1- Survol de l’Asie de terre et d’eau –

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Les  hublots de l’avion ont été fermés par l’équipage. Entre Inde et Birmanie, je brave l’interdit.

Vision extraordinaire, irréelle. Les bras d’un fleuve forment un delta improbable. L’eau est métallique, dorée, la mer vert mat, à la surface ridée. Les méandres s’enroulent, se déroulent, communiquent en un réseau de courbes et de spirales. Un bras du fleuve touche une plage de sable blanc. La puissance du courant l’entraine vers la terre  tangente illogique, pourquoi n’a-t-il pas rejoint l’océan ?. Cette géométrie courbe se déploie dans une végétation vert sombre. La mangrove peut-être ? A 10 000m on ne distingue ni maison ni bateau. Je n’ai jamais vu un tel paysage, j’ignorais qu’il puisse exister.

De l’autre côté de la mer, je retrouve ce paysage en Birmanie. Puis des montagnes brumeuses, crêtes découpées …Une plaine, un fleuve serpente qui a laissé d’anciens méandres visibles, certains asséchés, cultivés, d’autres dessinant des virgules d’eau, croissants brillant au soleil. Puis vient une campagne cultivée, et un autre fleuve, affluent du premier, ou est-ce le contraire formant un estuaire en cadré par de molles collines. A 30 000 pieds, on doit beaucoup imaginer. De petites mares scintillent. A nouveau la mer se confond avec le rivage : marée basse ou haut fond affleurant permanent. Ici l’eau et la terre ont des frontières indéterminées. La mer est brune comme une terre. Dans cette incertitude géographique je devine quelques maisons puis u  fleuve chargé d’épais sédiments enserrant dans ses bras une île.  Nous dépassons Rangoon sans la voir et arrivons au dessus de la Thaïlande. Les montagnes ont des sommets déchiquetés, noirs dans la brume bleutée. Brume de chaleur ? Dans une gorge une rivière étincelle.

Un barrage contre le Pacifique, il me plait que notre arrivée en Asie, en Indochine, soit embrumée dans une incertitude liquide et tropicale.

Lire pour le Cambodge et le Laos : Le Mékong – Louis de Carné – Ed. Magellan&Cie – GEO

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heureux qui comme…Louis de Carné

Toujours dans l’excellente collection GEO Magellan&Cie.

Quelques année après le début de la colonisation française en Indochine l’admnisitration fraçaise lance des expéditions pour explorer le Mékong.

« ce grand fleuve sacré pourrait-il devenir une voie commerciale reliant la Cochinchine à la province chinoise du Yunnan.?

L’expédition, partie de Saigon navigue jusqu’à Vientiane et Luang Prabang. Puis l’exploration devient terrestre à travers le Laos. Outre la difficulté de la marche c’est plutôt les difficultés imposées par les autorités locales qui causent des tracas aux Français. Birmans, laossous obédience Thaï ou birmane, peits roitelets indépendants, mandarins qui cherchent à se donner de l’importance; tout est prétexte pour retenir la délégation, l’égarer, la plumer..

On découvre une mosaïque de populations, de paysages insoupçonnés. Les jeux de pouvoir sont subtils, les interprètes pas toujours fiables…Ce récit se leit comme un roman d’aventure.

Parallèlement j’ai commencé la Voie Royale d’André Malraux et cette lecture trouve  un échointeréssant.

lire pour le Cambodge : Phnom Penh -Xavier Brau de Saint-Pol Lias – coll GEO

 

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Connaissez vous l’excellente collection Heureux qui comme…. de MAGELLAN & Cie – GEO ?Jolis petit livres, couverture aux couleurs vives illustrée, beau papier

« …partager les émotions des premiers-écrivains voyageurs et retrouver les racines d’un monde intemporel »

propose l’éditeur. Ce qui me va très bien.

Court texte de 65 pages, un long reportage plutôt de Phnom Pehn insurgée  en  1885.

20 ans après que le Cambodge ne passe sous Protectorat français , le géographe quitte Saigon par bateau chargé d’une mission ethnographique et géographique. il décrit les paysages traversés, la petite capitale, encore un bourgade, l’intérieur du pays et la cour du roi Norodom.

Trouvé à l’aéroport de Siem Reap où se trouve une excellente librairie, je l’ai lu d’un trait dans l’avion. Lecture pittoresque et très agréable.

Lire pour le Cambodge : Séra – L’Eau et la Terre

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Arrivé avec Le Portail, sur le conseil (éléctronique) d’Amazon. J’ai eu une surprise en ouvrant le paquet : une BD, moi qui n’en lis jamais!

Et j’ai été bluffée!

Par le graphisme tout d’abord: de grandes images, 3 vignettes au maximum par page, souvent une seule. Des tableaux plutôt que des vignettes avec des cadrages parfaits , des éclairages dramatiques, des harmonies de sépia, de brun-rouge, de noirs et de gris. Pas besoin de beaucoup de temps pour deviner l’atmosphère sombre des temps des khmers rouges.

Par les textes ensuite, dialogues mais aussi slogans politiques ou poèmes khmers anciens. Un souci du témoignage le plus historique possible. L’histoire est entrecoupée des cartes des déportationns ou des lieux de détentions et des charniers. Comme pour nous rappeler que ce n’est pas un livre de fiction.

Des destins se mêlent, ce couple chassé de Phnom Pehn, la peite fille aux allumettes, l’adolescent-khmer rouge…. et cette phrase qui revient comme un refrain

« ... ET JE NE SUIS TOUJOURS PAS MORT…« 

Détails de la vie quotidienne de cet enfer, de cette misère et de ce désespoir sans  nom.

Il faut également se référer aux remerciements et à l’abondante bibliographie pour comprendre la volonté du témoignage de Séra .

lire aussi

Ithaque – Botho Strauss – aux Amandiers Ronit Elkabetz – Charles Berling

Quand j’ai vu l’affiche j’ai foncé! Ithaque, l’Odyssée, c’est une passion! Ronit Elkabetz, je suis fan! quant à Charles Berling…Même s’il me faut traverser tout Paris et la Défense pour aller à Nanterre.

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Après avoir réservé, j’ai googlé. Et je me suis aperçue qu’il était écrit « traces de l’Odyssée que conserve Botho Strauss » . Il ne s’agit nullement d’Homère mais d’une réécriture. Méfiance?

Botho Strauss a redistribué certains rôles: il a surtout donné une place d’honneur à Pénélope (Ronit Elkabetz), ce qui n’est pas pour me déplaire. Penelope, Clytemnestre, Hélène, Cassandre…les héroïnes ne manquent pas dans le mythe homérique, elles ne restent pas confinées au gynécée, mais elles n’occupent pas le devant de la scène. Cette idée de valoriser le personnage féminin n’était pas pour me déplaire. Ronit Elkabetz a un physique de tragédienne antique. L’ensemble me paraissait trè séduisant en théorie.Sur place j’ai été un peu déroutée. Ce n’était pas Pénélope que j’imaginais avec sont métier à tisser, mais une sorte de Mère-Ubu sur un lit moderne recouvert de fausse fourrure blanche,kitsch? trop kitsch our moi! La présence de l’actrice en impose mais quel besoin d’avoir imaginé cette Pénélope obèse?

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Ulysse-Charles Berling, collait tout à fait à mon image mentale d’Ulysse, le menteur, le fabulateur déguisé de hardes par Athéna. De plus l’arrivée d’Ulysse sur les rivages d’Ithaque était tout à fait fidèle à Homère. Le bord de la scène formant un croissant rempli d’eau , la plage et une falaise peinte (ou projetée) sur le rideau m’ont ramenée sur les bords de la mer Ionienne.  AZthéna, déguisée est arrivée tout à fait à propos comme dans l’Odyssée.


La présence de ce plan d’eau a permis des effets très séduisants, reflets sur les murs ou le rideau de scène, traversé par les jeunes filles figurant le choeur antique, habillées à la grecque, gracieuses, une jolie idée. Le palais d’Ulyss, intemporel, hésite entre marbre et béton. Excellente idée cette estrade mobile sur un escalier qui avance et recule, rapprochant ou éloignant la chambre de Penelope, mais pourquoi l’avoir peint en gris-fer ou gris-béton, en blanc-marbre cela aurait été plus méditerranéen, plus seyant!

De même le mobilier utilisé par les prétendants, tables métalliques et chaises aluminium jure un peu. En revanche j’ai aimé le piano. L’intemporel ne me gène pas plus que cela, mais pourquoi du cheap!

L’élément de décor le plus réussi est apparu à la fin de la pièce : l’arbre figurant le verger de Laerte, au feuillage translucide éclairé de vert. Quel bel objet!

Cet Ithaque moderne est finalement très fidèle à Homère. Tous  les épisodes figurent bien dans la pièce. Botho Strauss n’a pas retranché. Il a rajouté plutôt, alourdi. Comme récemment, avec Shakespeare, le spectacle contemporain m’a renvoyé au texte initial. S’il supporte les adaptations,les mots ailés d’Ulysse me plaisent toujours plus, l‘aurore aux doigts de rose me manque. Rien à faire. Est-ce que je tourne conservatrice?

lire pour le Cambodge : Le Portail – François Bizot

Lire pour voyager/Voyager pour Lire

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Ce Portail fermait l’entrée principale de l’Ambassade de France, où la Communauté des expatriés  au Cambodge s’était réfugiée, évacuée  après la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges. Ce livre, Le Portail, est un témoignage racontant la captivité de Bizot dans la jungle en 1971 puis les dernières semaines vécues dans l’ambassade en 1975.

Acheté à la suite de recommandations d’inconnus sur les forums de voyageurs, j’ai longtemps hésité avant de commencer cet ouvrage. Je n’aime pas les films ou la littérature de guerre. Le sang m’effraie, les héros m’agacent…Et puis, je ne l’ai plus lâché. C’est un grand livre, très bien écrit et passionnant.

Quand on raconte un génocide c’est facile. Il y a les victimes et les bourreaux.

On peut aussi voir autrement : les impérialistes américains et leurs valets, laquets, on se souvient de la terminologie en cours, et en face la juste lutte  des peuples, les fronts de libération nationale…les peuples-frères. Adolescente j’ai vibré à ces slogans, soutenu la juste lutte du peuple vietnamien, puis cambodgien…plus tard j’ai été catastrophée quand le Vietnam a fait la guerre au peuple-frère… sans rien comprendre.

Avec Bizot, l’analyse ne vient pas de l’idéologie mais du terrain. En 1971, quand il est fait prisonnier des Khmers rouges, il voit les troupes nord-vietnamiennes qui avancent derrière les Khmers rouges, il décrypte le discours qui vient de Chine, il devine la catastrophe à venir, il en discute ouvertement avec son geolier Douch . Et il a reproché l’aveuglement de Lacouture et des expatriés communistes qui, après la prise de Phnom Penh, croyaient encore assister à la fête de la libération et qui, encore déguisés en Khmers, sont venus se réfugier à l’ambassade.

Ce livre n’est pas un témoignage à charge au tribunal de l’Histoire qui a déjà condamné le massacre, c’est bien plus. Bizot parle khmer et connaît mieux le boudhisme khmer que les « camarades » illettrés qui récitent des formules apprises par coeur. Il peut dialoguer avec Douch dans la jungle, et, plus tard, il est l’interprète des diplomates français auprès de Nehm. Il comprend non seulement leur langue de bois mais aussi leurs mimiques. Il utilise leur psychologie pour négocier avec les adversaires. Il gagne leur estime. Le livre rend compte avec finesse de ces dialogues, sortes de  jeux d’échecs où il convient de flatter, d’exiger, de reculer, au bon moment.

Le Portail ne se résume pas non plus à l’analyse politique. Bizot sait merveilleusement bien raconterla nature Cambodgienne. Il nomme chaque arbre avec son nom latin. Il sait nous faire sentir la touffeur, l’humidité, l’électricité d’une soirée d’orage. Leçon d’humanité quand il raconte le respect pour la nourriture de ceux qui en ont été privés. Mais aussi les mesquineries au sein des centaines de réfugiés. Point de manichéisme, tel chef de guerre fait montre d’une lâcheté insondable et quelque temps plus tard de courage. Les Khmers rouges sont toujours montrés comme des hommes et non pas comme des monstres. Bizot décortique leurs contradictions. Il peut aussi montrer l’affection qu’il porte à son chien, à une poule. Ce livre rend compte de la complexité de l’humain et dépasse largement le témoignage et l e cadre cambodgien.

Les mystères de Lisbonne : film de Raul Ruiz

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4h26 de pur plaisir!

Le réalisateur a pris son temps avec de longs plans qui nous permettent de détailler les décors et les costumes, de savourer la musique, de profiter pleinement des fêtes ou des décors naturels…Des tableaux aux murs qu’on a l’impression de reconnaître dans dees lieux différents comme des indices semés exprès pour  que le spectateur les  relève. Pas une seconde d’ennui, des rebondissements, des retours en arrière, des travestissements Les personnages, nombreux, ont des identités multiples, certains se dévoilent, d’autres restent mystérieux. Le Père Dinis, qu’en penser? On est dépaysé par la douceur du Portugais, toujours suprenant, un peu étrange à nos oreilles et en même temps familier.

C’est un feuilleton à la Dumas avec ses invraisemblances, ses duels à l’épée – incroyable ce suicide à la fin du duel alors que les adversaires viennent de se réconcilier!. Toute l’histoire du début du XIXème siècle défile devant nous, même la Révolution française, l’épopée napoléonienne. On voyage à Venise,en France…et toujours dans des châteaux, on aboutit au Brésil ou en Afrique(?)

Le film évolue dans une lumière fabuleuse, gamme de bruns pour les couvents, promenades verdoyantes sous les nuages ou la pluie dans des jardins romantiques et  luxuriants qui me rappellent Sintra ou Buçaco, mélancolie d’un Portugal Atlantique. Lumière dorée des salons mondains, candélabres et dorures. L’or se reflète dans l’eau de l’océan ou d’un fleuve; Réminiscence d’unfilm ancien sur le fleuve d’or qu’est le Douro?

Et toujours, scandant les scènes, le théâtre miniature que le héros emporte partout avec lui…

Un barrage contre le Pacifique, le film de Rithy Panh

Dans 5 jours nous serons à Phom Penh, pour rêver à l’avance, de rizière, d’Asie…

J’ai lu trois fois le livre de Marguerite Duras. Il y a bien longtemps, la première, du temps d‘India Song, de Delphine Seyrig…
Emerveillement de jeunesse devant cet exotisme et cette étrangeté.
A la veille de notre circuit au Vietnam, et maintenant après avoir vu le film de Rithy Panh. pour confronter le livre au film.

La lecture du cinéaste cambodgien est originale : il nous livre de très belles images de cette plaine, des rizières, de la jungle. On voudrait retenir certains plans magnifiques. Vues prises du bungalow, à travers les bananeraies et les plantes tropicales. Mobilier de bambou, objets de la vie quotidienne, les acteurs aussi sont beaux, peut être trop, trop beau Joseph, trop lisse peut être, trop beau Monsieur Jo qui n’aurait pas pu égayer la famille par son surnom de « tête de veau »…

Le cinéaste a privilégié la vie à la campagne. L’intrigue qui se déroule dans la ville coloniale, jamais nommée, qu’il me plait d’identifier à Saigon, a été éludée.

En revanche, il a mis l’accent sur l’exploitation coloniale. Les paysans sont bien présent. Il a donné une importance au personnage du caporal qu’il n’avait pas dans le livre. Le caporal dévoué mais sourd dans le film est tenté par la révolte. Il manipule les armes de Joseph va secourir les paysans expropriés. Duras parle longuement des enfants qui mourraient en bas âge, moins de leurs parents. Rithy Panh leur donne la parole.
Ce n’est pas seulement la crédulité d’une veuve qui a placé tous ses espoirs dans cette concession qu’exploitent les agents corrompus du cadastre. C’est aussi l’expropriation des paysans qui n’ont jamais eu de titres de propriété, qu’on floue pour installer des plantations d’hévéas ou de poivriers. Monsieur Jo n’est pas seulement le fils velléitaire et incapable d’un spéculateur, c’est celui qui symbolise l’exploitation des paysans.
Certains trouvent que l’adaptation s’éloigne de l’œuvre,  que Isabelle Huppert campe un personnage différent de celui de la Mère, que les relations familiales passionnelles sont affadies,  je l’ai lu dans les critiques. Cette version cambodgienne, différente, m’a paru intéressante. Ce qui ne dispense pas de relire encore le livre!

Sari NUSSEIBEH Anthony DAVID : Il était un pays – une vie en Palestine

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La biographie de Sari Nusseibeh est écrite à la première personne( je ne comprends pas bien le rôle d’A David). Sari Nusseibeh est actuellement le président de l’Université El Quds (université arabe de Jérusalem). C’est aussi un acteur politique qui a représenté le Fatah à Jérusalem et qui a tout mis en œuvre pour un dialogue israélo-palestinien quand ce dialogue était possible. Professeur de philosophie, à Bir Zeit mais aussi à Harvard, ancien élève des meilleures écoles britanniques, il est éloigné de toutes les idéologies qui ont enflammé le Moyen Orient faisant aussi bien référence à Locke, Kant qu’aux philosophes arabes médiévaux.

Le personnage est admirable dans sa ténacité de pédagogue avec ses étudiants, de négociateur, choisissant toujours les solutions pacifistes quand celles-ci pouvaient être mise en œuvre, y compris pendant la première Intifada, dans son opposition au mur qui devait passer à travers le campus de son université.

C’est aussi un témoin averti qui raconte l’histoire de Jérusalem (pendant 13 siècles) et celle de la Palestine, pendant le Mandat Britannique où son père jouait un rôle de premier plan, puis sous contrôle jordanien et enfin sous l’occupation israélienne. C’est donc une grande leçon d’une histoire que j’ignorais. Si le livre date de 2008, la narration s’arrête un peu avant. On comprend mieux les prémisses de la situation actuelle : je découvre comment Israël a favorisé l’ascension du Hamas pour embarrasser le Fatah, mais également comment la distribution des fonds du Fatah a fait le lit de la corruption. Fidèle à Arafat, Sari Nusseibeh est néanmoins critique de sa gestion.

Sari NUSSEIBEH Anthony DAVID : Il était un pays – une vie en Palestine Lattès CLIC

Amos OZ : Vie et mort en quatre rimes

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Est-ce un court roman ou une nouvelle ?

Unité de temps : le narrateur entre dans un café avant une conférence et le récit se terminera à la fin de la nuit. Unité de lieu : Tel Aviv, autour du centre culturel.

Les personnages foisonnent.
De l’ « auteur », le personnage principal, nous ne saurons pas grand-chose. C’et un auteur reconnu qu’on a invité à une lecture d’un de ses livres. De l’ouvrage présenté, nous ne saurons rien non plus.

En revanche, toute une cohorte de personnages, réels ou inventés, défile. Leur histoire est elle réelle ? ou fantasmée par l’auteur qui s’ennuie ? Personnages ordinaires pour la plupart, dont l’existence est suggérée avec tendresse, personnages singuliers sans qualités exceptionnelles, si humains, et si originaux dans leur quotidienne banalité. Certains sont au bord de la mort : le poète écrivant les quatre rimes, peut être déjà disparu, l’heureux gagnant du loto qui se trouve en phase terminale d’un cancer… d’autres sont bien vivants.
Une rencontre amoureuse s’esquisse, s’évite, se noue, et finalement, avorte…

Des portraits racontent un univers déjà disparu de syndicalistes, de responsables culturels d’un temps révolu où le mouvement ouvrier imprimait son influence culturelle et militante. Parfum d’un passé oblitéré par la consommation effrénée des années 2000… temps ou Davar paraissait encore…C’est sans doute cette nostalgie que je recherche.

Amos OZ : Vie et mort en quatre rimes (127p.) Gallimard