Sodome et Gomorrhe – Autour de Balbec, les noms des villages normands

LECTURE COMMUNE AVEC CLAUDIALUCIA, AIFELLE, KEISHA, FANJA, SANDRINE,  DOMINIQUE et d’autres…..

logo de la lecture commune

Le Narrateur est retourné à Balbec il est invité chez Madame de Cambremer et dans le salon de Madame Verdurin qui a loué la Raspelière à cette dernière. En compagnie d’Albertine, ils empruntent le petit train local et y retrouvent les membres de la petite bande d’invités de Madame Verdurin, Brichot, Cottard et le Baron de Charlus avec le violoniste Morel. Le petit train s’arrête aussi à Doncières où Robert de Saint-Loup est cantonné. Ces petits voyages en train sont l’occasion de conversations parfois pédantes. 

Brichot, à la prière d’Albertine, nous en avait plus complètement expliqué les étymologies. J’avais trouvé
charmant la fleur qui terminait certains noms, comme Fiquefleur, Honfleur, Flers, Barfleur, Harfleur, etc.,
et amusant le boeuf qu’il y a à la fin de Bricqueboeuf. Mais la fleur disparut, et aussi le boeuf, quand Brichot
(et cela, il me l’avait dit le premier jour dans le train) nous apprit que fleur veut dire «port» (comme fiord)
et que boeuf, en normand budh, signifie «cabane». Comme il citait plusieurs exemples, ce qui m’avait paru
particulier se généralisait: Bricqueboeuf allait rejoindre Elbeuf, et même, dans un nom au premier abord
aussi individuel que le lieu, comme le nom de Pennedepie, où les étrangetés les plus impossibles à élucider par la raison me semblaient amalgamées depuis un temps immémorial en un vocable vilain, savoureux et durci comme certain fromage normand…

[…]Dans presque tous ces noms qui se terminent en ville, vous pourriez voir, encore dressé sur cette côte, le fantôme des rudes envahisseur normand.  

Chose inexplicable, ils semble que les Goths soient venus jusqu’ici et même les Maures. Mortagne vient de Mauretania

« Homme  » c’est Holm qui signifie « ilôt » quand à Thorp ou « village »…

Nous partons la semaine prochaine en Normandie, nous voici édifiés pour la toponymie! je vais essayer de mettre mes pas dans ceux de  Proust. Mais ce ne sera pas facile, la côte s’est bien construite en un siècle et il ne faut pas oublier que La Recherche est un objet littéraire et que Proust a modelé le paysage à sa façon.

La Joie de Vivre – Emile Zola

LES ROUGON-MACQUART t12

Nicolas de Staël 1952 – marine

Nous retrouvons Pauline, la fille de la belle Lisa, la charcutière du Ventre de Paris, orpheline à 10 ans, confiée à Bonneville près d’Arromanches à des cousins les Chanteau 

« Chez le juge de paix, j’ai fait désigner, pour le conseil de famille, trois parents du côté de Lisa, deux jeunes
cousins, Octave Mouret et Claude Lantier, et un cousin par alliance, monsieur Rambaud, lequel habite Marseille

[…]
Alors, dans la première séance, ils ont nommé le subrogé tuteur, que j’avais choisi forcément parmi les parents de Lisa, monsieur Saccard… »

Elle est très bien accueillie par les Chanteau. Petite fille aimable et gaie qui sait tout de suite se faire apprécier des parents et de leur filsLazare. Elle est émerveillée par la mer qu’elle découvre. Le chien Mathieu et la chatte Minouche complètent la compagnie. Elle apporte avec elle sa fortune, provenant de la vente de la charcuterie de ses parents.

Pauline figure vraiment la Joie de Vivre, garde malade sensible, elle reste auprès de son oncle quand la goutte le fait souffrir. Elle gambade auprès de son cousin Lazare, plus en frère cadet qu’en jeune fille. Ensemble, ils font de la musique, explorent les plages et les falaises, se baignent….

Lazare a toujours des projets grandioses. il se rêve en compositeur de musique. Part à Paris étudier la médecine.  Revient enthousiaste après la rencontre avec  un chimiste avec le projet de construire une entreprise :

« d’exploitation des algues marines qui devrait rapporter des millions, extraire des cendres la soude puis séparer les bromures, les iodures… »

Pour construire l’usine, il a trouvé un associé mais il lui faut des capitaux. Pauline lui offre une partie de sa fortune qu’il accepte sans trop de scrupules. Il fera fortune et lui remboursera! Madame Chanteau a une autre idée : marier les deux jeunes gens, les capitaux de Pauline reviendront au ménage. Pauline est bien jeune, le mariage est sans cesse retardé.

« Enfin, Lazare, poussé par Pauline, dont le désir était de le rejeter dans l’action, venait d’avoir l’idée de tout un
système d’épis et d’estacades, qui devait museler la mer. Seulement, il fallait des fonds, une douzaine de mille francs au moins.

L’espoir de vaincre la mer l’enfiévrait. Il avait conservé contre elle une rancune, depuis qu’il l’accusait
sourdement de sa ruine, dans l’affaire des algues. »

Après l’échec de l’entreprise de chimie, il vient à Lazare une nouvelle lubie : construire des épis  et une estacade qui protègeront les maisons des pêcheurs détruites à chaque grande marée. Il est sûr du concours des autorités du conseil général. Pour hâter les travaux, il aura encore recours à la fortune de Pauline qui se trouve déjà bien écornée. Et les digues ne tiendront pas contre la puissance de la mer.

Et puisque Pauline puise dans sa cagnotte, madame Chanteau n’hésite pas à faire appel à elle pour régler la facture du boulanger, du boucher….la rente des Chanteau et la pension de Pauline ne suffisent pas. La fortune de Pauline décline.

Pauline est bourrée de qualités, elle n’a qu’un défaut : la jalousie. Et justement Louise, fille d’un notable de Caen vient passer ses vacances à Bonneville. Louise est jolie, elle a les manières de la ville, et surtout une dot importante. Madame Chanteau manigance pour jeter Lazare dans les bras de Louise. Le mariage de Pauline et Lazare s’en trouve compromis. Ces deux-là sont comme frères et soeurs tandis que Louise sait provoquer le désir…..

« Tout ce qu’elle entendait, tout ce qu’elle voyait à présent, lui restait dans la gorge et l’étranglait : les
conversations du soir où la jeune fille était mangée, les rires furtifs de Lazare et de Louise, la maison entière
ingrate, glissant à la trahison. Si elle était montée sur le coup, quand une injustice trop forte révoltait son bon
sens, elle aurait tout rapporté à la convalescente « 

A vous de découvrir la suite…

La Joie de Vivre, personnifiée par Pauline, n’est pas un roman à l’eau de rose. La maladie de monsieur Chanteau apporte dès le début une ombre au tableau. La misère des pêcheurs et villageois de Bonneville n’est pas éludée. Les maladies s’abattent sur les protagonistes : du temps de Zola, les médecins sont souvent impuissants. Les velléités de Lazare confinent à la folie.   De nombreuses pages sont très sombres.

Et pourtant, Pauline possède le don de la Joie de Vivre malgré l’adversité :

« Comment vivre, demanda-t-il, lorsque à chaque heure les choses craquent sous les pieds ? Le vieillard eut un élan de passion juvénile. – Mais vivez, est-ce que vivre ne suffit pas ? La joie est dans l’action. Et, brusquement, il s’adressa à Pauline, qui écoutait en souriant. – Voyons, vous, dites-lui donc comment vous faites pour être toujours contente. – Oh ! moi, répondit-elle d’un ton de plaisanterie, je tâche de m’oublier, de peur de devenir triste, et je pense aux autres, ce qui m’occupe et me fait prendre le mal en patience. »

 

 

Traversée de la Baie du Mont Saint Michel à partir de Saint Léonard

BALADE NORMANDE

le Mont Saint Michel à l’arrière du Couesnon; On devine la foule des pélerins qui traverse

Les traversées de la Baie ne se ressemblent pas, selon les saisons, la météo, l’heure,  la lumière mais aussi le coefficient de marée. Par petites marées, le départ est à Saint Léonard, non loin d’Avranches.

C’est bien sûr la marée qui impose ses horaires. Départ 13 heures, retour 19 heures.

les salicornes plantes pionnières

Traversée gourmande qui commence par la cueillette des mûres le long du chemin qui descend du parking près du village à la Maison de la Baie (800m). On entre dans les herbus – prés salés . Marcher pieds nus sur l’herbe rase est très agréable. Après l’herbe verte, les plantes pionnières halophiles  salicornes, soude et obione aux feuilles arrondies. On goûte : les salicornes sont bien charnues, la soude fleurit en ce moment, plus coriace. Nicolas, le guide, apprécie la bonne chère et nous explique qu’il ne faut pas manger trop tôt les agneaux de prés-salés, à Pâques, ils n’ont pas encore profité des herbes aromatiques, il vaut mieux attendre l’été. Après ce ne sont plus des agneaux….

Soude fleurie

Il vante aussi les qualités de la tangue argile appréciée en massage ou en masques. La tangue est glissante. Eviter de se mouiller les pieds de peur que la plante ne devienne vraiment glissante. Préférer les endroits secs. A ma dernière traversée (à partir des Genêts) j’avais trouvé la marche fatigante (voire pénible) quand on s’enfonçait dans la vase molle qui aspirait les pieds qu’il fallait dégager à chaque pas. Aujourd’hui, rien de semblable. Nous progressons sur un sol sec qui ressemble au sable du désert. De petits grains ronds parsèment la surface : ce sont les tortillons très petits de vers qui s’enfoncent pour rester dans un substrat humide. En découpant une motte on peut  deviner leurs fins tunnels. 

Les épisodes les plus amusants sont les traversées de la Sée-Sélune, deux rivières qui convergent vers Avranches et qui se déploient en larges boucles dans la baie. Comme il fait bon ce sont presque des baignades : pour moi  tout au moins, les grands avancent avec de l’eau aux genoux. Le guide teste à l’avant pour ne pas faire tomber le groupe dans un trou (il y a des tourbillons et parfois presque des gouffres de plusieurs mètres de profondeur) . Tantôt on traverses, tantôt on suit le petit fleuve. les divagations de la Sée-Sélune et du Couesnon modifient sans cesse la morphologie de la baie, parfois la marée montante coupe un méandre et le cours d’eau est modifié, laissant de côté un bras mort. A marée basse, on retrouve ces vestiges de lits que le fleuve a abandonné. Il reste parfois de l’eau sous la surface et cela induit le phénomène des sables mouvants. Phénomène spectaculaire, et dangereux qui pimente notre promenade : quand on piétine, le sol se liquéfie et on s’enfonce très facilement et rapidement profondément. Les enfants et les jeunes se prêtent volontiers à l’expérience. Je préfère repérer des trace d’anciens lits, des berges fossiles… Le dernier passage à gué est celui du Couesnon, élargi par la Sée-Sélune dont les eaux ne se mêlent pas vraiment, plutôt se côtoient. Mon short est bien mouillé quand nous nous approchons des remparts du Mont.   

45 minutes de pause, mais pas de visite. L’entrée est complètement embouteillée, impossible de s’entendre au téléphone tellement il y a de vacarme. La passerelle est comble. Les vélos adossés à la muraille, j’ai du mal à trouver un peu d’ombre. Grande queue aux toilettes payantes.

L’aller a pris 3h15. Nous bouclerons le retour en moins de 2h. Le niveau des rivières a beaucoup baissé avec la marée. Le guide fait moins de pauses sauf celle qui permet d’observer les goélands se nourrir : les oiseaux piétine le sol gorgé d’eau, ils pédalent un moment jusqu’à ce que coque ou telline ne s’approche de la surface. Ils gobent le coquillage entier, leur gésier broie la coquille. Près du lieu de la capture on voit un petit tas blanc et les traces du piétinement.

Nous avions craint l’orage (vigilance jaune) nous avons eu de la chance et une promenade splendide.

vers la Pointe de Barfleur : Coutances, Saint Vaast la Hougue, Barfleur

BALADE NORMANDE

le Port de Barfleur

Traversée du Cotentin, du Sud-Ouest au Nord-Est par Coutances et Valognes (environ 110 km aller)

Jusqu’à Coutances, la route est une 2×2 voies très roulante dans une campagne boisée très verte. Les villages aux sévères maisons de pierre présente un homogénéité architecturale étonnante. Peu de constructions contemporaines défigurent l’ensemble. Seule concession au XXIème siècle : les ronds-points.

Cathédrale de Coutances : transept

La Cathédrale de Coutances se voit de loin, perchée sur sa colline. Y accéder en voiture est un peu compliqué. Il faut tourner autour de la vieille ville avant d’arriver sur la grande place située entre la Mairie et le parvis de la Cathédrale qui est aussi la Place du Marché. La Cathédrale est impressionnante. Elle peut se visiter guidée ou individuellement avec un audioguide (après 10h du matin). Je me contente d’une courte visite dans la haute nef très lumineuse, prodige du gothique en Normandie. Après avoir admiré piliers et arcades d’une hauteur vertigineuse et d’une grande finesse, je découvre les vitraux anciens très colorés.

Coutances vitrail

Selon le Guide Vert, Geoffroy de Montbray acheva la nef en 1056 grâce à la générosité des fils de Tancrède de Hauteville, les conquérants de la Sicile et des Pouilles. Non loin d’ici : le Château de Hauteville-la Guichard loge le musée Tancrède. Ce nom de La Guichard me rappelle le petit port grec de Fiscardo à Céphalonie qui doit son nom justement à un des fils de Tancrède né à La Guichard.

Le ciel est barré de gris puis la route de Valognes entre en plein brouillard. Le Château de Gratot n’est pas loin mais invisible de la route. L’Abbaye de Lessay, en bordure de route, mérite la visite mais nous n’avons pas le temps. Nous traversons Valognes : l’hôpital occupe un véritable château. Les hôtels qui bordent la rue principale sont construits avec un soin particulier et de belles pierres de taille claires qui contrastent avec le style des maisons de la Manche que nous avons vu, petits moellons de schiste gris rosé. La ville est très fleurie, les rondpoints débordent de dahlias, géraniums et œillets d’Inde.

Saint Vaast-la-Hougue

port de Saint Vaast et île TAtihou

A la sortie de Valognes, il reste encore 7 km pour arriver à la côte à Quettehou qui touche Saint Vaast-la-Hougue que nous découvrons sous un ciel gris et bas qui nous étonne en ce mois d’Août de canicule sur le reste de la France. Le guide Vert conseille d’abord la visite du port. Déception, la plaisance a chassé les bateaux de pêche : une forêt de mâts qui se balancent. Nous continuons la route et arrivons à l’abri de remblais herbus bien verts, protection contre les vagues submersives, mais pas de vue ! Demi-tour. A l’autre extrémité du port, derrière un petit chantier naval où sont réparés de beaux bateaux de bois. Derrière, la Chapelle des Marins, vestige de l’église du Xième siècle : portail roman et des modillons sous la corniche. A l’intérieur les murs sont couverts de plaques gravées aux noms des marins morts en mer. A côté une plateforme surélevée permet de découvrir la jetée conduisant au phare à l’entrée du port et plus loin l’Île Tatihou qu’on pourrait rejoindre à pied à marée basse. Comme la mer est haute, une curieuse embarcation amphibie, bateau à roue, bleue et blanche fait la navette pour emporter les touristes.

Symétrique au fort de l’Île Tatihou, le fort de la Hougue est construit par Vauban sur la presqu’île de la Hougue au bout de la Grande Plage. Construites après la bataille de la Hougue (1692 défaite de Tourville.) en 1695.

Saint Vaast la Hougue

Nous assistons à un curieux ballet à la sortie du port, course entre les gros bateaux de pêche lourds et colorés et une flottille de petits bateaux blancs à moteur qui suivent les grands puis les dépassent. Les petits partent-ils à la pêche ou sont-ils des plaisanciers suiveurs ? Ces embarcations ont attendu la marée et sortent tous en même temps. Le long de la jetée un gros bateau a le pont couvert de caisse plastiques contenant des bulots. Je surprends une conversation ; le bulot n’aime pas l’eau chaude, le réchauffement de l’océan leur sera-t-il fatal ? Chez les poissonniers les prix des mollusques ont grimpé en flèche, maintenant le bulot est devenu un produit de luxe.

Saint Vaast la Hougue : fort de la Hougue

Parcourant la digue au-dessus de la Grande Plage qu’on ne voit pas à marée haute j’arrive à la Hougue (1.5 km) . De l’autre côté de la digue, il y a de l’eau calme comme celle d’un lac et plein d’oiseaux. La visite du Fort de la Hougue est fléchée. Fermée le matin, visite possible l’après-midi. Je me contente de faire le tour des remparts sur un bon chemin à l’abri d’épineux, ronces et prunelliers qui forment un tunnel. Ce sentier est d’abord très confortable et je ne comprends pas les avertissements l’interdisant aux poussettes. Je le comprendrai quand le cheminement sera au sommet d’une muraille large de 50 cm sans aucun garde-fou se prolonge au-dessus de l’eau ; la dame devant moi est bloquée et a le vertige. La balade sur l’eau est facile mais impressionnante. Heureusement tout le monde le suit tranquillement amis que se passerait-il si un touriste indiscipliné arrivait à notre rencontre : un peu étroit pour se croiser.

Etroit passage entre deux eaux

Pour le pique-nique nous trouvons un emplacement « avec vue » après Réville sur la route de Barfleur en suivant la côte au-dessus de la petite anse de Landemer. Les maisons de pierre sont fleuries et pittoresques. Des marches descendent à l’anse. Quelques algues brunes n’empêchent pas un homme de nager. Après la salade de pommes-de-terre/anchois, j’hésite à me baigner. Le ciel s’est dégagé, je me laisse tenter et suis bien récompensée. Dans la crique, l’eau est lisse, même pas une ride. Un peu fraîche, mais nager réchauffe. Un vrai bonheur.

Barfleur

Barfleur église saint Nicolas

Barfleur est un tout petit port de pêche et pratiquement pas de plaisanciers. Curieuse, je regarde sur les ponts les chargements de bateaux : l’un d’eux croule sous les caisses d’araignées ; certaines sont énormes.

L’église Saint Nicolas (17ème siècle) semble fortifiée avec sa tour carrée trapue ; pas vraiment un clocher. Si on en fait le tour on découvre la mer. La rue principale est bordée de maisons de pierre, fleuries décorées par un céramiste qui a émaillé les plaques des rues et les numéros des maisons, fabriqué d’amusants oiseaux vernissés posés sur les toits. La promenade devient un jeu à la recherche de ces éléments du décor. Heureusement les boutiques de souvenirs ont oublié de s’installer et le village reste authentique.

A l’horizon on devine le très mince et très haut phare de Gatteville : 12 étages, 365 marches, un défi pour les touristes. Il marque la Pointe de Barfleur. Nous voici arrivées à la Pointe Nord du Cotentin.

La côte Nord du Val de Saire qui arrive à Cherbourg est recommandée par le Guide Vert. L’heure tourne et il nous faut penser au retour. Je sélectionne le minuscule Port Pignot et le Cap Levi et son phare qui ne sont distants que de 25 minutes à pied sur le sentier côtier (très fréquenté).

En route de Créteil à Granville par la Nationale – Falaise

BALADE NORMANDE

Par l’autoroute, 362 km et moins de 4 heures.

Parties vers 6h30, et arrivées en moins d’une heure à Mantes la Jolie.

Nous décidons de quitter l’itinéraire prévu et de traverser la Normandie par la route. A la sortie de Mantes, je remarque une jolie petite mosquée puis la route passe par la forêt. Une statue géante(4.30 m) en marbre blanc de Sully accueille les voyageurs à Rosny-sur Seine elle était  destinée à orner le pont devant la Concorde à la place des généraux de Napoléon prévus antérieurement. Comment est elle arrivée ici ?

La RN 113 monte sur le plateau, on devine les boucles de la Seine et les falaises de craie. Notre Dame de la Mer est le nom absurde d’un village situé bien à l’intérieur des terres. La route descend à Pacy-sur-Eure, la statue de la Prudence veille : ce n’est pas un vœu pieu pour la sécurité routière mais un monument dédié à Aristide Briand. Décidemment la route réserve des surprises aux voyageurs peu pressés ! On traverse ensuite Evreux peu attirante malgré sa belle église toute en dentelle. Zones commerciales, prison, quartiers périphériques sinistres. Certains noms des villages sont vraiment pittoresques : Tournedos-bois Saint Hubert, Sainte Colombe-la -Commanderie.

Ecardenville : église

La petite église d’Ecardenville-la-Campagne nous fait de l’œil pour une pause. C’est un petit village (475 habitants) à côté du Chemin de la Messe qui mène logiquement à l’église, se trouve une Rue aux Juifs. Pour me dégourdir les jambes, je parcours les rues bordées de grands murs. Derrière  se trouvent de belles propriétés, des fermes imposantes.

Avant Bernay, la route descend dans une vallée verte. Elle est ensuite bordée d’une double rangée de sycomores dans la campagne plate plantée de betteraves, blés moissonnés.

Arrivées dans le Calvados les vergers de pommiers, les prairies et les vaches normandes, forment un décor typique. Nous passons près de Lisieux et de son énorme basilique. LaD511 tortille entre des haies à travers de nombreux haras. Les prés sont très verts, pas de sécheresse ici ! La Vallée d’Auge a de jolis villages fleuris à pans de bois. Arrêt-photos à Saint Julien-le -Faucon. A Saint Pierre-sur-Dives, grande église. Nous passons sans nous arrêter devant le château de Carel. Le bocage laisse la place à une campagne ouverte de tournesols fanés et de blés moissonnés.

Falaise : le château et la vallée de l’Ante

Falaise est dominée par son grand château sur un éperon fortifié de remparts.

Au pied des murs, coule l’Ante, petit ruisseau autrefois bordé de plusieurs moulins animant la minoterie et une industrie textile de bonneterie. Nous grimpons sur la route Panoramique qui nous conduit en ville.

Guillaume le conquérant est né à Falaise en 1027. Sa statue se trouve sur la place entre la Mairie, l’Office de Tourisme et   lEglise de la Trinité dont la fondation remonte à 840. Après le rattachement de la Normandie au Royaume de France en 1204 et l’occupation anglaise en 1417 pendant la Guerre de 100 Ans, et les destructions, l’église fut reconstruite au XIIIème et au XIVème siècle puis le chœur fut agrandi en Gothique Flamboyant et à la Renaissance. Une arche pittoresque enjambe la rue.

Guillaume naquit dans le château féodal et c’est son fils Henri 1er  Beauclerc qui fit ériger le grand donjon carré en 1133. Le donjon a été restauré, couvert précédé d’un pont-levis en ciment et ferraille. Cette reconstruction contemporaine offre une visite historique numérique avec une tablette confiée à la billetterie gratuitement (billet 9.5€) . Sur les murs sont projetés les personnages parlants de Mathilde et Henri 1er qui racontent leur histoire . En face se dresse l’arbre généalogique de Rollon (911-932) accompagné de la citation suivante :

« Il me semblait pendant mon sommeil qu’un arbre sortait de moi si grand, si long, si droit, si merveilleux qu’il atteignait le ciel

Et au-dessus de nous son ombre s’étendant sur toute la Normandie, la mer et la Grande Terre d’Angleterre »   

Par la suite, nous faisons connaissance avec Aliénor d’Aquitaine et Henri II Plantagenet qui eurent 8 enfants dont Richard Cœur de Lion et Jean sans Terres devenu roi d’Angleterre. Arthur fils de Richard réclama la couronne et fut enfermé à Falaise par Jean sans Terres. En 1214 après le désastre de Bouvine ce dernier fut obligé d’accepter la magna Carta.

 

Dans une autre pièce sont énumérés les sièges de Falaise

1027 : Assiégeants, les Normands. Assiégés les Normands

1138 : Assiégeant le Comte d’Anjou Geoffroy Plantagenet : assiégés les Normands et Anglais.

1204 : Assiégeant Philippe Auguste. Assiégé Louvrecaire, capitaine de Falaise

1417 :  Assiégeants anglais ; assiégés Français ? la garnison française capitule

1450 : Assiégeants Français, Assiégés Anglais. Les Anglais capitulent.

1590 : Assiégeant armée royale Henri IV assiégés Ligueurs. Capitulation et pendaison des Ligueurs.

 

Pont de pierre d’Ouilly

Ouilly le Pont de pierres sur l’Orne

C’est un beau pont de pierre de schistes sur l’Orne dans la campagne très vallonnée de la Suisse Normande. Les berges sont fleuries. Sur l’eau : activités nautiques canoë et kayak. Nous nous arrêtons pour pique-niquer.

La route continue par Vire et Villedieu-les-Poêles et nous arrivons vers 15 heures à Granville. Samedi 19 Aout, la ville est bondée. Difficile de trouver une place de parking. Je me fraie un chemin dans la rue Lecampion piétonnière parmi la foule. Cette affluence nous dissuadera ensuite d’y retourner.

 

Sallenelles de l’autre côté de l’estuaire de l’Orne

CARNET DE NORMANDIE 2023

Estu

On passe le Canal de l’Orne à Pegasus Bridge (encore un souvenir du Débarquement -Britanniques). Après Ranville nous quittons la route principale pour traverser une campagne très agréable. La Maison de la Nature de Sallenelles est ouverte à 10 heures. Je pars à l’aventure sur un des circuits balisés dans le marais. Au loin on devine le phare de Ouistreham.

Pegasus Bridge sur le Canal de l’Orne

En route je découvre le très joli village de Sallenelles avec des maisons normandes fleuries et une jolie rue commerçante qui le traverse.

maison normande à Sallenelles

Au retour, je visite le centre d’interprétation avec diverses expositions : plancton, faune de l’estuaire…très pédagogique très bien fait pour le grand public. J’ai vu tant de ces centres d’interprétation que je suis un peu saturée.

Sallenelles : Maison de l’Estuaire

Mereville-Franceville est une petite station balnéaire. Le marché perturbe un peu la circulation mais nous trouvons une place sur le parking en face de la plage. Ces derniers jours de classe, elle est envahie de classes et de groupes d’enfants d’âge primaire. Ceci ne me dissuade pas de marcher au bord de l’eau vers l’ouest, vers l’estuaire de l’Orne.

Méréville-Franceville les cabines originales

Je passe devant de curieuses cabines, laquées de blanc qui semblent de vannerie. Un dossier arrondi fait de l’ombre (par beau temps) ou abrite de la pluie un petit banc vert et blanc où deux personnes peuvent se tenir : mobilier original qui ne peut pas remplacer les cabines où l’on se change et où on stocke du matériel. Le sable est assez grossier et il y a de nombreuses coquilles. J’arrive à l’extrémité de la flèche de sable qui se recourbe vers Ouistreham dans l’estuaire. Belle promenade sauvage.

 

 

 

 

 

les Plages du Débarquement : Juno de Courseulles à Luc-sur-mer

CARNET DE NORMANDIE 2023

Luc sur mer : la jetée

J’ai gardé un excellent souvenir de cette promenade le long des Plages du Débarquement que nous avons refaite avec grand plaisir. Variante : la mer est haute, l’eau arrive au ras de la digue. Je n’aurai pas le plaisir de descendre sur la plage avant Saint Aubin.

Le GPS nous a promenées dans la campagne normande par Douvres-la-Délivrande et de petits villages fleuris entre des murs de pierre avant de déboucher sur les immeubles de front de mer de Courseulles, barre de béton et de verre face à Juno Beach, grisâtre sous la petite pluie qui tombe. Guère engageant de prime abord. J’arpente la digue à grands pas tandis que Dominique m’attend à Bernières, plus petite station, plus tranquille séparée de Courseulles par un peu d’espace naturel. Bernières-sur-Mer  est pavoisée comme sa voisine Saint Aubin-sur-Mer. Monuments commémoratifs aux Canadiens mais aussi drapeaux de toutes provenances, pas seulement des alliés. J’ai la surprise de voir le drapeau portugais, celui de Chypre, de Hongrie et de Roumanie, pas vraiment des alliés à l’époque. En revanche pas de drapeau ukrainien, on aurait pu le rajouter. Entre Bernières et Saint Aubin je descends en rebord du Cap Romain avec son affleurement jurassique fossilifère (spongiaires). Je n’ai pas le loisir de chercher des fossiles (c’est d’ailleurs interdit d’en emporter) la mer est au ras de la falaise. Un homme m’avait assuré que cela passait à pied, c’est limite à cette heure-ci.

langrune la plage et un kite vert

Dominique a trouvé un banc tranquille à Langrune-sur-mer pour déjeuner. Cette station est moins animée que les précédentes, moins de terrasses de restaurants et de bars qu’à Saint Aubin, sa voisine. La plage est barrée d’épis, souvent en bois un peu délabrés. Je reste donc sur la corniche. Luc-sur-Mer avec son Casino, ses Thermes chauffés marins, ses cabines de bois est plus animée. Des affiches signalent que la baignade est interdite (elles vont disparaître deux jours plus tard avec l’arrivée des estivants).

Antre Luc-sur-Mer et Lion-sur-Mer, une falaise interdit de continuer près de l’eau. Le GR rentre dans les terres, commun avec la piste cyclable, elle longe la route bien roulante. Au rondpoint à l’entrée de Lion-sur-mer : un blindé de la Seconde Guerre Mondiale nous servira de point de repère pour se retrouver.

Fin de la promenade pour aujourd’hui !

Mercredi 5 juillet : Restaurant La Fabrique à Lion-sur-mer

Cerise !

Dominique a donné rendez-vous à ses cousins à Ouistreham pour déjeuner. Nous cherchons une terrasse sur la mer et trouvons l’établissement idéal à Lion-sur-mer : La Fabrique ; moules au camembert ou au chorizo avec des frites, fish and chips et de très jolis desserts originaux. Une grosse cerise faite de pâte de cerise accompagnée de cerises fraîches. (environ 30€/px avec vin et café). Une bonne adresse à recommander.

Arrivée à Ouistreham – Installation, plage et promenade à la Pointe du Siège

CARNET NORMAND (2023)

la plage de Ouistreham à marée basse

Parties à 6 heures, nous sommes arrivées tôt à Ouistreham.

Arrêt 9h30 à l’Office de Tourisme près du Casino, la dame me donne un plan de la ville, une carte touristique du Calvados, et me propose de la documentation sur les musées de la ville. « Vous ne vous intéressez pas à l’histoire ? » se désole-t-elle. Ici, le tourisme est exclusivement dédié  Débarquement (Musée n°4 Commando, Grand Bunker).

Grâce au plan, nous nous orientons facilement selon deux axes : la grande avenue de la Liberté qui se prolonge en prenons le nom de Winston Churchill, par laquelle nous sommes arrivées bordée d’une double rangée de tilleuls et perpendiculairement, la Rue de Lion qui devient Avenue du Général Leclerc  qui a le phare dans l’axe.

Le Studio Calme se trouve rue Auber, parallèle à la côte.  A 10 heures, les anciens locataires déménageaient. Nous avons rangé les valises dans la véranda et sommes allées aux courses. Grosses courses au Carrefour à l’entrée de la ville où nous ne reviendrons pas : au centre, le Carrefour-Contact est tout à fait suffisant. Au Marché aux poissons nous achetons 4 petites soles, des céteaux, à un prix modique. Sole et moules seront notre menu du soir !pour la semaine!

Tout près du studio : notre emplacement favori à la plage : un banc confortable à côté d’un petit restaurant de plage logé dans trois cabines de bois de type cabines de plage. Un petit parking, vide en ce début de saison. Un écriteau prévient que la baignade est interdite : l’épis de ciment serait dangereux.

Ouistreham dominique sur son banc

A marée basse, la promenade au bord de l’eau, de l’avant-port où accoste le Ferry pour Portsmouth jusqu’à Lion-sur-mer est d’un peu plus de 5 km : aller/retour une belle marche, pieds dans l’eau, ! Il faut être vigilante pour le retour car la marée monte et les épis ne seront pas franchissables, prendre les sandales pour passer par la corniche ! A marée basse on installe des plots pour les chars-à-voile.

Installation au studio : blanc et bleu, parfait, tout confort, un lave-linge, la Wifi, des rangements, une corde à linge à l‘extérieur, fauteuil relax, table et chaises de jardin sur une estrade de bois. Volets roulants et rue tranquille, il mérite son appellation de Studio Calme.

l’estuaire de l’Orne vu du mirador sur la Pointe du Siège

Derrière le  Phare de Ouistreham, la Pointe du Siège est un espace dunaire protégé compris entre l’avant-port et l’estuaire de l’Orne. Le Chemin de la Pointe du Siège est d’abord construit de petites maisons, presque des baraques autrefois habitat populaire, quartier sympathique. On arrive à un parking proche de l’estuaire. Animation des pêcheurs à pied, grosses bottes, seaux, râteaux, pelles et d’un groupe de dames retraitées aquarellistes qui rangent pliants et chevalets dans le coffre des voitures. Sans compter ceux qui promènent leurs chiens. Une carte et des explications : un circuit d’1.7 km conduit à un belvédère, puis dans la dune. Différents milieux peuvent être observés sur une petite surface : petit bois, dune, marais, slikke et schorre pour les spécialistes. Du belvédère on voit les bateaux de Franceville-Méréville. L’Orne décrit un méandre paresseux. Les bateaux, cargos ne s’y aventurent pas. Ils empruntent le Canal de Caen à la mer(14 km) qui est bordé par la Vélo Francette, (itinéraire cyclable de Caen à la Rochelle 650 km) très fréquentée. Sur l’avant-port, la digue Paul Emile Victor est aménagée pour la promenade à pied et à vélo. Je remarque le Centre Eolien du Calvados tout neuf qui gère le futur Parc éolien en mer du Calvados.  J’aurais bien aimé en savoir plus, il faudra me contenter d’Internet.

 

 

 

Balzac – Les Chouans

Vendémiaire an VIII, (sept 1799) de Mortagne à Falaise

Roman d’aventures, roman historique, roman d’amour, Balzac s’essaie à tous les genres pour le plus grand bonheur des lecteurs. 

Quand je fais une pause dans mes challenges, ou lectures de voyage, je reviens toujours à Balzac avec la certitude d’une lecture agréable. D’ailleurs nous avions une lecture commune Balzac, copines blogueuses avez-vous abandonné?

Dans l’Ouest, à la limite de la Normandie et de la Bretagne, les Chouans sont en armes et attendent l’arrivée d’un chef Le Gars pour prendre la tête de la révolte. Les soldats de la République, les Bleus, commandés par un vieil officier, Hulot essaient de venir à bout des foyers de chouannerie et lèvent le conscription

« Cette colonne était le contingent péniblement obtenu du district de Fougères, et dû par lui dans la levée que le
Directoire exécutif de la République française avait ordonnée par une loi du 10 messidor précédent.[…]
une gasconnade législative : ne pouvant rien envoyer aux départements insurgés, il leur donnait sa confiance…. »

La première partie du roman se nomme L’Embuscade, dans le cadre verdoyant du bocage nous allons assister aux échauffourées et à l’attaque de la Turgotine , roman de cap et d’épée, sifflements de chouettes, peaux de chèvres, version bretonne du western. 

Cette turgotine était un méchant cabriolet à deux roues très-hautes, au fond duquel deux personnes un peu
grasses auraient difficilement tenu. 

Que recherchent les Chouans dans la turgotine? du butin, de l’or,

Ne savez-vous pas le proverbe : Voleur comme une chouette. Or, qu’est-ce qu’un Chouan ? D’ailleurs, dit-elle en élevant la voix, n’est-ce pas une action juste ? Les Bleus n’ont-ils pas pris tous les biens de l’Eglise et les nôtres, et ne nous faut-il pas d’ailleurs des munitions ?[…]
Ni l’un ni l’autre, lui répondit Coupiau. Je suis postillon, et Breton qui plus est ; partant, je ne crains ni les Bleus
ni les gentilshommes. – Tu veux dire les gens-pille-hommes, reprit le patriote avec ironie. -Ils ne font que reprendre ce qu’on leur a ôté , dit vivement le recteur. 

La deuxième partie s’intitule Une Idée de Fouché, le roman bascule dans l’espionnage . Mademoiselle de Verneuil fait route de Mortagne à Alençon avec Francine, sa servante bretonne et fait la rencontre d’une dame et de son fils qui leur tiendront compagnie. Marivaudage entre la jeune fille et un  étudiant de l’Ecole Polytechnique, futur marin. Evidemment l’étudiant n’est pas plus marin que la dame, sa mère….Je m’ennuie un peu pendant que l’intrigue amoureuse se noue. L’escorte républicaine tombe dans un piège dans le manoir de la dame

Les chefs de cette guerre entreprise pour Dieu et le Roi ressemblaient bien peu aux portraits de fantaisie qu’elle
s’était plu à tracer. Cette lutte, véritablement grande, se rétrécit et prit des proportions mesquines, quand elle les vit[…]Ces physionomies paraissaient annoncer d’abord plutôt un besoin d’intrigue que l’amour de la gloire,[…]Si quelques têtes originales se faisaient distinguer entre les autres, elles étaient rapetissées par les formules et par l’étiquette de l’aristocratie.

Cette assemblée nocturne, au milieu de ce vieux castel en ruine et sous ces ornements contournés assez bien
assortis aux figures, la fit sourire, elle voulut y voir un tableau symbolique de la monarchie.

Les Chouans, ou plutôt les aristocrates qui les manipulent ne sont pas à leur avantage dans cet épisode sanglant.

Falaise

Chacun se dévoile, (mais je vais m’arrêter ici, pour ne pas divulguer l’intrigue). Mademoiselle de Verneuil et son escorte de bleus échappera de justesse. Amoureuse, choisira-t-elle l’amour ou ses convictions républicaines?

J’en ai déjà trop écrit. La fin sera haletante.

Encore une fois, Balzac aura réussi à me surprendre et à me captiver.

voyage du retour par Saint Malo et Domfront

CARNET DE GUERNESEY

 

La tempête attendue sur la Manche est passée vendredi après-midi. Déjà le samedi le beau temps est revenu. Notre ferry pourra appareiller ce midi (13h55) . Après le magnifique breakfast nous quittons Fleur du Jardin et nous avons devant nous une belle matinée pour refaire le sentier côtier une dernière fois sous le soleil des Grandes Rocques à Pembroke. Malgré le vent, les nageurs sont nombreux dans la petite baie abritée de Port Soif.

Belles vagues sur le sentier du Vazon à Port la soif

Nous arrivons 90 minutes avant le départ du ferry et passons les formalités de sécurité (miroir sous le châssis, ouverture du capot du moteur) je maudis silencieusement le Brexit qui a rétabli les frontières. Je comptais poster une carte postale de l’autre côté de la route. On m’interdit fermement de ressortir de l’enclos du port. Le bateau est plus grand, plus beau que celui de l’aller. J’ai encore pris la précaution d’avaler un cachet de Mercalm avant d’embarquer. Nous choisissons un fauteuil à côté de la grande baie vitrée et j’ai regardé la mer, plutôt moins agitée qu’en venant à Guernesey.

Le retour à bord du ferry qui s’éloigne du Cha^teau Cornet

Saint Malo était baigné de soleil. Nous avons garé la voiture sur le parking à l’arrière de la Plage des sablons tout près de l’Hôtel Cunningham où nous avions passé une nuit l’an passé. J’ai repris le sentier côtier avec grand plaisir.

Arrivée à Saint Malo sous le soleil

Nous avions réservé au Brit Hôtel Transat choisi pour son parking et ascenseur bien pratiques pour une étape. Déception, l’hôtel se trouve dans une zone commerciale au-dessus des parkings et bien loin de la ville historique. Comme horizon, l’enseigne Carrefour…les vacances sont bien terminées !

Dimanche 2 octobre : Retour par Domfront et la RN 12

Le donjon de Domfront

Il pleut, il y a même du brouillard, normal le 2 octobre. Nous ne nous attardons pas à Saint Malo et nous pouvons donc choisir l’itinéraire plus lent par la nationale (une trentaine de km en moins de l’autoroute, économie d’essence et de péages). Nous avons aussi le loisir de faire une étape touristique à Domfront.

La ville historique est située sur une butte à l’écart de la route où est perché le donjon. Bien ruiné un pan de muraille donne une idée de ses dimensions impressionnantes. L’histoire de cette forteresse est très bien contée par des panneaux que je recopie studieusement.

Au début du XIème  siècle, les Bellême construisent un château de bois. Sous Guillaume le Conquérant, Domfront est rattaché à la Normandie en 1049 et constitue sa principale défense contre le Maine, l’Anjou et la Bretagne.

Le donjon roman fut édifié par Henri 1er de Beauclerc, fils de Guillaume le Conquérant seigneur de Domfront depuis 1092 qui devint Roi d’Angleterre en 1100 puis duc de Normandie 1106. La forteresse restera possession personnelle du roi puis celle des Plantagenet jusqu’au 13ème siècle.

Philippe auguste devient Roi de France en 1160, le domaine royal est peu étendu. Certains seigneurs vassaux possèdent de très gros fiefs. Le roi d’Angleterre Jean Sans Terre fils d’Henri et d’Aliénor d’Aquitaine refuse de s’acquitter de ses devoirs de vassal, le roi de France décide de confisquer tous ses fiefs français dont le Duché de Normandie.

Domfront fortifications

Pendant la Guerre de Cent Ans la vocation défensive l’emporte sur la fonction résidentielle. Le système défensif a été modifié pendant la seconde occupation anglaise (1418-1450) afin de l’adapter à l’artillerie à poudre. Domfront reste la dernière place forte tenue par les Anglais jusqu’en 1450.

Pendant les Guerres de Religion au 16ème siècle le château est occupé tour à tour par les catholiques et les protestants. En 1610 un édit royal ordonne le démantèlement des fortifications. A partir du 17ème les habitants de la cité s’approprient les murs subsistants.

L’église en béton de Domfront

La ville historique comporte de pittoresques maisons à pans de bois autour de l’église Saint Julien  en béton édifiée en 1924-1926 par Albert Guilbert, contemporain d’auguste Perret en remplacement de l’ancienne église endommagée par une tempête/ Elle est en béton armé sur un plan carré d’inspiration byzantine. J’aurais volontiers passé plus de temps à visiter l’église, mais aujourd’hui dimanche c’est la messe et je n’aime pas jouer les touristes pendant l’office.

Nous achetons le pique-nique de midi dans la rue commerçante qui court sous la ville haute, andouille de Vire et fromage crémeux du Mont Saint Michel.