suis moins pressée de sortir de ma couette à 6h.
Je suis fascinée par le plafond. Au centre une applique translucide est posée sur un plateau de bois qui semble la cercler. Des baguettes arrondies en partent comme des rayons lumineux divergents, cachant les jointures des planches de pin qui ont été disposées également de manière rayonnante. J’admire l’habileté du menuisier bulgare. Tout autour, une large corniche borde ce pentagone presque régulier (la pièce est en angle). Cette géométrie est admirable. Aussi le raffinement des boiseries. Une petite frise souligne le polygone. Les tringles à rideaux sont cachées par deux planches. Les lambris recouvrant les murs jusqu’à une hauteur d’un mètre. Un très long radiateur est encastré dans un cache ajouré fait de baguettes qui se croisent. La porte a un cadre à angle droit mais on a pratiqué une découpe arrondie formant une arche orientale en fer à cheval. Tout le mobilier est fait du même pin : la petite table hexagonale semble orientale. Les tables de nuit sont plus classiques. Tout ici glorifie le savoir-faire du menuisier qui a dû calculer avec soin chaque découpe dans cette pièce biscornue. Plus simple a été travail du peintre : des panneaux bleu clair entourés d’un cadre blanc et soulignés d’un filet blanc.
notre chambre : chef d'oeuvre de menuiserie!
Maison Oskolov
maison peinte
Avec sa façade peinte à fresques, sa véranda reposant sur des piliers de bois, elle est impressionnante. Des explications permettent de mieux situer l’histoire. Fin 18ème siècle et au 19ème , un véritable boom économique à Koprivishtitsa explique la construction de ces belles demeures ; l’élevage était l’occupation principale du village jusqu’à 120 000 ovins et 2000 chevaux. Les charretiers produisaient du beurre du fromage et de la viande. Le tissage à domicile et la couture des vêtements « Aba » produits sur place, étaient commercialisés dans l’Empire Ottoman jusqu’en Asie Mineure : Jusqu’à 250 000 kg de lainage et 250 000 paires de chaussettes furent ainsi exportées. L’occupation la plus lucrative était celle du collecteur d’impôts allant jusqu’en Albanie, en Macédoine et en Thessalie.
Agé de 55ans Nencho Oskolov prit part à la rébellion en 1876 et fut tué.
Les pièces sont encore meublées avec les mêmes banquettes rouges vues hier. Je remarque le plafond ouvragé avec un motif central. A l’étage, la grande salle pouvait servir aux réunions familiales et au tissage du tissu. Pendant la préparation de la Révolution les uniformes des rebelles y furent cousus . Une collection de chaussettes à motifs surtout rouge et blanc, des rouets et un métier à tisser sont visibles.
La maison du poète Dimcho Debelyanov
la maison du poète
C’est une jolie maison de bois au soubassement bleu foncé précédée par deux magnifiques sapins. Sur la pelouse sous les sapins, la statue d’une paysanne pensive est encadrée par des buis taillés. Une rangée d’asters violets borde l’allée dallée. La visite est sonorisée par les poèmes de Debelyanov. La poésie bulgare sonne bien, on imagine un poème mélancolique avec son accompagnement au violon. A l’intérieur on a omis de traduire poèmes et écrits si bien que la visite est un peu étrange pour qui ne comprend pas la langue et qui se contente des sonorités bulgares. Quelques tableaux, cartes aux motifs Art Nouveau permettent de situer l’artiste dans le temps (photos de son enterrement en 1931).
Maison Kableshkov
maison renaissance bulgare
Construite en 1845. Todor Kableshkov est né en 1851, fit ses études à Koprivishtitsa, Plovdiv puis au lycée français à Istanbul. Il parlait couramment le Français, le Grec et le Turc et a travaillé pour les trains du baron Hirsch. Il faut président du Comité secret Révolutionnaire. Le 20 avril 1876, il déc lara le soulèvement et fur l’auteur de la « lettre signée avec du sang » (ennemi) . après la défaite il se suicida au poste de police de Gabrovo le 17 juin 1876.
La maison est meublée dans le même style que les autres maisons : au rez de chaussée on remarque le beau vaisselier dans la cuisine. Dans les pièces de réception, les banquettes sont peut être plus soignées. A l’étage, le plafond rond a pour motif central un soleil où les épis de blé remplacent les rayons. Une véranda arrondie donne sur la rotonde. Dans les pièces les fenêtres sont saillantes et arrondies, il y avait également de très beaux poêles.
La visite des trois maisons étant terminée, on se promène dans les ruelles en pente aux pavés ronds malaisés, entre les murs coiffés de tuiles qui abritent souvent des bancs. L’orage qui a éclaté pendant notre visite à la maison du poète n’a pas duré. Le village est lavé, lair rafraïchi.
Le centre du village est la place du 20 avril (jour ou « éclata la révolution de 1876). Un horrible monument de granite en occupe le centre, tout à fait disproportionné dans ce village. Des échoppes de souvenirs sont alignées. A un coin, un restaurant a sorti de lourdes tables et des bancs de pin, nappes gaies rouges à rayure. C’est là que nous écrivons nos cartes postales et que nous déjeunons de poivrons farcis (au riz et cuits dans la sauce tomate) servis dans les assiettes de cette céramique marron à motifs colorés que nous avons découverte à Glojené. La serveuse apporte en même temps le yaourt au miel dans des écuelles de cette même céramique.
Promenade en quête de la Poste pour les timbres située sur une autre place près de l’Hôtel de Ville peint en vert amande.
Après une douche rafraîchissante,nous préparons la journée du lendemain au jardin. Le programme s’avère très chargé. Il faut éliminer à contrecœur, des visites. Cette pausen’est pas de trop pour lire les guides et se repérer sur la carte.
La patronne de l’hôtel Astra est vraiment très gentille. Elle ouvre la salle du petit déjeuner pour qu’on puisse brancher les câbles des appareils photo sur la belle télévision. Sa petite fille parle très bien français (elle étudie au lycée français de Bucarest) et comme tous les gamins c’est une pro des télécommandes. Pendant que nous visionnons les photos un orage violent éclate.
Après l’orage il fait bien frais, je pars pour une promenade balisée qui me mène sur le bord du ruisseau à la forêt par un chemin de terre. Juste à la sortie du village, un paysan fauche son pré en pente à la faux. Deux magnifiques chevaux sont entravés près de l’eau. Une carriole descend tirée par un cheval. Les sapins sont immenses, les framboises pas encore mûres. Le ciel, à nouveau s’assombrit, je décide de rentrer. Juste à temps, arrivée sur la place du village, la nouvelle averse n’a l’air de perturber personne. Les gens devisent tranquillement sous la pluie et ne songent pas à s’abriter. Ces averses de courte durée semblent les bienvenues, soulageant hommes, animaux et jardins de la canicule de l’été.
J’écris, assise sur la balancelle, au dessus de la piscine. Il fait frais, presque froid après les trois orages d’hier, le ciel est sans nuages et quand la zone ensoleillée m’aura atteinte, le soleil sera brûlant comme toujours.
L’ours de pierre regarde vers moi et pisse un haut jet glacé d’eau de montagne dans la piscine. Depuis le premier soir, à Sofia à la Villa Boyana, nous avons appris à nous endormir dans le murmure des fontaines. Le patron de l’hôtel me l’avait montrée fièrement à minuit et nous avions été surprises de découvrir tous ces gens qui remplissent bouteilles et bombonnes.
A Kovatchevitsa, la fontaine du village était sous notre balcon. Si l’eau se taisait, c’était parce que quelqu’un remplissait une bouteille, présence humaine silencieuse, en creux.
Que dire de la fontaine octogonale au chapeau vert de gris du monastère de Sokolovo ? Ses multiples bouches auraient pu désaltérer de nombreux pèlerins. Elle a aussi bercé notre sommeil. Sans parler de la rivière de Devin, gonflée par les orages.
Par politesse, à la taverne, je commandais de l’eau minérale facturée bien cher, elle arrivait souvent tiède avec le goût banalisé par l’emballage plastique. Depuis quelques temps j’ai mis un terme à cette commande inutile. La serveuse se tient bien droite, interrogatrice « Et pour boire ? » – « Rien du toutavec la soupe ! » est une réponse facile au dîner. Nous avons découvert au Complexe Rojena la fonaine à l’entrée, délicieuse, glacée et gratuite .
Ces fontaines bulgares nous ravissent. Partout dans la montagne, sur le bord des routes, on a construit de belles fontaines de pierre (ou des moches en ciment). Les automobilistes s’y arrêtent pour se désaltérer. Parfois, il y a un gobelet métallique attaché par une chaîne, même dans un monastère, en forme de louche. Des voitures s’arrêtent, quelques fois remplissent 30L. j’ai demandé pourquoi les gns nenaient de chez eux pour faire leurs provision. N’ont-ils pas l’eau courante ? A Koprivtshitsa l’attaché culturel avait dit « en Bulgarie, nous n’avons pas de problèmes d’eau, seulement de canalisations ». A Bojentsi, la jeune guide eut une autre explication « cette eau est gratuite, il fait chaud, il faut arroser els jardins ».
C’est une bénédiction que cette eau de montagne glacée alors que si peu d’hôtels mettent à notre disposition des réfrigérateurs qui fonctionnent. En voiture, à chaque fontaine, nous renouvelons nos bouteilles d’au fraîche. Dans les Rhodopes, certaines sources étaient taries. A Geravna, la courte averse avait réjoui les gens . ici, près de Melnik et Sandinsky, les villes les plus chaudes de Bulgarie noyers, cerisier et pruniers sont verts. Les hauteurs du Pirin semblent condenser les orages.
Je viens de terminer le livre de Paolo Rumiz « Aux frontières de l’Europe » qui convient à mes humeurs voyageuses. Il conviendrait de le ranger de retour entre les Patrick Leigh Fermor et Primo Levi. Il me vient l’idée d’une bibliothèque idéale où les livres ne seraient pas classés par ordre alphabétique mais par affinités.
8h30, nous sommes prêtes pour le départ. Prêtes, mais…enfermées. Un cadenas ferme le portail du complexe Rojena.
La descente en lacets s’effectue très rapidement dans la vallée les blés sont dorés et prêts à être moissonnés. La route de Sofia à 3 voies enjambe des défilés et des canyons profonds aux environs du col de Klisoura. Encore 16km sur bonne route, on arrive à Koprivishtitsa (1060m).
Koprivishtitsa est un très joli village coloré au bord d’un ruisseau Topolka. De belles maisons carrées sont assises sur un rez de chaussée de pierre, l’étage dépasse peint de couleurs vives, rose vif, jaune d’or, bleu vif, pastel, vert tendre…les ruelles pavées de grosses pierres irrégulières tortillent au flanc des pentes si bien qu’il est difficile de s’y retrouver.
hôtel Astra : une bonne adresse!
L’Hôtel ASTRA estcaché derrière un mur de pierre et un haut portail de bois foncé sous un large auvent de tuiles. Son jardin est très fleuri : les œillets d’Inde plantés serré font une bordure orange, les phlox le long du mur, les hortensias blancs, une rangée de géraniums rouges dans des ports s’alignent le long du bâtiment principal peint en vermillon. Notre chambre est à ‘étage. Comme à Glojéné, elle occupe un coin avec deux orientations. Les murs sont bleus avec des moulures en trompe-l’œil. Plafond et mobilier sont en pin clair verni. Il semble que les Bulgares accordent un soin particulier aux plafonds lambrissés. Deux lits jumeaux, une télévision, une salle d’eau bien agencée, nous serons très bien d’autant plus que des tables et des parasols permettent de passer la soirée au jardin.
15h30, nous nous dépêchons de chercher l’Office de Tourisme pour acheter les billets des maisons-musée. Lundi et Mardi sont jours de fermeture. Nous pourrons visiter 3 maisons aujourd’hui (fermées le mardi) et 3 demain (fermées lundi). Quand nous demandons où est l’Office de Tourisme, tout se complique. Personne n’a entendu parler d’une telle institution. D’ailleurs, personne ne parle autre chose que le Bulgare. A l’épicerie, la dame est très gentille : elle téléphone de son mobile à la réception de l’hôtel voisin pour trouver un interprète. La conversation tourne court puisque nous somme clientes d’un autre hôtel. On tourne en voiture dans le village sans trouver le i figurant sur les plans et les guides.
La maison- musée, Maison Lyutov, est ouverte. On nous remet le billet cumulatif valable dans les autres maisons (5 levas).
maison Lyutov
La maison Lyutov a été construite en 1854 par un marchand très riche qui commerçait jusqu’à Alexandrie ou Le Caire. Dans l’entrée, une frise où bouquets de fleurs alternent avec des médaillons figurant les villes d’Alexandrie, Le Caire, Constantinople et Venise. Le plafond ovale lambrissé est remarquable. Salles s’ouvrent sur cette entrée : la salle de réception des hommes (salamlik)est très orientale . Une banquette basse recouverte de couvertures rouges court sur trois côtés, le quatrième est occupé par une cheminée au manteau bombée à la turque. Au sol, une table basse, ou plutôt un plateau rond de bois est entouré de coussins. Dans le salon d’été où un mannequin féminin indique qu’il était ouvert aux femmes, on retrouve la banquette rouge mais aussi des chaises cannées et une table à l’européenne. En face le living-room est aussi bordé de banquettes. C’est là que toute la famille dort par terre. A côté, la cuisine se faisait dans une cheminée turque, les marmites suspendues sur l’âtre. Un vaisselier est garni de plats métalliques. Dans la cuisine aussi on trouve une table basse et une banquette. Au rez de chaussée il y a une exposition de très beau tapis de feutre, un métier à tisser et des kilims ainsi que des ouvrages de dames : dentelles broderies et chaussettes en jaccard. Des soieries sont désignées selon leur origine orientale.
Le luxe de cette maison démontre la richesse des marchands qui s‘était encore accrue pendant la guerre de Crimée.
maison Bentovski
La Maison de Giorgi Bentovski se trouve dans un autre quartier et c’est toute une promenade que de la rejoindre dans les rues pavées. Bentovski est né en 1843 àKoprivishtitsa. Il s’appelait Gavril Hlutev . Il apprit tout d’abord le métier de tailleur et fit ensuite le commerce de textile en Asie Mineure puis s’établit en 1875 à Bucarest où il rencontra des révolutionnaires. En 1876 il faut l’organisateur de la rébellion on le représente en cavalier. Le rez de chaussée de la maison seul, est meublé. A l’étage se trouvent les souvenirs révolutionnaires. Une pièce basse aux banquettes bases rouge occupe deux côtés, le 3ème est l’emplacement du poêle, le 4ème celui d’un placard de bois. Ici aussi le plafond est lambrissé avec soin. Au sol, sur des kilims colorés on a posé un épais tapis de feutre aux motifs géométriques.
La 3ème maison ouverte le lundi est celle de Lyuben Karavelov né en 1834 à Koprivishtitsa qu’il quitte en 1857 pour étudier à Moscou où il collabora à des journaux russes. Il publia des articles sur le folklore ; En 1867, il est en Serbie, en 1869 à Bucarest où il établit des contacts avec de jeunes Bulgares et publia le journal Indépendance. On présente dans sa maison la presse à imprimer.
Nous terminons la soirée dans le jardin à étudier les cartes et les guides et à trier les photos.
Dîner au joli restaurant bleu avec une belle terrasse. Pas de soupe chaude, seulement du Tarator –soupe froide – yaourt délayé avec des morceaux de concombre et d’ail. Celui-ci est un peu fade et je rajoute du poivre. Pour dessert, une excellente crêpe au miel et aux noisettes.
J’ai la chance de rencontrer un monsieur cultivé parfaitement francophone. Il regrette que le bétail, vaches et moutons, très abondants avant la période communiste aient disparu. On entend les carrioles à cheval mais pas de vaches qui rentrent à l’étable. Tout se normalise si lentement. En 20 ans les restitutions des terres aux propriétaires ne sont pas terminées. De même, les bienfaits de la Communauté Européenne arrivent si lentement. Il semble qu’il faille beaucoup de patience en Bulgarie. Lui qui a des enfants qui travaillent et qui ont étudié en France est tout à fait pro-européen, mais pour les gens ordinaires, il n’est pas aussi affirmatif.
La route suit la rivière jusqu’à Teteven. Sur un parking : une fontaine et un banc.Que ces fontaines sont réjouissantes ! Teteven est un gros bourg, industriel du temps communiste. De nombreuses usines sont maintenant à l’abandon. Je m’étonne de ne pas voir les HLM de béton gris vus en Roumanie, et dans les pays baltes. Ici, il y a surtout des pavillons carrés. Les HLM sont en pleine ville, pas à l’entrée. Le torrent se rétrécit devient un ruisseau. De nombreux hôtels, restaurants, chambres à louer font un tourisme vert actif et familial.
Ribanitsa : des étangs de pêche et des piscines. Sur la carte, un tronçon de 5km de chaussée non revêtue m’inquiétait un peu. La chaussée est étroite mais bien asphaltée tout du long. Pas de problème. Du crottin jonche le goudron. Les bûcherons ont abattu des hêtres, une caravane de petits chevaux transporte des bûches d’environ 1m de long et les forestiers construisent de véritables murs de bois. Bois de Chauffage ? On rencontrera par la suite les camions de bois. Les bulgares que nous rencontrons sont plutôt de solides gaillards, mais les bûcherons sont maigrichons, il y a même des adolescents frêles et à peine sortis de l’enfance ceinturés de bandes protégeant leurs reins. Qui sont-ils ? Des Tsiganes ?
Schipkovo, dansune autre vallée, est aussi une station touristique avec de magnifiques piscines.
Monastère de Troyan
le paradis selon Zahari Zograf
Nous traversons Troyan (nommée d’après l’empereur Trajan et la Via Trajana)sans nous arrêter dans cette petite ville avec de nombreuses usines, pour atteindre le monastère de Troyan éloigné d’une dizaine de km dans la campagne. Troisième monastère de Bulgarie, il est sans doute, « incontournable ». De hauts murs de pierre et une belle entrée accueillent les visiteurs. Contrairement au monastère de Glojené, Troyan paraît très prospère avec ses hauts bâtiments de pierre sur trois niveaux, ses coursives et escaliers de bois le long des façades. Cellules de moines ou chambres pour les visiteurs ? Je ne sais pas bien. En y réfléchissant bien, la fonction hôtelière d’un monastère n’a rien de choquant. De tout temps, pèlerins et voyageurs étaient accueillis dans les monastères !
monastère de Trojan
L’église peinte est le joyau du monastère, peinte aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Les fresques sont l’œuvre de Zacharie Zograf, peintre du 19ème siècle qui a représenté le Jugement dernier aussi bien sur les portes que sur les coupoles du narthex. Le Paradis est fleuri avec des oiseaux bleus, enfermé dans un enclos carré. La mort avec sa faux chevauche un cheval squelettique, motif que je n’avais encore pas rencontré dans une église orthodoxe jusqu’à présent. L’intérieur de l’église est vraiment très noirci par la fumée des cierges. Le monastère a également un petit musée (2levas) dans une pièce des icones et des objets du culte, l’autre pièce est dédiée à Levski comme à Glojené : une cellule, un lit, une table basse, des photos.
Col de Troyan
Col de Trojan : arc de triomphe moderne!
De Troyan, la route suivant l’antique Via Trajana descend vers le sud vers Karlovo et Plovdiv. Elle s’élève dans une belle hêtraie et dans des forêts de résineux jusqu’à un col. Le revêtement est plein de nids de poules. C’est la première fois que nous circulons sur une chaussée dégradée malgré les avertissements des forumistes. Jusqu’à présent la qualité des routes nous avait surprises agréablement. Au col, la station de ski de Beclemeto a installé un téléski. La vue est splendide avec de nombreuses lignes de crêtes superposées. Sur un monticule, un arc de triomphe c commémore les batailles de la Révolution bulgares de 1878 sur une face et la Libération en 1944 sur l’autre la végétation ressemble étrangement à celle que nous connaissons à SuperDévoluy : même altitude (1500m), même latitude ou presque et probablement même substrat calcaire.
Nous quittons Sofia par l’autoroute A2, en direction de Varna et de Ruse(nord-est). Dans la plaine thrace, les blés sont mûrs et les tournesols en fleur. L’autoroute traverse ensuite des montagnes chevelues couvertes d’épaisses forêts, passe sur des ponts spectaculaires et des tunnels. Nous la quittons pour piqueniquer sur les bords d’un lac à Pravetz (golf et village de vacances).
Yablanitsa, fin de l’autoroute. Le GPS nous envoie sur une petite route de campagne vers le village de Glojéné. Un écriteau bleu en cyrillique indique le monastère. On revient donc en arrière pour emprunter une mince bande de ciment qui grimpe raide dans la montagne.
Le monastère, sur son piton rocheux
le monastère perché sur son piton rocheux
Le monastère, perché en haut d’un piton rocheux, apparaît de temps en temps dans les feuillages. Au détour d’une clairière, enfin, on le découvre.
De loin, on voit surtout l’étage de planches de bois noirci dépassant sur son soubassement de pierres sèches. Sur une plateforme, on a installé de grandes tables de bois où les visiteurs boivent à toute heure de la soupe dans des bols de céramique marron aux motifs beige et noirs formant une sorte d’écossais ressemblant à la céramique des potiers d’Horezou en Roumanie. En face, dans la salle du restaurant on regarde le Tour de France (pas très monacal).
l'entrée, dalles et lauzes
Le portail arrondi est surmonté d’une sculpture de bois avec un écusson à l’effigie de Saint Georges, on passe par une sorte de tunnel aux dalles inégales pour arriver au cloître : c’est là que nous logerons dans un bâtiment crépi de blanc aux portes et poutres noircies, au toit de lauzes. L’église est en ciment blanc. Un autre bâtiment à étage surmonte une fontaine de grosses pierres. Des marmites anciennes sont suspendues à un vaisselier de poutres noires. Deux petits musées sont consacrés à la Révolution bulgare : on montre la cachette d’un des héros Levski dans l’autre sa cellule décorée de couvertures bariolées vertes et rouge avec le tableau d’un vieux pope occupé à des travaux d’aiguille. Je remarque le poêle. Autant il fait chaud l’été, autant l’hiver doit être rigoureux.
vaisselle et vaisselier
Notre chambre, en pointe comme la proue d’un navire, a ses fenêtres équipées de double vitrage. Murs blancs, un grand lit, armoire, table et chaises en pin clair verni. Le plafond est de lattes foncées montées en arêtes de poisson, une vraie œuvre d’art. Tapis et kilims recouvrant le sol, dans des tons bleus et roses, apportent une touche chaleureuse. La douche est rudimentaire (on éclabousse les WC), le lavabo minuscule. On ne s’attendait pas du confort dans un monastère !
Nous passons l’après midi sur le pic rocheux, à dessiner, écrire et surtout étudier la nouvelle carte et y transcrire l’itinéraire. Le GPS, programmé par Balkania, nous guidera, mais nous voulons une vue d’ensemble;
19h30, dîner d’un bol de soupe du Monastère : haricots blancs assaisonnés de persil frais, délicieuse, de kebab (allongé comme une saucisse) salade de pommes de terre aux oignons et un e merveille : le yaourt bulgare de buffle aux myrtilles, épais, crémeux, ressemblant plus à du fromage qu’à nos yaourts français.
On se couche tôt à Glojéné : à 20h30, les grilles sont fermées. Nous sommes les seules touristes. Le monastère ne compte qu’un moine, jeune aux longs cheveux pas bien contenus par le petit chignon réglementaire et aux voiles noirs. L’hébergement et la restauration sont tenus par trois femmes assez jeunes, dont deux parlent français, et un homme en short qui a passé son temps à regarder le sport à la télévision.
Après avoir trié les photos sur la vieille télé de notre chambre, je tente une promenade vespérale qui sera bien courte : le tour du promontoire rocheux. Je m’attarde au jardin où mûrissent de belles tomates et rangées de haricots. On se couche tôt, assommées de chaleur et de nouveauté.
La nuit a été fraîche en montagne, les étoiles innombrables. Le silence seulement rompu par les cloches d’un troupeau au loin. Les chauve-souris ont voleté dans le ravin.. Pas d’office nocturne, ni de chants d’église comme j l’avais fantasmé. Le jour m’a éveillée vers 6h. Je me suis habillée en vitesse pour assister au lever du soleil derrière l’église. La grosse boule rouge s’est élevée derrière les crêtes chevelues. Dès que le soleil a commencé à chauffer, je suis retournée dans le cloître.
Assise sur les marches de l’église cadenassée, je fais l’inventaire des curiosités : hémérocalles et œillets d’Inde forment une bordure autour du parvis de grandes dalles de marne gris clair (les mêmes que les lauzes). Le muret est en roche beige caverneuse – dolomite ou tuf calcaire ? -. Le cloître est construit autour de la plateforme rocheuse légèrement bombée, chiendent et chicorée en fleurs bleues en tapissent le tour. Deux petits thuyas, deux buissons de roses jaunes et un petit pêcher poussent d part et d’autres des marches. Avec des pierres grises irrégulières, on a délimité une bordure fleurie de soucis fanés, géraniums sauvages et lys défleuris. Un noisetier et un aulne ont poussé tous seuls. Des poteries ressemblant à des amphores sont disposées à chaque coin. Des piliers de bois foncé soutiennent la galerie.
Petit déjeuner complet au monastère : deux fromages différents kachkaval jaune sans beaucoup de goût et siréné ressemblant à de la féta, un œuf, des tranches de saucisson, de la confiture de myrtille et du miel.
A l’orée de la forêt, le troupeau de vaches nous barre la route. Sur le mince ruban de ciment qui rejoint la route, on ne rencontre personne, et c’est tant mieux. A l’entrée du village de Glojéné, le monastère sur son piton rocheux se voit bien. Une raide chaussée y conduit. C’est par là que le GPS comptait nous faire monter !
Le Musée National Historique est très très bien situé et très très bien présenté. J’ai découvert plus tard que ce bâtiment prestigieux avait été construit pour un autre usage, comme résidence du chef de l’Etat du temps du communisme. C’est un bâtiment moderne de béton très plat dans un écrin de verdure, mis en valeur par pelouses bordées de stèles antiques provenant des tombes de la nécropole de Serdica découvertes en 2007, datant de l’Empereur Constantin (307-337).
La visite est mise en scène avec pompe / 2 groupes de trois Romains, en toge, nous accueillent en haut de l’escalier d’honneur. Les salles sont articulées par ordre chronologique autour d’une vaste entrée ronde au plafond de bois sculpté.
Nous parcourons rapidement celle de la Préhistoire jusqu’à l’âge de bronze. Thraces et Romains se partagent la seconde salle. Contrairement au Musée Archéologique, ici cartes photos et panneaux accompagnent les objets. Collections thrace de tétra- drachmes d’argent, de casques et armures, armes de bronze et même de cotte de maille confirmant l’impression que les Thraces étaient des forgerons et orfèvres hors pairs ! Des citations de Thucydide et d’Hérodote commentent les campagnes Thrace. Au centre de la pièce, le trésor du roi Kotis (383-359 av. JC) se compose de pièces d’argenterie magnifiques surtout les rhytons d’or et d’argent d’une grande finesse. Une statuette métallique est tout à fait étonnante, très orientalisante avec des motifs animaliers d’influence perse ou syrienne.
Dans la 3ème salle, on voit arriver les Bulgares par vagues vers 630 avec leurs Khans : fac-similé d’un parchemin qui raconte les campagnes de Siméon (914), la prise d’Edirne, des copies des fresques de la Boyana que nous venons de visiter présentent les souverains.
Dans une dernière salle sont exposés des objets de l’époque de la domination ottomane : Corans et livres de prière, armes et céramiques d’Iznik aux tulipes et aux œillets bleus ou rouges. J’ai flashé sur une magnifique porte marquetée du 19ème siècle.
L’histoire récente, les révolutions, guerres sont au 2ème étage avec de nombreuses vitrines présentant des uniformes ; armes, imprimés moins intéressants pour qui ne lit pas le Bulgare. Une dernière exposition est consacrée aux costumes et décors du cinéma bulgare.
Ce musée est riche mais surtout le bâtiment est magnifique avec ses plafonds de bois sculptés merveilleux.
La petite église de la Boyana (ou plutôt trois églises accolées) est perchée dans la montagne. Accessible par une route pavée très raide, et nichée dans un parc qui embaume : thuyas géants, buis, ifs et feuillus…Le gardien nous accueille dans un anglais parfait mais c’est un vieux radoteur. Nous avons l’honneur de tourner trois fois la grosse clé qui ouvre l’église (à chaque tour un vœu puisque nous sommes les premières visiteuses de la matinée). Dans la nef sont peints les deux couples de souverains qui ont commandé l’église le Sebastokrator Kalojan et Desiglava et en face Constantin Asen et sa femme Irina. Le roi porte la maquette de l’église. Un cycle de fresque raconte la vie de Saint Nicolas (que je ne connais pas) je remarque un beau tableau, une barque sur une mer grise houleuse, en face Nicolas descend du bateau et monte un escalier. L’église du fond est construite sur un plan byzantin, dominée par le christ Pantocrator. Nous nous attardons sur la Cène fameuse où les convives ont chacun une serviette dépliée, une tranche de pain triangulaire, des oignons qui ressemblent à des poireaux, et de l’ail. Vue du dehors, la petite église est ravissante avec ses toits qui se chevauchent, à ses pieds la tombe de la Reine Eléonore de Bulgarie. Une plaque commémorative rappelle un archéologue du Collège de France André Grabar (1896-1990).
La promenade dans l’architecture soviétique se termine à l’Hôtel Sheraton (ou des Balkans) sur une place animée. D’un côté l’église Sveta Nedelja (1927) de peu de charme, heureusement animée par un mariage, de l’autre une artère à la circulation infranchissable. Heureusement il y a un passage souterrain qui est aussi la station du Métro. On devine un peu plus loin la coupole de la mosquée Banya Basi(mosquée des Bains) derrière un chantier.
Sofia : mosquée des Bains
Face à cette mosquée, je découvre les Halles (Xalite) avec des commerçants de luxe : poissons crus et cuisinés, étals de fromages, salades préparées sous nos yeux, jus de fruits pressés idem, Ayran. J’achèterais tout. Derrière les Halles se trouve la Grande Synagogue fermée puisqu’on est samedi ; de style mauresque (comme celle de Budapest). Un panneau explique que c’est la plus grande synagogue séfarade etg qu’elle a été inaugurée en 1909 par la famille du Tsar. Moment de confusion avant que je me souvienne que la Bulgarie était gouvernée par des Tsars.
Je traverse la rue pour visiter la mosquée (burnous prêté aux femmes, il faut mettre le capuchon entier). C’est une jolie mosquée turque carrelée de merveilleux carreaux d’Iznik bleus turquoise, bleus et rouges), construite par Sinan (1489-1588).
A l’arrière se trouve le merveilleux Etablissement de Bains de style Sécession décoré de majolique malheureusement fermé.
Le chauffeur du taxi pris derrière l’église Sveta Nedelya, met en route le compteur mais il ne connait pas le chemin de la Boyana(pourtant site très visité) . A la sortie de la ville, il descend au lieu de monter dans la colline, puis demande son chemin. Nous lui avons montré la carte de notre Hôtel Villa Boyana, mais il n’a pas l’air de se repérer. Le compteur tourne. Devant un autre hôtel, Casa Boyana, nous lui demandons de descendre : 15leva, le double du prix de la course du matin ! Il reste un bon kilomètre à parcourir à pied en montée ! Surtout, nous sommes perdues.
vue sur Sofia de notre hôtel Villa Boyana
Samedi soir, sur la petite place, il y a beaucoup d’animation. Les gens font la queue à la fontaine avec des bombonnes. Le coin des jeux des enfants est plein. Sous nos fenêtres, la pizzeria a mis de la musique. Le dîner vient du comptoir extérieur du supermarché du quartier : poulet et riz aux champignons : 7.70 levas et un yaourt 500g : 0.89 levas.
La nuit tombe. Sofia s’illumine. Des feux d’artifice crépitent.
Non loin de la rue Saborna, on accède par un passage entre un restaurant grec et une banque, à la petite église Saint George « la Rotonde » cachée dans une cour monumentale bordée de bâtiments blancs de l’époque communiste. A l’arrière de la Rotonde, se trouvent des ruines romaines : hypocaustes de petits thermes (ou salle de bain privée).
Le porche du Ministère de l’Education, de la Jeunesse et de la Science fait communiquer la cour communiste à une place bordée par la Résidence et le Musée Archéologique. Le sol est pavé des fameux pavés jaunes(en ciment tout à fait ordinaire) qui interdisaient la circulation aux véhicules non officiels. Au centre de la place coule une belle fontaine.
musée archéologique
Le Musée archéologique est installé depuis 1879 dans la Grande Mosquée du 15ème siècle. Les collections sont impressionnantes mais la présentation manque de clarté. Des bornes interactives sont mises à la disposition du visiteur mais cela bogue. Je passe sans transition de la sculpture thrace à la sculpture grecque ou romaine. Tablettes votives ou stèles funéraires portent des inscriptions grecques ou latines (parfois les deux). Une épitaphe en latin se réfère à Serdica (nom romain de Sofia), c’est celle de Titus Decius ancien serviteur de Saint André. Des petits panneaux illustrent la mythologie : ici Héraclès se repose, là, le dieu Nil, plus loin Zeus et son aigle, je pourrai rester des heures à rêver de mythologie.
Certains bas-reliefs tranchent par leur originalité : ceux de Stara Zagora gravés sur du schiste rouge portant un aigle bicéphale, un lion, un pan, un flûtiste. Au dessus de l’escalier qui conduit à la galerie, bien abimé mais spectaculaire : Le Cavalier de Madara (8ème siècle) nous parle des khans bulgares, des steppes …
J’avoue avoir été distraite devant les fresques byzantines de la galerie. Les salles latérales ont éveillé ma curiosité. J’ai enfin trouvé la tête en bronze de Seuthès qui a motivé notre voyage en Bulgarie après avoir visionné un documentaire sur ARTE. Les Thraces étaient de fameux orfèvres et fondeurs. Le trésor de Golyama découvert en 2004, d’autres tumulus ont livré des objets de bronze, d’argent ou d’or d’une qualité remarquable. J’ai aimé les deux rhytons d’argent à tête de bovins, la couronne en feuille de laurier d’or et le masque funéraire en or de Svelitsa.
les fresques de la coupole de l'église Saint Georges
A la sortie du Musée, il tombe quelques gouttes. Retour dans la cour de l’Hôtel Sheraton (alias cour communiste) pour voir l’intérieur de l’église Saint George avec les 3 ou 4 couches de fresques superposées qui s’enroulent autour de la coupole. Les enduits ottomans les ont cachés pendant plusieurs siècles et par conséquent protégés. Nous serions bien restées plus longtemps à détailler les registres : les prophètes, les anges et le Christ Pantocrator, mais la dame qui vend cierges et cartes postales et qui surveille qu’on ne prenne pas de photos a fermé prématurément (et même enfermé D qui en a profité pour faire des photos).