Le Parc de Saleccia

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Saleccia parc fleuri

Le parc de Saleccia ouvre à 9h30, il est très fréquenté? même hors saison. Pour me promener au calme, je ne suis pas l’itinéraire proposé et déambule au hasard.
Promenade instructive : les végétaux sont étiquetés avec de nombreux panneaux explicatifs. Je révise les fleurs jaunes du littoral au feuillage argenté : Cinéraires maritimes, Hélichryses d’Italie (Immortelles de Corse), Armoise annuelle (Artemisia). Les immortelles sont encore en bouton tandis que les Cinéraires nous réjouissent de leur jaune éclatant.

A retenir également : le nom des buissons : les Filaires en grosse boules, le l’Alaterne (Rhamnus).

Je recopie les panneaux présentant les arbres méditerranéens : oliviers et oléastres, amandiers, mûriers blancss, Lentisques, Laurier roses…je l’avais déjà fait à notre précédente visite en 2018 mais copier retient mieux mon attention. Ce jardin me fait penser à celui du Rayol de Gilles Clément en moins exotique. Le Parc de Saleccia est le résultat de 38 années de travail . l’incendie de 1974 a détruit 17 communes et réduit en cendres le domaine. Depuis lors huit incendies se sont déclarés en 30 ans. Le thème « après le feu » est présenté. Les plantes pionnières sont d’abord les Asphodèles – pyrophytes favorisées par le feu. Ensuite viennent els Cistes dont les graines résistantes à la chaleur germent après l’incendie. Le maquis Lentisques, Myrtes, Arbousiers., s’installera après. C’est la nature du sol qui distingue le maquis de la garrigue, maquis sur un sol siliceux, garrigue sur un sol calcaire.

La lutte contre l’incendie est une lutte sans fin. Une association « Sauvez Saleccia » surveille le démaquisage qui est la condition nécessaire pour que le feu ne se propage pas au sol. Noté au passage, la résistance au feu des mûriers blancs et le rôle incendiaire des hélichryses dont l’essence très volatile attise les brasiers.

Armoises

Je parviens à une rotonde charmante : comme les rayons d’une roue, partent des petits jardins de part et d’autre d’une allée de galets, séparant chaque jardin, une petite fontaine. L’eau ne s’écoule goutte à goutte d’un petit canal terminé par une tuile ronde. De ce rond-point part une allée de lauriers roses. Une allée des quatre fleurs réunit Euphorbes roses, helichryses, agapanthes (pas encore en fleurs) .
du jardin cultivé, je passe à un bois de chênes verts puis à une oliveraie. Noté aussi que les oliviers ne sont pas plantés mais greffés sur des oléastres.

hélichryses

Je découvre enfin une très grande pelouse verte figurant la Mer Méditerranée et sur ses bords les différentes flores. Une rive figure aussi la Californie(climat méditerranéen, les Canaries. Bien sûr une « île » représente la Corse.

 

Cette promenade enchantée a duré deux heures. J’aurais pu rester encore plus mais j’ai le projet de rentrer à l’Île Rousse par le sentier littoral qui relie en une heure de marche le Parc Saleccia à la Plage de l’Île Rousse. Pour le trouver il suffit de traverser la route T30. Le sentier est fléché en face du parking. Ce joli sentier côtier traverse malheureusement une zone urbanisée en fin de parcours.

Pique-nique sur le parking de l’Île Pietra.

Pendant que Dominique charge la FIAT500e à l’hôtel Escale-Port  je vais me baigner jusqu’à un rocher qui ressemble à un aileron de requin. La charge ne dépasse pas 73% à mon retour. Décourageant!

les villages de Balagne

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Belgodère : village perché sur son arête

Circuit orange Guide Vert p 136

Belgodère

T30 (route de Bastia) jusqu’à Lozari pour monter à Belgodère (310 m), village perché sur une arête. Vraiment pas au point ! L’église Saint Thomas est ouverte. Je l’avais visitée autrefois et découvert une Vierge des 7 douleurs à la poitrine transpercée d’épées, un bras de bois dépassant de la chaire. Cette fois-ci je n’ai rien remarqué d’extraordinaire.

Un café -restaurant sur la palce de Belgodère

La place du village est occupée par deux terrasse de cafés-restaurants très décorées et occupés par des bandes de motards bien bruyants qui s’y retrouvent. Une ruelle entre deux maisons conduit au fort construit sur un rocher. C’est une belle montée par ruelles, escaliers, marches, couloirs qui semblent conduire à une maison particulière mais qui la contournent par des passages dérobés. Les maisons sont fleuries. Du fort, il ne reste qu’un mur.  Le panorama sur la montagne et les villages environnants est intéressant.

le rocher a&u sommet du village

Le circuit est annoncé dans le Guide Vert 70 km, il ne nous reste que 130 km d’autonomie sur la FIAT500e. Est-ce fiable ? Je me suis félicitée de la facilité du branchement mais la capacité baisse.  A l’entrée du village, près de la Poste, il y a bien une borne mais ce n’est pas le réseau e-Motum, il faut scanner un QR-code, ouvrir un compte dans une autre société. D’ailleurs on ne sait pas où se trouvent les bornes de la concurrence et surtout je n’ai aucune idée de combien on va payer… et surtout, pas d’Internet dans le village !

Occhiatana

Un joli petit village (245 ha) perché. Pendant ma promenade dans les ruelles étroites et désertes je ne rencontre que des chats. L’église est fermée. Pendant l’été seulement trois messes y seront célébrées (sauf circonstances exceptionnelles), la dernière le Août !

Ville-di-Paraso

Ville-di-Parso église Saint Simone

Après un petit pont, un panneau signale un moulin. Je descends de voiture. Le moulin est occupé par des chambres d’hôtes. Tout est bouclé avec un cadenas. Je devine un jardin soigné derrière les grilles mais ni moulin, ni ruisseau. Un sentier pédestre et cycliste passe juste le long du grillage. Je m’y engage pour voir d’en haut et arrive à une sorte d’édifice hydraulique qui enjambe le ruisseau ? Sur ‘l’autre rive, un mausolée coiffé d’une coupole est poétiquement fleuri de hauts lys blancs. Le sentier mène alors à une énorme église blanche à la façade baroque posée sur un imposant perron à gradins. C’est l’église paroissiale Saint-Simone (XVIIIème s.). Elle est dotée d’un clocher à quatre étages portant une horloge. A côté se trouve le petit bâtiment tout simple des confréries. Située sur son promontoire de l’autre côté du ruisseau Regino, elle semble bien éloignée du village et bien grande aussi ! Un grand mur enclos une propriété énigmatique. Je suis ravie de cette découverte non signalée par le Guide Vert. Au retour par le petit sentier je dois laisser passer un groupe de cyclotouristes (des retraités pour la plupart). Je pensais que seuls des gamins casse-cou emprunteraient un parcours si étroit et si pierreux et accidenté !

Ville di Paraso – palazzo dans les pins

Au village, une borne e-Motum est installée dans le vaste parking moderne sous le village. Dominique y reste pendant que j’explore le village et que je vais au ravitaillement. Sous des cannisses, la terrasse de la pizzeria est très animée. Ce sont sans doute des voisins qui se réunissent parce qu’on n’y sert rien à midi. Un peu plus loin se trouve l’école, la Mairie, un bureau de Poste et l’»épicerie communale » où je trouve des biscottes (pour le pain, il aurait fallu commander la veille). On y vend de tout même des pêches et des abricots appétissants mais durs.

Fontaine cachée

Tout est tranquille, seuls les chats sont dehors. Pour meubler le temps de la recharge électrique je monte des escaliers, en descends d’autres ; découvre des passages, des arches, une jolie et très fraîche fontaine. Les ruelles sont pavées. Des roses épanouies débordent des murs. Les premières figues toutes molles(immangeables) tombent au sol. Je trouve le ruisseau qui fait de petites cascades. Avec toute l’eau qui ruisselle, les fleurs en abondance ce serait le paradis comme le suggère le nom !

Il fait très chaud au parking sans ombre. En une heure, la recharge est à peine de 10 %. Il va falloir songer à raccourcir le circuit.

Speloncato

Spelooncato : les nuages s’accrochent

Speloncato  est beaucoup plus animée que sa voisine. La place de la Libération avec ses deux bars, est  peuplée de motocyclistes (encore !). Je cherche la fontaine derrière les engins et les voitures. L’église Saint Michel est ouverte. Elle est peinte à fresques. L’orgue Saladini de 1821 attire mon attention. Il est orné de peintures délicates où alternent instruments de musique et scènes avec des personnages ; je reconnais Saint Michel à qui est dédiée l’église. Dans la circulation cycliste, j’ai raté la Pietra Tafonata – rocher percé qui produit une éclipse deux fois l’an.

l’orgue Saladini

Encore une promenade pour gagner le sommet du village par des marches, des passages couverts, ruelles et couloirs (j’ai l’impression que je me répète). Le passage est assuré par une rampe de fer qiu doit être indispensable les jours de pluie quand les pierres sont glissantes. J’arrive à un énorme rocher autour duquel fleurissent des aloès jaunes du meilleur effet. La table d’orientation indique les principaux sommets au dessus de 1000 mètres jusqu’à 1300m. Dans le creux, le barrage de Codole sur le fleuve Regino  fait un  petit lac. Forêts de chênes et oliveraies tapissent les creux.

Après le pique-nique, la D63 traverse Feliceto où nous trouvons la D13qui nous ramène à Corbara. Le circuit prévu par le Guide Vert était plus long mais nous avons les yeux rivés sur le pourcentage de charge électrique restante et l’autonomie de la voiture. Au lieu de visiter Sant’ Antonino nous retournons directement à la borne de l’hôtel Escale-Port ? préférer la recharge à la visite d’un des « plus beaux villages de France », quelle misère ! Pendant que Dominique patiente à la recharge j’en profite pour me baigner sur la belle plage de l’Île Rousse que je longe à la nage aller-retour. L’eau est presque tiède (19-20 degrés), le ciel, voilé.

Nous achetons des farcis au « marché corse » au bord de la route, fraises et clémentines

L’Île Rousse

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L’île Rousse la tour génoise sur l’île de la Pietra

Par un clair matin, nous descendons directement au Port. A mi-chemin de la digue qui relie l’île à la ville, entre la gare ferroviaire et le port, je réserve une table en terrasse pour midi, au restaurant Via Mare. Dominique entre temps a trouvé le parking idéal sous le phare. Vue panoramique, petit vent frais.

Le phare sur l’île de la Pietra

Une promenade est aménagée : un cheminement agréable en enrobé clair entre les rochers de granite rose. Les fleurs égaient les rochers nus : coquelicots, grosses touffes jaunes des Cinéraires maritimes aux épaisses feuilles découpées argentées qui semble de velours, à ne pas confondre avec les Immortelles de Corse encore en boutons au feuillage plus léger, petites vipérines bleu violacé intense.

Les promeneurs sont nombreux : des femmes en groupe en tenue de randonnée échangent des recettes de cuisines, des joggers pour la course du dimanche matin, touristes de toutes provenance. Le phare est petit tout blanc coiffé de vert. Au retour, je remarque la tour génoise ronde.

A la gare, la foule attend le train des plages qui longe le rivage et va jusqu’à Calvi. Nous l’avions pris autrefois. Il est très pratique et évite les problèmes d’accès et de parking. Le long de la muraille paoline, la promenade est fleurie et ornée de statues. Le long de la mer, elle continue. La Petite Sirène verte sur son rocher semble éplorée avec sa chevelure trempée qui cache son visage.

La petite sirène de l’île Rousse

les rail du train courent le long de la promenade isolant les terrasses des bars et des restaurants.

La grande place Paoli est bien calme. Le marché est cantonné à la halle couverte : charcuterie Corse, fromages fermiers, fruits et légumes, miel et vin. Il y a 6 ans un marché de vêtements était installé sur la place  j’avais acheté un maillot de bain, je me réjouissais d’y faire des emplettes. Cette fois-ci, pas de vêtements. Je vais faire un tour dans les deux rues commerçantes pour trouver un T-Shirt.

Ce dimanche matin, la plage est bien animée. Le sable est blanc avec un liseré rose là où la vague vient mourir – corail ou sable rose ? Il fait un peu frais pour nager. Des femmes en tenue de bain font du longe-côte amical plus bavard que sportif.

Nous fêtons mon anniversaire au restaurant Via Mare : mojito, poke bowl au thon cru, avocat, mangue, betterave rouge et riz. Dominique a commandé de très beaux filets de Saint Pierre sur un socle rond d’écrasé de pomme de terre et un lit d’épinards. Pour finir une glace délicieuse.

Il faut charger la voiture électrique. Deux bornes e-Motum se trouvent à l’Hôtel Escale-Port dans la rue en face du restaurant. Je redoute ce moment. A la réception de l’hôtel aucune aide à espérer, la dame ne s’en occupe pas. La manœuvre est simplissime : il suffit de passer la carte e-Motum devant le lecteur le la charge démarre. En revanche, l’hôtesse de Hertz a menti  20 minutes auraient suffi selon-elle. Au bout d’une heure la charge est montée de 70% à 80% et nous allons en perdre en revenant au gîte. Pendant que Dominique reste à la borne, je retourne à la plage et regrette bien de ne pas avoir de maillot. La température a monté et maintenant on se baigne.

la petite chapelle à l’entrée de Corbara

Nous passons le reste de l’après-midi sur notre belle terrasse à préparer les excursions de la semaine. A 20h50 ; le coucher de soleil se prépare. Le ciel est rose, orange. Les nuages empêchent de voir la chute finale mais ils sont très jolis.

A l’Ombre des jeunes filles en fleurs : 3ème partie – les voilà les jeunes filles!

LECTURE COMMUNE MARCEL PROUST AVEC CLAUDIALUCIA

logo de la lecture commun

« Seul, je restai simplement devant le Grand-Hôtel à attendre le moment d’aller retrouver ma grand’mère, quand, presque à l’extrémité de la digue où elle faisaient mouvoir une tache singulière, je vis s’avancer cinq ou six fillettes, aussi différentes, par l’aspect et par les façons, de toutes les personnes auxquelles
on était accoutumé à Balbec, qu’aurait pu l’être, débarquée on ne sait d’où, une bande de mouettes qui exécute à
pas comptés sur la plage — les retardataires rattrapant les autres en voletant —  une promenade dont le but semble aussi obscur aux baigneurs qu’elles ne paraissent pas voir, que clairement déterminé pour leur esprit d’oiseaux

Une bande de mouette, des esprits d’oiseaux, ce ne sont ni des caractères d’ordre intellectuel ou moral qui les distinguent.

« Et n’étaient-ce pas de nobles et calmes modèles de beauté humaine que je voyais là, devant la mer, comme des statues exposées au soleil sur un rivage de la Grèce? »

Nobles et calmes?

Voire.  Elles exécutant un saut effronté au dessus d’un pauvre vieillard épouvanté,  effleurant même sa casquette.

 » C’pauvre vieux, y m’fait d’la peine, il a l’air à moitié crevé »,dit l’une de ces filles d’une voix rogommeuse et avec un accent à demi-ironique. « 

Le narrateur, garçon bien élevé, respectueux des personnes âgées, des relations de sa grand’mère, n’est pas choqué par cette démonstration. Au contraire, il est séduit. Echafaudant toutes sortes de théories, il les imagine fréquentant des coureurs cyclistes, les hippodromes….

Toutes ses pensées, ses promenades, son emploi du temps seront dirigées vers un seul but : faire leur connaissance.

Le bonheur de connaître ces jeunes filles était-il donc irréalisable?

La rencontre avec Elstir, le peintre va permettre de faire leur connaissance. L’esprit tout occupé de ces jeunes filles en fleur, notre héros repousse la visite au peintre, n’osant pas s’éloigner de la digue où elles pourraient passer. Occasion pour Proust de belles digressions sur la peinture… 

« Et avec le regard dédaigneux, ennuyé et frivole d’un amateur ou d’une femme parcourant, entre deux visites mondaines, une galerie, je me disais : « c’est curieux ce coucher de soleil, c’est différent, mais j’en ai déjà vu d’aussi délicats, d’aussi étonnants que celui-ci ». j’avais plus de plaisir les soirs où un navire absorbé, fluidifié par l’horizon apparaissait tellement de la même couleur que lui, ainsi que dans une toile impressionniste, qu’il semblait aussi de la même matière, comme si on n’eût fait que découper son avant, et les cordages en lesquels elle s’était amincie et filigranée dans le bleu vaporeux du ciel.
Parfois l’océan emplissait presque toute ma fenêtre, surélevée qu’elle était par une bande de ciel bordée en haut
seulement d’une ligne qui était du même bleu que celui de la mer, mais qu’à cause de cela je croyais être la mer
encore et ne devant sa couleur différente qu’à un effet d’éclairage. »

Etudes de nuages, harmonies de gris et rose dans le goût de Whistler…

Tout absorbé à conquérir les jeunes filles, le narrateur en vient à négliger Saint-Loup. Comme auparavant ses « amours » avec Gilberte, la cour qu’il fait à ces jeunes filles me paraît convenue, peu sincère, je ne sais pourquoi. Son amitié avec Saint-Loup ses fréquentations de Charlus me semblaient avoir plus de consistance. 

Arrivée à Corbara – Gite de l’Alfinu

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L’arrivée sur Bastia

Vol

Grève des contrôleurs aériens annoncée hier, vendredi, vers 14 heures. Les valises prêtes, je viens d’imprimer cartes d’embarquement et étiquettes des bagages. Partirons-nous ? Air France ou plutôt une IA m’informe que le vol est prévu mais qu’une annulation de dernière minute est toujours possible.

Le vol AF 7592 décolle à 7 heures, pour prendre de la marge nous avons commandé le taxi à 4h15 et réglé le réveil sur 3h35. Evidemment, impossible de dormir, je me réveille toutes les demi-heures et tripote mon téléphone pour m’assurer qu’un SMS fatal n’est pas arrivé.

Air France n’a rien annulé. Ce n’est pas le cas de Transavia qui n’a pas prévenu les voyageurs désorientés. Pour nous, tout se passe comme s’il n’y avait pas de grève. Départ ponctuel. Durée du vol 1h20 par beau temps. Dominique avait payé un supplément pour avoir un siège au premier rang pour étendre ses jambes. Elle obtient 8C, une place tout à fait ordinaire sans supplément mais on nous propose les 1D 1E 1F libres. Voyage parfait !

Hertz canalise la queue entre des rubans élastiques. Nous avons le voucher, mais il faudra attendre près d’une heure pour avoir la clé d’une FIAT 500 électrique noire. Il va falloir s’adapter. En attendant comment la démarrer ? Nous faisons appel aux passants, sans succès. Un mécanicien de Hertz ne réussit pas plus, il change la pile de la clé et décide de nous donner une autre FIAT 500 verte qui elle démarre. Nous quittons le parking à 11h30, trois heures après l’atterrissage.

De Bastia-Poretta la grande route d’Ajaccio T20 suit le cours d’un petit fleuve, le Golo. Itinéraire touristique, mais nous avons la tête ailleurs : il faut apprivoiser la voiture électrique, automatique de surcroit, et surveiller les limites de vitesse dans les villages.

A Ponte-Leccia, la T20 continue vers Corte et Ajaccio tandis que nous poursuivons vers le nord sur la T30 vers l’Ile Rousse et Calvi en suivant le ruisseau Ostriconi.

Lama – arche

Village médiéval de Lama – quittant la grande route, nous nous aventurons dans la colline et découvrons Lama accroché à la pente. Il faut laisser la voiture au parking, gravir un escalier qui arrive au centre du village à des ruelles pavées surmontées d’arches. De gros palais italianisants surprennent dans cet environnement rural. En cette saison roses trémières et bougainvillier fleurissent avec des végétaux plus exotiques. Un groupe de maison abrite des chambres d’hôtes, le tourisme de randonnée a revivifié le village déserté par l’exode rural.

La côte et la mer en face des Agriates

Arrivée à l’Ile- Rousse : l’énorme hypermarché Leclerc nous offre toutes les courses de base pour la semaine. Au menu du pique-nique sur le parking, face à la mer : pâté de sanglier et pain frais.

Corbara est juste au-dessus de l’Île Rousse. Le village s’étale de 170 à 220m à flanc de montagne dominé par un château s’appuyant sur le socle rocheux. Le Castel de Corbara de Guido de Sabellis (IXème s).

la terrasse du gîte l’Alfinu

 Notre gîte est situé en haut du village dans le hameau de Pietralta juste en face d’un piton rocheux coiffé par un édifice qui ressemble à un château et que nous prenons pour le château de Guido. La vue de la terrasse est tout à fait extraordinaire : la mer semble toute proche. L’île Rousse et son phare, le port avec le ferry rouge de la Corsica sont à nos pieds, non loin une belle plage de sable. Les lauriers roses ont été taillés pour ne pas éclipser la mer. Les rosiers sont fleuris ainsi que la Lantana orange et un éclatant buisson de géranium rouge. La table rectangulaire à l’ombre du balcon de l’appartement des propriétaires nous permettra de déjeuner et dîner dehors. Sur un plancher de bois deux chaises longues en tek complètent le décor.

L’appartement est très bien équipé. Décor contemporain murs blancs, meubles laqués gris taupe, canapé blanc, table grise. Sets de table, grille-pain et bouilloire rouges .Vaste chambre avec une grande armoire, penderie et nombreux cintres. La tête de lit en bois a un mécanisme astucieux avec des tables de nuits qui s’encastrent dans le coffre, toujours harmonie taupe et blanc.

Tout est parfait.

Corbara A Nunziata

A la découverte du village de Corbara : la grande église A Nunziata (1685) est baroque. Son fronton avec ses volutes est presque espagnol, son haut campanile est décalé. Si l’extérieur est sobre, quand j’entre je suis surprise par la magnificence de l’autel en marbre blanc souligné par des bordures crémeuses qui semblent dégouliner sur la pierre colorée. Nuage de marbre de Carrare, angelots en prière, en adoration ou musiciens. La blustrade de marbre blanc porte elle aussi des putti potelés. Le plafond du chœur est bleu et doré, trompe-l’œil d’un ciel nuageux où trône Dieu entouré d’angelots voletant. Luxe baroque dans un si petit village.

Choeur baroque!

Le Musée du Trésor est fermé. Mais le village en est très fier : de grandes photos « 20 ans du Musée » sont placardées sur le mur qui longe la route. Ornements liturgiques, aubes chasubles…

A l’ombre des jeunes filles en fleurs : Partie 2 – Balbec

LECTURE COMMUNE AVEC CLAUDIALUCIA …et d’autres 

logo de la lecture commune

J’ai  bien aimé suivre Proust à Balbec. Je n’ai pas forcément retrouvé Cabourg et la Côte Normande.  J’ai surtout aimé le dépaysement, le voyage en train qu’il présente de façon très plaisante avec beaucoup d’humour. 

Malheureusement ces lieux merveilleux que sont les gares, d’où l’on part pour une destination éloignée, sont
aussi des lieux tragiques,

Les levers de soleil sont un accompagnement des longs voyages en chemin de fer, comme les oeufs durs, les
journaux illustrés, les jeux de cartes, les rivières où des barques s’évertuent sans avancer.

Lever de soleil et œufs durs, quel rapprochement osé!

L’installation au Grand-Hôtel de la Plage est toute une aventure, le narrateur est plutôt timide et routinier, apprivoiser une nouvelle chambre n’est pas évident.

La pendule — alors qu’à la maison je n’entendais la mienne que quelques secondes par semaine, seulement
quand je sortais d’une profonde méditation — continua sans s’interrompre un instant à tenir dans une langue
inconnue des propos qui devaient être désobligeants pour moi, car les grands rideaux violets l’écoutaient sans répondre, mais dans une attitude analogue à celle des gens qui haussent les épaules pour montrer que la vue d’un tiers les irrite. Ils donnaient à cette chambre si haute un caractère quasi-historique qui eût pu la rendre appropriée à l’assassinat du duc de Guise, et plus tard à une visite de touristes, conduits par un guide de l’agence Cook, mais nullement à mon sommeil.

La découverte de l’« église persane de Balbec » m’a fait penser à sa déconvenue au théâtre quand il est allé entendre la Berma. Enorme attente, déception de ne pas être aussi enchanté.

Et puis, bien sûr la mer :

Car chacune de ces Mers ne restait jamais plus d’un jour. Le lendemain il y en avait une autre qui parfois lui
ressemblait. Mais je ne vis jamais deux fois la même. Il y en avait qui étaient d’une beauté si rare qu’en les
apercevant mon plaisir était encore accru par la surprise. Par quel privilège, un matin plutôt qu’un autre, la fenêtre en s’entrouvrant découvrit-elle à mes yeux émerveillés la nymphe Glaukonomèné, dont la beauté paresseuse et qui respirait mollement avait la transparence d’une vaporeuse émeraude à travers laquelle je voyais affluer les éléments pondérables qui la coloraient? Elle faisait jouer le soleil avec un sourire alangui par une brume invisible qui n’était qu’un espace vide réservé autour de sa surface translucide rendue ainsi plus abrégée et plus saisissante, comme ces déesses que le sculpteur détache sur le reste du bloc qu’il ne daigne pas dégrossir. Telle, dans sa couleur unique, elle nous invitait à la promenade sur ces routes grossières et terriennes, d’où, installés dans la calèche de Mme de Villeparisis, nous apercevions tout le jour et sans jamais l’atteindre 

Ne nous impatientons pas, les jeunes filles en fleurs ne ferons leur apparition que plus tard dans le roman, il faudra d’abord décrypter les subtiles hiérarchies sociales, les titres de noblesse, les relations compliquées. Agacement devant sa fascination pour l’aristocratie !

L’homme qui tonnait ainsi contre Israël sortit enfin de la tente, nous levâmes les yeux sur cet antisémite. C’était mon camarade Bloch.

Sur la plage, nettement moins aristocrate mais très drôle, Bloch et sa tribu : caricature ou humour juif? Proust force le trait, en fait un sujet pittoresque.

Bloch était mal élevé, névropathe, snob et, appartenant à une famille peu estimée, supportait comme au fond des mers les incalculables pressions que faisaient peser sur lui non seulement les chrétiens de la surface, mais les couches superposées des castes juives supérieures à la sienne, chacune accablant de son mépris celle qui lui était immédiatement inférieure. Percer jusqu’à l’air libre en s’élevant de famille juive en famille juive eût demandé à Bloch plusieurs milliers d’années. Il valait mieux chercher à se frayer une issue d’un autre côté.

Avant les jeunes filles, les garçons! Et l’amitié avec Robert de Saint-Loup  qui lui révèle « les vertus de l’amitié » qu’il considère « comme une oeuvre d’art« 

Une fois que j’avais quitté Saint-Loup, je mettais, à l’aide de mots, une sorte d’ordre dans les minutes confuses que j’avais passées avec lui; je me disais
que j’avais un bon ami, qu’un bon ami est une chose rare et je goûtais, à me sentir entouré de biens difficiles à acquérir, ce qui était justement l’opposé du plaisir qui m’était naturel, l’opposé du plaisir d’avoir extrait de moi-même et amené à la lumière quelque chose qui y était caché dans la pénombre.

par son intermédiaire, il fait connaissance du  Baron de Charlus, Palamède de Guermantes. Et nous revoici en terrain connus depuis Combray et toujours entiché des Guermantes. Les titres de noblesse, les lignages anciens ne me font pas rêver et auraient plutôt tendance à m’ennuyer. En revanche, les châteaux achetés par les financiers juifs et les réactions de Saint-Loup, de Proust sont très ambigües et intéressantes. Sachant que Proust était un Dreyfusard de la première heure, les allusions antisémites sont à prendre au deuxième degré. J’ai eu cette même surprise avec Zola dans l’Argent.    A creuser….

Enfin, scène touchante aigre-douce avec le portrait que Saint Loup devait tirer de la Grand-Mère du narrateur qui se met sur son 31 pour la photo tandis que le jeune homme la rabroue.

A l’ombre des jeunes filles en fleur (première partie)

LECTURE COMMUNE AVEC CLAUDIALUCIA (ET D’AUTRES)

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Au fil de mes lectures, mon indice de Proustolâtrie fluctue de façon spectaculaire. Enthousiaste à Combray, agacée dans le salon de Mme Verdurin dans Un amour de Swann, je ne me suis pas découragée et j’ai entamé dans la foulée A l’Ombre des Jeunes Filles en Fleurs. Les lectures communes et les défis me motivent. 

A l’Ombre des Jeunes Filles en Fleurs est une lecture au long cours, presque 1000 pages en Livre de Poche. Comme je lis sur liseuse, je n’avais pas pris conscience de l’épaisseur du pavé! 

Trois parties composent cet ouvrage : La Première Partie se déroule à Paris. De nouveau personnages apparaissent : Le Marquis de Norpois, Bergotte, le Professeur Cottard….Swann est décrit sous un nouveau jour : c’est le mari d’Odette

« On dira peut-être que cela tenait à ce que la simplicité du Swann élégant n’avait été chez lui qu’une forme plus raffinée de la vanité et que, comme certains israélites, l’ancien ami de mes parents avait pu présenter tour à tour les états successifs par où avaient passé ceux de sa race, depuis le snobisme le plus naïf et la plus grossière goujaterie, jusqu’à la plus fine politesse. »

Le narrateur, n’est plus l’enfant naïf de Combray, c’est sans doute un adolescent, presque un jeune homme qui se préoccupe déjà de sa carrière future, écrivain ou diplomate?, qui est amoureux de Gilberte avec qui il « joue » dans les jardins des Champs Elysées. Ces « jeux » m’ont un peu désorientée, jeux d’enfants ou flirts? Le « temps perdu » est vraiment très flou ici. Le lecteur ne peut pas se référer à la scolarité de Marcel. On n’y fait jamais allusion, et pourtant Bloch semble être un camarade de lycée. Quel lycée? Par ailleurs, la fragilité de la santé de Marcel, les précautions dont il est entouré le confinent dans un état d’enfance attardée qui m’a interrogée. 

La jeune fille en fleur est la fille de Swann, Gilberte qui répond positivement à ses avances et l’invite à ses goûters. Ici encore, je suis étonnée par le mélange de jeux d’enfants, sortes de dinettes, et l’intensité des sentiments du jeune Marcel. Les deux jeunes gens deviennent inséparables et le narrateur, un familier des Swann. Rapidement la jeune fille se lasse, les assiduités de son chevalier servant l’ennuient. Marcel imagine comment la reconquérir…

quand j’étais seul en tête à tête avec ma Gilberte fictive, cherchais quelles pouvaient être ses vraies intentions à
mon égard et l’imaginais ainsi, son attention toujours tournée vers moi.

Bizarrement, Marcel continue à fréquenter la maison et les soirées de Madame Swann alors que Gilberte le fuit. A se demander s’il n’est pas plus fasciné par la mère que par la fille. Aux dîners de Madame Swann, il rencontre Bergotte, l’écrivain qu’il admire depuis l’enfance. Cette rencontre est très gratifiante, le Maître semble l’apprécier. Les conversations mondaines sont savoureuses; les échanges aigres-doux, les ragots  de Monsieur de Norpois m’ont amusée. A propos de Bergotte

« Vulgaire par moments, parlant à d’autres comme un livre, et même pas comme un livre de lui, mais comme un livre ennuyeux, ce qu’au moins ne sont pas les siens, tel est ce Bergotte. »

Dans ces dîners mondain, le jeune Marcel est initié à la vie artistique :il raconte sa première représentation théâtrale pour entendre la Berma, « l’artiste sublime, à laquelle Bergotte trouvait du génie » est un bonheur de lecture de finesse d’analyse. Il ne sait pas s’il a été conquis ou déçu. Il attendait tant de cette expérience! 

Dans les conversations, il est aussi question de politique. Monsieur de Norpois et le père de Marcel sont diplomates. Des alliances se forment. mais qui est donc ce Théodose?

« Au moment où j’allai chez Mme Swann, l’affaire Dreyfus n’avait pas encore éclaté, et certains grands Juifs étaient fort puissants. Aucun ne l’était plus que sir Rufus Israels dont la femme, lady Israels, était tante de
Swann. »

En filigrane, même avant que ne se déclenche l’Affaire Dreyfus se profile l’antisémitisme ou, au contraire une société où les Juifs auraient une importance spéciale. Ce thème des Juifs, déjà abordé quand Marcel a invité Bloch à Combray, l’antisémitisme et l’Affaire Dreyfus devient de plus en plus présent.

J’ai aussi aimé voir la modernité faire son apparition dans ce volume, l’électricité dans la nouvelle demeure de Madame Verdurin, le téléphone… Modernité aussi dans l’art

« Sans doute, il est aisé de s’imaginer, dans une illusion analogue à celle qui uniformise toutes choses à l’horizon, que toutes les révolutions qui ont eu lieu jusqu’ici dans la peinture ou la musique respectaient tout de même
certaines règles et que ce qui est immédiatement devant nous, impressionnisme, recherche de la dissonance,
emploi exclusif de la gamme chinoise, cubisme, futurisme, diffère outrageusement de ce qui a précédé. »

A mesure que je rédige mon billet je me rends compte de la richesse de cette partie parisienne qui m’a moins plu que la suite à Balbec .  Je me rends compte qu’il faudrait le relire en fixant un nouvel axe de lecture. Peut être laisser de côté Gilberte, la jeune fille en fleurs et me concentrer sur un point précis.

Ségou t.2 – La Terre en miettes – Maryse Condé

MARYSE CONDE

Ségou la terre en miettes

1863 – Ségou est islamisée mais les intrigues et rivalités s’y trament encore

tous les pays musulmans voisins, des médiateurs s’étaient proposés pour mettre fin à la querelle entre
Toucouleurs et Peuls. En vain. Et Ségou était l’un des enjeux de ce conflit.

les rois Bambaras sont défaits et contraints de quitter la ville .

Le bon peuple de Ségou s’assembla devant le palais d’Ali Diarra pour voir brûler les fétiches. Comme c’était la deuxième ou troisième fois qu’une opération de ce genre se produisait, il n’était guère ému, sachant que les fétiches se rient du feu, même de celui d’Allah.

Les Traoré, musulmans ou fétichistes, ont perdu la proximité avec le pouvoir politique des Diarra mais la concession reste prospère avec ses champs cultivés par des esclaves. Elle reste l’aimant qui va attirer les descendants dispersés des fils de Dousika à travers l’Afrique de l’Ouest : Omar, le fils de Mohamed, à la recherche de son père et Dieudonné, le fils d‘Olubunmi, recueilli sur le fleuve par des français. Fils sans pères, déboussolés accueillis comme des fils prodigues dans la concession des Traoré. De sangs mélangés de Peul, Bozo ou même marocain, l’appartenance au clan Traoré les renvoie à l’identité bambara.

El-Hadj Omar resta seul. Pendant un moment, il lui sembla qu’il ne savait plus pourquoi il combattait. Les
premières années, tout était clair. Il fallait purifier et rénover l’islam, rendre la chaleur et la virulence à une foi qu’affaiblissaient les querelles de clans et les oppositions entre provinces. Il fallait convertir les païens, leur mettre sur les lèvres la phrase sublime : — Il n’y a de Dieu que Dieu ! Mais, à présent, que se passait-il ? Voilà qu’au nom des nationalismes, des résistances s’organisaient ! Les hommes défendaient leurs territoires, leurs dynasties, leurs parentés et n’acceptaient pas qu’à l’est du fleuve Sénégal s’étende un même empire dont le souverain serait Dieu. Beau rêve si difficile à réaliser ! Idéal que rendaient inaccessible la petitesse et la
mesquinerie des esprits ! Mohammed lui-même avait été dans l’incapacité de comprendre cela !

Dans ce livre les conflits nationaux divisent l’unité illusoire que la croyance commune en l’Islam aurait fédéré.

Sur la côte, à Saint Louis du Sénégal, la colonisation française s’organise

Alors que Saint-Louis, avec l’abolition de l’esclavage, périclitait, un gouverneur énergique débarquait, animé du grand dessein de doter la France d’un empire colonial en Afrique de l’Ouest, qui avait fait ses preuves en Algérie : Faidherbe.

Dieudonné, recueilli avec ses frères par des français va à l’école française. L’armée française recrute des africains dans ses rangs, certains attirés par l’aventure, d’autres par des honneurs illusoires, tous se laissent corrompre par l’alcool abondant dans les cantines militaires.

Si, les premiers temps, les Français étaient partout accueillis avec une curiosité tolérante, la révolte s’était vite déclenchée contre eux. C’est que, après des simulacres d’accord avec les anciens, ils s’appropriaient les terres, forçaient à cultiver des plantes dont on ne voyait pas l’utilité et à tracer des routes qui ne menaient nulle part.

Pour asseoir leur pouvoir, les Français utilisent les rivalités entre les ethnies, arment les uns contre les autres, vendent les fusils efficaces contres lances et arcs traditionnels. Dans leur rivalité contre le pouvoir musulman intégriste Toucouleur, les Bambaras rêvent d’acquérir des armes modernes.

Omar, musulman, rêve d’unité contre les incirconcis français. Il prend même la tête d’une armée qui le prend pour le madhi

Nous sommes un. Un. Qu’il n’y ait plus ni Peul, ni Toucouleur, ni Bambara, ni Sonraï, ni Bozo, ni Somono, ni Sarakolé, ni Malinké, ni Dogon, ni Arma, ni Touareg. Nous sommes un. Ces terres sont nôtres. Et le Blanc, ses
canons, ses canonnières et son cheval de fer est un intrus qui doit partir.

les canonnières auront raison des remparts de Ségou.

Loin de Ségou, les descendants des esclaves brésiliens revenus en Afrique, christianisés,  à Lagos les descendants de Naba (le fils razzié lors d’une chasse au lion). Eucaristus, le pasteur,  a épousée la descendante jamaïcaine des esclaves marrons et eut un fils Samuel. Samuel a rêvé de la révolte des marrons qui n’ont jamais accepté l’esclavage. Il parvient en Jamaïque. Désillusion!

Ma première lecture de Ségou, il y a une vingtaine d’année avait mis la lumière sur les coutumes africaines, les peuplements, le mode de vie. les guerres récentes au Mali qui s’étendent maintenant aux états voisins donnent un intérêt renouvelé à cette histoire.

Challenge Marcel Proust – 1er bilan, il y en aura d’autres…..

LECTURE COMMUNE AVEC CLAUDIALUCIA, AIFELLE, KEISHA, FANJA, SANDRINE,  DOMINIQUE et d’autres…..

logo de la lecture commune

Voici le premier bilan du Challenge.

Certaines ont privilégié le texte : Du côté de chez Swann et Un amour de Swann 

D’autres blogueuses ont fait un pas de côté pour éclairer l’œuvre avec un regard décalé

Aifelle
Proust,romanfamilial
Claudialucia
Présentation du challenge Marcel Proust de miriam et claudialucia
Les métamorphoses de Françoise ICI
Albert Bloch ICI
Tante Léonie la vieillesse ICI 

L’art, la charité de Giotto, les asperges de Manet, les nymphéas de Monet ICI
Soit que la réalité ne se forme que dans la mémoire ICI :
Le jeudi avec Marcel Proust :  billets sur  Un amour de Swann

Un amour de Swann avec  Marcel Proust ICI

Du côté de chez Swann

Combray I
https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/05/marcel-proust-du-cote-de-chez-swann-des.html

Un amour de Swan II

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/05/marcel-proust-du-cote-de-chez-swann_0931643166.html

Des noms propres, le nom III

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/05/marcel-proust-du-cote-de-chez-swann.html

Evelyne Bloch Dano une jeunesse de Proust

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/04/evelyne-bloch-dano-une-jeunesse-de.html

Céleste Albaret : Monsieur Proust

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/05/celeste-albaret-monsieur-proust.html

Proust roman famillial

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/04/laure-murat-proust-roman-familial.html

Dominique

http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2013/08/11/proust-a-illiers-combray-christophe-pradeau-5138963.html/proust-a-illiers-combray-christophe-pradeau-

http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2023/07/15/bribes-de-conseils-aux-refractaires-de-proust-6452357.html

Laure Murat, roman familial

http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2023/09/11/proust-roman-familial-laure-murat-6460754.html

Fanja

Céleste : Bien sûr, monsieur Proust BD  Chloé Cruchaudet

https://lecture-sans-frontieres.blogspot.com/2024/05/celeste-tomes-1-et-2.html

Keisha

Proust roman familial
https://enlisantenvoyageant.blogspot.com/2023/11/proust-roman-familial.html

Brassaï : Marcel Proust sous l’emprise de la photographie

https://enlisantenvoyageant.blogspot.com/2024/05/marcel-proust-sous-lemprise-de-la.html

Luocine

Du côté de chez Swann : en famille 

Sandrine

Du côté de chez Swann
https://tetedelecture.com/2024/05/15/du-cote-de-chez-swann-de-marcel-proust/

PODCAST : je vous signale aussi l’excellent podcast France culture La Grande Traversée :Céleste Albaret chez Monsieur Proust où vous aurez le plaisir d’entendre la voix de Céleste Albaret pendant 110 minutes x 5 . C’est un podcast au long cours de presque 6 heures qui s’écoute avec grand plaisir. Céleste Albaret m’accompagne dans mes promenades en foret depuis le début de la semaine. 

Un amour de Swann – Marcel Proust

LECTURE COMMUNE A LA RECHERCHE… AVEC CLAUDIALUCIA

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J’ai suivi allégrement Marcel Proust à Combray. Tout me plaisait : le regard curieux et tendre de l’enfant qui découvrait la campagne, les fleurs, le jardin, les décors de l’église. J’ai découvert avec lui la campagne, les clochers qui s’éloignaient, les épines blanches de Guermantes. 

Je me suis attachée aux personnages, à ses parents, ses tantes, à la tante Léonie et à ses relations fantasques avec Françoise, servante et maîtresse des autres domestiques. J’ai goûté la cuisine de Françoise….

J’ai terminé Un amour de Swann depuis six semaines et je n’ai pas encore écrit mon compte-rendu, cela ne venait pas, il faut bien que je me force aujourd’hui.

Je suis entrée dans le salon de Mme Verdurin avec un certain agacement. Toutes ces conventions prétentieuses pour « ne pas ressembler aux ennuyeux » m’ont paru bien snobs et artificielles. Cette coterie de « fidèles » « d’habitués » m’a déplu. 

J’avais été séduite par Swann à Combray . Son mystère, sa discrétion, son désir de ne pas gêner la famille de Marcel en cachant ses relations mondaines, tout cela témoignait d’une grande délicatesse.

L’esthète qui conseillait les lectures de l’enfant me faisait deviner un personnage intéressant. Swann ami d‘Odette de Crécy est décrit comme un Don Juan blasé

Mais Swann aimait tellement les femmes qu’à partir du jour où il avait connu à peu près toutes celles de l’aristocratie et où elles n’avaient plus rien à lui apprendre, il n’avait plus tenu à ces lettres de naturalisation, presque des titres de noblesse, que lui avait octroyées le faubourg Saint Germain, que comme sorte de valeur d’échange de lettre de crédit dénuée de prix en elle même, mais lui permettant de s’improviser une situation dans tel petit trou de province ou tel milieu obscur de Paris, où la fille de hobereau lui avait paru jolie. Car le désir ou l’amour lui rendait un sentiment de vanité sont il était maintenant exempt dans l’habitude de la vie

Par curiosité (?) Swann s’introduit dans le salon de Mme Verdurin, on ne sent pas vraiment d’amour pour Odette de Crécy, de la curiosité peut-être? Rien ne prouve un amour sincère. Ce Swann –ci me semble peu intéressant et peu sympathique. Il sonnerait presque faux. Les aventures piquantes dont il se vante sont franchement odieuses. 

Odette de Crécy n’est même pas « son genre » de beauté. Cette femme du « demi-monde » se pique d’être intéressée par l’art tandis que Swann allègue des travaux sur Ver Meer de Delft . 

La présence du peintre et du pianiste éveille un peu plus mon intérêt. j’ai bien aimé les pages sur la musique et la sonate de Vinteuil

« Même cet amour pour une phrase musicale sembla un instant amorcer chez Swann la possibilité d’une sorte de rajeunissement. »

Je préférais le Swann de Combray!