Tozeur : musée Dar Chraït

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

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Le Musée Dar Chraït  (10DT)est installé dans un palais très richement meublé. J’ai beaucoup aimé les coffres de nacre, les aiguières de cuivre. Comme dans les autres musées tunisiens que nous avons vus il y a des reconstitutions de scènes de mariage avec des mannequins richement habillés, la scène du henné, les contrats de mariage, les musiciens (sonorisés). Dans des vitrines on présente des costumes. Les appartements que le Bey occupait en 1881 sont reconstitués avec la vaisselle et les armes d’apparat. La visite se termine par une exposition de peintures contemporaines assez peu convaincante.

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Dans cette même maison, pour 10DT supplémentaires on pourrait voir les scènes des Contes des 1001nuits. Nous renonçons à cette attraction.

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Tozeur est touristique et offre divers parcs d’attraction en plus du musée et du Belvédère, un zoo  etc.. qui ne nous branchent pas vraiment. Il en faut pour tous les goûts et tous les âges !

Tozeur : 3 oasis Chebika, Tamerza, Midès

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

La route dans le désert
La route dans le désert

Pour rejoindre les oasis, la route  traverse une plaine, très plate, encroûtée de sel. Un ruisseau court parmi les roseaux.Le sable est retenu par des clôtures de feuilles de palmiers, parsemé de buissons poussiéreux. La route est toute droite. Vers Chebika, la première oasis, blottie au pied la chaîne de montagne aux niveaux de grès rose, aux ombres violettes dans le petit matin. Un petit banc relevé à la verticale est entaillé faisant des pointes triangulaires comme les épines  de la crête du dos d’un stégosaure.

Chebika
Chebika

Pour Tamerza la route s’élève  en virages à épingle à cheveux . Au col, un marchand de minéraux et fossiles expose de belles roses des sables, des troncs d’arbres fossilisés, des géodes de quartz et de calcite, des fossiles d’huitres….Le vendeur me propose aussi deux petits plans de palmier, un mâle et un femelle. Selon lui, ils résisteraient à -15°C. Dans le creux, se trouve la bifurcation vers la Grande Cascade  puis la route remonte vers le village de Tamerza ou nous suivons une flèche « Petite Cascade ».

Tamerza la Petite Cascade
Tamerza la Petite Cascade

Au parking, un jeune  nous emboîte le pas. La cascade coule abondamment, pas très haute, rebondissant dans une vasque naturelle. A droite, s’ouvre le canyon. Abdul, ne s’engage pas dans le grand canyon mais me conduit dans un étroit passage, passe un gué (je glisse et trempe ma sandale). On progresse sur la roche, heureusement hérissée de silex,31 qui procurent de bons appuis.

le canyon étroit
le canyon étroit

La promenade tourne à l’escalade. Le jeune guide présume-t-il de mes forces ? Il m’indique prises de main et prises de pieds. Finalement je grimpe encore bien. En chemin,  il ramasse des minéraux transparents qui se clivent bien et qu’il nomme « mica » alors que cela ressemble à du gypse. Au sommet il me montre la route de Midès puis nous descendons en traversant ds jardins enclos dans des murs de feuilles de palmiers : fèves, fleurs (zinnias) grenades et petits piments rouges ;

Tamerza petit jardin
Tamerza petit jardin

La promenade a duré une bonne demi-heure, je laisse à Abdul 5DT. A sa tête je comprends qu’il attendait plus. Cela ne l’empêche pas de nous faire un signe amical quand nous le croisons à nouveau dans le village.

Tamerza-Nouvelle est un village de ciment bâti de part et d’autre de la route. Boutiques, gargotes, échoppedes de téléphonie, vivant mais pas pittoresque. La vieille Tamerza fut détruite par des inondations catastrophiques en 1969. Perchée sur un promontoire au dessus de la palmeraie. Un homme en mobylette nous indique le chemin « passez par là, c’est dur, plus loin c’est du sable ». il remarque la couverture  verte du guide Geo « je suis dans Geo, je suis Farouk Azzedine » il propose de nous guider dans le village détruit et de nous montrer la Route Rommel.

Ancienne Tamerza
Ancienne Tamerza

Le village est vraiment très détruit, on marche dans un champ de ruines. Ici et là, on fait une découverte, un petit portique à arcades, une grosse jarre enterrée dans une maison. Elle fut tournée sur place d’après le guide (cuisson ???) Nous terminons la visite par celle de la petite mosquée encore entretenue dont les arches reposent sur des colonnes en fut de palmier. L’intérieur est soigneusement chaulé.  En descendant Farouk insiste. « Vous ne pouvez pas aller seules sur la route de Rommel, c’est mal indiqué, c’est sur la frontière de l’Algérie, c’est dangereux »Pour la visite qui a duré 20 minutes, il réclame 20€ « même pas en rêve ! » il descend à 20dinars, on lui en laisse à regrets 10DT. Il est furieux, nous aussi.

Midès
Midès

La route passe un petit col avant Midès . Au sommet, le poste frontière ressemble à un château fort avec 4 tourelles à chaque angle. Dominant le canyon, sur un promontoire, le vieux village de Midès a été, lui aussi abandonné en 1969. Je trouve très étrange que les inondations aient endommagé ce village perché et construit avec de belles pierres.

Rose des sables
Rose des sables

Au point  de vue, des marchands ont installé leurs roses des sables, arbres fossiles,  géodes. Belle marchandise très tentante. Heureusement que l’idée d’excédent de bagages dans l’avion me dissuade. Un petit ruisseau a entaillé la falaise calcaire, il prend sa source en Algérie. Nous pique-niquons de chips, Vache- qui- rit et mandarines.

dattes
dattes

La palmeraie de Midès est très soignée. On y récolte les dattes, les branches sur lesquelles les fruits sont fixés sont orange vif qui tranche sur le vert et le jaune du tapis d’oxalis. Un homme m’offre une grenade. Je refuse mais je les photographie. La palmeraie a toujours une atmosphère spéciale, miracle de l’eau, calme et sérénité en même temps que vie et animation.

la grenade et le monsieur
la grenade et le monsieur

Le spectacle de la Grand Cascade est gâché par un parking bondé, de nombreux étalages vendant des marchandises diverses et moches. Les chèches multicolores se déployant au vent évoquent un peu un monastère bouddhique. Les panneaux en polonais sont inattendus. La cascade n’est pas aussi grande que cela .

Chibika, l’oasis la plus proche de Tozeur

Impossible de se garer sur le parking occupé par les gros 4×4. Nous n’essayons même pas sûres de retrouver la foule de la cascade. Ce sont les vacances en Tunisie. Tout les gens du nord sont venus chercher le soleil attirés par le Festival de Tozeur et celui de Douz.

poème
poème de Chebbi

Fatima nous recommande d’aller voir le coucher de soleil au Belvédère, Ras el Aïn,  chanté par le poète Abou el Kacem Chebbi. Cela devrait être un endroit très romantique pour terminer cette belle journée. Toute une foule converge vers un rocher sculpté avec une énorme tête et un autre servant de socle à un aigle. Une sorte de parc d’attraction occupe l’espace : ânes coiffés de chapeaux et harnachés de pompons, dromadaires, trampoline géant…A défaut de romantisme c’est l’exotisme d’un lieu d’amusement populaire avec familles, poussettes, selfies. Deux stèles portent les poèmes, l’une en arabe, l’autre en français calligraphie émaillée.

Chez Taieb, il y a de nouveaux arrivants : une dame japonaise solitaire et empruntée (elle s’est enfermée inexplicablement puisque la porte est ouverte), trois « macédoniens ».J’ai hâte de rencontrer des Macédoniens, c’est original. L’un d’eux habite à Skopje mais les autres, Timisoara, et les trois parlent Roumain. Sandra, la motarde italienne, est originaire de Herzegovine et se trouve très à l’aise avec ses « cousins balkaniques ». A table la conversation est polyglotte, français, anglais, italien et roumain chacun comprenant à peu près l’idiome des autres  (sauf le roumain). Taieb a débouché du vin rouge tunisien (d’après lui le blanc ne vaut rien) . En entrée salade mélangée avec du fenouil, des radis, tomates et salade verte. Chorba et tagine aux épinards et ricotta.. Le plat de résistance est du riz mélangé aux légumes et à la viande. Pour finir : oranges, dattes et Limoncello « made in Tozeur ». Tout le monde est très gai. Sandra annonce qu’avec le vin elle est capable de faire parler et chanter en serbe même les Croates et les Bosniaques

Arrivée à Tozeur

CARNET DE DJERBA AU SUD TUNISIEN

minaret de briques à Tozeur
minaret de briques à Tozeur

Sur le bord de la route de Tozeur, on vend des poulets rôtis dans des gargotes. 5DT, un demi-poulet accompagné de salades et de frites qu’on mangera à la sortie de la ville sur une piste.

Environ 50km, 1h de route pour Tozeur. Des panneaux annoncent des passages de dromadaires. Yosr est au restaurant avec sa troupe de théâtre, ils viennent de terminer le déjeuner. Les acteurs nous invitent à assister à la pièce. Beckett en arabe…. « Mais le théâtre, ce ne sont pas que des mots. Ce sont aussi des images » insiste l’un d’eux. Ils repartent pour Tunis juste après la représentation mais nous recommandent un concert à 22h  ce soir.

La maison de Taieb

Deglet Nour les dattes de Tozeur
Deglet Nour les dattes de Tozeur

La maison de Taieb est à l’entrée de la zone touristique. Une énorme porte de briques barre la route qui mène à un quartier d’hôtels clinquants, de loueurs de quads…Les énormes  cruches de briques, les bars ne m’inspirent pas. Pour la première fois en Tunisie, nous rencontrons le « tourisme de masse ». Dans les chambres d’hôtes nous sommes préservées de la standardisation et de l’industrialisation du tourisme, mais pas tout à fait. Taieb est très accueillant mais il loge en même temps que nous des Italiens et des Espagnols et il possède une « résidence » en ville d’une douzaine de chambres. Nous sommes des hôtes choyées mais pas de la famille. Nous avons pris des habitudes de luxe et la salle de bain à partager nous apparait une punition. Nous avons une jolie chambre décorée avec  goût, tapis chaleureux et sol en marbre, une belle couverture berbère au mur. La literie est excellente et le radiateur électrique chauffe bien. Nous avons bien sûr accès aux canapés des salons.

La Médina de Tozeur

Briques de Tozeur
Briques de Tozeur

Il nous reste deux heurs avant la nuit pour visiter la médina de Tozeur : curieuse ville de briques beiges. Les briques sont utilisées avec fantaisie comme élément de décor avec des motifs géométriques autour des fenêtres et des portes. Certaines ruelles sont résidentielles et roites et tranquilles. Un cortège bruyant suit un dromadaire. Je tente de les suivre pour apercevoir la mariée (on ne voit qu’une sorte de tente rouge). Au centre de la place principale une énorme cruche de brique mesure deux étages de haut. Des la cruche partent des guirlandes lumineuses. La ville est en fête : clôture ce soir du Festival de Tozeur ! Autour de la cruche, sous des arcades ou directement sur la chaussée, on vend des dattes – spécialité de Tozeur – des paniers, des tapis. Les paniers et les poteries sont de facture grossières. En revanche les tapis me plaisent beaucoup. Les marchands sont collants, l’un d’eux est même grossier parce que nous refusons d’entrer dans son magasin. Taieb nous avait prévenues : « avec la crise, ils vendent peu, donc ils sont un peu casse-pieds »

rue dans la médina de Tozeur
rue dans la médina de Tozeur

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Au dîner, nous n’avons pas voulu nous mêler à la table cosmopolite. Nous dînons devant TV5 : trève des confiseurs !

Le brick est excellent fourré de plein d’herbes, la chorba délicieuse .

 

Metlaoui : le Lezard rouge

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Le Lézard rouge fait halte dans un canyon
Le Lézard rouge fait halte dans un canyon

5h50. Contournement facile de Sfax dans la nuit.

Somptueux lever de soleil derrière nous, des crêtes violettes aux reflets roses orangés, boule incandescente à travers les silhouettes des oliviers.  Les gros bourgs sont endormis. Jolies apparitions de carrioles tirées par des ânes ou de personnages encapuchonnés dans des burnous sur des mobylettes.

Lever de soleil dans les oliveraies
Lever de soleil dans les oliveraies

8h30, les oliveraies s’animent. Des figuiers de Barbarie cachent la voie ferrée.

Gafsa? certaines cultures ont irriguées. Le GPS nous fait contourner la ville, le « périphérique » traverse l’oued, un véritable dépotoire. Gafsa est la capitale du phosphate. Mais où est donc le phosphate ? Certaines usines ont des productions mystérieuses l’une d’elle a une accumulation de balles de fripes.

Montagnes autour de Gafsa au petit matin
Montagnes autour de Gafsa au petit matin

Nous traversons une plaine entre deux chaînes montagneuse couverte de sable et de buissons épineux bas, de temps en temps un arbre solitaire, acacia, se dresse.

Metlaoui

en attendant le départ
en attendant le départ

Arrivée à 9h45 à laGare du Lézard Rouge le train est déjà complet. Des autocars sont garés : Tunisiens, quelques Italiens. On nous dirige vers l’Agence Galila « avez-vous réservé ? » j’y vais au flan : « Djerba-autrement l’a fait pour nous » j’ignore s’ils l’ont fait mais le Lézard Rouge figure sur la feuille de route que je lui tends. On me vend un ticket (25DT), place debout. Dominique refuse, on lui propose une chaise.

Le Lézard Rouge

Première classe
Première classe

Le lézard rouge est le petit train du bey qui circule maintenant sur une voie minière. Certains wagons sont luxueux, fauteuils ou banquettes de velours beige, les autres ont des banquettes de bois, comme l’ancien métro Nord-Sud de mon enfance. Chaque wagon possède une plateforme extérieure, deux marchepieds de bois et des grilles ouvragées. Je m’installe dans un coin au dessus du marchepied. Debout mais à l’extérieur !

le convoi entre dans la montagne
le convoi entre dans la montagne

Les nuages gris se déchirent, des plages bleues s’agrandissent, le soleil chauffe.  Les voyageurs assis patientent avec des tasses de café. 10h35, les grilles sont fermées mais un car arrive : combien de passagers vont-ils pouvoir se tasser ? Il en arrive encore malgré les sifflets du chef de gare. Je me cramponne à ma grille. Le convoi s’ébranle, un groupe monte en marche. Le train traverse la ville, siffle abondamment. De ma plateforme, je filme la traversée de la petite ville de Metlaoui, les ordures répandues , le marché aux légumes, le grand tunnel à section carrée du phosphate. Le train longe la plaine, entre dans un tunnel et débouche dans un canyon.

Au débouché du tunnel : canyon
Au débouché du tunnel : canyon

Un torrent coule entre palmiers et roseaux. Les falaises sont impressionnantes. Le lézard rouge s’immobilise, je saute du marche pied pour m’approcher de la rivière. Je ne retrouverai plus ma place à l’extérieur où j’avais froid. Je découvre, bien au chaud, et bien à l’aise le wagon-bar. Au comptoir, on sert du thé dans des tasses de faïence. Sur des strapontins de cuir beige, sous les fenêtre de vieilles dames sont assises – 70 ans en moyenne, coquettes, mises en plis, teinture blonde ou foulard sophistiqué, larges lunettes noires carrées de bonnes marques. Vieilles, mais à la page, l’une d’elle prend des vidéos avec son iphone. Leur conversation est facile à suivre tant elles incorporent de mots en français, je saisis « une vue imprenable », « ruisseau », « palmiers ».

vue de la fenêtre du wagon-bar
vue de la fenêtre du wagon-bar

Deuxième arrêt : le canyon est resserré entre deux murailles très hautes ; Deux rapaces planent, buses ou aigles.

Le 3ème arrêt, dans la mine de phosphate. La motrice part seule faire un tour dans les aiguillages pour revenir de l’autre côté du convoi.

Phosphate
Phosphate

Le retour est beaucoup plus rapide. Puisque je connais le paysage, je m’intéresse au spectacle à l’intérieur du wagon-bar. J’écoute les conversations des dames tunisiennes ; L’une d’elles retrouve une ancienne camarade de lycée, elles s’embrassent et se souviennent des « trois sœurs inséparables » en français dans le texte.

Le wagon-bar
Le wagon-bar

Ici intervient un nouvel acteur : un journaliste de télévision portant une lourde caméra de professionnel Les vieilles dames l’interrogent, une plus jeune minaude cherchant à capter son attention. L’une des dames a travaillé à la télévision et évoque le bon vieux temps d’avant la vidéo. Il y a tellement de français que je comprends presque tout, presque seulement parce qu’inexplicablement tout le monde applaudit. Je capte les noms d’Esebsi et de Merzouki. On passe aux élections. Ma voisine, la quarantaine, lunettes carrées, superposition savante de foulards et de voiles, beige, zébré noir et blanc, marron, sac zébré, étole zébrée sur gilet marron, commence à fredonner, les autres reprennent un hymne patriotique. Tout le wagon chante en chœur. Je filme. Le cameraman aussi. Les dames commentent « 60% des femmes ont voté Esebsi. »  Yosr avait aussi cité ce chiffre. Les chants reprennent. Ma voisne élégante lance des youyous quand le train entre en gare. Dans cette ambiance, personne n’est pressé de descendre à quai.

Noël aux îles Kerkennah

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Sfax vue du Ferry qui nous emporte vers les îles
Sfax vue du Ferry qui nous emporte vers les îles

Petit déjeuner savoureux

Petit déjeuner dans la très belle cuisine de Salma. La table est carrelée de blanc sur laquelle une guirlande de feuilles de lierre court. Sets marron. Dans chaque assiette : un croissant, de la ricotta dans les verrines, une coupelle de confiture d’orange faite maison. Les oranges sont fraîchement pressées. Hafez nous conduit au port. Nous avons tout notre temps pour savourer. En route il traverse des quartiers modernes de Sfax et la zone industrielle qui jouxte le port.

Le ferry

Les barques de Kerkennah avec leur mât penché
Les barques de Kerkennah avec leur mât penché

Le ferry est assez grand, il prend à son bord camions et voitures. Si nous avions voulu prendre notre voiture, non seulement il aurait fallu traverser la ville mais il aurait fallu arriver au moins une heure à l’avance. Salma nous a recommandé de prendre un taxi à la journée. Le passage est dérisoire (650 millimes). Nous prenons place à l’avant sur le pont et regardons le port de Sfax s’éloigner. A quia, un porte containers immatriculé à la Valette et un minéralier Akh Phoenicia, Panama. Des voiles blanches curieusement inclinées se balancent sur la mer bleue. Ce ne sont pas des plaisanciers comme je l’ai d’abord cru mais les bateaux de pêche kerkeniens. A l’horizon une ligne horizontale se rapproche : les îles plates peu construites, ce sont les silhouettes des palmiers qui se détachent.

Le parcours du ferry est balisé. De part et d’autres sont installés les pièges à poissons des pêcheurs  lignes de feuilles de palmiers qui conduisent les poissons vers des nasses. Les pêcheurs sont propriétaires des fonds marins. Curieuse « propriété foncière » qui n’existe nulle part ailleurs. Le ferry longe un banc de sable. L’eau, profonde de quelques dm seulement est transparente, bleu turquoise ou vert lagon. L’écume frise parallèlement au bateau.

Iliens et touristes se pressent dans les escaliers menant aux voitures ; Une dame française, très obligeante nous propose sa voiture. Elle revient de la Messe de Minuit à Sfax. Malheureusement la jeep de son mari est très haute et Dominique n’arrive pas à s’y hisser. Solution de rechange : Catherine négocie pour nous le prix du taxi  :40DT, le chauffeur nous fera visiter l’île et nous conduira au bac de 16h.

Ramla

la vie paisible!
la vie paisible!

Au départ, le taxi contient d’autres voyageurs qui vont à Ramla, la ville du centre des îles, pour le souk hebdomadaire. On se tasse un peu jusque là. Sur la place il y a deux pizzerias populaires qui vendent aussi des pâtés et font des sandwiches. Nos sandwiches seront au thon, harissa, piment,  olives et frites. Nous n’avons pas choisi la meilleure cantine. Le sandwich est sec les olives sèches et hyper salées.

Dès que Rochdy a laissé les autres passagers il s’improvise guide à travers la belle palmeraie. Certains palmiers ont le tronc noirci : c’est la mer et le sol salé qui les a tués. Il montre aussi les troupeaux de brebis, les maisons basses aux portes bleues arquées.

Pêche au poulpe

nasse tressée
nasse tressée

Premier arrêt à un port de pêche très actif ayant un petit chantier naval. . Rochdy nous raconte la pêche au poulpe. Les pêcheurs à pied ramassent des bigorneaux ou des murex qui serviront d’appâts. On pêcher à la nasse (drina) en vannerie ou en plastique bleu ou à la gargoulette. Le poulpe, attiré par l’appât se cache dans la gargoulette percée au fond. Pour le faire sortir on injecte par le trou du détergent, liquide à vaisselle qui fait fuir le poulpe. Nous photographions un tas de gargoulettes attachées par des cordelettes.

la pêche au poulpe : gargoulettes
la pêche au poulpe : gargoulettes

Barques de pêche

La plupart des bateaux sont à moteur, les mêmes que nous avons vus à la Chebba ou à Sfax mais il existe encore des voiliers aux mâts curieusement penchés.

Un archipel

Roshdy nous conduit à l’extrémité de l’archipel. Les iles Kerkennah très plates sont un archipel  relié par des ponts. On passe de l’une à l’autre insensiblement traversant des zones inondables recouvertes de salicornes et de buissons halophytes et on retrouve ensuite les terres cultivables avec les oliviers et les jardins. Seule une bande côtière la « zone hôtelière » est construite de maisons à étages et de petits hôtels.

Histoire

Kerkennah : borj
Kerkennah : borj

Non loin de là se trouve le Borj al Hsar construit (selon Gallimard) par la Sublime Porte juste au dessus d’une ville romaine. Selon ce guide, Hannibal y serait passé en route vers Antioche ainsi que Marius (88av JC) Bourguiba aussi se réfugia aux îles Kerkennah en 1945, recherché par les Français.

Retour au coucher du soleil

coucher du soleil sur Sfax
coucher du soleil sur Sfax

A 16h30, il fait très froid sur le pont, nous nous réfugions dans la cabine et trouvons une place en face d’une femme en qui nous fixe par les deux trous des yeux. Elle nous regarde bien en face alors que nous n’osons pas la regarder. Comment va-t-elle boire le thé qu’elle a rapporté du bar ? Nous ne savons plus où nous mettre et changeons de place.

Sfax by night

Difficile de trouver un taxi. Au port ils sont pris d’assaut. Nous marchons dans la ville moderne. En face de la Mairie nous pensions en trouver facilement. C’est désert la nuit et ils ne s’arrêtent pas. On finit par en trouver un devant les remparts. J’annonce l’adresse, et appelle Salma qui explique le chemin au chauffeur ; il faudra appeler 3 fois ; les embouteillages dans le centre de Sfax sont terribles, la course coûtera seulement 5DT et nous sommes ravies d’avoir laissé la Hyundai.

Dîner servi à la cuisine. Salma a fait des mini-chaussons à la viande, des mini-boulettes et des petits ronds de couscous à la tomate. Soupe aux légumes et gâteau glacé.

Lever demain prévu à 5h : on se couche tôt.

Sfax : visite de la Médina de la ville moderne et réveillon

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

les remparts de la Médina de Sfax
les remparts de la Médina de Sfax

Le marché couvert

Nous partons en taxi visiter la médina. Se garer à Sfax est compliqué, circuler dans les embouteillages aussi, le taxi est très bon marché (3dinars+2bakchich). Il nous dépose devant l’entrée du marché couvert : hautes arches de briques puis au marché de poissons circulaire. La fraîcheur des poissons est extraordinaire. Les bars, les dorades sont luisants, les poulpes débordent des cuvettes, les pattes des gampbas frétillent. Sfax est le premier port de commerce de Tunisie.

poulpes
poulpes

Des rues couvertes abritent les bouchers, des tripes sèchent dehors, les carcasses suspendues. Nous achetons tout un assortiment de pains, ronds ou plats, aromatisés ou non. Chez le marchand d’olives,  étrange mélange de tradition et la modernité : sur un écran plat s’affichent des visages d’hommes qui cherchent à se marier : le texte en arabe et en français, style sms, défile sur un bandeau. D’après Salma, il s’agit d’une escroquerie.  Nous débouchons sur l’extérieur et découvrons les remparts: clairs, en parfait état. La Medina est enceinte de très hauts murs surmontés de créneaux entre tours carrées et bastions. Autrefois, la mer baignait les remparts. La ville moderne a  été gagnée sur la mer.

La Medina

dans la medina
dans la medina

Les ruelles sont bordées des échoppes des marchands de tissus, couvertures, brocards, tapis. Des vêtements de fête sont suspendus « ce sont les vacances il y a beaucoup de mariages »la médina est authentique, il n’y a pas de magasins pour touristes comme à Marrakech. Ici on travaille, à la main, à la machine, avec des ordinateurs…On passe de couloirs à ruelles, on grimpe des marches. Dans le labyrinthe, Salma demande son chemin. Tout un quartier est dédié au travail du cuir et à la cordonnerie ; sur un panneau de bois tous les modèles de talons sont exposés. Cuir et skaï en rouleau ainsi que les matières synthétiques les plus modernes. Salma se lamente : toutes ces belles maisons servent d’entrepôt et ne sont plus entretenues. L’architecture est saccagée pour le confort des ateliers. La Médina de Sfax devrait faire l’objet d’un classement au Patrimoine mondial de l’Humanité qui apporterait des subventions pour restaurer les plus beaux bâtiments. Cela attirerait les touristes.

Dar Jellouli

 

Dar Jellouli
Dar Jellouli

Dar Jellouli est un musée installé dans une très belle demeure sfaxienne. On y entre par une porte basse dans une chicane – sas où l’étranger restera le temps que els femmes se voilent ou se cachent. A gauche, une pièce sert d’écurie pour l’âne ou le cheval. Non loin, le réservoir d’eau : puits alimenté par la citerne d’eau de pluie. Les dalles bombées de la cour conduisent l’eau vers des ouvertures discrètes. Sous les arcades s’ouvrent les pièces à vivre : longues salles avec un petit salon en renfoncement, le lit au bout dans une alcôve fermée de moucharabieh.

alcôve
alcôve

Les provisions dans la réserve sont stockées dans de belles et grosses jarres de terre : céréales, olives, viande séchée, huile. Au mur, des tamis pour la semoule du couscous et la farine.

A l’étage une galerie couverte s’ouvre sur d’autres pièces où on a exposé des costumes traditionnels de la région, des îles Kerkennah voisines, en laine brune ou rouge rebrodés de motifs géométriques. Reconstitution d’une scène sfaxienne originale : le sixième jour du mariage « saut du poisson ». Le niveau supérieur est celui des terrasses, il y a une jolie exposition de calligraphie, de peinture et de miniature sur verre. Sur la plus belle, un bestiaire fantastique. Une autre représente la Jument du Prophète qui a une tête humaine tandis que Mahomet qu’on ne peut figurer chevauche le cheval sous forme des lettres de son nom.

la jument du Prophète
la jument du Prophète

Appel à la prière de midi : je filme le patio pour l’enregistrer.

Ed Diwan

El Diwan : un salon de thé dans les remparts
El Diwan : un salon de thé dans les remparts

Le mari de Salma possède un très beau café dans les remparts : Ed Diwan. Nous y faisons halte le temps d’un café turc  – ici appelé café arabe –d’un croquis et de nombreuses photos de cet endroit paisible bleu et blanc meublé de tables basses, tabourets chaises de bois où l’on peut aussi fumer la chicha.

La Kasbah

kasbah
kasbah

Devant la forteresse transformée en Musée de l’Architecture, à l’ombre d’épais ficus, les fripiers ont installé leurs stands. Salma trouve un manteau de cuir 10DT (5€) s’il n’avait pas été de taille S, je l’aurais volontiers acheté. Salma continue à farfouiller pendant que je visite le Musée de l’Architecture qui est un peu décevant pour qui n’est pas spécialiste. Dans la cour sont exposés les divers colonnes aux chapiteaux variés, des arches, des matériaux de construction, ciment, sable mais aussi varech pour l’isolation des plafonds sous les terrasses. Les murailles sont « chaînées » de bois d’olivier. N’étant pas spécialiste, je ne m’attarde pas à regarder les plans des mosquées ou des foundouks. Je furette dans les cours, grimpe des escaliers de bois très raides et hauts, descend dans une mosquée souterraine..le cadre est plus intéressant que le contenu exposé.

Ville moderne  

Hôtel de ville de Sfax
Hôtel de ville de Sfax

Salma revient avec deux paréos et annonce triomphante : « nous avons une voiture ! » celle de son mari garée devant les remparts. La ville moderne- ville coloniale – a été gagnée sur la mer. Certains immeubles, de style mauresque, sont remarquables. La Mairie est restaurée de neuf, le Lycée avec stuc et colonnes malheureusement très tagué (BAC2014, BAC 2015<…) le Musée archéologique loge au rez de chaussée de la Mairie. Les mosaïques sont moins intéressantes que celles d’El Jem (je deviens exigeante) les vitrines sont vides « au laboratoire à Tunis ». Le caissier est parti, personne ne me demande le ticket. Salma nous montre La Maison de France ancien consulat logé dans un ravissant pavillon mauresque entouré de jardins. Détour par le marché – fermé – puis par le bateau de Kerkennah pour vérifier les horaires. Le port de Sfax est énorme.

Soirée de réveillon de Noël au Dar Salma

Bouchées de tajine,  verrines pimentées, et brick
Bouchées de tajine, verrines pimentées, et brick

On ne fait pas de Réveillon à Sfax mais nous avons passé une excellente soirée.

Nous faisons connaissance avec Aïché, femme d’affaire ivoirienne, 35 ans peau claire, tenue, turban et châle assortis dans els teintes rose violine, beaucoup d’allure,  un grand sourire avenant. Elle aide Salma à préparer le dîner. La soupe de poulpe mijote, les bars sont cuits sur la plaque du four sur un lit de pommes de terre, chaque poisson est décoré de rondelles de citron et de câpres.

Sur la table, des verrines colorées : carottes épicées oranges, vert,  poivrons grillés très piquants. Le tajine découpé en petits cubes piqués d’une brochette : ce sont les amuse-gueules . L172a soupe est servie après. Puis, les poissons. Pour dessert : des oranges découpées en rondelles napées de fromage blanc. Hafez, le mari de Salma est au service. Il nous quitte pour des obligations familiales ; Nous restons à discuter, riant beaucoup,  des rôles de la femme : épouse, mère, grand-mère qu’ Aïché détaille avec son français africain clair et imagé, elle est journaliste à la radio et s’exprime très bien. A 22h la coupure d’eau est réparée.

Sfax : Dar Salma

CARNET DE DJERBA AU SUD TUNISIEN

Dar Salma
Dar Salma

Dar Salma / Route de Gremda km 5.3

Je programme  GPS à l’adresse, 40km, trajet facile. Sauf qu’il nous conduit à un rond point centre ville où personne, ni les policiers ni les commerçants ne comprennent ce que nous cherchons. Au téléphone, Salma nous donne rendez-vous à un feu rouge puis nous suivons sa voiture dans un quartier de maisons basses derrière de longs murs enfermant des jardins.

La maison a une architecture compliquée : la porte est encadrée de colonnettes, une avancée est accompagnée d’un ficus aux larges feuilles, les toits cylindriques entourent  un dôme blanc, dans un jardin de bougainvillées, de poivriers ….terrasses pour un temps plus doux.

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le salon du Dar Salm

Toute la maison rayonne autour d’un salon circulaire surmonté d’une coupole haute  au stuc ouvragé, un canapé en demi cercle occupe le centre face à la cheminée, tout autour des arcades limitent des espaces aérés, la cuisine dans un coin, un vaste salon en face, une grande table de salle à manger. Des petits escaliers dérobés carrelés conduisent à une galerie qui fait le tour de la salle centrale et  aux chambres à l’étage.

Suite des 1001 nuits
Suite des 1001 nuits

La nôtre est une suite au plafond hémicylindrique si caractéristique de la Tunisie. Suite vraiment royale : stucs au plafond, meubles dorés, grand lit recouvert d’une courtepointe rouge aux motifs discrets, deux tables de nuit dorées, une coiffeuse supportant une glace ronde au tour doré. Les tapis sont très moelleux sur le marbre du sol. La salle de bain est extraordinaire : la douche est cachée dans un  coin, un grand jacuzzi est encastré dans des carreaux de faïence aux motifs compliqués et aux tons turquoise. Une banquette recouverte d’un tapis rouge porte les accessoires de bain, serviettes, soques de bois du hammam, éponge géante, lopha, grands coquillages, brosses et même un jeu de solitaire à côté de la cuvette d’aisance, pour ceux qui s’attarderaient dans cette posture. En face, deux lavabos de marbre et une luxueuse robinetterie. J’imagine déjà le bain voluptueux à notre retour de promenade. Ce ne sera pas pour aujourd’hui : des travaux de voirie ont percé une canalisation, la chaussée est inondée et l’eau coupée pour tout le quartier.

salle de bain de luxe....
salle de bain de luxe….

Salma apporte le verre de bienvenue : de l’orgeat avec des gâteaux secs. Je remarque un gros bouquin de citations de Bourguiba et l’affiche de campagne du président élu Essebsi.

Melloulèche : à la plage à La Chebba – cuisine et dîner

CARNET DE DJERBA AU SUD TUNISIEN

La plage à la Chebba
La plage à la Chebba

La plage à La Chebba

La Chebba se trouve à 12km au nord de Melloulèche. La petite ville est tranquille, les commerces bien ouverts. En revanche sur la Corniche plantée de palmiers les villas sont fermées et la plage est déserte quand nous arrivons. Assises sur un rocher, nous pique-niquons devant la mer. Yousr a préparé une omelette aux fines herbes, des beignets de courgettes, avec une tomate,  une orange et son délicieux pain à l’anis et au fenouil, c’est un  repas très complet.

phare ou tour byzantine?
phare ou tour byzantine?

Derrière nous se dresse une curieuse tour aux escaliers extérieurs dans de bizarres renfoncements, j’avais pensé à un phare et aussi que les architectes modernes rivalisaient d’imagination. Mais non ! c’est un monument historique, un peu mystérieux, peut être byzantin.

Le port de pêche de La Chebba
Le port de pêche de La Chebba

Passé un grand porche carré nous arrivons au port de pêche : chalutiers, petites barques. Petits et gros bateaux entrent et sortent. Les filets sont partout avec leurs flotteurs jaunes ou orange. Sur les pontons des dizaines, peut être des centaines de vélomoteurs, leurs propriétaires sont en mer. Mobylettes grises ou beiges, motobécanes bleues, modèles de mon enfance, disparues chez nous. Peugeot et Motobécane font la loi, motos chinoises et scooters sont rares. Nous ne sommes pas à notre place dans cet univers exclusivement masculin mais personne ne nous le fait sentir .

Au large de la plage on élève des loups et des dorades dans des fermes aquacoles.

Vers 15heures la plage est assez fréquentée. Des adolescents posent pour des selfies. Une famille parle Italien (ils ont l’air tunisien)  des jeunes filles en cheveux lisent assises sur le sable. De jeunes hommes installent un terrain de badminton ; ils ont monté le filet et balisent le terrain avec des rubans colorés. Je marche sur le sable mouillé au bord de l’eau. Demain c’est Noël et je suis en T-shirt pieds nus.

Cuisine et dîner

 

Tajine tunisien
Tajine tunisien

Yousr vient nous chercher pour qu’on assiste à la préparation du dîner. La soupe de légumes est déjà cuite, il ne reste plus qu’à la mixer. Dans des bols, abricots secs, pruneaux, raisins secs attendent de rejoindre la viande qui mijote pour un ragoût sucré-salé.

La maman de Yousr prépare le tagine tunisien qui n’a rien à voir avec le tagine marocain. Elle fait frire des pommes de terre et des aubergines en dés, qu’elle mélange avec les œufs battus ajoute à la fin de la ricotta. Le tout cuit entre deux feux sur le kanoun dans un  épais plat de terre chemisé de papier sulfurisé coiffé d’un couvercle en alu sur lequel on a déposé des braises. Il est présenté découpé en quatre, décoré d’olives et ressemble à un gâteau.

Des petits légumes : fonds d’artichaut, petits pois frais, carottes nouvelles accompagnent le tagine et le ragoût.

Au dessert, les oranges en tranches sont arrosées de fleur d’oranger et des amandes râpées sont présentées dans les petits plats aux couvercles pointus.

A 18h Yousr fait le pain. A la pâte, elle a ajouté un mélange de graines d’anis et de fenouil. J’avais reconnu les petites boules noires de l’anis. Elle pétrit vigoureusement sur la pierre à côté de l’évier puis elle l’enveloppe dans un sac en plastique huilé . Elle partage la boule en six petits pâtons ronds qu’elle étale avec le rouleau à pâtisserie sur la pierre en faisant une galette d’environ  cm d’épaisseur. Le pain cuit avant le repas sur le gaz sur un plat métallique rond chauffé très fort. Yousr le jette, et le retourne à la main, puis le coupe en 4. Il est  présenté tout chaud dans une serviette.

DSCN4939 - Copie

Melloulèche: la cueillette des olives

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN 

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Le petit déjeuner est spécial : dans les petites poteries roses aux couvercles pointus : miel, huile, sirop de caroube et ricotta. Yousr nous fait connaitre un plat typique : une pâte de farine et eau chaude servie avec de l’huile qui se mange chaude avec du miel ou avec le sirop de caroube. Cocktail d’orange et de dattes.

Balade en charrette

Balade en charrette
Balade en charrette

Nous attendons la charrette sur la table à côté de la fontaine en faïence de Nabeul ornée de guirlandes et de coquillages.

La charrette est celle qui transporte sacs d’olives et branchages. Yousr la garnit d’une belle couverture rayée multicolore. L’ânesse est marron et n’a pas de nom. L’ânière en anorak et foulard arrive de la cueillette des olives en famille. Elle est diplômée.  Avec sa maîtrise de géographie, elle pourrait être ma collègue, enseignante. Les chômeurs diplômés sont légion en Tunisie. Sa seule occupation est la cueillette des olives – 3 mois par an et encore !

DSCN0988 - CopieQuand la sécheresse sévit les oliviers ne donnent que tous les deux ans. L’an passé on n’a même pas récolté le peu d’olives qui ont mûri. La charrette nous conduit à la plage distante d’un kilomètre environ Curieusement la marée basse a dégagé l’estran argileux parsemé de nombreux petits monticules. Un héron cendré cherche sa pitance et s’envole à notre approche.

Je cueille des olives

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Dans les oliveraies la cueillette se fait en famille. Quatre femmes s’affairent sur un arbre ; L’une d’elle a grimpé dans la ramure. Les robes rouge, grenat orange, tranchent sur le vert de l’arbre et le vert tendre de l’orge qui pousse entre les arbres. Un peu plus loin, une vieille dame surveille  deux bébés à côté d’un attirail : bombonne de gaz, des bouilloires, des théières…On ne gaule pas les olives ici, cela blesse les branches, on ne les cueille pas non plus, on peigne le feuillage avec de petits râteaux en plastique rouge à manches très courts. Je me retrouve un râteau à la main. On attrape la branche et on peigne vigoureusement. DSCN0981 - CopieLes toutes petites olives noires tombent sur le filet dont on relève les coins pour les rassembler et trier les feuilles qui donneraient leur amertume à l’huile. Dans le Sahel (région de Sousse et de Sfax) les olives sont destinées au pressoir, elles sont très petites ; Dans le jardin de Yousr il y a aussi un olivier pour les olives de table qui sont simplmeent salées et non pas gardées dans la saumure. Elles sont délicieuses.

Les arbres sont plantés très écartés les uns des autres. Il existe une variété espagnole qu’on plante plus serré mais ils ne donnent des fruits que pendant ans tandis que certains oliviers tunisiens ont été plantés par les Romains. Pendant que je fais descendre les olives on m’apporte un petit verre d’un thé très fort et très sucré. C’est le « thé de la cueillette » qui donne du cœur à l’ouvrage.

Nous rentrons en marchant à côté de la charrette. Yousr m’expose ses projets. Elle voudrait impliquer la population dans un projet environnemental. La campagne est jonchée de sacs en plastique, la plage, de canettes de bière. Un nettoyage s’imposerait. Elle aimerait aussi mener des projets culturels avec ses voisins et, pourquoi pas  avec les touristes ? Nous devisons entre oliviers, amandiers figuiers défeuillés et rangées d’agaves.

Melloulèche – Dar Mansoura

CARNET DJERBA SUD TUNISIEN 

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A grand mal, nous trouvons la petite route qui rejoint Melloulèche par Zelba dans une campagne paisible où nous rencontrons des troupeaux de brebis et de chèvres. Les hommes en burnous brun ou en capuche verte, assis sur le talus, se fondent dans le paysage. La route est mauvaise, pleine de nids de poules mais fait gagner 40km.

Melloulèche est un petit port entre Sfax et Mahdia, à l’écart des circuits touristiques. Notre arrivée cause la perplexité des passants. Le gîte est derrière le lycée ; nous demandons donc, à des jeunes, le lycée. « mais pourquoi donc ? » nous est-il répondu.

Dar Mansoura

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Dar Mansoura, chez Yousr, est une belle maisons familiale à l’écart du village, dans la campagne. Les chambres d’hôte s’ouvrent sur un patio couvert – la salle à manger . Très hautes de plafond, meublées avec goût. La nôtre est la plus petite (plus facile à chauffer avec le froid de décembre), la couleur dominante est le jaune, rideaux à bandes noires, tour de lit en paille tissé, deux couvre-lits jaune, une belle glace encadrée de bois vert olive occupe le mur face aux lits. Curieuses lampes pointues en peau translucide. Dans la salle à manger, deux table et trois banquettes vertes. Des photos anciennes de la famille, du père en jeune soldat, de la grand-mère donne un caractère familial à cette demeure. Yousr accompagne le thé de bienvenue de merveilleux gâteaux enroulés ressemblant à des nids, sucrés, craquants.

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A la tombée de la nuit, courte promenade dans les oliviers. Il a plu juste avant notre arrivée. Les odeurs sont exaltées. Sous les gros nuages la boule du soleil couchant apparait : or fondu.

Les seiches mijotent sur le kanoun
Les seiches mijotent sur le kanoun

Avant le dîner, Yousr et sa mère apportent un lourd kanoun d’argile aux braises rougeoyantes et une cassolette où mijote le ragoût de seiche. L’odeur éveille mon appétit à ma grande surprise (nous avons piqueniqué très tard). Puis elle dresse la table avec une vaisselle de terre cuite vernie rose au nom d’Al Mansoura. Dans de petits récipients au couvercle conique on trouve des quartiers de citron, du persil haché et de l’huile d’olive. Dans la soupière, une excellente soupe de poulpes épicée et bien chaude. Sous une serviette du pain tiède. La seiche est très tendre très savoureuse, pas du tout caoutchouteuse. Un bar grillé est accompagné d’une salade de poivrons décorée d’olives noires et d’œuf dur en quartier ; Le poivron accompagne merveilleusement bien le poisson.

Nous parlons des élections. Les résultats officiels ne sont toujours pas publiés 24h après la clôture du vote. Yousr n’est pas convaincue ni par Marzouki, l’ancien président, ni par Essebsi, le vieillard mais soutient ce dernier comme beaucoup de femmes pour défendre les conquêtes des femmes tunisiennes attaquée par Enhahda.