Jeravna et Kotel

 

CARNET BULGARE

dans la campagne


Eglise Saint Nikolai

Elle n’est ouverte que le matin, à 9h30 sa visite est gratuite mais pas la collection d’icônes (2levas).

Elle est vaste pour une église de village. Un  tilleul séculaire dans la cour.  Son iconostase est surtout remarquable avec quelques dorures mais pas trop bleue avec un décor baroque floral avec des fleurs en camaïeu rose au dessus des icones des saints, sur fond bleu. La chaire est bleue ainsi qu’un baldaquin décoré de pampres qui a l’air de reposer sur des renards (lions ?), le plafond est bleu à caissons.

Le musée des icônes mérite la visite, les plus belles datent du 18ème siècle.

La route goudronnée se perd dans les pavés de Jeravna. Au lieu de prendre la direction de Kotel nous descendons à travers une belle forêt de chênes et découvrons une rivière paresseuse entre des rochers de grès et un village Katuniste. Nous sommes perdues. Un berger, bâton à la main, suit la rivière, son troupeau de vache se trouvant sur l’autre rive. Je le poursuis avec la carte. Il fait mine de ne pas me voir. Je cours. Avec des gestes, il me donne le chemin de Kotel. Nous avons fait un beau détour.

Kotel

L’entrée de Kotel est déprimante. Le long de la route, des usines, bâtiments en longueur, en ruine. Devant la porte de l’une d’elle flotte le drapeau bulgare. La ville moderne est d’une grande pauvreté, maisons crépies en gris, très peu de véhicules, pauvres pettis commerces. La seule entreprise paraissant florissante semble Western Union. Les gens doivent recevoir des mandats de l’émigration. Autres vitrines pimpantes : Globule et VIVACOM, la téléphonie mobile marche bien !Le petit marché sous un hangar couvert n’a que deux vendeurs : une grosse dame et un homme encore jeune mais édenté<; tomates, pommes de terre, cornichons, melons, poivrons, aubergines et courgettes, produits locaux. Seule exception : les bananes. Nous achetons un gros melon jaune, il n’y en a pas de petits. Ces melons sont exsangues, sans jus ni gout mais très odorants. L’odeur ne peut pas nous guider pour le choix. Celui-là sera aussi insipide que le précédent.

Des gitans d’une maigreur effrayante trainent autour de nous. Des mendiants ? Ils n’insistent pas.

 

Un peu excentré : un  quartier de maisons de bois, plus touristique avec le Musée des Kilims et les Musée ethnographique…

Musée des Tapis

Les murs d’une grande salle sont couverts de kilims de grande taille aux motifs végétaux traditionnels : roses rouge et roses et « écorce de pastèque ».A l’étage, des tapisseries contemporaines : copies d’icônes avec une dextérité remarquable dans les nuances ; D’autres tapisseries sont des copies de tableaux historiques, je photographie Asparouh ; il y a même une imitation des glaneuses de Millet.

Panthéon Rakovski

Panthéon Rakovski

La vaste place de l’Hôtel de Ville semble dater d’un temps ou Kotel était plus florissante. Un monument de granite, vitraux et bronze est pompeusement appelé Panthéon Rakovski . Il fut édifié en 1981 en l’honneur du 1300ème anniversaire de l’Etat bulgare. On descend par un escalier de granite pour découvrir trois salles très bien aménagées : sculptures sur bois, rampes de bronze soignées.

Dans la première salle on a  reconstitué une classe d’école primaire avec bancs et pupitres, estrade et bureau de l’instituteur, matériel pédagogique, dé avec des lettres cyrilliques, mandolines, cartes anciennes. A côte, des livres de prière, évangiles et photo de l’église Saint Stéphane d’Istanbul.

2ème salle, dédié elle aussi aux pédagogues:

un panneau traduit en anglais raconte :

Au 19ème siècle  le besoin d’éducation s’est fait sentir ; le Gouvernement Ottoman n’a pas mis en place de système éducatif en Bulgarie. En même temps une opposition se déclarait avec l’Eglise grecque  qui forçait les chrétiens à utiliser la langue Grecque. Les Bulgares se sont donc organisés eux –mêmes. Deus natifs de Kotel Néophyte Hilendarsky et Peter Baron se sont engagés dans cette entreprise d’éducation dès 1835. Néophyte Hilendarsky était passé par le Mont Athos tandis que Baron ayant fit des études de médecine à Munich a écrit le premier livre de sciences en bulgare. Comme il parlait 9 langues, il a entretenu une correspondance avec les scientifiques européens notamment Humboldt.

Le cœur de Baron est exposé (dans de la résine). Nous sommes bien dans un  Panthéon !

La 3ème salle est dédiée aux Rebelles :

Au temps de la grande Catherine, la Russie avait fait le plan d’aider l’Orthodoxie dans l’Empire  Ottoman. Pendant les Guerres russo-turques en 1806, 1812, 1828 et 1829, la Guerre de Crimée, l’armée russe comptait un corps de volontaires bulgares contre la T5urquie. En 1821, en outre il y eut un soulèvement. 

La salle 4 est celle des Révolutionnaires, dédiée à Rakovski,

Rakovski, héros local, écrivain, journaliste, poète, historien et ethnographe. Il a fait ses études à Istanbul . Condamné à mort, il s’évade et gagne la France avec un passeport grec. Revient à Kotel en 1843. A nouveau emprisonné à Istanbul jusqu’en 1847, il meurt de la tuberculose à Bucarest en 1867

Ainsi renseigné, on pénètre dans la crypte om se trouve la tombe de Rakovski. Une statue, des vitraux, une chapelle laïque construite par le pouvoir communiste, très solennelle, très minérale.

Ce monument s’intègre bien devant la grande mairie sur la grande place, témoignant d’une certaine opulence. Au temps où les industries de la vallée tournaient ?

Place avec hôtel de ville

Nous terminons la visite de Kotel par une pause à la terrasse d’un café sous de magnifiques tilleuls. Il fait merveilleusement bon. Le café frappé est mousseux à souhait. La Mastika a remplacé l’Ouzo, bulgare, elle est moins chère que l’Ouzo importé de Grèce.

Après midi farniente, dessin, cahier. Les vacances sont aussi faites pour cela !

Jeravna : maisons musées, soirée

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le village vu de notre terrasse

Trois maisons-musées se visitent ainsi qu’une  galerie de peinture et l’église Saint Nicolas.

La galerie se trouve dans les hauteurs du village dans une très belle maison à façade blanche. Sa véranda est soutenue par des piliers cylindriques en bous (comme à Koprivishtitsa) ; le jardin est merveilleux : hortensias, phlox, réséda et des rudbeckias qui ont envahi le dallage et poussent entre les pierres conférant un aspect fantaisiste.

Comme souvent,  la gardienne de la maison Sarva Valchev Filatov se raidit à notre approche pour se radoucir ensuite. De nombreux Bulgares ont cette attitude presque agressive quand on leur parle en anglais. Ils ont peur de ne pas être à la hauteur de la situation. Quand ils voient que tout se passe bien, ils deviennent très gentils.

La maison Sarva Valchev Filatov ressemble aux autres maisons que nous avons visitées dans les autres villages : à l’étage une grande pièce tapissée de kilims, sur l’estrade les sempiternelles banquettes rouges sont remplacées par des kilims de couleurs vives et variées. Cuisine avec cheminée à la turque. Le bureau de l’écrivain est moderne : un lit à l’occidentale, un bureau, des étagères.

Plus que le mobilier, c’est la personnalité de l’ancien propriétaire qui donne l’âme de la maison ainsi que le contexte qui est présenté :

Nous apprenons ici que

Jeravna, sur la montagne Stara Planina (nom bulgare du Balkan) doit son nom au grand nombre de sources et des moulins installés sur les ruisseaux, jernov est une pierre à moulin. Pendant la période ottomane, le village avait le statut de village de soldats : il fournissait des soldats à l’armée turque, en échange recevait la possession de la terre et l’avantage de ne pas payer d’impôts.  Au 18ème siècle, le progrès économique donna une prospérité au village. L’occupation principale était l’élevage, le tissage de la laine des moutons et le commerce des textiles. Au 19ème se fit ressentir el besoin d’éducation.

Sarva Valchev Filaterov :

Son père possédait des chevaux (troupeaux) et plus de 10.000moutons dans la région d’Andrinople. Il fait des études àShoumen et à Moscou écrivit le premier guide de conversation et fonda une école de filles et garçons.

relais de Poste dessin sur mon carnet Moleskine

Je dessine, assise sur une carriole,  l’auberge relai de poste : un cheval mange son foin, suspendue à une chaine, une roue. De la vigne grimpe à la tonnelle et s’étale.

A l’auberge du village, les tables sont installées sur la pelouse ; Je commande une soupe du berger (2.9levas) : haricots et cubes de jambon, épaisse et parfumée avec des épinards frais et du persil. Je n’ai déjà plus faim quand arrivent les foies de volaille cuisinés avec oignons, tom

les chèvres rentrent seules

ate et champignons, délicieux mais très copieux.(4.5levas)

A la tombée de la nuit, le voisin d’en face tire son âne joliment harnaché avec un gros pompon rouge sur le front et deux petits sur le côté. Il tire une carriole peinte en jaune et remplie de foin. Le baudet s’entête ; le monsieur tire. Peu après, les chèvres rentrent seules et se présentent devant la porte de leur étable ; le foin de la carriole était sans doute pour elles.

Jeravna : arrivée à l’Ekohôtel

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De la place de Jeravna, les rues revêtues de gros pavés ronds montent entre des murs surmontés d’un petit toit de tuile. Les dames ont accroché des kilims et des sacs tissés, chaussettes et chaussons. Dans cette région, on tisse et tricote ! Ces souvenirs ne sont pas tous beaux mais ils sont authentiques ! Les marchandes lisent notre voucher et nous pilotent jusqu’à l’Ekohotel Jeravna « derrière le camion ! » Sauf que le camion bouche la rue. Encore une fois, des manœuvres, du hayon du camion ressortent deux pointes, le camionneur guide, la voiture passe de justesse.

Ekohôtel Jeravna

Notre gite est situé dans une très belle maison de bois. Toutes les maisons ici, sont recouvertes de larges planches noircies, horizontales, protégées par de larges auvents de bois recouverts de tuiles romaines. Les jardins sont cachés par les murs. Notre maison est particulièrement soignée. On se croirait dans un musée ethnographique si bien que je n’ose pas déballer les affaires des valises et tout notre désordre restera dans la voiture ; La chambre est lambrissée de bois ciré. Les rideaux blancs ont dentelles et pompons, bois foncé ciré aussi pour les tables de nuit et l’armoire. Lits blancs ; Une corniche de bois ciselé court tout autour de la pièce. Deux fenêtres se font face. Côté est : ouverte sur la rue, côté ouest, sur un balcon, petit salon sur une estrade où se trouvent un rouet, des navettes, une table basse sur des kilims.

On n’osera pas s’asseoir du côté des rouets et des quenouilles, on prendra le frais sur les banquettes recouverte d’épaisses peaux de mouton. Le vent fait un courant d’air sur le balcon, il fait très bon.

 

Sur la terrasse : le "musée"

J’ai plus envie de dessiner que de faire des visites. Nous partageons le balcon avec deux femmes bulgares, mère et filles. La fille parle bien anglais. Elle est très curieuse de notre voyage, très fière que j’apprécie les villages bulgares. Elle pense que la Bulgarie a une mauvaise image dans les milieux occidentaux (elle est au contact avec des hommes d’afffaires) elle est ravie que les étrangers apprécient son pays.

De Nessebar à Geravna, en route

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goéland bruyant


La climatisation nous a laissé une toux d’irritation qui dégénère en mal de gorge. Nous avons décidé de nous en passer. Au milieu de la nuit, j’ai ouvert la fenêtre; le brouhaha du dehors a envahi la chambre, rumeur d’une boîte de nuit, fêtards éméchés, une fille saoule qui rit aux éclats, mais surtout rires et glapissements des goélands insomniaques. Ce matin, leurs ricanements m’ont éveillée avec le bruit d’un dribble sur le pavé. Qui peut jouer au ballon à 6h15 ? Un goéland faisait rouler une petite bouteille d’ayran avec application, la reprenait dans son bec pour la lâcher plus loin. Un autre tape dans une planche qui résonne au sommet d’un auvent. Maîtres des airs et des toits, ils semblent avoir une vie sociale intense.

Nessebar est une ville piétonnière. Ne peuvent circuler en voiture que les riverains, lees livreurs et les clients des hôtels qui ont des parkings. Notre place était réservée face aux excavations des thermes. Une Mercédès noire surdimensionnée bloque le passage. La réceptionniste est désolée. Le propriétaire de la voiture n’est pas à l’hôtel pour le moment. En sortant la voiture voisine, après moult manœuvres le Berlingo s’extirpe de là. Ce n’est pas une petite voiture non plus !. Le GPS a décidé de nous faire prendre les routes principales : route de Bourgas puis route de Sofia. On lui désobéit et on coupe par Kableskovo, Aïtos puis Karnobat.

La végétation est sèche, l’herbe ressemble à un paillasson. Le paysage a un air méditerranéen bien différent des fraîches forêts de feuillus du nord du pays. Cerisier, amandiers ont soif ; Les tournesols sont grillés. Nous sommes sur le versant sud du Balkan, peut être pleut-il moins. Le sous-sol argileux apparaît par plaques. Après Karnobat, dans un très beau vignoble avec des rosiers à la fin de chaque rangée de vigne, des pancartes publicitaires vantent le « château Karnobat », à côté du panneau le drapeau de l’Europe. Le château Karnobat a bénéficié des subventions de la communauté européenne, mais sous quelle forme ? Qui en  est les propriétaire ? Notre voyage pose plus de questions qu’il n’y répond.

On quitte la route de Sofia, direction Shoumen. Jeravna est indiqué par un panneau marron. Nous restons sur le circuit balisé touristique

Nessebar : après midi tranquille

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Eglise des Archanges

Saint Spas est à deux pas de l’Hôtel, de l’autre côté des thermes. C’est une petite église enterrée plus récente que les autres (1609)

Derrière Saint Spas, les rues sont beaucoup plus tranquilles, moins envahies par les marchands, les pavés irréguliers, la vigne et la végétation plus abondantes. Nous goûtons ce calme et découvrons la très jolie église des Archanges Michel et Gabriel (13ème)fermée, dont les décors extérieurs sont intéressants, intégrant ronds et croix vernissées. De l’autre côté de la place ombragée, deux terrasses de café sont vides, l’église Sveta Paraskeva est également fermée et délicatement décorée avec les briques en arêtes.

La dernière visite est celle « Musée ethnographique », en fait, l’église moderne très encombrée d’objets du culte sans aucun intérêt pour nous et des fresques modernes sans grâce.

Sur le chemin Sainte Sophie, la grande cathédrale « vieille Métropole » fondée dès le 5ème siècle. Toits et coupoles ont été détruits mais les ruines ont belle allure.

carnet moleskine, au café en face des Archanges

Fin des visites ! On profite de la douceur de l’après midi à une table en terrasse entre les Archanges et S Paraskeva. J’entreprends le dessin des l’église des Archanges. Dessiner au café est un moment privilégié, je me laisse imprégner de l’atmosphère du lieu. Le dessin me force à observer les détails.

Baignade. J’essaie la plage sud qui a de jolis parasols près de l’amphithéâtre. Déceptions : des cailloux sont tapis sous le sable grossier, les algues vertes battues par els algues rendent la baignade désagréable et cachent le fond. De plus, l’eau n’est pas assez profonde pour nager tout de suite. Après cette tentative, je rejoins l’autre plage protégée par la digue du restaurant de poissons. J’avais pris our du sable les coquilles de moules et d’autres coquillages pilés qui coupent un peu les pieds. Deux mètres plus loin, c’est assez profond pour nager. Des bouées délimitent le périmètre de baignade, je fais mes allers-retours comme en piscine dans l’eau tiiède et calme tout juste soulevée par le ferry qui passe au loin puis par le gros bateau de croisière.

Coucher de soleil sur le port à 8h40 ? Dîner dans la rue d’une pointe de pizza délicieuse et glace. Je déambule dans la nuit qui sied bien à Nessebar : les éclairages mettent en valeur les ruines de Saint Sophie.

Nessebar : Musée Archéologique

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Le Musée archéologique se trouve  à l’entrée de la ville, près de la digue. Avec la réduction du billet combiné, nous faisons la dépense de l’audio-guide ce qui est une excellente idée.

Quand Nessebar était Messembria

Musicienne

La première salle est occupée par une maquette de la ville et une exposition temporaire «Musique et Danse dans l’ Antiquité » : terracottas de musiciens et d’acrobates, des vases grecs à fond noir.

Hécate à figure triple, protectrice des voyageurs était autrefois placée à un carrefour (statuette 30cm). Deux bas-reliefs présentent les stratèges de la ville procédant au sacrifice d’un bélier. Les boucliers sont accrochés au plafond ainsi que cuirasses, jambières et casques. Au dessus de l’autel cylindrique, une stèle montre les fondateurs de la ville (Marsias et ?)

4 Hydries de bronze servaient d’urnes funéraires. Deux portent des appliques d’une grande finesse. La plus belle figure Borée enlevant Oreithya (4ème siècle  av.JC) .

 

La ville de Messembria était riche : on a retrouvé des trésors composés de bijoux d’or magnifiques ; Les orfèvres thraces et grecs connaissaient  les techniques d’émaillage, de filigrane et de granulation. Les pierres dures taillées (Aphrodite et Athéna) étaient enchâssées dans un sertissage d’or.

Je remarque un récipient (genre cruche) avec la tête de Dionysos.

La collection numismatique témoigne également de la richesse de Messembria. Qui a battu monnaie depuis le 5ème siècle : oboles, drachmes, tetradrachmes, certains imitaient la monnaie d’Athènes (quelques fois avec des erreurs dans la graphie grecque)D’autres identifiaient la provenance de Messembria : tête casquée de Marsias (fondateur de la villeà sur l’avers, une roue avec l’indication META . les pièces romaines sont celle d’Hadrien (117-118), Caracalla(198-217) Septime Sévère(193-211) Gordianus et Tranquillina ???

Des poteries et des pierres tombales avec racontent l’histoire de Nessebar, sa conquête par les Bulgares, puis par les Croisés au 13ème siècle le retour à Byzance, entretemps les destructions par un séisme.

Au sous-sol, une collection d’icônes : comme en Crète, une école de peinture subsista sous la domination ottomane au 17ème-18ème

La Vierge, les Coptes et moi de Namir Abdel Messeh

TOILES NOMADES

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Le début cafouille un peu. Namir est un cinéaste débutant. Quand un soir de Noël sa mère croit voir la Vierge dans une « apparition », il « tient une idée de film » mais personne ne sait où il va en venir, ni son producteur qui est réticent, ni sa famille qui redoute qu’un film donne une mauvaise image d’eux, ni le spectateur…

Au Caire, il hésite, le film sera-t-il un documentaire sur la communauté copte? ou une enquête sur une « apparition » qui a eu lieu en 1968 pour laquelle il cherche des témoins. Il fait le rapprochement entre la défaite de 1967 et la « démission » de Nasser: une apparition de la Vierge vénérée par les Coptes mais aussi les Musulmans serait une diversion parfaite pour distraire l’opinion de la défaite militaire…. Mais la piste est courte et personne ne le conforte.

J’aime bien Le Caire filmé par Namir, le Caire des embouteillages géants, de la foule, des immeubles surélevés.

Toutes ses tentatives d’enquêtes ne mènent nulle part.

Dernière piste : un pélerinage marial dans le Said, à Assiout. Il y retrouve la famille de sa mère, ses cousins, sa grand-mère. là, le producteur se fâche : les retrouvailles familliales n’entrent pas dans le budget du film.

Dès que l’action se situe à la campagne, le film devient passionnnant! Les personnages sont drôles, authentiques, le cinéaste filme merveilleusement bien son village, les travaux des champs, les maisons des paysans.. et toute sa famille se prend au jeu. La mère de Samir est devenue producteur, elle mène son monde d’une main de maître. J’adore la séquence où elle parcourt le village sur une carriole à âne avec un mégaphone « soyez à l’heure! ».

lire aussi dans des blogs amis :

cette critique DE MATHIEU

et celle blog de JEA

 

Après la Bataille, film de Yousri Nasrallah

TOILES NOMADES

La Bataille, c’est celle qui opposa cavaliers et chameliers aux occupants de la Place Tahrir, le 2 février 2011.

J’étéis très curieuse de voir la nouvelle Egypte, la démocratie en train de se construire. Reem est une jeune femme moderne, laïque, journaliste branchée, enthousiaste. Elle rencontre par hasard Mahmoud, le cavalier qui se fit désarçonner au cours de la Bataille des Chameaux et qui depuis est la risée de son quartier au pied des Pyramides. Le film commence comme un roman d’amour. Je me suis bien demandée ce que Reem trouvait à ce cavalier naïf, ignorant, manipulé, marié et père de famille, si ce n’est la liberté d’un flirt dans cette nouvelle ère.

L’amourette ne dépasse pas le baiser.Reem fait la connaissance de Fatma, de ses fils et de tout le quartier ruiné par la désertion des touristes qui assuraient la subsistance de tous. L’amitiése noue  entre les deux femmes. Reem se sent aussi le devoir d’aller vers le peuple, d’expliquer la Révolution à ceux que Moubarak avait manipulés dans la Bataille des chameaux. Si Mahmoud ne sait comment retrouver sa dignité, Fatma est convaincue.  Elle part seule Place Tahrir.

La Révolution, comme l’ascension de la Grande Pyramide….

 

 

Avant la bataille : les Femmes de l’autobus 678

Nessbar : cartes anciennes &églises

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briques roses et vernissées du Pantocrator

Avant que la foule n’envahisse les petites rues et que le soleil ne chauffe les pierres, la promenade dans Nessebar est agréable. Nous découvrons des ruelles préservées des marchands et des placettes calmes.

Première visite à l’Eglise du Pantocrator située sur la place principale en face de la Poste. De l’extérieur, l’église est décorée de tessons vernissés vert clair et de croix en céramique vert foncé (creuses) en lus des mosaïques de pierre et briques des autres églises. Plusieurs rangées de pièces vernissées brillent sous le soleil. L’église a été transformée en Galerie d’expositions.

L’exposition actuelle : Cartes anciennes  est passionnante. La plus ancienne est un fac-similé d’une copie du 13ème siècle d’une carte des routes romaines du 4ème siècle. Méditerranée et Mer Noire sont très étroites tandis que les côtes sont dilatées latéralement. Aux nord, des pointes alignées : limes ou Carpates ?

Un portulan du 14èmedécrit le Pont Euxin et toutes les colonies grecques dispersées sur son pourtour. Une carte italienne de 1393 montre Bulgarie et « Romania ». Curieusement, Romania n’est pas la Roumanie actuelle au nord de la Bulgarie mais toute la thrace jusqu’à l’Egée et le Mont Athos.

1684, la Carte de Giacomo Cantellido Vignola représente la Bessarabie peuplée de Tatari di Budzlak au nord du Danube et Tatari di Dobruss- sujjetti al turco ainsi qu’un royaume de Bulgarie( ?)

1737  le Royaume de Bulgarie s’étendant de Bourgas jusqu’au nord du delta du Danube me laisse perplexe, ces territoires étant restés ottomans jusqu’à la fin du siècle suivant.

1744 Nessebar est encore mentionnée sous son ancien nom de Messembria.

Saint Jean Alithurghetos

L’église Saint Jean Alithurghetos (14ème ) regarde la côte sud au dessus de l’amphithéâtre. Elle est bien ruinée. Sa décoration, jeu de pierres et briques, en croisillons, est très élaborée.

Saint Stephane

Saint Stéphane  est la plus belle église. Dans le narthex, le Jugement Dernier avec son fleuve rouge en diagonale séparant ceux qui vont au paradis de ceux qui vont en Enfer est classique. D’habitude l’enfer est plus amusant. Avant la conquête turque les fresques étaient à l’air libre. Ce sont les Ottomans qui reconnaissant la force de la fresque la firent enfermer  et gommer  les visages  et effacé l’enfer au 17ème siècle. L’intérieur est couvert de peinture. La Dormition de la Vierge est magnifique, les anges soulèvent des petits nuages avec des têtes. . Lazare est entouré de bandelettes comme une momie. Pour la Pêche miraculeuse, on remarque le barbecue dans un coin..Ces fresques sont très expressives avec beaucoup de mouvement. En revanche la rangée des saints debout au registre inférieur, sont hiératiques.

Nessebar : une petite île très touristique

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Eglise du pantokrator


L’arrivée dans  les nouveaux quartiers de Nessebar est peu plaisante, encore des immeubles énormes, des panneaux publicitaires. Le GPS nous guide dans une urbanisation balnéaire horrible avant de parvenir à la vieille ville de Nessebar sur sa petite île reliée à la terre par une digue.  Au poste de contrôle (entrée d’un grand parking), je brandis le voucher de l’hôtel qui sert de laisser-passer. Balkania a bien fait les choses. Une place de parking est réservée à l’hôtel.

L’Hôtel Royal Palace est un vrai 3 étoiles, climatisé, une réceptionniste stylée et gentille, tout le confort. Le balcon donne sur une courette. Entre les maisons, on devine la mer. Le plus insolite et charmant se trouve dans le couloir : des arches de briques et pierres, construction byzantine incluse dans le bâtiment moderne. Les serviettes sont moelleuses et immenses, à ces détails on reconnaît le vrai trois étoiles ! La carte du restaurant s’avère décevante : des plats internationaux et sans intérêt, rien de ce qui fait notre ordinaire en Bulgarie, ni poivrons farcis, ni aubergines, ni soupes au tripes ou aux haricots, à la place des consommés de poulet ou de la soupe à la tomate !

La télévision donne toute satisfaction : sorties vidéo pour nos câbles, Euronews et CNN pour les nouvelles du Monde. Elles ne sont pas réjouissantes : à Bourgas, non loin d’ici, un car de touristes israéliens qui arrivait de l’aéroport a été victime d’un attentat.

Le tour de l’île se fait en une petite heure. Le parking nord assez étendu sépare la ville des quais. Le charme vient de la mer. Les immeubles de la station balnéaire qui tapissent le golfe ne sont pas si déplaisants, vus de très loin. Les collines sont boisées. Vers la pointe, une petite plage invite à la baignade tranquille. Comme un éperon, sur pilotis un restaurant s’enfonce dans la mer, restaurant de poisson qui arbore un drapeau grec à côté du drapeau bulgare et de celui étoilé de l’Europe. La côte sud est bordée par une route en corniche. Des restaurants ont construit des terrasses suspendues au dessus de l’eau. C’est tranquille, classe, et sûrement cher. On y propose crevettes, gambas, fritures et moules mais les prix ne sont pas affichés, mauvais signe !Une autre plage avec des parasols se trouve au pied d’une horrible boîte géante : boîte de nuit ? club de plongée ? ou terminal des ferries ? je n’ai pas bien compris, à fuir. Plus loin le quai d’où partent les ferries et des bateaux de grande taille. Un trois mâts qui croisait dans la baie déverse un flot de touristes attendus par des autobus. C’est sans doute, à son bord, qu’on admire le coucher de soleil avec une flûte de champagne (publicité trouvée dans la chambre de l’hôtel).

Nessbar, petit port de pêche

Un petit port de pêche avec des barques colorées est niché dans une anse non loin de l’amphithéâtre aux arches antiques. On fait les réglages d’une sono impressionnante. Je pénètre ensuite dans une zone de baraques, mi-marché de Noël, mi-marché africain, on y vend tout et n’importe quoi, des chaussons fourrés aux chapkas, des produits de beauté à la rose aux masques africains, sans oublier les bibelots en coquillages, les tatouages-décalcomanies, les aimants criards et les cartes postales érotiques. Es baraques cachent la mer. Sur le quai, des bateaux-taxis hèlent les clients dans toutes les langues (surtout russe et anglais), faisant la navette entre le Vieux Nessebar et les plages Sunny Beach. En face, une sorte de rempart, série de restaurants sur deux niveaux, beaucoup moins jolis que sur la côte sud. Les plats sont standardisés. Les calamars remplacent les poissons, pizzas et salades composées sont photographiées pour les illettrés – usines à touristes !

Pour l’usine à touristes, je n’ai encore rien vu. Du quai, Nessebar est ravissante avec ses maisons traditionnelles aux toits en pyramides de tuiles rouges. Maisons à un étage en encorbellement. Les premier étage en bois rappelle les maisons turques, la vigne court en tonnelle. De loin, l’ensemble est homogène et charmant. Au niveau du trottoir, en revanche, c’ »est la catastrophe. Le Mont saint Michel est un désert commercial à côté des rues de Nessebar. Pas un centimètre qui ne soit consacré à la vente. Si on lève les yeux, c’est pour voir des dentelles, des nappes à rares vertes ou rouges, des tenues de marins du 6mois au XXL, et cela dans le meilleur des cas. Dans le pire, ce sont des empilements de mugs sérigraphiés à l’effigie des vedettes, fesses et seins en cartes postales. Pas de vitrines décorées, ni de boutiques d’antiquaires, ni commerce d’alimentation. Rien de banal ou de quotidien pour reposer les yeux. Encore moins de boutiques de luxe. L’or et l’argent s’exposent avec leur teneur en carats. Les églises byzantines sont noyées dans cette masse de marchandises. J’avais espéré que le soir, après la fermeture des sites touristiques, aurait apporté une trêve et de la tranquillité. Erreur ! Les navettes apportent des stations balnéaires leurs cargaisons de dîneurs qui préfèrent les terrasses sur mer aux salles à manger climatisées des grands bastringues. Nessebar ne désemplit pas. D’ailleurs, ces visiteurs sont-ils des passionnés d’histoire antique ou byzantine ? N’est-ce pas justement le supermarché à souvenirs qu’ils recherchent ?

coucher de soleil sur la Mer Noire