Plages de la Mer Noire de Varna à Nessebar

CARNET BULGARE

bords de la Mer Noire, avant les promoteurs....

En route

10km avant Varna, je mets en route le GPS  qui nous guide sans encombre à travers la grande ville. Si facilement qu’on hésite. Et si on visitait le Musée Archéologique ?

L’autoroute, puis la route traverse des forêts de magnifiques chênes. On la quitte à Blitnatsi pour la petite station de Kamtchia. La mer est cachée par les feuillages. Nous arrivons sur la rivière Kamtchia à un débarcadère, départ de promenades sur le fleuve. Retour en arrière. On dépasse un complexe sportif géant flambant neuf et on s’engage dans un village de vacances avec des bungalows en bois à moitié abandonnés, vides et en ruine, certains encore occupés. On aboutit à une plage de sable fin très large. Plage familiale publique où les familles sont venues avec parasol et glacière. Un marchand ambulant vend des beignets à la criée. Deux tavernes toutes simples sur le bord de la plage, l’une OLYMP blanche aux lettres bleues pourrait être grecque puisque l’alphabet cyrillique et grec utilisent ces mêmes lettres, l’autre CHEKbAP m ‘intrigue, je m’interroge sur ce chèque ou cheik arabe ? Cela se lit tout simplement Snack bar. Difficile de nager : l’eau n’est pas assez profonde et des petites bestioles attaquent. En bonne naturaliste j’aurais dû en capturer une et l’examiner, je me contente de me donner des grandes claques sur les jambes pour m’en débarrasser.

Obzor

Vanté par nos guides, décrit comme un village agréable doté de belles plages de sables, nous avons décidé d’y piqueniquer avec encore une baignade en perspective. Malheureusement les promoteurs ont construit depuis la dernière édition du Petit Futé des immeubles monstrueux qui ont bétonné le littoral sur des kilomètres. On trouvera quand même une faille dans le mur pour atteindre la plage.

Eminé

Pour fuir le béton nous avons trouvé une étape sauvage : le Cap Eminé. Le nom d’Eminé me fait penser à une jeune fille turque et me plait. Le goudron a depuis longtemps disparu de la piste en très, très mauvais état ; 6 km très éprouvants pour la voiture neuve ! A n’emprunter qu’avec un 4×4. Pourtant, deux belles berlines, Mercedes et Audi nous précèdent. En haut de la côte, un grand loup de bois domine le cap. Deux directions différentes s’offrent à nous, redoutant une nouvelle épreuve, on n’ira pas plus loin.

Obrochiste

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Nous avons quitté sans regret le « complexe ethnographique »,  notre chambrette monastique et son personnel négligent. Au petit déjeuner, pain perdu graisseux et mal cuit avec une sorte de tisane où flottait une rondelle de citron. Dommage qu’un si bel endroit soit si mal géré. Malgré les photos du Prince Charles, l’accueil est loin d’être princier !

Obrochiste

Premier bourg en direction de Varna. Nous cherchons le Teke Ak Yazala Baba. Après avoir erré dans le village je demande à la dame qui balaie l’église  le  « manastir », et, saisis dans le flot de paroles, qu’il se trouve sur la route d’Albena, à la sortie du village.

Une rotonde, colonnade aux arches islamiques se trouve dans un jardin public. Une véritable armée jardinières y travaille (ou plutôt est assise, binette à la main). En ruine plus loin le tekke, imaret avvec une haute cheminée et tombeau à coupole argentée. Au tombeau, je suis accueillie par les aboiements aigus d’un chiot qui ne m’impressionne pas. L’arrivée de la chienne, mamelles pendantes, est plus dissuasive. Une dame intervient. Elle me tend une feuille imprimée en Français et me fait signe de m’asseoir sur un banc.  Je résume ici :

imaret

Les Kazalbachians pensent qu’ Akyazala Baba est enterré là. Les Chrétiens pensent que c’est saint Athanase. Les deux pensent que le Saint est protecteur des animaux domestiques.  La tombe était couverte de cadeaux.

A côté se trouve l’Imaret avec une grande cheminée, décrit par Evliya Cheleby en 1652, il y avait 100 derviches.

Le tekke existe depuis le règne de Murad II(1421-1451).

La religion des derviches Aliana d’après l’imam Ali dit que dieu est Un et qu’on l’appelle seulement d’après différents noms. Cette pensée crée la tolérance.

La dame ouvre un placard où se trouve une petite chapelle et allume un cierge. Sur la tombe se trouvent différentes dentelles et serviettes

la Mer Noire : cap Kaliakra

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cap Kaliakra

Nous avions l’intention de déjeuner sur le port de Balcik mais il est malaisé de circuler en été dans une station balnéaire. Après avoir négligé le parking du port,  on se retrouve au port de commerce avec des entrepôts peu sympathiques et pas de terrasses de restaurant.

On suit l’indication Thracian cliffts (un golf et les projets immobiliers qui vont avec). Les golfs sont souvent situés dans les meilleurs endroits. La route longe la mer puis arrive à Kavarna nettement moins chic que Balcik. Toutefois on a fait des efforts d’urbanisme : les murs aveugles des HLM de ciment à la mode soviétique sont peints de grandes fresques représentant des vedettes locales du rock, de la pop, chevelus guitaristes, chanteuse avec son micro. Cela égaie un peu !

Déjeuner à la ferme des moules

"ferme de moules"

A la sortie de Kavarna la route file au nord vers Durankulak et la Roumanie. Nous la quittons et traversons le petit village de Balgarevo où on vend d’énormes melons jaunes et des pastèques dans la rue. Un panneau indique la « ferme des moules », une étroite route descend vers la mer. Pas de plage mais deux restaurant s de moules en terrasse sur le bord de l’eau. Des moules fraîches servies de toutes les manières, en cassolettes, à toutes les sauces (noix de coco entre autres), en farce pour les feuilles de vigne ou de chou, en soupe, en salade …Nous commandons une salade « Nuit romantique » servie dans un poisson de verre, tiède, petits pois crus, moules nappée d’une sauce rose. Ensuite une petite friture (10 levas) très bien servie, la portion va pour deux. Le décor est parfait : les tables sur le bord de l’eau sous un filet(camouflage militaire) qui projette des ombres ajourées sur la terre. Les falaises de Thrace sont en  calcaire tendre, la pente est adoucie par des buissons. La Mer Noire est calme et vrete. De nombreux goélands voltent et se posent. Les serveurs sont habillés en marinière à rayures. Nous admirons leur dextérité à porter les plateaux (le record 2 faitouts et 7 cassolettes d’une seule main. ). C’est vraiment un  moment très agréable.

Cap Kaliakra

On paie 3 levas à l’entrée du parking.

Une première statue, colonne blanche ondulante célèbre les 40 vierges qui ont noué leurs cheveux pour plonger dans la falaise et échapper aux massacres turcs. Les guides racontent tous cet épisode. Sur place, on n’insiste pas trop. Au bout du parking, autre statue : un guerrier martial, monument aux morts (explications en cyrillique). On entre par une poterne dans la forteresse. L’enceinte d’un mur médiéval a été restauré.

Histoire du Cap Kaliakra

Le peuplement du Cap Kaliakra est millénaire. Les Thraces l’appelaient Cap Tirisis et la ville Akre. Au 4ème siècle Lysimachos, un des héritiers d’Alexandre le Grand, transforma la forteresse pour en faire sa résidence. Le roi thrace Roimetalias (11av. JC-32apr. JC) reprit la forteresse. Le cap Tirisis et Akre passèrent aux mais des Romains en 15 apr.JC. En 341 Flavius Hermogenes, commandant de la cavalerie de Constantin entreprit des constructions. A la fin du 4ème siècle elle fut détruite par les Avars. Puis elle resta byzantine jusqu’à la conquête turque au 15ème siècle.

C’est une jolie promenade dans les ruines et sur les bords de la falaise sous un vent frais qui agite la Mer Noire (bleue) de petites vagues. Vers le nord, les falaises sont colorées : des niveaux oxydés alternent avec les horizons blancs créant des rayures. Les maisons et églises sont trop ruinées pour être lisibles par de simples passants. On a aménagé dans une grotte un petit musée plus intéressant par les maquettes et panneaux explicatifs que par les objets présentés.

Au retour, on achète un melon avec la ferme intention de ne rien consommer au restaurant de l’hôtel avec sa carte prétentieuse et mensongère et ses prix exorbitants.

La fin de l’après midi se déroule tranquillement à la piscine.

Arrivée à Dobarsko, Kasha Vassil

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Dobarsko est le dernier village au bout de la route à 1070m d’altitude. Ses maisons s’étagent sur la pente. Un ruisseau le découpe en deux quartiers. Il est célèbre pour son église peinte et ses grands-mères chantantes.

Comme d’habitude,  nous ne trouvons pas tout de suite les chambres d’hôtes de la Maison Vassil (pourtant, très facile à situer puisqu’à l‘entrée du village). Nous demandons notre chemin aux grands-mères qui causent, assises sur leur banc devant leur porte. Bien sûr, elles connaissent mais leurs explications sont confuses. A la troisième tentative, une dame monte à ma place dans la voiture et nous y conduit.

La Kasha Vassil est un gros pavillon de trois étages avec une architecture biscornue, des balcons de bois clair, un escalier en hélice. Katia nous accueille en Français et nous conduit dans notre chambre au premier étage. Deux lits, une lourde table carrée au plateau de marbre, une armoire moderne avec une niche pour la télé, en face, sur quelques étagères, des livres. Deux chaises servent de tables de nuit et, luxe rare, deux appliques à la tête de lit. Impression bizarre de ne pas être à l’hôtel mais plutôt dans une chambre d’enfants qu’on aurait repeinte après avoir enlevé photos ou posters de vedettes. Katia nous met à l’aise, nous montre la terrasse et l’évier caché par le bar. C’est là que nous dînerons.  La terrasse domine le jardin où poussent des haricots géants qui dépassent d’un bon mètre les maïs déjà grands. A plus de 240°, nous sommes entourées de montagnes : les sommets du Pirin rocheux, dé coupés qui culminent à 2900m (Vihren) et plus loin, Rila vers le nord ouest. A contrejour, on croirait que les sommets qui brillent sont couverts de neige. Le lendemain matin, avec un meilleur éclairage, je distinguerai les arêtes rocheuses dénudées des sommets ;

Que faire ici ? demande-t-on à notre hôtesse qui, pour plus de commodité, fait venir sa voisine, une parisienne mariée à un Bulgare qui construisent une maison. C’est un peu tard pour l’église peinte qui ferme à 17heures. Les ours de Belitsa , prévus demain.Pour les Grzands mères, elles se déplacent à domicile pour des spectacles mais c’est cher : au moins 100 levas, elles sont 12. Ce n’est pas dans notre budget !

A deux pas, un lac est un but de promenade agréable, occasion d’observer l’irrigation des jardis par des rigoles qui conduisent l’eau tantôt chez l’un tantôt chez les autres. Le niveau du lac est bas à cause de la sécheresse. La vue est somptueuse.

Je pars explorer le village. Dobarsko est un village vivant, pas un village-musée ou une station touristique. A 18h les hommes rentrent des champs, souvent sur une carriole tirée par un cheval. Homes et femmes à pied portent à l’épaule, une lourde binette, presque une houe. Les femmes qui étaient assises dehors sur les bancs sont rentrées préparer le repas. Ce sont les hommes maintenant qui occupent les bancs.Trois font bouillir quelque chose qui bouillonne dans une sorte de lessiveuse sur un feu de bois. Comme il y a un couvercle, j’en resterai avec ma curiosité.

Des adolescentes téléphonent, une gamine écoute sa musique (MP3) très fort. Des enfants dévalent la pentte sur leur vélo, prenant de l’élan pour remonter de l’autre côté du ruisseau. C’est un village ordinaire. Les maisons ont été crépie au goût de chacun, orange, jaune ou lie de vin, ou pas crépie avec des briques qui s’écaillent ; si l’argent a manqué pour la peinture on  a laissé le ciment gris, coquetterie : une frise en tessons de bouteilles qui fait le tour de la maison. Autre coquetterie : on a pavoisé avec un foulard à fleurs au lieu du drapeau bulgare. J’imagine un code : quand le foulard est sorti l’amoureux peut venir.

Vers le haut du village, il reste des maisons anciennes de bois sur un socle de galets comme celles de Bansko. Ici, elles s’écroulent un peu, mais sont bien vivantes avec leur tas de fumier et le bois pour l’hiver. J’aimerais continuer dans la montagne le sentier mais les aboiements des chiens m’en dissuadent.

J’écris sur la terrasse, regardant le soir descendre sur les montagnes qui nous entourent. La voisine doit avoir un cochon enfermé, je l’entends grogner. J’aimerais que la Française réapparaisse pour que je l’interroge sur la vie villageoise.

Baltchik : le jardin et le palais de Marie de Roumanie

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la roseraie sur le bord de la Mer Noire

Baltcik se trouve à une vingtaine de kilomètres de Prilep.

Le Jardin et le Palais de Marie de Roumanie sont très bien indiqués. A la sortie du parking (cher 2levas/h) tout un commerce attend les visiteurs. Officines de change (taux peu intéressant), supermarchés, restaurants roumains, souvenirs. Les restaurants roumains sont alléchants : nous avons toujours bien mangé en Roumanie.

plantes rares

L’entrée est chère (10 levas) . Dans le premier jardin les végétaux sont regroupés par collections rangés par écosystème. Dans un intéressant ensemble d’halophytes j’apprends le nom d’une immortelle très commune et ubiquiste que nous avons rencontrée sous diverses latitudes : Armeria maritima. Cactées et succulentes doivent ici supporter la gelée, certaines résistent jusqu’à -30°. Le second jardin est beaucoup plus vaste et en pente. C’est le royaume de l’eau : bassins ronds, ruisselets, petits ponts, source miraculeuse, cascades…Des pavillons sont disposés dans le parc. Celui de Marie de Roumanie est juste en face de la plage. De style orientalisant il porte une tour en forme de minaret. Il faut suivre la foule des touristes roumains et russes qui se suivent de pièce en pièce. Peu de souvenir de la souveraine : la coupole est le hammam, quelques photos sur els murs, une collection d’icônes, un bureau. Personnalité intéressante que cette princesse anglaise, petite fille de Victoria qui épousa Ferdinand de Roumanie qu’elle n’aima pas. Les princesses ne sont pas mes héroïnes favorites mais je ferai une exception pour celle-là !

le palais de Marie de Roumanie

Bordant la plage, la roseraie est magnifique. Les roses se portent bien en Bulgarie ! Elles embaument. Au niveau supérieur, une allée de lys au parfum entêtant conduit à un « cloitre »aux arcades romantiques – fausses ruines rappelant la Côte d’Azur ou la Riviera. L’architecte qui conçu le « nid » de Marie était italien.

Petite placette devant la chapelle. Un abri pour la « source miraculeuse » vénérée par les chrétiens pour une sainte qui aurait été torturée pour ne pas abjurer sa foi que par les musulmans à cause de ses souffrances.

Marie de Roumanie

Des panneaux commentent les étapes du parcours, soulignent les vertus de l’eau pour guérir de la mélancolie. La plupart des pavillons ont maintenant des fonctions marchandes : le moulin était déjà la cave royale et les cuisines de Marie ont été convertis en restaurant chic, des soieries sont vendues dans une petite maison…des souvenirs moins classieux tout le long du chemin qui retourne aux voitures.

Prilep: notre hôtel « complexe ethnographique »

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l'hôtel imite un monastère


 Prilep est un petit village; notre Hôtel « Complexe ethnologique » est situé à l’écart. On y accède par une mauvaise piste pleine de trous. Le portail en bois donne sur la bassecour avec canetons, poules et outils agricoles anciens ? Je traverse le vaste restaurant avec de grandes tables et des bancs sous des abris de bois. Notre chambre est situé dans l’hôtel « monastère », trois bâtiments en U bordés de coursives de bois avec de magnifiques escaliers.

Si la construction extérieure imite celle des monastères, l’aménagement intérieur de la chambre dépasse les cellules monacales en simplicité ! Deux lits, une table de nuit, une télé qui ne marche pas, des fenêtres petites qui s’ouvrent à moitié. Pas de place pour caser les valises, aucune déco, même pas une chaise. Une poutre mal confortable sert de banc sur l’étroit balcon.

La piscine est à l’écart, assez grande, mais colonisée par deux familles roumaines très bruyantes et des français désagréables. J’arrive quand même à faire mes longueurs et me rafraîchir.

Diner au restaurant : la carte est prétentieuse et décevante. Les prix dépassent tout ce qu’on a vu jusqu’à présent  et il n’y a rien de ce qui est écrit sur le menu. Je dîne d’une soupe et d’un yaourt et fais recompter deux fois l’addition.

 

le restaurant très fleuri


L’âne sert de réveille-matin.

Au petit déjeuner, le décor fleuri est agréable avec d’amusants objets. La banitsa est raplatie et ne supporte pas la comparaison avec ce que nous avons goûté précédemment

vers la mer, les Pierrres Plantées, traversée de Varna

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Les pierres plantées

A Shoumen, voulant brancher le GPS,  je m’aperçois que mon sac à dos avec Carte bleue, carte d’identité, téléphone, appareil-photo, n’est pas dans la voiture. Sueurs froides. DT a l’idée d’appeler mon téléphone. Au 2ème appel quelqu’un  décroche. Je l’avais oublié à côté de la table du petit déjeuner. Merci à nos hôtes et Balkania!

En théorie, 56km séparent Shoumen de Varna par l’autoroute. En moins d’une heure, nous devrions être arrivées. L’autoroute est coupée, la route nationale, bondée, et des convois agricoles ralentissent le trafic. Tellement contentes d’avoir retrouvé le sac, nous prenons un homme en stop. Nous sommes incapables de lui expliquer qu’on ne s’arrêtera pas à Varna mais aux Pierres Plantées. On le largue donc à Denya et on cherche le fléchage marron des attractions touristiques.

Au bout de quelques temps, ne voyant rien venir, nous nous arrêtons derrière un véhicule portant un gyrophare. La police ? Une jeune fille très jolie et sympa en T-Shirt marin nous renseigne. Quand elle tourne les talons je vois qu’elle n’a rien sous la marinière, ni short, ni jupe, ni culotte.

Les Pierres Plantées.

Les pierres plantées ressemblent à de grosses colonnes plantées ans du sable blanc fin. Quelle colonnade ? Quel temple antique ? Quels guerriers pétrifiés ? quels arbres ? Le panneau parle de forêt pétrifiée.

L’histoire est autre : la mer a laissé, il y a 50 Millions d’Années une couche calcaire surmontant des sables fins. Une couche d’argile imperméable, sous le sable poreux, a retenu l’eau. Les percolations d’eau dans les fissures du calcaire ont provoqué des concrétions, stalactites, formant de grosses colonnes dans le sable. Par la suite l’érosion a déblayé le calcaire et le sable. Les stalactites ainsi dégagés sont restés en place formant cette colonnade pittoresque et pas si étrange que cela !

Varna

Varna est une très grande ville. Comme toujours, les abords sont colonisés par les grandes surfaces commerciales, malls, concessionnaires automobiles….La circulation est canalisée dans une grande avenue. On se retrouve au centre-ville piégées : impossible de s’arrêter ou de se garer.

Comment flâner dans Varna quand le parking est impossible ? Je repère  la Cathédrale, le Musée, le Jardin Maritime que nous nous proposions de visiter…Arrivées à la mer, déception, une barrière en  interdit l’accès, plage privée, pas de parking. De rage, je prends la décision de brancher le GPS direction Prilep. Puisqu’on ne peut pas s’arrêter, autant arriver le plus vite possible et profiter de la piscine !

Varna devrait pourtant être agréable avec ses beaux arbres, ses jardins bordant le littoral de la Mer Noire ! la voiture en ville est une nuisance.

La route suit la côte mais de loin. On ne voit la mer que furtivement, puis on ne la reverra plus ; Tournesol et maïs. Le blé a été moissonné, les champs sont labourés. Puis on atteint des collines boisées.

 

Shoumen, mosquée, forteresse, monument des Fondateurs de la Bulgarie

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Malheureusement la mosquée Tombul est en ravalement


Cherchant Pliska, on se retrouve à Shoumen, grande ville aux barres et aux tours modernes, quartiers peu engageants. Où se trouve donc la Mosquée Tomboul ? Il faut chercher les quartiers anciens. Il est 13h par plus de 35°, personne à qui demander son chemin. Au hasard, à la sortie de la ville, près des collines, surgit le minaret fin minaret turc comme un crayon taillé. Malheureusement la coupole célèbre, renflée, est en travaux sous des échafaudages. L’accueil est bon enfant, ni voile, ni burnou, ni casier à chaussures. Je n’ai rien sur la tête et les bras découverts. « no  problem ! » dit le jeune homme qui vend les tickets (4levas) et qui me donne un commentaire en français polycopié sous plastique. Construite en 1744, c’est une mosquée baroque décorée par les meilleurs artistes. Décoration florale, camaïeus, paysages, elle serait très belle sans tous ces tubes métalliques. Des tapis et kilim tapissent la cour autour de la fontaine des ablutions qui doit être fonctionnelle puisque des serviettes- éponges y sont étendues ce qui n’arrange pas les photos. De petites coupoles argentées à la mode turque coiffent les bâtiments bas.

la forteresse de Shoumen, au loin on aperçoit le Monument des Fondateurs

Une route monte  à l’assaut des collines boisées. La forteresse de Shoumen se dresse à 473m. La tour carrée de pierre blanche guette. On peut en faire le tour. La vue est très étendue malgré la brume de chaleur ? En face se dresse le Monument des Fondateurs de la Bulgarie . le mur d’enceinte de la forteresse a été restauré récemment. Il est en pierre blanche sans aucune patine. A l’intérieur de l’enceinte tout l’espace est occupé des fondations des bâtiments, églises et maisons. Cette colline fut occupée depuis le 5ème   siècle av JC : Thraces, Gètes, romains, Byzantins (5ème -7ème ) s’y sont succédés. Le musée minuscule est décevant à moins de lire le bulgare.

Asparouh, le fondateur

La route qui rejoint le Monument des fondateurs de la Bulgarie, au sommet de la colline passe par un frais sous-bois d’épais feuillus. De l’eau glacée sourd des fontaines. On oublie la canicule (avec la climatisation de la voiture). A la caisse, la dame parle très bien Français. Elle st contente de me raconter son voyage dans le Midi, Marseille, Aix, Avignon. Les billets spéciaux destinés aux étrangers ressemblent à des diplômes :

« UN BILLET POUR UN VOYAGE DANS LE TEMPS »

Le monument date de 1981. Des cubes monstrueux coiffent la colline. On les prendrait pour des hangars superposés plus que pour une œuvre d’art. Du plateau, on descend un escalier monumental pour pénétrer à l’intérieur de la construction. Une sorte de faille verticale isole un bloc quasi vertical recouvert de mosaïques noir, blanc rouge et dorée, d’un groupe de solides de béton aux formes géométriques, cristaux monstrueux portant des sculptures géantes de granite.

Le premier groupe représente Asparouh, le fondateur sur son cheval triomphant suivi d’un chien destiné au sacrifice. Sous le sabot du cheval, Orphée est en compagnie de 4 fées. Rappel du Célèbre Cavalier de Madara ? Le cheval est à peu près réussi. L’homme et ceux des autres groupes s’ispirent de l’esthétique Goldorak (ou Playmobil). Goldorak-Asparouh plante son glaive dans la terre « Ici, s’établira la Bulgarie ! »

Monument des Fondateurs de la Bulgarie

Le groupe suivant est la « galerie des Khans » Thervel (705) aida l’empereur Justinien, Khroum (803-807) atteignit Cosntantinople, Omurtag (815) fut le bâtisseur.

Les trois personnages verticaux allongés, sont encastrés dans le mur. Un peu plus loin, Boris 1er convertit la Bulgarie au christianisme. La mosaïque géante célèbre la diffusion de l’écriture slave « Âge d’Or » de Cyrille et Méthode, ce qui explique le fond doré.

L'Age d'Or : invention de l'écriture cyrillique

Si l’esthétique est contestable, le monument est pédagogique. J’ai maintenant de bons éléments de chronologie. C’est aussi un symbole du régime qui l’a fait édifier (1981) à rapprocher peut être du Palais monstrueux de Ceausescu à Bucarest.

Madara et la forteresse du kan Omurtag

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le cavalier de Madara

A 9h15, nous voilà en route pour Madara par les chemins de traverse  dans  les cultures de framboises à grande échelle, les lavandes et le maïs alternant avec les tournesols. Sur les bas-côtés et dans les jachères les fleurs de chicorée bleues sont bien fournies.

Un écriteau marron signale la forteresse du Khan Omurtag(814-831) . Le chemin est très dégradé. Même les carrioles à cheval le parcourent avec prudence pour ne pas verser dans les nids de poule. Avec notre voiture neuve, nous roulons sur des œufs. Le kilomètre annoncé paraît interminable. Le site est bien là : les fondations de pierre d’environ 1.20m de hauteur, il y a de nombreuses pièces. Evidemment, pas d’explications, on n’y comprend rien. C’est passionnant de remonter dans le temps : de Véliko Tarnovo (12ème– 10ème) à Preslav (9ème – 12ème) nous arrivons au début du 9ème siècle.

On contourne Shoumen pour trouver la route de Varna et de là Madara. Il reste à montre 220 marches pour atteindre la base de la falaise où est gravé le Cavalier de Madara, cavalier bulgare du début du 7ème siècle suivi de son chien qui neutralise un lion. Le lion représenterait l’empereur Justinien, le cavalier le Khan Tervel(705).

Madara : grotte des Nymphes

De la plateforme sous le cavalier, un sentier conduit à la Forteresse. Quelle forteresse ? Je renonce pour descendre à la Grotte des Nymphes, la falaise moussue dégouline d’eau que les visiteurs recueillent dans de petites bouteilles. Du tuf se forme, les eaux ralenties par la végétation et chargées en calcaire cristallisent et forment une roche caverneuse. Un vendeur de souvenirs attire les promeneurs en sonnant de la cornemuse. . On aurait pu visiter un petit musée, voir les Bains bulgares mais nous ne les avons pas trouvés.

Pliska – première capitale de la Bulgarie, fondée par le Khan Asparouh en 681 – palais, Grand Palais, basilique… étaient à notre programme. Nous ne trouvons pas la route et il fait vraiment très chaud.

Notre gite à Dragoevo : le jardin extraordinaire

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sous la tonnelle


Le GPS nous a conduit au centre du village de Dragoevo devant un bâtiment moderne avec une statue, très urbain pour ce petit village perdu. Les maisons sont-elles vides ou le village est-il seulement endormi dans la torpeur de 14h, un jour de canicule largement au dessus de 35°C. Enfin, nous trouvons une femme qui nous met dans la bonne direction. On se perd. Des jeunes s’apprêtent à monter en voiture « Suivez nous ! ». Faute de comprendre le Bulgare leur geste était éloquent. Notre hôtesse nous attendait. Après la visite de toute la propriété, elle nous annonce que nous serons les maîtresses des lieux. Elle habite en ville. La maison, le jardin sont à nous !

La maison est un bâtiment blanc tout en longueur. Des piliers carrés soutiennent une galerie couverte. Le terrain étant en pente, à l’extrémité il y a un étage. Un escalier de bois arrive à une terrasse aménagée avec des banquettes recouvertes de kilims avec des coussins. Les chambres ressemblent aux pièces des maisons-musées; Des broderies au point de croix, des kilims, coussins, une table basse ronde et des objets anciens sur une étagère dont le champ est décoré de dentelle ; Rouets et navettes, divers objets de la ferme, font de la maison un musée ethnographique.  Sous la terrasse, une salle très fraîche est meublée avec de longues tables et des tonneaux – la cave !

sous la tonnelle

Le plus extraordinaire, le plus agréable est le jardin. Des bordures de buis taillé bas courent le long d’une tonnelle où 4 tables rondes permettent de s’installer à l’ombre sous de beaux raisins qui se préparent. Perpendiculairement à la tonnelle, un auvent de bois abrite des tables allongées en cas de pluie ou de grosse chaleur. Entre la tonnelle et la maison, un pommier, un pêcher et en dessous des fleurs : géranium, mufliers, zinnias et roses. Côté jardin, un abricotier croule sous les fruits et un petit poirier porte une future récolte. A l’arrière des arbres fruitier, le potager est florissant. Les tomates ont plus de 2m de haut, elles sont attachées à de gros bâtons épais comme des manches à balais. Plusieurs variétés ont été mélangées : énormes cœurs de bœuf, tomates cornues, grosses variétés à farcir, petites pour els salades. Des poivrons et piments poussent en rangs serrés. Les courgettes donnent des courges épanouies.

A notre arrivée le propriétaire arrosait les piments avec l’eau du puits. La dame a rempli un cageot en plastique de tomates. Avant de partir elle en a choisi 4 très belles pour le dîner et a rempli une bassine d’abricots, un régal.

Notre chambre est très fraîche. Nous pouvons utiliser la cuisine. On n’ira pas au restaurant. On préparera de belles salades avec des köfte achetés au supermarché CBA de Veliki Preslav

La nuit à Dragoevo est scintillante d’étoiles. On se croirait dans la Voie Lactée ? Un cri nous a tirées du sommeil. Cri inconnu, inquiétant, étrange. Les chiens aussi lot entendu. Tout le village a résonné de leurs aboiements. La bête s ‘est mise à hurler comme un  loup répondant aux chiens.

 

 

au réveil, une surprise :le rideau des volubilis


Le petit matin est un enchantement. Il fait très frais. Les volubilis forment un rideau fleuri rose et violet alors qu’hier on ne voyait que leurs feuilles. Au premier étage, j’observe la voisine qui fend son bois. Je pourrais écrire, dessiner, lire. Je préfère baguenauder sous les arbres fruitiers, compter les plants de tomates (plus de 200), chercher des prunes mangeables (elles sont encore dures) ou cueillir des abricots à point.

Les propriétaires arrivent à 8h30 comme prévu, un plat recouvert d’un torchon qui contient la banitsa dorée tout juste sortie du four : pâte feuilletée cuite avec du lait et des œufs qu’on accompagnera de confiture de fraises et de poires du jardin. Le yaourt est servi battu dans des pots de céramiques ventrus. Le siréné (féta bulgare) et des tomates fraichement cueillies au jardin complèteront ce petit déjeuner.

Notre hôtesse parle assez bien le français. Elle a 61 ans et est professeur de littérature à la retraite ? Non mari est urgentiste. Le tourisme est donc un 2ème métier. Le jardin peut nourrir toute sa famille. J’aimerais bavarder davantage mais ils ont dressé le couvert dehors pour nous et déjeunent dans la cuisine.