Toujane et la route des Ksour

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

 

Toujane
Toujane

Petit déjeuner chez Patrick

Patrick a cuit le pain du petit déjeuner et déposé deux coupelles mystérieuses en plus du miel, de la confiture de coing et des yaourts. L’une d’elle contient de la halva émiettée, l’autre une pâte couleur terre mouillée, brun foncé grumeleuse d’aspect peu engageant. C’est la bisa, pâte de sésame, lentille, parfumée à ‘anis et au thym. Chaque famille en possède une recette originale et secrète. A la première bouchée le goût de l’anis ressort, mais après une bouchée de pain on sent plus le thym. Le miel de Matmata est épais, coloré et très odorant, on reconnait le romarin. Même dans les chaleurs torrides de l’été, les abeilles trouvent des fleurs de romarin et de sarriette.

Surprise au départ

Nous sommes prêtes pour 8h mais le pare-brise de la voiture est gelé. Pas de raclettes à neige dans le Sud tunisien. On met le chauffage et on attend. Je remarque une curieuse couronne de plexiglas autour du cratère de la cour troglodyte : c’est contre les scorpions attirés la nuit par la lumière qui se laissent tomber dans le patio.

La route vers Toujane

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La route de Toujane tourne en épingles à cheveux. Nous roulons vers le soleil levant particulièrement éblouissant ce matin. A l’entrée de la ville un café a installé un mirador pour photographier le village d’en haut : des fumées s’élèvent dans le matin, les terrasses forment une mosaïque blanche, brune et claire.

Toujane

Au village, nous croisons des hommes de tout âge et même des enfants encapuchonnés dans des burnous bruns. Capuche pointue, manches vides pendantes. Nous avons pris pour un  manchot le premier que nous avons vu d’autant plus qu’il était bancal et contrefait. Tous ont adopté cette solution pour ne pas se geler les mains. Les kilims tissés à Toujane sont suspendus aux façades malheureusement nous n’avons pas le temps de rendre visite aux tisserands et j’ai peur de me laisser tenter par un kilim rouge aux nombreux motifs qui me fait de l’œil.

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La route descend dans la plaine. Elle traverse des cultures maraîchères et des oliveraies irriguées. Nous traversons Metameur et Médenine pour prendre la route de BenGueddache sur le conseil d’un homme que nous avons emmené au marché. Je découvre un peu tard comment programmer Ksar Allouf sur le GPS. Sans notre passager nous n’aurions jamais trouvé le ksar perdu. Les maisons dispersées dans la montagne ont des toits hémicylindriques pittoresques. L’oued a creusé un canyon dans lequel s’engage la route.

Ksar Allouf

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»Vous êtes arrivés ! » Clame Madame GPS à une intersection sous une mosquée blanche et un bosquet de palmier. Un homme vient à notre rencontre et indique une piste très raide. Plus haut,  elle et cimentée,  la voiture grimpe allégrement.  Comme un gros nid de guêpes, les loges du ksar s’accumulent sur la crête. Les ksour tunisiens ne ressemblent pas aux châteaux marocains de même nom (comme le tagine à l’œuf tunisien diffère du tagine marocain). Les ksour sont des greniers. . chaque famille possède quatre loges ou gorfas, une pour le grain, une pour l’orge, une pour l’huile et la dernière pour les dattes. Ce ksar a 1300ans et fut abandonné il y a une cinquantaine d’années.

DSCN5199 - CopieLes loges sont alignées avec le plafond en berceau, des marches d’escalier pour atteindre le niveau haut. Au fond de la cour, il y a une petite mosquée, la maison de l’imam et une huilerie. Dans la mosquée le plafond est décoré de motifs berbères et de versets du Coran. L’huilerie est construite autour d’un pressoir avec une grosse meule de pierre. Un petit dromadaire tournait inlassablement autour du pressoir pour écraser les olives. La pâte était ensuite pressée dans deux petits pressoirs dans des loges latérales. Quand le dromadaire devenait trop grand vers 10ans on l’égorgeait pour en faire un méchoui. Triste destin pour cet animal qui tournait sans jamais voir le jour !

huilerie
huilerie

Ksar Joumaa

La toute petite route se faufile dans le canyon passe devant une mosquée minuscule dont le minaret mesure à peine 1m signalé par 4 ampoules cylindriques qui dépassent du toit. Perché sur une colline nous reconnaissons le ksar à ses arches et gorfas. Mais comme y monter ? Nous essayons la piste par derrière qui s’arrête dans les vergers à quelques centaines de mètres. Le guide Géo précise que la  piste est carrossable. Nous la trouvons à la sortie du village sur la route principale. Un beau panneau coloré annonce un salon de thé, un restaurant et même des chambres d’hôtes. Le ksar a été refait à neuf, restauré, cimenté, chaulé. De belles jarres et des instruments agricoles ont été artistiquement dispersés près des portes des chambres. Salon de Thé et Restaurant sont fermés. Le tout est en parfait état mais le ksar a perdu son authenticité et son charme.

La route de Ghomrassen

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Par la grande route et Medenine, 41km, en suivant une flèche 31km seulement. Tout se passe bien, la petite route conduit à un village, puis le goudron disparaît. On interpelle des villageois. Le pouce en l’air indique que c’est la bonne route. Le GPS est d’accord. Nous suivons une grande piste bien tracée, bien lisse ; Des travaux d’adduction d’eau se font le long de la piste : une tranchée, des rouleaux de tuyaux noirs. Tout va bien tant que le sous sol est argileux, la piste est jaune, lisse, bien douce. Dès que le substrat devient rocheux, la petite voiture doit éviter les rochers qui affleurent

Une fourchette nous plonge dans l’incertitude. Le GPS semble nous indiquer de continuer tout droit puis il se bloque, la piste se divise, se ramifie pour disparaitre dans les broussailles. Où sommes-nous ? Pourquoi le GPS est-il inerte ? La solution est la même pour tous les appareils électroniques : débrancher et laisser la machine se réinitialiser.  Le triangle figurant la voiture est au milieu de nulle part. Retour à la fourche, on prend la piste de gauche, tout s’arrange, le GPS est content, le dessin de la « route » est repérable sur l’écran. Il reste 7km de piste sans aucune garantie de carrossabilité. Après une bonne demi-heure les maisons de Ghomrassen sont en vue. Mais il commence à pleuvoir. Pour refroidir la voiture et pour se donner du courage, on pique-nique d’un œuf dur, yaourt et une vache qui rit, chips et dattes.

Il pleut à verse quand nous traversons Ghomrassen. La citadelle Kalaa est introuvable, le mausolée SidiArfa inaccessible en voiture. Sous l’averse nous n’avons guère le goût au tourisme aquatique. La falaise est trouée de grotte comme un gruyère. L’urbanisation récente masque els structures anciennes. Partout on construit de grandes villas en ciment de plusieurs étages.

On renonce à visiter Guernassa sous la pluie.

Matmata, 31 décembre – Réveillon au Trait d’Union

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Matmata : visite mal guidée

Sur le conseil de Patrick, j’entre à l’Office de Tourisme chercher un guide  officiel pour  et négocie le prix 12DT.

Le jeune homme qui se présente a une vingtaine d’années. Il se mouche bruyamment dans ses doigts, a un téléphone vissé à l’oreille, ne daigne même pas arrêter sa conversation pour nous parler.

Première visite: une habitation troglodyte. La dame offre du thé, du pain chaud, du miel est dans une coupelle avec de l’huile. Aucune explication de la part du guide à part ces trois phrases : « tu m’écoutes ! – tu dois laisser quelque chose à la famille – «  quelques minutes plus tard : « on met les voiles ».

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Rien de mieux à l’Hôtel où on a tourné Starwars : cour peinte en jaune criard et blanc. Entrée payante pour voir un costume en plastique et visionner une cassette quelques minutes. L’hôtel sert éventuellement d’Auberge de Jeunesse.

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3ème visite : le Musée (3DT) bien fait, avec des explications très complètes punaisées au mur, que je n’ai pas le temps de lire, à cause du guide malappris. Pas de synagogue rupestre bien que nous étions convenus de la visiter. Au bout de ¾ d’heures je suis ravie de me débarrasser du malotru.

Le Gite de Patrick : Trait d’Union

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Situé à l’entrée de Tijma, l’entrée est très discrète. Dans la cour carrée s’ouvrent cinq chambres au nom de villes. La nôtre est Gabès, à la décoration choisie, sobre : un filet de pêcheur dans un coin, de belles éponges, les lampes de chevet dans des gargoulettes percées de la pêche aux poulpes. Une petite cavité dans la paroi était utilisée pour les ablutions avant et après les rapports sexuels, sorte de cabinet de toilette privé. Étonnée par la taille et la régularité des chambres j’ai demandé à Patrick s’il les avait élargies : « Surtout pas, ces troglodytes ont été creusées depuis des siècles. Toucher à la structure compromettrait l’équilibre dans le loess. » a-t-il répondu. Les autres chambres sont si très belles qu’un magazine de décoration a envoyé un photographe professionnel en reportage.

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Les salles d’eau et la cuisine se trouvent dans la maison accolée aux grottes. Chaque chambre a sa salle de bain particulière. Vaste, simple, douche à l’italienne, bel évier de pierre, une échelle en guise de porte-serviette.

Le dîner du 31 décembre

La salle à manger est allongée, voûtée avec deux niches de grande taille : une salle au fond qui fait un petit salon avec des banquettes taillées dans la roche. La grande salle est occupée par une longue table – la table d’hôtes où nous partageons le dîner avec une famille franco-tunisienne avec 3 enfants, Patrick, Habib et son fils mais sa femme qui a cuisiné ne viendra pas. Le tagine est délicieux avec des herbes odorantes. La chorba est très douce et verte (les autres fois elle était plutôt rouge) parfumée, avec de l’orge et des pois chiches. Les petits morceaux d’agneau sont particulièrement tendres. En plat principal : de l’agneau sur un lit de légumes : pommes de terre, poivron vert, tomates grillées. La viande est si tendre qu’on la croirait confite. « Non, m’assure-t-on, c’est l’agneau du coin qui est particulièrement savoureux » Habib apporte un grand plat de fruits, mandarines, oranges et dattes puis des cornes de gazelles avec du thé.

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La famille tunisienne a prévu un réveillon privé : champagne et champomy qu’ils dégusteront dans leur chambre.

Nous nous couchons tôt. Il faut se lever demain !

Le musée berbère de Monji Bouras à Tamezret

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Notre programme étant chargé j’avale quelques dattes avant de me lancer dans le village de Tamezret à la recherche du Musée berbère de Monji Bourras sous la mosquée. La mosquée chaulée de blanc se voit de loin mais les ruelles forment un labyrinthe et je perds de vue le minaret. Des flèches à la peinture bleue me conduisent chez Mangi qui, prévenu par Patrick, nous attendait.

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Visite polyglotte, en Français, Anglais et Arabe. Sa maison est à moitié troglodytique : on a évidé la montagne en prenant appui sur un banc de roche épais et solide puis déblayé les matériaux qui seront utilisés pour les façades. On ne devine pas tout de suite que des grottes se cachent. Le moulin familial est à l‘entrée de la grotte, tout près le mortier, creusé dans le sol. Sur le linteau de la porte de la chambre,  Monji lit une inscription en langue berbère, apparentée aux langues celtiques, selon lui. Cette chambre est située juste sous la mosquée. Ici débouche un tunnel communiquant avec la maison voisine construite sur le même banc de roche. On a déblayé par le tunnel les roches plus minces entre plancher et plafond. Dans la Réserve, les provisions, surtout le grain, sont stockées ans des jarres géantes, si la conservation excède un an, il vaut mieux enterrer la jarre qui sera mieux isolée, la forme pointue d’amphore convient le mieux à ce mode de stockage.

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Le plafond de la cuisine est noir de suie, un système de collecte des fumées les conduisait à une cheminée parfois très éloignée des habitations enterrées, indétectables d’un ennemi éventuel.

Les Berbères achetaient parfois des esclaves noirs, leur donnaient leur nom de famille, leur devaient protection mais les esclaves n’avaient aucun droit à l’héritage et les mariages mixtes étaient proscrits. La chambre des esclaves se trouvait à l’écart, un tunnel leur permettait de fuir.

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Avant la conquête par les Arabes, les Berbères étaient chrétiens juifs ou animistes. On retrouve des traces dans la symbolique berbère après l’islamisation forcée. Le poisson, symbole de la multiplication, symbole chrétien, figure à l’entrée des maisons, les commerçants enterraient un poisson sous le seuil de la boutique pour attirer la prospérité. Une coutume dans le mariage est le saut au dessus d’un poisson, sept fois, mais le sept serait  un symbole juif.

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Les voiles des femmes portent ces symboles. Le drap de laine est d’abord trempé dans la chaux pour être ainsi feutré. Il est ensuite trempé dans la teinture jaune en premier, puis rouge puis indigo. On l’a noué à la manière du batik en des points précis pour obtenir des points rouges ou jaunes figurant 3 croix (le Christ et les deux larrons) ou les 4 éléments terre, feu, eau, air). Le voile est ensuite rebrodé/ La teinture est l’affaire des femmes mais les hommes brodent. On retrouve d’autres symboles syncrétiques, les zigzags pour la Trinité,  l’étoile de David…Une autre technique consiste à utiliser au tissage coton et fil de lin blancs. Le motif n’apparait qu’après teinture : le coton devient rouge tandis que le lin reste blanc.

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La légende de la Reine Berbère, la Kahina qui résista enfermée dans le Colisée d’El Jem est encore vivante dans les motifs de certains voiles et dans les parures de la mariée imitant les arches du Colisée.

Monji raconte avec passion la culture berbère, la langue berbère. Après la Révolution, son fils fut le premier enfant à porter un prénom berbère. Après la visite de la maison-musée, un plateau et une théière sont arrivées comme par magie. Un jeune couple reste, très sympathique. Lui est Irakien et vit à New York. Il parle Arabe mais a des yeux verts et une peau très claire : il est Turkmène. Monji le questionne sur la langue utilisée par les Turkmènes, sur la situation en Irak avec Daech. La conversation est amicale. Nous avons oublié que nous visitons un musée, devisons entre amis en sirotant un très bon thé aux amandes.

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Le soleil brille par intermittence. Sur la route du retour vers Matmata, des maisons blanches dans la montagne attirent notre attention. Une route y conduit, défoncée par endroits mais encore carrossable. Je découvre des troglodytes effondrées, d’autres discrets encore occupés, des jardins cachés, des palmiers. On arrive à un oued ? Surprise agréable, pas spectaculaire, un endroit paisible.

La route vers Matmata et arrivée

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Lever tôt par 3°C. Avant de quitter Douz, nous faisons un crochet par la place des artisans où un petit marché de fripes est installé. On déniche des gants en polaire blanche neuf pour 3dinars. La pâtisserie des cornes de gazelle est encore fermée. J’achète deux petites roses des sables. La vendeuse de cartes postales nous fait cadeau de la carte.

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100km exactement entre Douz et Matmata dans une plaine sableuse où les épineux bas sont clairsemés. Au loin les chaines de montagne violacées se découpent sous les nuages de plus en plus épais. A 80km de Douz, la route s’élève par des virages dans une montagne rocheuse. On retrouve les petites oliveraies et les palmiers à l’abri des barrages retenant l’humidité –configuration que Majdi nous a montrée à Zeraoua. A un col, des flocons de neige volettent. La route tortille jusqu’au village perché de Tamezret. Une petite rue dangereusement effondrée s’insinue entre les maisons et s’élève au sommet ; S’il ne faisait pas si froid on se promènerait volontiers.

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Les abords de Matmata sont ravinés. L’érosion a creusé des fentes. Nous voyons les premières maisons troglodytes creusées dans la masse terreuses. On les devine à peine : un porche arrondi, une façade chaulée, une ouverture arrondie béante. Elles se fondent dans le paysage. On remarque surtout les gros 4×4 noirs des touristes garés devant.

Matmata-Ancienne est au carrefour des routes de Douz, de Médenine et de Gabès. Quelques restaurants et superettes, des constructions anarchiques. Beaucoup de jeunes circulent à mobylettes à l’affût des touristes perdus, proposant leurs services. Nos chambres d’Hôtes Trait d’Union se trouve à Tijma un peu plus loin, sur la route de Gabès. La vue est étendue, je crois deviner la mer (je me leurre sans doute elle est distante de 40km). Le gîte de Patrick est invisible de la route. Suivant les indications, nous arrivons sur un parking et ne voyons rien qu’une porte close. Je téléphone. Pas de réponse. Je grimpe à la butte, trouve une femme habillée de fuchsia, de vert et de bleu turquoise qui parle très mal français. Elle connaît Patrick, bien sûr. Peut être est il parti faire les courses à Matmata Nouvelle ? Un peu alarmées, nous sommes prêtes à repartir quand un grand monsieur aux cheveux longs et à la longue barbe blanche s’approche C’est Patrick. Il ne gère plus les réservations. Nous arrivons trop tôt. Les chambres ne sont pas prêtes.  Check in à 14h. IL  nous reçoit dans la grande salle à manger creusée dans la roche, chaulée de blanc. Le froid piquant dehors est oublié, pourtant il n’y a pas de chauffage. Patrick nous conseille de retourner à Tamezret où nous sommes passées. La visite de Matmata est guidée. Les guides officiels se trouvent à l’Office de Tourisme.

Nous retrouvons à Matmata les Siciliens de Palerme que nous avons rencontrés à Tozeur attablés devant une chorba bien chaude et bien épicée.

Murmure des civilisations

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Murmure des Civilisations
Murmure des Civilisations

Salah rentre, accompagné de sa cousine enveloppée dans une épaisse djellaba de laine blanche, les mains décorées au henné – nouvelle mariée avec son mari en jogging gris ; il leur fait la visite guidée du Murmures des civilisations et me propose de me joindre à eux.

Le grand père de Salah a édifié la maison en 1934 selon un plan en L. Salah a complété les deux autres côtés du patio en construisant les chambres. Sept chambres, le chiffre 7 est sacré, si on voulait occuper chacune des chambres il faudrait rester une semaine.

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Les chambres racontent les civilisations qui se sont succédé. Elles portent un prénom féminin.

Rokaya raconte la fondation de Douz au 17ème siiècle par deux marabouts, symbolisés par les deux couleurs : rouge-marabout et vert-Islam. Une frise de triangles verts et rouges court autour de la pièce ; Cinq traits verticaux représentent les 5 doigts de la main – main de Fatima ou 5 piliers de l’Islam. Le sac de la mariée en fourrure contient le khôl et les accessoires de maquillage. Au mur l’armoire traditionnelle : le Chattar est partagée en deux, un côté pour la femme, l’autre pour le mari. Suspendus, le burnous marron et la cape de laine blanche.

Yeza est le nom de la belle femme berbère. la chambre est décorée à l’inspiration de la Préhistoire. Au cadre autour du lit sont suspendues des peaux de bêtes. Par terre, elles remplacent les tapis. Deux lances entrecroisées sont contre le mur. Des peintures imitant les peintures rupestres mettent en scène des chasseurs. Devant le lit, un très gros et très ancien coffre rouge sang fut teint avec l’écorce de la grenade.

 Tanit
Tanit

 

Tanit est la déesse de la beauté punique. La salle utilise des motifs romains rappelant que les Romains sont aussi passés par Douz.

Nakhla est dédiée au palmier – arbre du Paradis – en remerciement au palmier qui a permis aux nomades de se sédentariser. Tous les murs et accessoires sont en bois de palmier. La voûte est lambrissée de tronc scié. Deux petits palmiers décoratifs trônent sur l’étagère.

Mabrouka
Mabrouka

Mabrouka est le nom de la mère de Salah. A l’origine Salah voulait représenter le passage des Ottomans et la nacre aurait été la matière les symbolisant. Mais la nacre est introuvable à Douz. Il a chois un autre thème : le Tissage avec la pyramide à degré pour symbole, les couleurs, orange et jaune.

Chirazed
Chirazed

Chirazad est la chambre arabo-musulmane au décor noir et blanc soulignant l’arc outrepassé avec un magnifique miroir et un baldaquin de princesse des mille et une nuits.

La cuisine est carrelée de carreaux colorée et possède un plan de travail en pierre. Des plats de toutes tailles ornent un mur. Guirlandes de poivrons et épices complètent le décor.

Le mieux est l’ennemi du bien. La lessive sur la terrasse au vent et au soleil n’a pas séché comme je l’imaginais. On a eu la malencontreuse idée de compléter le séchage sur le radiateur. Tout a brûlé. Il nous en coûtera 100dinars pour le remplacer, et encore ! au magasin il n’y avait pas. Ils vendent plus de climatiseurs pour la chaleur. Salah l’avait fait venir de France.

La Maman de Salah a fait un chorba bien épicée et un ragoût de fenouil excellent. Nous restons la soirée à bavarder. Salah développe un humanisme généreux, un peu confus peut être, basé sur le respect des traditions et l’ouverture culturelle ainsi que le respect de l’environnement.

Dans le froid, on se blottit sous trois grosses couvertures ; Douz bruit des rumeurs de mariages. Les Tunisiens sont en vacances, saison des mariages. Feux d’artifice, tambours, musique traditionnelle mais aussi électronique.

Un thé au Sahara – circuit des oasis de Douz

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Thé au Sahara
Thé au Sahara

 

 

Trouvé dans Géo p231

La route de Zaafrane quitte Douz et traverse une belle palmeraie. Les dattiers sont florissants. Les petits jardins sont des rectangles bien verts. Partout on travaille. Les tas de fumier attendent d’être épandus. La pluie tombée hier a lavé la poussière. Le ciel bleu se reflète dans les flaques.

Zaafrane est un grand bourg en ciment sans intérêt particulier. D’après le guide Géo, l’ancien village a été ensablé et on en retrouverait des vestiges en faisant une promenade à dromadaire. A droite, la palmeraie à gauche les premières dunes du Sahara contenues par des palissades en feuilles de palmier.

Thé au Sahara

enclos de canisse
enclos de canisse

Des maisons basses dispersées nous fait quitter la route. Les animaux sont parqués dans  de curieux enclos carrés de canisses, planches et branchages. Moutons, chèvres s’y entassent. Un cheval est symboliquement enfermé dans un carré de quatre planches. Une chèvre e liberté allaite deux chevreaux nouveau-nés ; le blanc est debout sur ses pattes et tête, le petit noir est à peine capable de se lever.

Les maisons basses en ciment, parfois en briques rouges non revêtue. Partout, des tas de briques. Il semble que chacun agrandit à sa guise sa cour.

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Juste à l’orée des dunes, nous arrêtons la voiture pour grimper sur le  sable. Des enfants jouent. Des animaux sont parqués. Tandis que je photographie les chèvres deux femmes arrivent, main tendue. On se présente avec mon maigre arabe. Le mari parle français. Fatma et l’autre dame nous invitent au thé. Elles arrivent portant deux verres. Nous les suivons dans la cour. Près de la natte se trouve déjà un brasero avec une bouilloire. Un plateau est posé sur un guéridon métallique, au dessous, une coupelle en verre avec l’eau pour rincer les verres. Au  milieu de la cour, un palmier, autour du palmier dans le rond pour l’arrosage, quelques haricots, fèves, persil et coriandre. Jardin minuscule de moins d’1m2.

Fatma apporte des cadeaux
Fatma apporte des cadeaux

Fatma déroule son tapis bleu nuit. Je me déchausse et m’agenouille avec eux. On apporte un fauteuil en plastique blanc pour Dominique qui ne peut s’asseoir par terre. Les enfants s’approchent. Une dame disparaît pour cuire du pain. Le mari propose une ballade à âne ou dromadaire dans les dunes .Fatma revient avec une bouteille d’1.5L d’eau pleine de dattes, puis un lourd collier odorant. Les cadeaux s’accumulent. Ils n’acceptent d’argent ni pour les dattes ni pour le thé. Ce sont des cadeaux ! Que leur offrir ? Je n’ai que ma petite boite de crayons de couleur, les échantillons de produits de beauté et des caramels.

Le chantier

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Le goudron cède la place à un chantier. Nous roulons sur une large piste de sable où travaillent les engins. On construit une route en hauteur au milieu d’un lac salé, prolongement du Chott el Jerid. Avec la pluie il y a pas mal d’eau, des roseaux et de l’herbe verte. Sous le soleil l’aspect est très différent de ce que nous avons vu hier.

Promenade dans le sable

les dunes
les dunes

La dune est retenue par des feuilles de palmier formant une barrière. A l’arrière poussent des buissons épineux gris bleuté.  Des tamaris  parsèment la dune. Je franchis une autre haie sèche, les buissons ont disparu. Il ne reste que quelques arbustes. Après, plus rien que le sable que la pluie de la nuit a cimenté en une couche ferme d’un bon centimètre et demi d’épaisseur qui s’écrase à peine sous mes pas. Un arbre isolé au loin me sert de cap. Peu après l’arbre, il me faut rentrer. Je suis mes traces. Combien de temps le sable garde-t-il l’empreinte de mes pas ? C’est variable. A un moment, je ne vois plus rien. Je ne me suis pas fixé de repère. Sans boussole je risque de dévier. Au loin la ligne verte de la palmeraie, le bruit des voitures sur la route me guident. Presque arrivée à la route, je me souviens d’un bouquet d’eucalyptus perché sur une butte. J’y retrouve les empreintes de mes semelles et celles, plus grandes de Dominique. La voiture se trouve juste derrière.

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Chott el Jerid sous le soleil

Es Sabria est « la porte du désert », dernier point d’eau avant le Sahara selon le guide vert Géo, doit être bien petit parce que nous le dépassons sans nous en apercevoir et arrivons à El Faouan où il y a encore une palmeraie. La route oblique plein Ouest vers l’Algérie contournant le Chott el Jerid , étendue plate à perte de vue. La fine couche de sel fait penser à de la gelée blanche (il fait un temps glacial, j’ai deux épaisseurs sous le pull irlandais et la parka et j’ai encore froid). Avec le  soleil, nous guettons les mirages. Est-ce un mirage, ce reflet qui imite ? C’est peut être de l’eau, il a plu toute la nuit. Et ces immeubles qui ressemblent à des îles des mirages ou des dunes ? Un mirage ou notre imagination ?

Sur la carte, une piste raccourcit la route par Zarzine et Touiba. Ce n’est pas une piste mais une route goudronnée qui traverse les villages sans qu’on ne s’y arrête.

14h30, nous sommes de retour à Douz . Salah n’est pas là. Je dessine dans la cour. Une promenade à dromadaire était prévue mais je préfère profiter du cadre plutôt que de retourner dans les quads et les ULM. Notre cour est si agréable qu’elle mérite qu’on s’y arrête. Nous avons besoin aussi de mettre de l’ordre dans nos affaires. Les coquillages de Gabès ont pourri dans le sac de toilette qui exhale une odeur de poisson pourri pestilentielle. Nous avons de la lessive à faire. Justement il y a une corde à linge sur la terrasse. J’ai jeté à regret les porcelaines.

Douz – Arrivée et promenade dans la dune

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Nous arrivons à Douz vers midi. par hasard, nous arrivons sur une belle place carrée bordée d’arcades blanches, magasins des artisans, magasins de souvenirs, beaux tapis coloriés, roses des sables, burnous blancs ou brune, sarouels, sandales et babouches berbères au bouts ronds et épaisses semelles. Les vendeurs sont habillés en hommes bleus pour séduire le touriste avec chèche et turban, ou en noir (même costume). Un café a installé une terrasse avec des chaises et tables en plastique multicolore. Un coin est occupé par un établissement crépi de neuf proposant une connexion Internet et des boissons diverses.

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Une pâtisserie vend des gâteaux orientaux. Le vendeur nous fait goûter des cornes de gazelles toutes fraîches que le pâtissier confectionne sous nos yeux ;  il étale la pâte avec le rouleau à pâtisserie découpe avec une roulette des ovvales qu’il fourre avec des noix, des amandes et des dattes pilées. Il fait frire ensuite les petites navettes dans l’huile et les trempe dans un chaudron de miel qui dégouline.

Pique-nique dans la voiture à la sortie de la ville. Nous téléphonons à Salah. Pas de réseau. On retourne sur la place. Orange ne passe pas à Douz, ni à Kebili, ni dans le sud. La vendeuse de carte postale me prête son portable et Salah vient nous chercher ; L’absence de réseau est politique : les Trabelsi avaient voulu implanter le réseau Orange à Kebili et la révolution a mis fin à cette entreprise ;

Depuis la Révolution, la politique prend des tournures quotidiennes. Les ordures à Djerba, politique Les queues au ferry, politique encore. Fringale de politique après la dictature.

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Notre gîte Murmure des civilisations  est situé dans une ruelle à l’écart de la circulation automobile et de la vie moderne. Les chambres s’ouvrent sur un  patio sableux planté de plantes grasses, portes bleues et murs couleur terre. Pour choisir notre chambre Salah fait la visite guidée, comme dans un musée. Il a donné à chacune d’entre elles un prénom féminin et chacune raconte un aspect des civilisations passées par le sud tunisien. La première ornée de triangles rouge et verts parle de l’Islam, la seconde raconte la Préhistoire, les chasseurs, lances effilées, dépouilles de peaux de bête. Dans un coin, la trousse en peau de gazelle contient le nécessaire à maquillage.

notre chambre Tanit
notre chambre Tanit

Nous avons choisi Tanit, déesse punique. Les murs y sont peints en orange à l’éponge. Une frise court à mi-hauteur, figurines puniques, ribambelles de danseuses ou d’orantes, levant les bras ou les écartant. Motifs  partant du triangle surmonté d’un petit cercle, orange vif, brun foncé, ocre, jaune. Répétant ce motif, le miroir triangulaire et le porte-manteau rouge. Le lit à baldaquin porte des festons de velours grenant et des dentelles blanches. Rappel à l’Antiquité, deux chapiteaux antiques servent de table de nuit portant des lampes en terre cuite rappelant les lampes à huiles anciennes. Pour réchauffer, un tableau en broderies (peut être indiennes) porte des éléphants lin d’œil à Hannibal ?

La chambre voisine est à la gloire du palmier, voûte lambrissée de bois de palmier, la teinte dominante est le vert, les petits palmiers verts ornent une étagère.

Promenade dans les dunes de Douz

La découverte des dunes est bien décevante sous la pluie. La zone touristique bâtie de grands hôtels de béton vides borde les « installations » : parking, quads, dromadaires et chevaux attendant le client. Il y a même un ULM qui bourdonne au dessus de nos têtes. Les prix sont fixes et rédhibitoires : 5mn le baptême de l’air, 50 dinars, la photo sur le cheval 2 dinars, 1h de cheval 40DT. Pas de prix annoncé pour le dromadaire. Je pars donc à pied par la piste balisée de pneus (pour les quads) . Trop de tourisme tue le tourisme. Comme il n’y a personne je fais une jolie promenade sur le sable doux sans m’aventurer seule trop loin. Les « installations » sont toujours visibles. S’il avait fait meilleur je me serais déchaussée comme à la plage. Aujourd’hui, c’est gros pull et parka et même deux écharpes.

Orange Tunisie, ne passe pas mais Orange France, si. Cela nous évitera une séance au taxiphone à pièces.

Salah nous apporte un radiateur, l’atmosphère de Tanit se réchauffe. Des Italiennes et leur guide jouent au rami avec Salah au salon sur des banquettes rouges.

Au dîner, chorba, brick et salade verte, poulet et pommes de terre. La chorba est épicée, cela réchauffe, j’y presse un quart de citron. Salah ajoute une poignée de persil frais sur els pommes de terre.

Pour la première fois,  nos interlocuteurs, Salah et le guide,  ne sont pas satisfaits du résultat des élections, très sceptiques même. Selon eux, un dictateur va remplacer un autre. Essebsi a servi sous Bourguiba et Ben Ali. La Révolution faite par les jeunes porte au  pouvoir un octogénaire. Du rôle des islamistes, il n’est pas question. Pourtant ils sont ouverts. Peut être Salah et Ali n’ont pas les mêmes préoccupations que nos hôtesses.4

Chott el Jerid

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

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Le Chott el Jerid, lac salé, le plus souvent à sec est un lieu mystérieux qui a mordu notre curiosité à Créteil avant le départ. J’ai cherché sur Internet quelles légendes lui avaient donné  cette réputation de mystère. Les premières réponses : Star wars. Encore ! Jules Verne a écrit son dernier roman, l’Invasion de la Mer, dans la liseuse, mais pas encore ouvert. Peut être, plus prosaïquement,  les mirages, sur cette étendue vide et plate sous le soleil ?

Je me souvient aussi de ma thèse dans le laboratoire qui étudiait les évaporites.

Nous avons aussi lu qu’il fallait parcourir la route qui le traverse, au lever ou au coucher du soleil.

Réveil 6h pour être sur le Chott avant 7h30

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On quitte Tozeur  par  Deguèche et une belle palmeraie. Les premières plaques de sel, des roseaux et des joncs bas avec des tamaris se voient à la sortie du village. Les buissons disparaissent. Nous découvrons l’étendue du sol brun et plat sous un ciel nuageux. Pas de lever de soleil aujourd’hui,  mais un camaïeu de bruns, d’or et de gris. Des traces mystérieuses, oiseaux ou quadrupèdes ? la route est surélevée sur une digue, bordée par un canal à  sec glaçuré de sel. Les ruisseaux se ramifient en dendrites. On croirait que le canal est gelé. Une carcasse de voiture rouille, comme les ossements d’une moderne caravane. A gauche c’est plus humide, boueux. La couche de sel est rosée, découpée de fentes de dessiccation, on dirait la surface agitée par une tempête fossilisée

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. Au km 63:  de l’eau stagne. Des paquets sont pris dans l’eau comme un bateau dans la banquise. Au loin, est-ce un mirage ? Une ville fantôme ? Ce sont les installations d’une saline industrielle : bassins rectangulaires et cônes de sel gemme. L’horizon est plat comme l’océan. On ne sait plus ce qui est le sel, ce qui est l’eau… Des cafés sont installés devant des buttes qui ont servi de décor à Star Wars, une hutte, pas joli, joli. Des bateaux sont échoués avec des drapeaux tunisiens, trop de couleurs jurent avec l’aspect austère du chott sous les nuages.

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km 43, retour de la végétation, des buissons verts retiennent le sable.  A nouveau des sacs en plastique, au lieu de nommer pompeusement la route principale Boulevard de l’Environnement, on ferait mieux de les ramasser ou de les rendre payants.

Km20 : palmiers, et en même temps que les palmiers une première dune blanche avec des clôtures pour empêcher l’avancée du sable.

Petit détour par le village de Fatnassa par une route bordée de mimosas presque fleuris. Il y a de grosses maisons de ciments. Une 404Peugeot est encore en circulation. Le vieux portent sous les burnous traditionnels ; les jeunes sont encapuchonnés ou enturbannés. Hommes et femmes emmitouflés ressemblent à des tentes dont on ne divine même pas où est l’avant ou l’arrière. Femmes tentes blanches, hommes tentes marron.

A la sortie de Souk Ahad il y a une palmeraie, puis les villages se succèdent. Pas une feuille de palmier pour chasser les nuages gris.

Il  pleut quand nous traversons Kebili , ville moderne. J’entre dans une papeterie-librairie pour acheter un bic cristal, avec 20 Dinar. La marchand n’a pas de monnaie, il me tend le stylo « bienvenue en Tunisie ! »

ancienne Kebili
ancienne Kebili

L’ancienne Kebili se trouve dans l’oasis à la sortie de la ville moderne. Un plan émaillé, un parcours touristique est fléché dans les ruines, 3 coupoles, un minaret, un petit musée, des couloirs qui ont parfois encore les plafonds de tronc de palmier et de roseaux. Evidemment dans ces ruines vides, je ne découvre rien de spécial. Un guide aurait été nécessaire pour raconter son histoire, pour montrer le réemploi de colonnes antiques dont parle le guide Geo. Je fais une promenade tranquille dans le village abandonné sous la pluie et trouve une classe d’enfants sages à l’abri dans un couloir mangeant des sandwiches.

Le soleil fait enfin son apparition. Le ciel bleu se dégage pendant l’averse. J’en suis heureuse pour les palmiers et les jardins.

Nefta : Corbeille et Ong el Jmel

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Nefta

Nefta est situé à 22km de Tozeur sur la route principale très droite. Nous passons devant le campus universitaire, une centrale électrique et traversons une zone désertique. Au loin, on devine le Chott el  Jerid et finalement la palmeraie de Nefta. Selon nos guides on peut visiter la médina qi a un petit musée et des souvenirs historiques liés au soufisme. On rapporte également qu’Isabelle Eberhart faillit y être assassinée. La palmeraie est aussi un but de promenade. La curiosité de Nefta est sa Corbeille palmeraie incluse dans la ville dans une sorte d’amphithéâtre naturel.

Mais comment s’orienter dans Nefta ?

Nous arrivons dans la palmeraie, après la promenade du matin, c’est redite. Nous passons devant la médina sans nous y attarder.

Mais où est donc la Corbeille ? Chaque fois que nous demandons aux passants,, soit il ne comprend pas soit il propose ses services comme guide au tarif exorbitant de 40 dinars. Heureusement le Guide Geo possède un plan de Nefta : il faut trouver la zone hôtelière qui devrait contourner la Corbeille. Après le dernier  hôtel une flèche peinte nous conduit à un petit café qui la surplombe.

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Quatre tables de plastique coloré le long d’un parapet. L’endroit idéal pour dessiner ; une vue presque à 360° sur la piscine naturelle et les jardins, les coupoles des marabouts, les minarets qui coiffent la colline. Le creux est curieusement divisé en sorte d’enclos par des haies de feuilles de palmier qui font comme des loges. Des escaliers descendent vers la piscine. Plus lion, des jardins avec des promeneurs, des cafés, des restaurants de verdure. Un endroit paradisiaque !

Ong el Jmel

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C’est une dune très connue surtout pour avoir été le site de tournage de Star Wars (il y en aura d’autres que nous visiterons. Je ne suis pas fan de la guerre des Etoiles, les décors avec  des robots de pacotille ne me branchent pas. Encore moins les malheureux fennecs que les enfants tiennent serrés par une courte corde pour la photo.  La dune serait belle si les 4×4 étaient raisonnablement sur le parking et si les touristes se déplaçaient à pied ou à dos de dromadaire. Je monte en espérant faire de belles photos dans les lueurs du soleil couchant ; hélas. A peine ai-je dégainé l’appareil photo qu’un 4×4 s’incruste dans le champ de la photo pour s’y immobiliser. Peine perdu pour photographier les rides de sable, des traces de pneu le labourent. Et voilà encore un site magnifique gâché par un tourisme imbécile.

Ong el Jmel au couchr du soleil
Ong el Jmel au couchr du soleil

La piste est bien roulante pour les 4×4, mais notre petite Hyundai est basse, nous voulons trouver le goudron avant la nuit. Nous partons dare-dare.

Fanfare à Nefta

Le long de la route, il y a un attroupement. Une troupe avec musiciens, costumes, sabres, défile. Nous nous arrêtons avec les badauds.

musiciens à Nefta
musiciens à Nefta

Tozeur : Balade en calèche et visite de la Briqueterie

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

la calèche, Sabrina la jument et les touristes!
la calèche, Sabrina la jument et les touristes!

Nous préférons une balade en calèche dans la palmeraie trop vaste pour être parcourue à pied. Méfiantes, nous fixons le tarif avec le cocher : 30 DT pour nous deux, pour 2 heures : palmeraie et briqueterie. Notre calèche n°42 est peinte en vert vif, avec trois banquettes, des fleurs artificielles. Elle est tirée par une jument du nom de Sabrina. Le cocher est chenu, il parle très bien Français et il est très doux avec sa jument.

La visite est commentée.

Trois étages de végétation de la palmeraie

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: en haut les dattiers, puis les arbres fruitiers, au sol les légumes. En périphérie de la ville nous passons devant une porte monumentale en brique avec des vantaux de bois cloutés de motifs berbères. Les riches maisons se cachent dans les jardins. Certaines appartiennent à des Européens. A un carrefour se dresse la statue d’Ibn Shabat (1221-1285) qui a planifié le système d’irrigation de la palmeraie : répartition horaire de eau. Mohamed nous montre ls arbres fruitiers : poiriers, figuiers, abricotiers, grenadiers dont les feuilles ont jauni. Un pêcher a gardé ses feuilles vertes ainsi que le jujubier.

Pollinisation des dattiers

La culture prédominante est bien sûr celle des dattes Deglet nour. Mohamed cherche un palmier mâle (peu nombreux il y en a 1 pour 40 femelles). La pollinisation est faite à la main. Un homme grimpe pour cueillir les fleurs mâles. Il répartit ensuite les rameaux portant les fleurs sur les inflorescences qui donneront les fleurs femelles. Il fixe un rameau à l’intérieur du régime qui se fécondera progressivement. Les fleurs qui s’épanouissent tardivement ne donnent pas de fruit et des dattes jaunes non comestibles murissent plus tard.

A la base de certains palmiers fleurissent les buissons de jasmin. Mohamed nous en offre quelques fleurs.

briqueterie

moulage
moulage

A la sortie des jardins Sabrina adopte un trot rapide et même galope : nous arrivons à la périphérie de la ville. La briqueterie est située en bordure du désert : cahutes, fours cylindriques qui ressemblent à des tours en ruine. Le potier raconte son travail. La briqueterie est une entreprise familiale. Les carrières d’argile blanche sont autour de la briqueterie, celles d’argile rouge sont un peu plus loin. Le potier mélange les deux qualités à main nue dans une sorte d’auge, il pétrit et malaxe. Il obtient ainsi une pâte beige, dont il remplit des moules de bois permettant de mouler deux briques à la fois.  20 familles fabriquent 50.000 briques.

séchage
séchage

Il saupoudre ensuite de la cendre et laisse sécher deux à trois jours, puis gratte la cendre et laisse encore une semaine avant la cuisson dans le four chauffé avec les feuilles de palmier à 800°C pendant toute une nuit où le potier restera éveillé pour alimenter le feu.  6000 briques cuiront ensemble tous les 15 jours. Une famille possède 4 à 5 fours.

cuisson
cuisson

En plus de l’activité des briques, il fabrique aussi des poteries ; Devant nous, il travaille au tour. En quelques minutes on voit apparaitre un bougeoir, un petit vase et une coupe.

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gargoulette pour faire cuire la viande

 

Après un tour en ville, nous déjeunons sur la terrasse dehors.